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Tendances des 2 dernières semaines

Le Conseil suisse de la science prend position sur sa suppression prévue – Le conseil indépendant ne doit pas être affaibli

«Le Conseil suisse de la science CSS a pris position dans le cadre de la procédure de consultation sur la réorganisation des Commissions extraparlementaires. Il y rejette catégoriquement la suppression du CSS proposée par le Conseil fédéral.»

Par ailleurs, le Conseiller national Christophe Clivaz (Vert-es, VS), [professeur de l’Unil], a également questionné le choix du Conseil fédéral de dissoudre le CSS, et le Conseiller fédéral Guy Parmelin (UDC, VD), a répondu : «Le Conseil fédéral ne souhaite en aucun cas affaiblir le recours à une expertise indépendante, mais plutôt la rendre plus ciblée et mieux adaptée aux processus et structures actuels.»

Le directeur général du CSS Lukas Zollinger loue cette préoccupation pour l’expertise indépendante, mais ne voit pas en quoi la dissolution du CSS pourrait y contribuer. Il se pose en outre la question fondamentale de savoir qui fixe les objectifs d’une telle expertise et comment et par qui cette expertise indépendante doit être fournie, qui doit avant tout tenir compte des spécificités suisses. «En raison de sa petite taille, la Suisse ne dispose que de peu d’acteurs capables de fournir une expertise externe. Le SEFRI dispose bien sûr d’un vaste savoir-faire, mais il fait partie de l’administration fédérale et n’est donc pas vraiment indépendant.»

 

Vers une forte hausse des salaires professoraux à l’Université de Saint-Gall ?

Pour rester compétitive face au privé, l’Université de Saint-Gall (HSG) envisage de revaloriser nettement la rémunération des professeur·es ordinaires dès 2029, avec un salaire maximum de 300’000, sans compter les activités accessoires. Ce projet suscite toutefois de vives critiques, alors que le secteur académique traverse une phase d’austérité budgétaire touchant les fonds de recherche et où les conditions pour d’autres membres du corps professoral se rigidifient.

Le savoir académique face aux réalités de terrain dans le domaine de la médecine

Dans une tribune pour la NZZ, le professeur Mathias Goyen et directeur médical de l’entreprise GE HealthCare, souligne le décalage entre l’excellence théorique et la pratique clinique dans le domaine de la médecine. Si l’accumulation de savoir académique reste le socle de la formation, l’auteur déplore l’absence d’apprentissage précoce de la gestion des risques et des responsabilités.

Ce décalage ne fragiliserait pas seulement la préparation aux exigences de terrain mais pourrait également constituer un frein majeur à l’implantation de progrès technologiques.

Le prix Ig-Nobel sera décerné à Zurich, quittant une Amérique «peu sûre»

Les prix récompensant les recherches insolites Ig-Nobel quittent pour la première fois depuis 35 ans les États-Unis pour Zurich, par souci pour la sécurité des invités internationaux. Cette décision a été prise en raison des difficultés croissantes rencontrées par les invités internationaux pour obtenir un visa américain. (SRF)

«Cette mesure intervient dans le cadre de la répression massive menée par Donald Trump contre l’immigration, qui vise principalement à expulser les migrants en situation irrégulière aux États-Unis, ainsi que les titulaires de visas étudiants et de visas de séjour temporaire.» (swissinfo)

L’Université de Zurich, le Conseil des EPF, l’EPFL et le WSL ont conclu un partenariat avec le comité du Ig-Nobel pour l’organisation de la cérémonie qui aura lieu le 3 septembre 2026. (SRF)

 

«Fissuré, mais toujours présent : le plafond de verre persiste pour les femmes occupant des postes à responsabilité dans le domaine scientifique»

Dans la revue Nature du 6 mars 2026, la professeure Mangala Sriniva, première Singapourienne à siéger au conseil scientifique de l’UE, souligne que même au sommet de la hiérarchie scientifique, le succès ne protège pas du sexisme.

Elle rappelle que le plafond de verre, bien que fissuré, impose toujours aux femmes une sur-performance épuisante pour contrer des doutes systémiques sur leur légitimité. Face aux micro-agressions et aux préjugés qui persistent malgré l’excellence, elle appelle ses consoeurs à dénoncer ces freins structurels et à ne plus intérioriser de critiques injustes qui relèvent de la perception, et non de la compétence.

