«Débat entre Laure Piguet, Membre du comité de l’association du corps intermédiaire de l’université de Genève, Yves Flückiger, recteur de l’Université de Genève et président de Swiss Universities, Fabien Fivaz, Conseiller national (Verts/NE) et président de la commission de l’éducation et Angelika Kalt, directrice générale du Fonds National de la Recherche.»
Bâle-ville : Avancement de l’initiative «droits fondamentaux pour les primates»
Le 13 février, Bâle-Ville votera sur l’initiative populaire « Droits fondamentaux des primates » qui demande que la Constitution cantonale soit complétée par un article sur le droit des primates non-humains à la vie et à l’intégrité physique et mentale.
Les conséquences possibles d’une acceptation de l’initiative ne sont pas claires. Selon le texte de l’initiative, la nouveauté ne concernerait que les primates appartenant au canton. Or, le canton ne possède pas de singes. Le zoo de Bâle, organisé en droit privé, et la pharmacie bâloise craignent toutefois que l’initiative ne concerne également leurs primates, raison pour laquelle ils s’engagent dans la campagne de votation contre l’initiative populaire.
La gauche est majoritairement favorable à l’initiative. Le PS est toutefois divisé, comme l’ont déjà montré les débats au Parlement en novembre. En revanche, les partis bourgeois tels que le PLR, l’UDC, le Parti libéral-démocrate, le Centre et les Verts-libéraux rejettent l’initiative.
L’auteur de l’article estime que l’inititiative populaire qui vise l’interdiction de l’expérimentation animale et humaine revient à saper le droit fondamental à la santé. Par rapport à cette initiative («grossière, mais triviale»), l’initiative bâloise d’accorder des droits fondamentaux aux primates non-humains est plus raffinée et il est plus difficile de cerner ses conséquences. Et selon l’auteur, «C’est là que réside le risque.» La philosophie de son organisation initiatrice Sentience Politics repose sur l’idée que les intérêts de l’être humain ne doivent en principe plus primer sur ceux des autres êtres vivants sensibles. «Etape par étape, il s’agit d’une grande utopie: la suisse végane dans tous les domaines de la vie.»
«Expérimentation animale: oser l’ambiguïté du dialogue»
Servan Grüniger et Marie Zufferey, président et coresponsable de l’antenne romande du groupe de réflexion «pour une culture favorable à la recherche» Reatch!, ont rédigé un article sur les conséquences néfastes qu’aurait l’acceptation de l’initiative populaire pour l’interdiction d’expérimentations sur les animaux et les humains.
«… le débat sur l’expérimentation animale ne devrait pas se limiter à mettre aux prises défenseur·euse·s des animaux et chercheur·euse·s recourant à l’expérimentation animale. A côté de ces protagonistes, il serait profitable que s’asseyent à une même table non seulement les professionnel·le·s travaillant avec des animaux de laboratoire, mais également des personnalités issues de la médecine humaine et vétérinaire, de l’éthique, de la statistique ou du droit. En outre, le public doit avoir accès à un contenu informationnel qui dépasse les slogans réducteurs.» Dans cette idée, le groupe Reatch organise ainsi un débat public sur cette question.
Johannes Boacek, Professeur en neurosciences à l’École polytechnique fédérale, explique «pourquoi il est trompeur de penser que nous pouvons remplacer complètement l’expérimentation animale par des méthodes alternatives, et pourquoi nous devons abaisser plutôt qu’élever les obstacles à la recherche.» Il estime qu’il serait possible et nécessaire de rationaliser les procédures administratives relatives aux licences expérimentales. (ETH)
«La science n’échappe pas à la tricherie. Le nombre de publications malhonnêtes explose. Mais ces arnaques intellectuelles sont de plus en plus souvent dénoncées.»
Harcèlement, précarité, inégalités: une enquête, assortie d’un plan d’action, dresse des constats sévères sur les difficultés du personnel d’enseignement et de recherche de l’université de Genève
Télétravail, enseignement en présentiel: ce que veulent Genève et Vaud
Les deux Cantons, consultés par Berne, ne sont pas toujours d’accord sur les mesures à prendre. Les deux Cantons se prononcent contre l’interdiction temporaire du présentiel à l’Université. Au sujet de l’obligation du télétravail, ils demandent tous les deux que l’on réexamine l’affaire à la fin février pour voir si la mesure est toujours pertinente.
Dans un éditorial, Emmanuel Borloz adresse la difficulté de suivre des études en temps de crise sanitaire. «Beaucoup craignent une génération sacrifiée, dont l’étiquette «étudiants Covid» serait synonyme de formation au rabais. À y regarder de plus près, ce serait plutôt tout le contraire.»
Lors du congrès de France Universities (anciennement appelé Conférence des présidents d’université), le président français Emmanuel Macron a exposé «qu’à demi-mots» sa stratégie pour l’enseignement supérieur pour les dix ans à venir, en tant que potentiel futur candidat à la présidentielle. Il dénonce «l’intolérable gâchis»de l’échec en première année de licence, où, dit-il«seuls 50 % des étudiants se présentent aux examens ».
Par ailleurs, il laisse entendre que de nouvelles formes de financement doivent être trouvées par les universités et que l’université «devrait être plus efficacement professionnalisante» et ce, dès le premier cycle.
Des rongeurs surnuméraires dans un élevage universitaire de Zurich échappent à l’expérimentation animale. Le refuge Rosel participe au projet «Rehoming» institué par la Protection suisse des animaux et l’Université de Zurich.
La mobilisation continue pour libérer l’anthropologue Fariba Adelkhah, de nouveau envoyée en prison. Spécialiste du chiisme et de l’Iran post-révolutionnaire à l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences-Po), elle avait été arrêtée en juin 2019, puis condamnée en mai 2020 à cinq ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale, ce que ses proches ont toujours farouchement contesté. L’Université de Genève, qui lui avait décerné le titre de doctor honoris causa, a réagi par communiqué.
UNIL: «Une quarantaine ne prolongera pas la durée des études à l’université»
«L’UNIL a fait le choix d’une session d’examens en présentiel et tient à rassurer: manquer une épreuve pour cause de Covid n’affectera pas (trop) les cursus.»
Les effets de Brexit pour les universités britanniques
Depuis l’entrée en vigueur du Brexit, le nombre d’étudiant·e·s de provenance européenne a plongé au Royaume-Uni de 56% par rapport à l’année précédente. Les raisons sont multiples : augmentation des frais universitaires, frais supplémentaires des demandes de visas et l’incertitude liée au statut du permis de séjour.
Selon une étude réalisée pour le Département de l’éducation, les institutions moins prestigieuses qui visaient les étudiant·e·s européen·ne·s ont été particulièrement touchées. En revanche, la part d’étudiant·e·s en provenance du reste du monde a fortement augmenté.