L’achat d’un logiciel américain pour les hôpitaux vaudois inquiète

Le Grand Conseil vaudois exprime ses craintes face au projet informatique de 200 millions de francs destiné à remplacer le système d’informations clinique du CHUV et de onze autres hôpitaux vaudois d’ici 2027.

S’appuyant sur les dérives budgétaires observées à Berne, les député·es s’inquiètent des risques de surcoûts, du choix d’un prestataires américain et des enjeux cruciaux liés à la protection des données médicales.

Comment un professeur de l’EPFZ harcelait ses collaboratrices

Un professeur au sein du département de la Gestion, de la technologie et de l’économie de l’École polytechnique de Zurich est accusé d’avoir harcelé plusieurs collaboratrices et d’avoir abusé de son pouvoir. Environ 15 personnes ont témoigné auprès de SRF des agissements de cet individu, depuis que l’ETH l’avait nommé professeur il y a plus de dix ans.

Le bureau de signalement externe est clair dans sa conclusion générale. Il critique la « structure difficile de l’ETH » dans la gestion des conflits complexes. Pendant des mois, de nombreux services ont été impliqués dans cette affaire, sans parvenir à trouver une solution. Cela comporterait le risque d’une «organisation en silos» et donnerait une impression de «manque de coordination». Il en résulterait un «double travail et confusion». Par ailleurs, depuis des signalements en 2019 ou antérieurement n’ont pas eu des conséquences souhaitées, les personnes concernées ont apparemment renoncé à signaler de nouveaux faits après 2019, par méfiance envers les structures.

Campus Energypolis en Valais : un écosystème rentable

Une étude de l’Institut de macroéconomie appliquée (CREA) de l’UNIL, basée sur des données datant de 2024, établit l’impact économique du Campus Energypolis à 175 millions de francs. Le campus repose sur un partenariat stratégique entre le Canton du Valais et l’EPFL Valais Wallis, laquelle assure le pilier de la recherche fondamentale en intégrant une expertise scientifique au sein d’un écosystème local.

«Le développement durable n’est plus une option» : L’Université de Zürich face au défi climatique

Mercredi dernier, la direction et des membres du corps scientifique de l’Université de Zürich (UZH) ont évalué la transition écologique de l’institution au regard de sa «Stratégie de durabilité 2030». Cette rencontre animée a permis de confronter les pratiques actuelles aux ambitions climatiques de l’université.

Sur le plan académique, l’UZH étoffe son offre avec la création d’un Bachelor en durabilité, d’un cursus en finance durable et de pôles interdisciplinaires. La généralisation des repas végétariens ainsi que la réduction des déplacements aériens ont également été abordées.

Le Parlement revoit largement à la baisse le plan d’économies

Le Parlement s’oriente vers un plan d’économies 2027-2029 bien plus léger que ce que ne voudrait le Conseil fédéral. Le National a largement suivi la ligne du Conseil des Etats, qui avait réduit d’un tiers le volume des coupes prévues par le gouvernement. Il s’est même montré plus généreux sur certains points, accordant au total 40 millions de plus à la formation, épargnant la filière de la médecine et la formation continue de coupes.

Le Conseil des EPF lance la consultation au sein du Domaine des EPF sur le projet de développement organisationnel «FIT for the Future»

«A l’occasion de sa séance des 4 et 5 mars 2026, le Conseil des EPF a décidé de soumettre deux variantes du projet de développement organisationnel «FIT for the Future» à la consultation interne au Domaine des EPF. Par ailleurs, il a réparti les ressources entre les institutions du Domaine des EPF pour l’année 2027 et adopté le compte rendu consolidé 2025 sur le Domaine des EPF à l’intention de la Confédération. Enfin, il a pris acte d’un changement au sein de la direction de l’EPFL.»

Le changement de politique de l’UE en matière d’innovation a des conséquences pour les scientifiques

«Ces dernières années, le discours autour de la politique européenne en matière de recherche et d’innovation a sensiblement évolué. Alors que les débats portaient auparavant sur l’excellence, l’ouverture et la création de connaissances à long terme, les priorités actuelles sont désormais axées sur la compétitivité, l’autonomie stratégique et la sécurité.» L’autrice Sanja Terlevic, rédactrice indépendante et analyste politique etime que l’enjeu réside dans le rôle que jouent les scientifiques au sein de l’économie politique européenne de la connaissance. «Lorsque l’autonomie s’érode, il en va de même pour la diversité des questions abordées, la tolérance à l’incertitude et l’espace réservé aux connaissances qui ne s’alignent pas strictement sur les priorités stratégiques actuelles.»

Financement par des donateurs individuels : les enseignements tirés de l’affaire Epstein

Selon l’éditorial de Nature, les universités doivent mettre en place des équipes chargées de la compliance ayant non seulement le pouvoir d’évaluer les risques liés aux sources de financement, mais aussi de donner suite à leurs conclusions afin de garantir le respect des politiques de financement éthiques.

Science et bz Zeitung für die Region Basel mettent en lumière des scientifiques qui ont refusé des fonds du sulfureux mécène de la recherche Jeffrey Epstein.

« Les manifestant·es se disent prêt·es à tenir le bras de fer »

Dans le cadre d’une semaine d’action nationale, une septantaine de personnes se sont mobilisées mardi devant le Grand Conseil à Neuchâtel et à l’Amphimax à Lausanne pour dénoncer le programme fédéral d’allégement budgétaire 2027.  Les manifestant·es craignent une dépréciation de l’enseignement et l’abandon de pans entiers de la recherche scientifique.

«Le rassemblement était coordonné par les syndicats SSP et SUD ainsi que par le collectif Grève féministe UNIL-EPFL.  […] L’UNIL ne sera plus en mesure de remplir ses missions de formation et de recherche scientifique, des postes dans l’enseignement, la recherche, l’administration et la technique seront supprimés et les étudiants risquent de voir leurs taxes d’études augmenter, se sont inquiétés syndicats et associations.» (24 heures)

Une manifestation similaire a eu lieu à l’Université de Neuchâtel. (RTS)

Malgré ces vives inquiétudes, le Parlement a refusé de renvoyer le texte au gouvernement, confirmant ainsi l’examen du plan d’économies.

 

 

Appel à une semaine d’action du 2 au 5 mars dans plusieurs universités et hautes écoles suisses

Face aux coupes budgétaires fédérales prévues dès 2027, une semaine d’action mobilise les universités et hautes école suisses. Le corps étudiant, les syndicats et les membres du personnel s’unissent pour dénoncer des mesures d’économie qui menacent l’avenir de la formation et de la recherche.

Le programme prévoit notamment des assemblées et rassemblements, comme celui prévu ce mardi 3 mars devant l’Amphimax à Lausanne. Cette mobilisation intervient alors que le Conseil national ouvre aujourd’hui les débats sur ces mesures d’austérité controversées.

 

Zürich renforce sa faculté de médecine avec son projet « Med500+ »

Le Parlement zurichois a approuvé un prêt de 25 millions de francs pour porter la capacité de la faculté de médecine de l’Université de Zürich (UZH) de 430 à 700 places par an dès 2030.

Ce projet implique une refonte du plan d’études, la création de postes de professeur·es et de nouvelles infrastructures. L’objectif est de réduire la dépendance à l’étranger, où est formé 40% du corps médical en Suisse, et pour répondre à la pénurie du personnel soignant tout en relançant le débat sur l’assouplissement du numerus clausus.

«Les résultats de la recherche suisse financée par des fonds publics devraient pouvoir être rendus librement accessibles»

«Dans neuf pays européens, la réutilisation numérique ouverte des publications scientifiques financées par des fonds publics est déjà inscrite dans la législation. Avec le European Research Area Act de l’Union européenne, cette pratique devrait devenir un standard européen.