Les effets se font également sentir du côté du corps académique. Craignant que le Brexit affaiblisse la place de la recherche britannique, plusieurs chercheurs·euses ont quitté leur poste pour des universités situées dans l’Union européenne. Aussi, de moins en moins de scientifiques postulent pour un poste au Royaume-Unis.
Comment les universitaires vivent les examens sous Covid
«Passer ses examens en janvier 2022, alors que le nombre de contaminations au coronavirus bat son plein, relève du parcours du combattant. Attraper la maladie signifie passer par la case rattrapages ou perdre un temps précieux, et cela peut entraîner de lourdes conséquences. Commentles étudiants abordent-ils cette période de révisions? Trois d’entre eux, des Universités de Genève, Bâle et Lausanne, se livrent sur leurs tracas liés au coronavirus.»
Les conditions de travail aux universités de Genève et Fribourg
«Inégalités de traitement, sentiment de précarité, manque de valorisation: une enquête réalisée par l’Université de Genève révèle un certain mal-être chez plusieurs de ses collaborateurs et collaboratrices d’enseignement et de recherche.» Un plan d’action est mis en consultation jusqu’au 18 février auprès de différentes instances de l’université.
Certains collaborateurs-rices scientifiques de l’Université de Fribourg avaient signé la pétition nationale en faveur de l’amélioration des conditions de travail des chercheurs et chercheuses, qui a été déposée en fin d’année 2021 à Berne. Interrogés par des journalistes de Frapp, ils-elles évoquent «la loi de la jungle» qui règne au sein de l’Université de Fribourg.
«Ces déclarations surprennent Astrid Epiney, la rectrice de l’Université de Fribourg. Elle affirme qu’un sondage, mené récemment auprès des collaborateurs concernés, n’a pas permis de faire ressortir d’éléments alarmants. Pas de problèmes systémiques donc. Pourtant, plusieurs témoignages récoltés, suggèrent que les difficultés financières et la détresse psychologique sont le quotidien de plusieurs membres du corps intermédiaire. L’Université de Fribourg ne reste pas insensible à ces propos et envisage des pistes d’amélioration. Sa rectrice reconnaît qu’il y a une marge de progression. L’Université indique également avoir déjà mis en place des mesures pour améliorer les conditions de travail de la relève scientifique. Elle a présenté au gouvernement fribourgeois sa stratégie 2030, dans laquelle elle y détermine ses futurs besoins, notamment en termes de postes à durée indéterminée.»
L’expérimentation animale, stade ultime de l’anthropocentrisme?
L’historien Grégroie Gonin estime que «La valeur intrisèque de l’animal interdit de le sacrifier pour sauver des vies humaines. […] Au delà du résultat, puisse la votation [sur l’initiative populaire contre l’expérimentation animale et humaine] enrichir le débat sur la relation, plurimillénaire, entre l’homme et l’altérité animale. »
Les universités combattent l’interdiction de l’enseignement présentiel
En plus d’une réduction radicale de la quarantaine ou de l’isolement, le Conseil fédéral met en consultation une série d’autres mesures contre le Covid-19 – dont une éventuelle interdiction de l’enseignement présentiel au niveau tertiaire. Swissuniversities rappelle la grande valeur de l’enseignement sur place.
«L’École hôtelière de Lausanne change de nom et devient l’EHL Hospitality Business School. […] Un anglicisme plus en phase avec les perspectives de carrières offertes par l’institution et son orientation internationale, selon sa doyenne et directrice générale Inès Blal.»
Expérimentation animale: les milieux scientifiques condamnent une initiative «extrême»
L’initiative pour l’interdiction de l’expérimentation animale ne laisse pas d’inquiéter les milieux scientifiques. Lors d’une prise de parole commune, le 13 janvier 2022, les représentants des principales institutions du pays, autour du Fonds national suisse (FNS), ont réaffirmé leur opposition drastique au texte et leurs inquiétudes s’il emportait le suffrage populaire.
UNIGE : Plan d’action suite à l’enquête sur les conditions de travail et de carrière du corps intermédiaire
«Une enquête approfondie sur les conditions de travail et de carrière des collaborateurs et des collaboratrices de l’enseignement et de la recherche a mis en lumière des points de satisfaction ainsi que des points problématiques. Un plan d’action qui a été mis sur pied, est maintenant soumis à consultation.»
Initiative «universités européennes»: la Confédération encourage les participations suisses dès 2022
«La Confédération débloque 6 millions de francs sur les quatre prochaines années (2022 – 2025) afin que les hautes écoles suisses puissent participer à l’initiative phare de l’UE en faveur de la construction d’un espace européen de l’enseignement supérieur. L’appel à projets publié par la Commission européenne pour 2022 autorise désormais la participation de hautes écoles issues de pays non associés à Erasmus+.
Les hautes écoles suisses intéressées sont priées de s’adresser à Movetia, la fondation cofinancée par la Confédération et les cantons pour promouvoir les échanges et la mobilité dans le domaine de la formation.»
Proposition pour une réforme du système universitaire
Selon l’auteur de l’article paru dans la Weltwoche, les études universitaires et la carrière académique perdent de leur attraction pour «les jeunes les plus originaux et les plus engagés» à cause des tâches administratives, des limitations dans la liberté d’enseignement, et «parce qu’ils doivent répondre aux exigences uniformisées des études». Des jeunes innovateurs et créatifs chercheraient plutôt à se réaliser professionnellement dans des instituts privés de recherche.
Ensuite, l’auteur aborde le sujet de la «sur-académisation» (donc du nombre des universitaires, perçu comme trop grand). Par ailleurs, «L’université perd son rayonnement en tant que lieu de débats politiques controversés» à cause du politiquement correct, des modèles standadrisés et d’un trop grand accent mis sur les connaissances méthodiques. «Par ailleurs, ces problèmes ne sont pas abordés à l’interne de l’université, […] la bureaucratie universitaire n’a pas d’intérêt de perdre sa place centrale. […] [Ces problèmes] existent surtout en études sociales, en lettres et en droit, et tout particulièrement en sciences économiques.»
L’auteur propose donc de créer une «autre académie», avec des réformes dans l’accès des études et dans l’incitation aux études, avec moins de pression à publier et moins de bureaucratie. Cette académie ne devrait pas être financée publiquement, «car elle serait obligée de suivre un nombre considérable de prescriptions.»
L’enseignement en présentiel, une priorité pour les universités suisses
L’Université de Fribourg, conduira une partie des examens à distance, selon la faculté. Selon Astrid Epiney, Rectrice de l’université, des représentants des universités suisses se sont rencontrés dans le cadre suissuniversities au début janvier pour formuler une position par rapport au enseignement en présentiel. Ils se sont prononcé à l’ unanimité pour le présentiel, si la situation l’exige, ils pourraient encore introduire une limitation du type “2G” aux personnes vaccinées et guéries.
Les EPF lancent une initiative pour rassembler le monde européen de la recherche
Face à l’impasse politique des négociations entre le Suisse et l’Union européenne (UE) pour un accord-cadre institutionnel, les Écoles polytechniques fédérales (EPF) lancent une démarche «pour rassembler le monde européen de la recherche et plaider pour la pleine association de la Suisse au programme Horizon Europe». L’idée est le résultat d’un atelier organisé par l’université londonienne UCL et l’EPFZ. Elle prendra la forme d’une pétition signée par un maximum de chercheurs·euses qui sont des pointures dans leur domaine, d’associations faîtières d’universités et d’instituts de recherche renommés. L’initiative, qui part du Royaume-Uni et de la Suisse vise surtout à recevoir du soutien dans les pays membres de l’UE.
Ces deux ou trois dernières années, le débat sur le genre aurait pris une place centrale dans les débats à la HES zurichoise des beaux arts (ZHdK). Son recteur Thomas Meier, selon l’article «ne comprend guère la conviction de la jeune génération de sa maison selon laquelle le langage ne se contente pas de représenter le monde, mais le construit également, comme le poststructuralisme français des années 1960 l’a conçu. Il se demande pourquoi « c’est précisément dans une haute école où les formes d’expression non linguistiques sont d’une importance capitale » que la langue devrait avoir une si grande importance.»
Par ailleurs, sur demande d’une partie des étudiant-e-s, certains cours présentent maintenant des «trigger warnings», donc des avertissements par exemple avant la présentation de certains films ou de pièces de théâtres qui pourraient offenser ou susciter des sentiments non-souhaités (comme par exemple face à la violence).
Pandémie sans impact sur l’afflux d’étudiants étrangers
«Malgré des frontières fermées et des avions cloués au sol, l’année 2020 n’a pas été si mauvaise en termes d’arrivées d’étudiants internationaux dans les hautes écoles suisses. Selon un document de l’Office fédéral de la statistique (OFS) publié hier, elles ont même continué d’augmenter: près de 12’300 nouveaux inscrits venus de l’étranger, soit 4% de plus qu’en 2019.»
L’Université de Neuchâtel décide de passer aux examens à distance
Compte tenu de la situation sanitaire et des inquiétudes autours des absences liées aux quarantaines, le rectorat de l’Université de Neuchâtel (UNINE) a décidé de tenir la session d’examens à distance. Seuls les étudiant·e·s en médecine et en pratique du sport pourront passer leurs examens sur place.
Les examens qui étaient prévus pour le début de la session qui débute lundi 17.01 sont reportés en fin de session pour permettre à l’ensemble des personnes concernées de se préparer aux nouvelles modalités. Les étudiant·e·s qui le souhaitent ont désormais la possibilité de se désinscrire, leur retrait sera compté comme une absence justifiée.
La Fédération neuchâteloise des étudiantes et des étudiants (FEN) accueille cette décision du rectorat, mais regrette qu’elle ait été prise si tardivement.
L’Université de Genève (UNIGE) et l’Université de Lausanne (UNIL), tout comme l’EPFL se tiennent à la décision d’une session en présentiel.
12.01.2022 – Arcinfo – L’Uni décide de passer aux examens à distance
12.01.2022 – Le Temps – Des examens entre domicile et auditoire
Les boursiers ERC basés en Suisse invité-e-s à trouver une institution d’accueil dans un autre pays
«Le Conseil européen de la recherche (ERC) a publié hier la liste des bénéficiaires de ses Starting Grants. Ces bourses d’un total de 619 millions d’euros sont attribuées dans le cadre du programme Horizon Europe. Des Suisses figurent parmi les lauréats, mais des conditions sont posées. […] Les hautes écoles suisses ont été jugées éligibles, mais à la condition qu’elles soient remplacées par une institution ayant son siège dans un pays reconnu.» (La Liberté)
Science Business le formule autrement: «Les 28 boursiers qui ont choisi de faire leurs recherches dans des institutions suisses devront trouver de nouvelles organisations d’accueil basées dans l’un des pays d’Horizon Europe. […] Cela signifie que la Suisse est désormais considérée comme un pays non associé et que ses institutions ne peuvent plus bénéficier d’un financement du ERC.»
Critique à la tenue d’examens en présentiel à l’Université de Genève
Baptiste Gold, ancien représentant des étudiantes et étudiants auprès de l’assemblée de l’Université de Genève, écrit dans un article pourquoi, à son avis, l’Université de Genève ne devrait pas tenir des examens en présentiel.
Conflit entre une doctorante et sa directrice de thèse
En 2020, une ancienne doctorante française de l’Université de Lausanne (UNIL) avait saisi le groupe Impact, structure du canton de Vaud spécialisée dans la gestion des conflits de travail et de mobbing pour dénoncer sa directrice de thèse. Cette dernière aurait harcelé et fait travailler la doctorante «au noir». Suite à l’accusation, la directrice de thèse a porté plainte pour diffamation et a obtenu droit par le tribunal. La doctorante a écopé de 20 jours-amende avec sursis et d’une amende de 300 francs par ordonnance pénale.
«L’UNIL lui a conseillé de saisir le groupe Impact en évoquant une procédure confidentielle. Aujourd’hui, elle est condamnée alors qu’elle a présenté les éléments de manière factuelle. Cela pose un problème par rapport à l’utilité du groupe Impact», dénonce Me Luisa Bottarelli, l’avocate de l’étudiante.
UNIL : Un syndicat d’étudiant-e-s formule trois exigences pour la session d’examens
A l’Université de Lausanne (UNIL), la session d’examens débutera le 14 janvier en présentiel et sous certificat covid. Dans un communiqué de presse, la section Etudiant·e·s du Syndicat des services publics (SSP) formule trois exigences à la direction. Premièrement, elle lui demande de fournir des masques FFP2 à tous·tes les étudiant·e·s ainsi qu’au personnel mobilisé. Deuxièmement, elle demande la mise en place de dépistages sur place pour que toute personne qui le souhaite puisse se faire tester. Et finalement, elle exige que l’université garantisse la continuité des cursus.
L’initiative contre expérimentation animale, un « danger pour la santé »
«Le texte qui veut interdire l’expérimentation animale et humaine en Suisse aurait des conséquences « désastreuses » pour la santé humaine et la recherche. Un comité de partis de gauche et de droite a plaidé lundi en faveur du non lors de la votation du 13 février. […] Cette initiative menacerait les soins médicaux pour la population, a avancé le comité interpartis devant les médias. Elle créerait également d’énormes problèmes pour la médecine vétérinaire, la recherche et l’innovation, l’industrie pharmaceutique et l’agriculture.»
Selon l’auteure de l’article paru dans la NZZ am Sonntag, l’argument, souvent avancé, que de moins en moins d’animaux sont utilisés pour l’expérimentation animale, n’est pas tout à fait valide: «Le nombre d’animaux de laboratoire « utilisés » représente moins de la moitié de tous les animaux de laboratoire qui meurent chaque année dans les instituts de recherche suisses. Des centaines de milliers d’animaux sont certes élevés pour l’expérimentation, mais jamais utilisés à des fins scientifiques.» Du point de vue du comité d’initiative, la Confédération maquille le nombre de victimes de l’expérimentation animale. L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, compétent en la matière, rejette cette accusation.