Christian Schwarzenegger, vice-recteur de l’Université de Zurich et président de la délégation Open Science de swissuniversities, explique dans la « NZZ » les avantages d’un droit de publication secondaire.» (swissuniversities)

«À la mi-janvier, la commission compétente du Conseil des États a débattu de l’introduction d’un droit de publication secondaire obligatoire pour la recherche financée par des fonds publics. Il ne s’agit pas d’une guerre culturelle, mais de savoir si la Suisse, en tant que pôle d’éducation et d’innovation, se dote d’un cadre juridique permettant la réutilisation numérique ou si une défaillance structurelle du marché se poursuit», écrit Christian Schwarzenegger dans la NZZ.

L’IA permettrait de faire des avancées importantes dans la recherche, se posant sur les résultats scientifiques, à condition que les publications soient disponibles, et dans le respect de la sécurité juridique. «Ceux qui souhaitent cette innovation ont besoin d’un cadre juridique qui permette la réutilisation, non seulement pour la lecture, mais aussi pour l’évaluation automatique. Dans cette optique, l’intérêt public pour l’accessibilité et la réutilisabilité doit être considéré comme très important : cela concerne non seulement les universités, mais aussi les entreprises, en particulier les PME, les start-ups, l’administration et la justice.»

 

« Lutte étudiante primée »

Les collectifs étudiants vaudois et genevois en soutien à la Palestine recevront le Prix des droits humains de la part de l’organe éditeur du journal Le Courrier. Ce prix récompense leur mobilisation constante en faveur du respect du droit international dans la bande de Gaza et leur examen critique des collaborations universitaires.

La remise de Prix se tiendra le 10 mars prochain, avec la participation du chercheur Joseph Daher.

Swissuniversities a publié les données du «gender monitoring 2024»

Les données de Swissuniversities indiquent que l’augmentation du nombre de femmes professeures observée ces dernières années se maintient.

«En 2024, 46 % des embauches au niveau professoral concernaient des femmes (soit 1 point de pourcentage en moins que l’année précédente). Au 31 décembre 2024 (date de référence), les femmes représentaient 31 % des effectifs totaux de professeur·es, représentant une augmentation de 1 point de pourcentage par rapport à l’année précédente.»

L’indépendance du programme-cadre FP10 en question

Lors d’une audition au Parlement européen le 25 février, des personnes expertes ont appelé à une réforme profonde du futur Fonds européen pour la compétitivité (ECF). Elles alertent sur le risque de fragilisation du prochain programme-cadre européen pour la recherche FP10 et dénoncent une proposition actuelle trop complexe et éparpillée.

La recommandation principale est de clarifier les rôles tout en simplifiant radicalement la gouvernance pour s’adapter à la vitesse du marché numérique.

 

L’informatique universitaire s’ouvre aux collégien·nes à Fribourg

Le programme Leonardo de l’Université de Fribourg, initialement dédié aux mathématiques et à la chimie, s’étend désormais à l’informatique. Destiné aux collégien·nes des deux dernières années particulièrement habiles, ce cursus permet d’approfondir la matière au-delà du programme scolaire habituel. Les crédits obtenus peuvent même être validés ultérieurement lors des études universitaires.

Le CHUV et les HUG dans le top mondial des meilleurs hôpitaux

Selon le classement international des meilleurs établissements médicaux « Newsweek 2026″, Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) atteignent la 19ème place mondiale, devançant désormais Le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) qui occupe le 21e rang. Cette étude, qui compare 2’500 établissements dans 32 pays, souligne l’excellence de la médecine universitaire suisse, reconnue internationalement pour sa qualité de soins et sa capacité d’innovation.

«Des défenseurs des animaux interdits de tenir un stand à l’UNIL»

La Ligue suisse contre l’expérimentation animale et pour le droit des animaux (LSCV) souhaitait mener une étape de sa campagne contre le test de nage forcée sur les rongeurs au sein même de l’Unil, lors de la Semaine de la durabilité organisée conjointement avec l’EPFL, et elle ne pourra rien y exposer non plus. «Le motif du refus se fonde sur l’article 5 de la Directive sur la mise à disposition des infrastructures immobilières à des tiers, qui exclut «une manifestation politique à caractère partisan».»

L’avenir incertain d’une institution scientifique sexagénaire

Un article de la NZZ retrace l’histoire du Conseil suisse des sciences, qui a célébré ses 60 ans l’année dernière, et ses relations parfois difficiles avec la Confédération.  