La Conseillère aux Etats Maja Graf (Verts, BL), opposée à l’expérimentation animale, se montre choquée par le grand nombre d’animaux de laboratoires: «Cela soulève beaucoup de questions pour moi». Cependant, elle ne soutient tout de même pas cette initiative, car elle «manque sa cible».
Detlef Günther, vice-président pour la recherche à l’EPFZ, s’oppose également contre l’initiative, et souligne l’importance d’une discussion basée sur les faits où les chercheur-e-s peuvent exprimer leurs points de vues sans devoir craindre pour leur vie.
La session d’examen débute ce lundi 10.01 à l’Université de Genève (UNIGE). En pleine «vague omicron», les étudiant·e·s s’inquiètent pour leur santé, mais également pour la suite de leurs études et carrières. Actuellement, les absent·e·s en raison de quarantaine seront contraint·e·s de rattraper leurs examens l’année prochaine.
En décembre, l’association faîtière des étudiant·e·s de l’Université de Genève (CUAE) avait demandé d’organiser une session extraordinaire permettant aux absent·e·s de passer leurs examens en février. L’UNIGE avait estimé cette proposition impossible à réaliser à court-terme.
Selon le témoignage d’une étudiante en psychologie, récolté par la Tribune de Genève, «Beaucoup de personnes affirment que, symptômes ou pas, elles viendront à l’examen […] Pour les vaccinés, c’est facile, pas besoin d’un test». Selon le porte-parole de l’UNIGE Marco Cattaneo, l’UNIGE mise sur la responsabilité individuelle. « Nous faisons confiance aux étudiants. De plus, notre plan de protection, qui implique le port du masque et l’aération des locaux, est pensé pour pallier ce genre de problèmes.»
Pour éviter que les étudiant·e·s non vacciné·e·s ou guéri·e·s ne peuvent pas passer leur examen faute de ne pas avoir obtenu le résultat de leur test à temps, L’UNIGE a mis en place un site de dépistage Covid sur son campus pour la durée de la session d’examens.
Une partie des étudiant-e-s des Universités de Neuchâtel, de Lausanne et de l’EPFL partagent les craintes des étudiant-e-s genevois-e-s de voir leur cursus «chamboulés» par une quarantaine, mais l’L’UNIL assure que des aménagements seront possibles pour les cas particuliers.
Dans une tribune de la Neue Zürcher Zeitung (NZZ), Matthieu Leimgruber du centre de recherche en histoire sociale et économique à l’Université de Zurich et Bernard Voutat de l’Institut d’études politiques à l’Université de Lausanne dénoncent la situation précaire de 80% du personnel scientifique en Suisse et démontrent les répercussions sur la qualité de la recherche dans les universités.
Selon les deux professeurs, l’instabilité chronique du corps intermédiaire empêche la pérennité des structures de recherche et entrave ainsi la production et transmission du savoir. «Les activités scientifiques peuvent difficilement être planifiées à long terme si les doctorants que nous formons doivent soit abandonner leur carrière académique par manque de perspectives, soit « survivre » en quelque sorte pendant des années d’un contrat à l’autre dans des conditions d’emploi très précaires, sans perspectives d’avenir claires.»
Ils soutiennent la pétition nationale, lancée par les associations de corps intermédiaires, qui demande la création d’un «nombre suffisant» de postes fixes pour le corps intermédiaire académique en Suisse. L’emploi de scientifiques à des postes fixes donnerait au corps intermédiaire des perspectives à long-terme et renforcerait la recherche en Suisse dans son ensemble, avancent-ils.
L’innovation prend toujours plus d’ampleur en Valais
«Depuis l’arrivée de l’EPFL en 2015 en Valais, le secteur de l’innovation prend toujours plus d’ampleur. Pour preuve, le Valais occupe la 4e place du classement des cantons qui accueillent le plus de start-up suisses sur leur territoire. Et de nouveaux développements sont encore prévus en 2022. […] [Mais] pour le secrétaire général de l’Union des indépendants, le député PLR Thomas Birbaum, « on attend toujours de voir les réalisations concrètes. De grands moyens financiers sont investis mais on ne voit pas vraiment les applications industrielles, le retour concret pour l’économie privée. Les emplois sont subventionnés par l’argent public, c’est un peu un mirage de voir ses emplois comme des véritables emplois créés par la richesse privée ».»
Début de la session d’examens en pleine vague Omicron
Lundi prochain (10.01.) marquera le début de la session d’examens dans de nombreuses universités en Suisse. Prévue en présentiel, elle pose un grand défi organisationnel et suscite des fortes inquiétudes parmi les étudiant·e·s. Au moment où le nombre des contaminations grimpe à la verticale, certain·e·s étudiant·e·s craignent de s’infecter alors que d’autres ont peur de ne pas pouvoir participer pour cause de quarantaine, ce qui peut entraver la poursuite de leurs études.
L’Université de Saint-Gall (HSG) veut accorder des exceptions pour des «cas de rigueur, par exemple s’il s’agit du dernier examen avant la fin des études».
L’Université de Lucerne et l’Université de Berne vont offrir la possibilité de sessions supplémentaires de rattrapage. Une proposition que soutient et exige l’Union des étudiants de Suisse (UNES).
A l’Université de la Suisse italienne (USI) des étudiant·e·s appellent à tenir les examens en ligne. Selon le service de presse de l’USI, plusieurs plans de rattrapage sont en élaboration.
A l’Université de Zurich (UZH), 35% des examens ont actuellement lieu à distance. A l’Ecole polytechnique de Zurich (EPFZ) cela concerne plus de la moitié des examens écrits.
A l’Université de Fribourg (UNIFR), les facultés des sciences économiques et sociales ont décidé de passer tous les examens en ligne. A l’Université de Bâle, la faculté des sciences humaines a pris la même décision.
En Suisse romande, l’EPFL et les universités de Lausanne (UNIL) et de Neuchâtel (UNINE) «soulignent le strict contrôle des mesures sanitaires».
06.01.2022 – La Liberté – La grande peur de l’aula
06.01.2022 – Le Nouvelliste – La grande peur de l’aula
Aperçu de l’inititative pour l’interdiction de l’expérimentation animale
Le 13 février, la Suisse votera sur une initiative pour la protection des animaux. Dans le cas d’un Oui, les expériences sur les animaux seront totalement interdites et les produits qui ont été développés en recourant à l’expérimentation animale ne pourront plus être importés. Bref aperçu des arguments pour et contre l’initiative :
Arguments des initiant·e·s:
D’innombrables études prouveraient que les expériences sur les animaux n’apportent pas de résultats transposables à l’humain. Sur 100 substances actives, 95 échoueraient sur l’Homme malgré des résultats soi-disant prometteurs sur les animaux. Les initiant·e·s mettent en avant les alternatives à l’expérimentation animale : la recherche sur les cellules, les tissus, les organes, l’informatique et la combinaison des connaissances (NZZ). Le journal Blick a également interviewé l’initiateur Renato Werndli à ce sujet.
Arguments des opposant·e·s :
La Suisse est un des pays les plus strictes en matière d’expérimentation animale et le nombre des expérimentations diminue continuellement depuis 40 ans. Cependant, certaines expériences sur les animaux restent nécessaire pour la recherche et la santé publique. Les solutions proposés par l’initiative conduiraient à des problèmes d’approvisionnement drastique. Les médicaments et traitements les plus récents ne seraient désormais plus accessibles aux citoyen·ne·s suisses.
Les opposant·e·s soutiennent toutefois l’exigence de promouvoir la recherche sans expérimentation animale à l’aide du programme nationale de recherche 79 qui cherche à : «remplacer les expériences sur les animaux, réduire le nombre d’animaux utilisés et diminuer la contrainte pour les animaux.» (NZZ)
UZH : Rattrapages en cas de quarantaine parfois que possible un an plus tard
Les étudiant·e·s à la faculté des sciences économiques de l’Université de Zurich (UZH) qui doivent s’isoler ou se mettre en quarantaine juste avant les examens à venir ne pourront retenter leur chance que l’année prochaine. Jasmin Rippstein, responsable de la communication de la faculté des sciences économiques, déclare : «L’offre d’examens de rattrapage supplémentaires s’accompagne d’un effort que la faculté ne peut pas fournir».
Cette décision a pour conséquence de prolonger artificiellement les études pour les étudiant·e·s en question. Pour cette raison, l’Union des Etudiant-e-s de Suisse (UNES) demande que les étudiant·e·s en question puissent pouvoir passer rapidement les examens de rattrapage.
05.01.2022 – Tages-Anzeiger – Nachholen ist teils erst ein Jahr später möglich
Directeur de laboratoire à l’EPFL s’oppose à l’interdiction de l’expérimentation animale
Le 13 février, la Suisse votera sur l’interdiction de l’expérimentation animale et humaine. Le directeur de laboratoire à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) Didier Trono exprime son opposition dans un interview avec le Blick et explique la nature des expérimentations qui ont lieu dans son laboratoire.
Il met en avant que les scientifiques ont recours à l’expérimentation animale seulement si elle est nécessaire. Dans ses propres projets de recherche sur le cancer, les essais sur les animaux représentent qu’une petite minorité. Mais cette fraction reste indispensable selon le virologue, car pour analyser la toxicité d’un médicament par exemple, il faut pouvoir le tester sur des organismes vivants.
Dans le cas d’un oui à l’initiative, la Suisse ne pourrait plus importer ou administrer à un humain des nouveaux médicaments testés préalablement sur un animal, s’alarme-t-il. «En clair, en Suisse, on en serait à espérer que les compagnies pharmaceutiques continuent à produire des vieux médicaments pour 8 millions de misérables Suisses perchés dans le réduit national emmitouflés dans des total body condoms pour essayer de ne pas tomber malades.»
L’Université de Lausanne inventorie la biodiversité de son campus
L’Université de Lausanne (UNIL) a effectué un inventaire de la faune et de la flore sur son campus. Dans cet espace de 90 hectares, les chercheur·euse·s ont constaté·e·s une érosion de la biodiversité. «Nous ne savons pas tout ce qui a disparu. Mais nous avons pu mettre en avant la perte de plantes des marais parmi les plus grosses disparitions, Dorigny ne possédant plus de zone marécageuse», explique le biologiste Pascal Vittoz à ce sujet.
Tout de même, avec 502 espèces de plantes et 129 espèces de coléoptères, 42 espèces d’oiseaux, 17 espèces de papillons de jours, 6 espèces de libellules et 8 espèces de chauves-souris les chercheur·euses se montrent globalement satisfait·e·s de la biodiversité sur le campus.
La lutte d’une chercheuse pour des algorithmes plus humains
Le journal suisse-alémanique Republik dresse le portrait de la jeune chercheuse Deborah Raji et de son combat pour des algorithmes plus humains. Âgé de seulement 24 ans, la chercheuse spécialisée en éthique de l’intelligence artificielle à l’Université de New-York a notamment réussi à ce que Amazon retire un logiciel de reconnaissance faciale défectueux que l’entreprise était en train de vendre aux services américains de l’immigration. Faute d’un manque de données qui reflètent la diversité humaine, ces technologies sont souvent programmées sur la base d’archives d’images qui associent les personnes à teint de peau foncée à des contenus inappropriés et ou criminels, alors que les personnes à la peau claire sont représentées dans des situations plus diverses. Conséquence ; la reconnaissance faciale discrimine les personnes sur la seule base de leur couleur de peau.
La chercheuse met en avant le risque que ces nouveaux systèmes puissent répéter les discriminations et les amplifier à travers d’une démultiplication de la portée dans le contexte numérique. Pour ces raisons, elle lutte pour que les aspects éthiques soient plus fortement intégrés dans l’enseignement universitaire des programmateur·ice·s.
04.01.2022 – Republik – Humane Algorithmen – dafür legt sie sich mit Amazon an
Retour sur les moments qui ont marqué positivement les hautes écoles en 2021
Après une deuxième année marqué par la pandémie, le journal Heidi.news a fait une sélection de quelques moments qui ont positivement marqué le domaine de l’enseignement et le monde professionnel en 2021. Le retour du présentiel dans les universités, la mise en place de serviettes et tampons gratuits dans plusieurs établissements ainsi que les repas bon marché pour les étudiant·e·s à l’Université de Genève sont mis en avant comme quelques notes positives.
Un professeur zurichois coronasceptique bloqué par Twitter
A Zurich, l’ancien enseignant en économie politique et économie des marchés financiers, Martin Janssen a été bloqué de Twitter après avoir illustré des fausses informations sur le vaccin contre le Covid-19. Depuis quelques mois le professeur diffusait diverses théories discutables, comme celle qui avance que le vaccin ARNm contient des fragments de shrapnel qui finissent par détruire les cellules sanguines.
Start-up: 60 millions levés pour la santé des femmes
«La première édition de l’accélérateur Tech4Eva, lancé par l’EPFL Innovation Park et le Groupe Mutuel en mars dernier, s’est achevée le 7décembre. L’objectif de cet accélérateur unique en Suisse était de promouvoir les nouvelles technologies et les solutions pour la santé des femmes. Cette première saison a regroupé 30 start–up qui ont innové dans des domaines tels que la fertilité, la grossesse ou encore le bien-être sexuel. Les start-up réunies sous la houlette de la haute école ont levé 60millions de francs.»