L’institution, qui joue un rôle de médiateur entre le monde politique et scientifique, pourrait bien disparaitre. Son sort étant désormais entre les mains du Parlement. Au fil des décennies, le Conseil a pourtant laissé une empreinte significative en contribuant à l’adoption de plusieurs lois sur l’éducation, à l’intégration de la Suisse dans les programmes européens de recherche, ainsi qu’à la création de Hautes écoles spécialisées.  

« Conférence à l’UNIGE contestée »

Une conférence prévue mardi prochain à l’Université de Genève suscite la controverse. Le 3 mars, Uni Mail accueillera Omar Alsoumi, porte-parole du collectif « Urgence Palestine France», invité par le syndicat étudiant CUAE, pour une conférence portant sur la répression de la lutte pour la Palestine en Europe.  

Omar Asoulmi fait l’objet de poursuites judiciaires en France pour des propos tenus lors d’une manifestation, et son collectif est menacé de dissolution par les autorités françaises. L’UDC a réagi par un communiqué offensif, accusant l’université de « banaliser la haine au nom de la liberté d’expression », et demande au Conseil d’État d’interdire l’évènement.  

Plus de 1000 professeur·es d’universités suisses s’opposent au démantèlement de la SSR

Plus de 1000 Professeur·es d’universités suisses ont signé une déclaration scientifique en faveur d’un service public médiatique fort et contre l’initiative visant à réduire de moitié son financement.

Les signataires viennent de toutes les régions linguistiques et couvrent un large spectre disciplinaire, dont deux lauréats du prix Nobel, un lauréat de la médaille Fields ainsi que des scientifiques éminent·es. Selon cette déclaration, affaiblir ce pilier médiatique reviendrait à fragiliser la résilience de la Suisse face à la désinformation et à menacer l’équilibre de l’ensemble du paysage médiatique.

Suppression de la présence obligatoire à la Haute école pédagogique du Nord-Ouest de la Suisse

La Haute école pédagogique du Nord-Ouest de la Suisse (PH FHNW), qui regroupe les cantons d’Argovie, Bâle-Ville, Bâle Campagne et Soleure, a décidé de supprimer l’obligation générale de présence, offrant ainsi plus de flexibilité à ses étudiant·es. Cette mesure, qui répond à une demande des étudiant·es formulée il y a deux ans, vise en partie à faciliter la conciliation entre études et vie professionnelle, offrant ainsi une plus grande flexibilité à l’ensemble du corps étudiant.

Débat autour des six Programmes nationaux de recherche (PNR)

L’émission Forum de la RTS a mis en lumière la mise à l’écart des sciences humaines et sociales (SHS) des six nouveaux Programmes nationaux de recherche (PNR) de la Confédération. La chercheuse Janine Dahinden y dénonce une rupture de la diversité disciplinaire, tandis que le conseiller national Nicolas Kolly (UDC) soutient le choix du Conseil fédéral.

Face à la mobilisation d’une partie de la communauté scientifique, qui a dénoncé un sous-financement chronique dans une lettre ouverte, le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) a annoncé la création d’un programme spécifique aux SHS, dont les modalités seront définies à l’été 2026.

Les candidatures américaines toujours en hausse

Les grandes universités suisses enregistrent une forte hausse des candidatures américaines, notamment à L’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) (+60% en Master, +31% en doctorat), L’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zürich) (+46% en Master). Les raisons avancées sont d’ordre politique, faisant référence au gel des fonds fédéraux et suppression des programmes de diversité par l’administration Trump, ainsi que financières, avec une dette moyenne étudiante de 38 000 dollars aux Etats-Unis.

La Suisse attire également les professeur·es. Une d’entre elle constate, entre autres, «une ambiance décourageante dans les universités américaines. La pression vient de toutes parts. J’ai beaucoup de collègues dans des universités prestigieuses qui doivent faire des économies drastiques et réduire le nombre de postes de doctorants.