Une décision de justice avive le débat sur la précarité des chercheur·euse·s
L’Université de Genève (UNIGE) n’a pas rétribué correctement un de ses anciens chargés de cours. Dans un arrêt, la Chambre administrative a donné raison au postdoctorant et oblige l’Université à le rémunérer a posteriori pour son travail effectué.
Il s’agit d’un postdoctorant qui avait repris des heures d’enseignement en histoire du droit d’un professeur titulaire. Au lieu des 35% fixés dans son contrat, son taux d’enseignement s’élevait alors plutôt à un 60%. Or, l’UNIGE a refusé de lui payer ces heures supplémentaires. Devant la justice, elle a plaidé que la fonction de postdoctorant prévoit une participation à l’enseignement. La Chambre administrative argumente que postdoctorant a dispensé plus d’heures d’enseignement que ce que prévoyait son cahier des charges.
«Ce jugement intervient alors que des voix s’élèvent pour déplorer le quotidien deschercheurs, entre conditions de travail précaires, contrats incertains et perspectives d’avenir quasi inexistantes. Une pétition munie de 8600 signatures a été déposée en octobre auprès de l’Assemblée fédérale.» Le directeur de la communication de l’UNIGE, Marco Cattaneo indique avoir pris acte de l’arrêt, mais argumente que l’arrêt est lié à un cas particulier et ne représente «pas une décision de principe sur un système».
29.12.2021 – Le Temps -Une décision de justice avive le débat sur la précarité des chercheurs
L’Université après le rejet de l’accord-cadre – Interview avec Yves Flückiger
Dans un interview paru dans la Tribune de Genève, le recteur de l’Université de Genève (UNIGE) et président des universités suisses Yves Flückiger se prononce sur les premiers effets négatifs du rejet de l’accord-cadre avec l’Union européenne (UE).
03.01.2022 – Tribune de Genève- «Il ne faut pas rêver – sans l’Europe, on est moins fort»
Critique du nouvel Institut pour la politique économique suisse (IWP)
A l’Université de Lucerne, des professeur-e-s ont créé leur propre institut économique IWP, financé par des milliardaires. L’auteur estime que les financiers connu-e-s et les chercheurs engagés sont d’orientation néolibérale. Il s’agirait d’un groupe de réflexion «pour les riches» qui «profite de la renommée scientifique de l’Université de Lucerne».
L’initiative contre l’expérimentation animale peine à convaincre
«L’initiative qui vise à interdire l’expérimentation animale et humaine peine à réunir des soutiens. Elle a non seulement tous les partis politiques contre elle, mais les milieux de défense des animaux sont aussi sceptiques.»
«Le Parti socialiste a élaboré une feuille de route ambitieuse en deux phases sur la manière de stabiliser et de développer les relations entre la Suisse et l’Union européenne (UE). L’objectif est de parvenir à un accord économique et de coopération à partir de 2028. […]
Les premiers résultats devraient être obtenus dès la mi-2022. Concrètement, le PS demande une association complète de la Suisse à l’ensemble du «paquet Horizon» sur la recherche, qui comprend des programmes comme Horizon Europe, Digital Europe, ITER, Euratom et Erasmus+.
Une participation moindre n’est pas acceptable, estime le PS. Au contraire, il faudrait même plutôt viser des possibilités d’association au programme européen d’observation de la Terre Copernicus et au programme spatial de l’UE.»
L’article du Times Higher Education décrit comment la Suisse essaye de remplacer les bourses du programme Horizon Europe, le temps de son exclusion du programme. Les formulaires pour demander des fonds restent essentiellement les mêmes. Par ailleurs, le premier appel de remplacement dans le cadre du dernier cycle d’exclusion de la Suisse des programmes Horizon, qui imite les subventions avancées du Conseil européen pour la Recherche («ERC advanced grants») et s’adresse aux chefs de laboratoire de classe mondiale, s’est clôturé le 1er décembre avec 230 demandes, soit plus du double du nombre de demandes habituellement reçues par la Suisse dans le cadre du programme original basé à Bruxelles. Irène Knüsel, cheffe de division au Fonds national suisse de la recherche scientifique, estime: «Certains, je pense, se disaient : « Je [vais] postuler parce que j’ai peu de chances au niveau de l’ERC, mais ici en Suisse, je [vais] obtenir 2,5 millions de francs suisses ». Mais maintenant, avec autant de chercheurs différents, le taux de réussite sera certainement inférieur à ce qu’ils avaient dans le passé.»
«C’est vraiment un défi de maintenir le haut niveau de compétitivité de notre pays», a dit Yves Flückiger, président de swissuniversities et recteur de l’Université de Genève. «C’est pourquoi j’essaie de convaincre nos autorités que nous devons investir un peu plus d’argent pour maintenir ce niveau de compétitivité, et qu’il ne suffit pas de remplacer les actions du programme Horizon Europe.»
Par ailleurs, les chercheur-e-s et les universités suisses regrettent le gage d’excellence que représente le label d’excellence qui est le ERC. En outre, les collaborations de recherche transfrontalières favorisées par la participation à ces programmes seraient, à bien des égards, tout aussi importantes que le financement obtenu.
«L’astronome la plus connue» sur l’égalité des chances dans les sciences
Jocelyn Bell Burnell, selon la NZZ «l’astronome la plus connue de notre temps», est interviewée sur son parcours. Elle dit que la situation s’est améliorée pour les femmes. A son avis, l’engagement pour l’égalité des chances et une plus grande diversité doit venir des institutions qui distribuent des fonds de recherche. «Il est donc important d’observer attentivement combien sont présentes dans un domaine donné et si elles sont promues, combien de personnes de couleur sont présentes et si elles sont promues. Tant que les mesures ne sont que volontaires, cela ne fonctionnera pas. Mais dès que l’argent y est attaché, la diversité est prise au sérieux.»
«Les professeur-e-s qui se séparent des universités»
A l’occasion du transfert d’un professeur renommé d’Oxford à un institut zurichois entièrement financé par le privé, et la création d’un institut privé attaché à l’Université de Lucerne, l’article se penche sur les avantages qu’offrent ces structures par rapport à l’université. Les professeurs concernés regrettent la bureaucratie «grandissante» des universités. Un professeur avance que dans un institut il est possible de se concentrer sur les sujets qui sont pertinents pour la Suisse. «Cela ne se fait pas assez dans les universités, où la recherche est axée sur les revues anglo-saxonnes et donc très internationale». Michael Schaepman, recteur de l’Université de Zurich, dit: «Les nouveaux instituts de recherche enrichissent la science et une plus grande concurrence peut être stimulante. L’essentiel est de savoir si et comment la liberté de la recherche est garantie.»
Une recherche indépendante contre les théories de complôt
Markus Müller, Professeur en droit public à l’Université de Berne et co-initiant de l’Appel international pour la préservation de l’indépendance scientifique , aussi appelé «Zürcher Appell» (2013), estime qu’une recherche indépendante est le meilleur moyen pour se protéger contre les fake news, théories du complot, fraudes, mensonges et manque de respect envers des scientifiques qui peuvent gagner de l’importance en temps de crise. A son avis, la «force protectrice» d’un contrat qui assure l’indépendance de la recherche ne suffit pas: «Le problème principal est l’influence subtile et indirecte sur l’inconscience des chercheuses et chercheurs. Le grand public y est très sensible. Pour lui, la simple apparence de la dépendance suffit pour douter sérieusement de la crédibilité de l’institution de recherche. […] Si on veut une science qui persiste aussi en temps de crise, on doit en prendre soin en amont.»
Les données génétiques du COVID centralisées en Suisse
Le SIB, Institut suisse de bioinformatique, a été choisi, ensemble avec l’Université arctique de Norvège, pour copiloter un programme européen visant à partager librement et de manière harmonisée les données des séquençages génétiques du coronavirus en provenance du monde entier.
«Dès le 1er mars 2022, Vincent Hiroz sera le nouveau directeur opérationnel de l’EPFL Valais Wallis en remplacement de Marc-André Berclaz qui prend sa retraite.»
A terme d’un projet de développement du campus, plus de 400 personnes seront actives sur le site de l’EPFL à Sion.
Le sociologue allemand Alexander Bogner met en question la positon forte de la science pendant la pandémie.
Il questionne notamment le fait que les chefs d’état en Allemagne et Grande-Bretagne se sont souvent présenté à coté de scientifiques quand ils ont présenté leurs décisions concernant la pandémie. Cela donnerait l’impression que les scientifiues se sont accaparés des scientifiques. «Une politique qui suit entièrement la sciences casse la démocratie.»
Le président de la Confédération Guy Parmelin a nommé Rémy Hübschi nouveau directeur suppléant du Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI). […] Il succédera à Josef Widmer, qui a décidé de quitter son poste fin 2021. […] Fort d’une longue expérience en matière de développement de la formation professionnelle, Rémy Hübschi s’est vu confier la direction de divers projets complexes […].
Alain Berset balaie l’initiative qui vise à interdire l’expérimentation animale et humaine
«Sans faire dans la nuance, le conseiller fédéral a appelé au rejet de l’initiative pour l’interdiction de l’expérimentation animale et humaine qui sera soumise au peuple le 13 février prochain. Le texte vise à interdire totalement la pratique en Suisse sur les animaux, mais aussi à interdire l’importation de produits développés à l’étranger par ce biais. […] Si environ 80 associations soutiennent les initiants, la puissante Protection suisse des animaux (PSA) s’abstient de le faire, elle qui juge le texte trop extrême. Même si aux yeux du Conseil fédéral l’affaire semble claire tant les fronts sont figés, ce sujet hautement émotionnel risque d’occuper les débats […].» (24 heures)
Le Tages-Anzeiger met en avant l’importance des expérimentations animales (et humaines) pour la sortie de la crise sanitaire, la baisse du nombre d’animaux utilisés pour la recherche en Suisse, et le manque de soutien de l’initiative au parlement.
Naissance de l’IWP, institut de recherche économique suisse
«L’Institut de politique économique suisse de l’Université de Lucerne, dirigé par le professeur Christoph Schaltegger, a pour but de faciliter la formation de l’opinion sur les grandes questions de société, telles que les inégalités. […] Les résultats de ses travaux de recherche veulent en effet être accessibles à toute la population. Ils doivent être compréhensibles, fiables, factuels et contribuer à la formation de l’opinion publique, précise René Scheu, secrétaire général.»
L’initiative pour les droits fondamentaux «pour les primates non-humains» inquiète
Une initiative bâloise souhaite accorder des droits fondamentaux aux primates, comme «le droit des primates non humains à la vie et à l’intégrité physique et mentale». Selon le Tribunal fédéral, l’initiative ne vise toutefois pas à étendre les droits fondamentaux adaptés aux êtres humains, mais à introduire des droits spéciaux, qui ne s’appliquent justement qu’aux primates non humains.
En cas d’acceptation de l’initiative, la mise en œuvre exacte devrait probablement être réglée dans un décret cantonal. Selon le département de la santé responsable de l’initiative, il est cependant déjà certain que les primates auraient besoin d’une représentation d’intérêts en cas d’un «Oui». Il pourrait s’agir par exemple de l’office vétérinaire ou d’une organisation de protection des animaux. Selon la Cour d’appel, un médiateur serait également envisageable.
Pour les institutions privées, comme les zoos ou les instituts de recherche privés qui ne détiennent actuellement pas de primates, l’initiative ne serait pas directement contraignante. La question de savoir si l’initiative pourrait tout de même s’appliquer dans des cas particuliers par le biais d’un effet tiers indirect est controversée, par exemple si un tribunal fondait son jugement sur les droits fondamentaux des primates dans un litige concernant la détention de singes dans un zoo. La cour d’appel exclut un tel effet à l’égard des tiers, mais le conservateur des singes du Zoo de Bâle est inquiet, indiquant que l’acceptation de l’initiative pourrait avoir comme conséquence qu’un animal en souffrance ne pourrait plus être euthanasié.
Les chercheurs sont maintenant aux prises avec le nouveau programme de recherche de l’Union européenne, dont les architectes disent qu’il est simplifié dans sa structure et conçu pour être beaucoup plus axé sur l’impact que ses prédécesseurs. La première série de candidatures étant terminée, Science Business a demandé aux chercheurs leurs premières impressions sur Horizon Europe.
Les avis sont partagés. Qu’il s’agisse de louer la légèreté de l’administration ou de suggérer qu’il serait préférable de revenir aux soumissions sur papier, la communauté des chercheurs est divisée. Une chose sur laquelle la plupart s’accordent est que les appels d’Horizon Europe sont plus ambitieux que jamais, et que peu d’entre eux peuvent faire rentrer leurs propositions dans la nouvelle limite de 45 pages.
La durabilité des établissements d’enseignement supérieur européen est freiné par un manque de fonds
Selon une étude de l’Association des universités européennes sur 305 institutions européennes, la barrière principale pour implémenter des mesures écologiques à l’université est le manque de fonds. Les personnes interrogés notent également «seul un petit nombre de collaborateur-rices s’engage» et que les activités n’étaient «pas suffisamment stratégiques».
Les hautes écoles en Suisse rapportent beaucoup plus qu’elles ne coûtent
Les villes du Canton Valais (Sierre et Sion) étaient les seules en Suisse à payer 10% du fonctionnement des hautes écoles du degré tertiaire. Cette exception va tomber, comme l’a promis le Grand Conseil. A l’origine de cette réforme est Sierre, qui ne veut plus payer pour Unidistance, une haute école sans enseignement sur place. Le retour sur investissement de cette institution était quasiment inexistant pour la ville. Par ailleurs, la ville a vu ses dépenses grimper avec la croissance des hautes écoles, sans pouvoir gérer cette croissance elle-même.