Des décisions du Conseil fédéral suscitent la controverse

Dans une tribune publiée dans le journal Le Temps, l’écrivain Metin Arditi dénonce vivement les récentes orientations du Conseil fédéral. Il critique particulièrement le projet de dissolution du Conseil suisse de la science (CSS) au profit d’expertises ponctuelles, ainsi que les mesures d’austérité de la commission Gaillard. Celles-ci prévoient un doublement des taxes universitaires pour les étudiant·es suisses, un quadruplement pour les étranger·ères, et une réduction des subventions allouées aux écoles suisses à l’étranger.

Cours gratuits d’informatique pour les jeunes filles à L’EPFL et HES-SO

Depuis 2003, le programme gratuit « Internet & Code pour les filles » initie les pré-adolescentes de 9 à 11 ans à l’informatique. Dispensé dans 8 cantons, il leur permet d’apprendre chaque samedi pendant onze semaines à créer des sites web et à programmer. L’objectif étant de lutter contre les stéréotypes de genre dans un secteur où les femmes peinent à dépasser les 20% des effectifs.

« Les sciences humaines et sociales résistent »

Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), les effectifs des étudiant·es en Sciences humaines et sociales restent stables en Suisse, voire en légère hausse à l’Unil, avec environ 45 000 personnes inscrites (hors droit et économie).  La situation internationale pourrait même jouer en faveur des disciplines.

Le doyen de la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’UniFR Dominik Schöbi, estime que «Les sciences humaines donnent aux étudiants des instruments comme la logique, la pensée critique, une compréhension historique, très utiles notamment à l’ère de la révolution numérique».

Pour l’Association des étudiant-e-x-s en études de genre de l’Université de Genève (AEEG), «ce qui se passe aux Etats-Unis» pourrait susciter une «prise de conscience de l’importance d’étudier les sciences sociales avec cette dimension critique ».

 

La formation des chirurgiens fait l’objet de critiques croissantes

L’article de la NZZ traite de la qualité de la formation des jeunes chirurgiens en Suisse, à travers une conversation avec deux chirurgiens du Spital Uster : Vital Schreiber (président de la société zurichoise de chirurgie) et Federico Mazzola (représentant des médecins assistants).

Le constat de départ est alarmant : les jeunes chirurgiens passeraient 70 à 80% de leur temps devant un ordinateur et très peu au bloc opératoire, ce qui nuit à leur formation pratique. Un cas extrême rapporté par la télévision suisse montrait un médecin-chef opérant seul pendant huit heures sans pouvoir résoudre un problème, faute d’expérience suffisante.

Les deux médecins s’accordent sur plusieurs points: Il n’existe pas de planification claire des besoins en chirurgiens en Suisse, contrairement à des systèmes comme celui du Québec. Le catalogue des 500 interventions requises pour obtenir le titre de spécialiste est parfois inadapté à la réalité médicale actuelle. La sélection des candidats intervient trop tard dans la formation. Par ailleurs, la distinction entre chirurgie de base et chirurgie complexe et spécialisée devrait être mieux valorisée.

«La propagande antisioniste continue à l’université de Lausanne»

Un article publié dans la Revue Juive revient sur les débats suscités par la situation au Moyen-Orient à l’Unil et dans les politiques locales : «La Romandie et Lausanne, tout particulièrement depuis le 7 octobre 2023, sont l’épicentre de l’antisionisme en Suisse», avec l’Unil comme «un bastion de cette militance». 

Les deux points de critiques concernent premièrement la venue, le 28 janvier, dernier, de l’Israélienne Maya Wind, autrice du livre «Towers of Ivory and Steel : How Israeli Universities Deny Palestinian Freedom», et la lettre ouverte du Clads qui demande la rupture d’un accord entre le Fonds national suisse (FNS) et l’Israel Science Foundation (ISF).