L’émission La Matinale revient sur les retombées financières des universités qui dispensent des cours en présentiel en Suisse romande. A titre d’exemple, les hautes écoles du Canton de Fribourg, qui coûtent par année CHF 90 millions au Canton, rapportent aux citoyen-ne-s en moyenne CHF 280.- en pouvoir d’achat supplémentaire. A Neuchâtel, ce même calcul mène à CHF 194.- par personne (en 2009). Conclusion: «Les hautes écoles en Suisse rapportent beaucoup plus qu’elles ne coûtent.» Cela dit, toutes les retombées ne sont monétisable, comme par exemple son rayonnement bénéfique pour les start-ups, le transfert technologique, le marché de l’emploi et les salaires.
Cesla Amarelle: «Pour restaurer la crédibilité de la Suisse à Bruxelles»
««La meilleure manière de défendre la coopération scientifique avec l’Europe est de remonter à la source du problème. Aujourd’hui, il est indispensable de déterminer un cadre nouveau», écrit Cesla Amarelle, conseillère d’Etat vaudoise, cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture.»
Sans accord-cadre, le casse-tête de la participation de l’EPFL à ITER
«L’EPFL est un partenaire de longue date du projet ITER, expérience scientifique inédite qui doit prouver la faisabilité sur les plans scientifique et technologique de la fusion nucléaire. L’idée est de reproduire le même phénomène thermophysique que celui qui survient au cœur d’une étoile. […] Le réacteur expérimental d’ITER, en cours de construction, doit livrer ses premiers résultats à l’horizon 2027.»
Stress : les femmes et les étudiants ont le plus souffert du semi-confinement
«Alors que la Suisse cherche à contrer la 5e vague de Covid, trois études de l’EPFL montrent l’impact psychologique qu’a eu le semi-confinement du printemps 2020 sur la population. Les femmes et les étudiants ont le plus souffert.»
De la compréhension entre politiques et scientifiques
Servan Grüniger est Président du groupe de réflexion Reatch , co-initiateur du projet Franxini, membre du comité consultatif de CH++ et fait des recherches à l’Institut des mathématiques de l’Université de Zurich. Il est également membre de la Jeune Académie Suisse. Dans son article et son podcast, il parle du rapport entre politiques et scientifiques et des rôles de ces organisations dans l’effort d’améliorer la compréhension et la relation entre les deux camps.
Par ailleurs, il estime que depuis la pandémie et la grève pour le climat, il y a un plus grand nombre de scientifiques «qui se pressent à l’aréna». Il prend comme exemple l’organisation de groupes de scientifiques contre le moratoire aux OGN, en faveur de la Loi sur le CO2, et le cas de certains anciens membres de la de la Taskforce scientifique contre le Covid.
Deux nouvelles facultés pour l’Université de Lucerne
L’Université de Lucerne créera deux nouvelles facultés – une pour la santé et la médecine et une pour les sciences comportementales et la psychologie.
Aujourd’hui, le Conseil d’Etat met en consultation la modification de loi nécessaire à cet effet. Cette loi pourrait entrer en vigueur début 2023.
«Contrairement aux universités complètes comme l’Université de Bâle ou l’EPFZ, Lucerne aura une université spécialisée en sciences humaines, qui pourra ainsi se profiler et croître», a dit le Directeur de l’Education Marcel Schwerzmann. D’autres sujets – comme les langues ou des arts – n’y seront pas enseignés parce que cet offre existe déjà ailleurs, et les sciences naturelles ou techniques sont jugés trop coûteuses pour le canton. Par ailleurs, les études en médecine seront limitées à un «Joint Master» avec l’Université de Zurich, d’orientation Médecine générale.
Les mesures proposées par le Conseil fédéral touchent aussi le domaine universitaire
Lors d’une conférence de presse vendredi (10.12.), le Conseil fédéral a mis en consultation deux variantes de mesures qui doivent entrer entrer en vigueur en cours de cette semaine.
«Le Conseil fédéral remet sur le tapis une obligation du télétravail» Ce concernant, «il ne peut pas s’en tenir à une simple recommandation. Pour les personnes qui ne peuvent pas travailler en home office, il faudrait renoncer à une réglementation 3G ou 2G. Le masque restera alors obligatoire dans les locaux avec plus d’une personne. […] Dans les universités et les hautes écoles spécialisées, l’enseignement à distance devrait à nouveau s’appliquer, à l’exception des examens. C’est relativement peu contraignant compte tenu de la pause durant les fêtes de fin d’année et la reprise universitaire seulement à la mi-février 2022.» (Blick.ch)
La Fédération des étudiant-e-s neuchâtelois-es «souhaite manifester son opposition» concernant le retour à l’enseignement à distance, qui aurait des «conséquences dramatiques» pour l’ensemble du corps estudiantin. «De plus, il faut rappeler que bon nombre d’étudiant-e-s, particulièrement en Faculté des Lettres et Sciences Humaines, sont évalués durant les dernières semaines du semestre. La perspective d’une partie importante du corps estudiantin d’être évalué à distance, par exemple sous forme de présentations, ne peut être satisfaisante, tant pour les étudiant-e-s que pour la FEN et pour les autorités politques.»
La Rectrice de l’Université de Fribourg Astrid Epiney regrette l’exclusion suisse du programme Horizon Europe, qui «représente un très grand risque de perte d’attractivité de la place de recherche et d’innovation helvétique et entraîne des conséquences négatives considérables à plusieurs niveaux.»
Selon le médecin et auteur Michael Hagner, professeur en Études en sciences («science studies») à l’EPFZ, le rôle des universités dans les discussions sur l’endiguement de la pandémie n’a pas suffisamment été abordé. Il estime que les universités pourraient faire «beaucoup plus» pour comprendre les différentes facettes de la pandémie et pour indiquer des perspectives pour sortir de la crise. L’auteur prend comme exemple l’Université de Princeton, qui limite l’accès au campus aux personnes vaccinées qui se font tester 1-2 fois par semaine par test PCR. Ces mesures garantissent que le fonctionnement de l’Université peut être maintenu dans une large mesure. Par ailleurs, les données liées à la thématique sont librement accessibles sur un tableau de bord. Ces données permettent de mieux comprendre la pandémie. L’auteur ajoute: «cette politique transparente et cohérente peut servir d’exemple pour la société entière» pour son comportement civique: «Tous les membres de l’université, quel que soit leur statut, sont tenus de s’engager.»
L’auteur plaide en faveur d’une obligation de se vacciner pour étudier ou travailler à l’université. «Qu’est-ce qui s’oppose à ce que les organes politiques […] accordent aux institutions qui se consacrent à l’enseignement et à la recherche la liberté d’expérimenter sur elles-mêmes leurs formes dynamiques de gestion du savoir et de «non-savoir»? Cette expertise vécue est pourtant précisément ce qui distingue une université d’autres institutions publiques, et c’est pourquoi les universités ne peuvent pas être assimilées à d’autres autorités publiques dans cette situation.»
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