L’Unil se dote d’un Plan Vélo

«Dans le cadre de la stratégie de la transition écologique CAP2037, l’Unil s’est fixé l’objectif de doubler la part des mobilités actives d’ici 2037, par rapport à 2019. Le Plan vélo fraîchement adopté propose une série d’actions pour y parvenir. »

«Le secteur européen de l’enseignement supérieur propose conjointement des amendements pour garantir l’avenir d’Erasmus+»

«À la suite de leur appel commun en faveur d’investissements ambitieux dans Erasmus+, l’Association européenne des universités EUA et seize organisations partenaires représentant un large éventail d’acteurs du secteur de l’enseignement supérieur ont présenté une série d’amendements conjoints au projet de règlement pour le prochain programme Erasmus+ (2028-2034). Ensemble, ils réaffirment le rôle clé d’Erasmus+ dans le développement de l’espace européen de l’éducation aux côtés de l’Union des compétences, contribuant ainsi au vivier de talents et au rayonnement mondial de l’Europe, ainsi qu’au développement personnel, éducatif et professionnel des étudiants et du personnel participant au programme.»

Une des propositions d’amendement est de «Fournir une voie claire et prévisible pour que le Royaume-Uni et la Suisse renouvellent leur association» au programme.

Les signataires:

  • ACA – https://aca-secretariat.be
  • AURORA – https://aurora-universities.eu/
  • CESAER – https://www.cesaer.org/
  • Coimbra Group – https://www.coimbra-group.eu/
  • DAAD – https://www.daad.de/en/
  • EAIE – www.eaie.org
  • ECIU – https://www.eciu.eu/
  • ESN – https://www.esn.org/
  • ESU – https://esu-online.org/
  • EUA – https://www.eua.eu/
  • EUF – https://uni-foundation.eu/
  • EURASHE – https://www.eurashe.eu/
  • The Guild – https://www.the-guild.eu/
  • LERU – https://www.leru.org/
  • UNICA – www.unica-network.eu
  • UNIMED – https://www.uni-med.net/
  • YERUN – https://yerun.eu/
UNIGE : Une permanence à l’écoute des étudiant-es victimes d’atteintes à la personnalité

Les étudiant-es de bachelor et de master à l’Université de Genève disposent désormais d’une permanence hebdomadaire, ouverte tous les mardis de 9h à 17h. «Soutenu par le programme fédéral Equité (2025-2028) de swissuniversities, le projet Uni(in)formée vise à prévenir et à combattre les atteintes à la personnalité au sein de l’Université dans les relations d’études. Ce projet s’inscrit dans la volonté institutionnelle de mieux accompagner les membres de la communauté de l’UNIGE confronté-es à des situations conflictuelles, de discriminations, de harcèlement psychologique ou sexuel, ou de violences.»

«Quand la restitution du patrimoine devient une réalité»

«Créée en 2022 pour accompagner la restitution de biens culturels spoliés, la Plateforme pour la diplomatie du patrimoine culturel de l’UNIGE entre dans une phase active. Objets précolombiens, restes humains ou manuscrits historiques vont prendre le chemin du retour à leur communauté d’origine.»

«Questions sur le tabac: l’EHL choisit le silence»

OxySuisse a étudié les contrats de  31 universtiés, HES, instituts fédéraux et hôpitaux universitaires suisses avec l’industrie du tabac. Le rapport montre que même si les écoles suisses ne reçoivent que peu de fonds directement liés au tabac, un tiers d’entre elles ont encore un lien avec le secteur. Plusieurs institutions, dont l’EHL et l’Hepia à Genève, ont contesté juridiquement la démarche de l’organisation.

«Les universités ont peu à gagner et beaucoup à perdre dans cette relation, au vu des scandales présents et passés», estime la directrice d’Oxysuisse. En Suisse, seule l’école d’économie et de management de l’Université de Genève dispose d’un code éthique qui exclut le tabac.

Quelle pluralité de recherche sur des questions de durabilité et climat?

Edouard Morena, maître de conférence en science politique à la University of London Institute in Paris, compare les a Paris Climate School de Sciences Po, inaugurée en 2025, avec la Columbia Climate School à New York; la Doerr School of Sustainability à Stanford en Californie; ou encore la Global School of Sustainability à la London School of Economics (LSE). Il estime que lorsqu’on compare des «organigrammes, partenaires financiers, compositions des conseils stratégiques et de surveillance, contenus pédagogiques, axes et produits de recherche, le moins que l’on puisse dire c’est que l’ouverture et la confrontation d’idées ne saute pas aux yeux. Au contraire on a l’impression d’un entre-soi entre acteurs dominants du débat climatique international qui partagent toutes et tous (à quelques nuances près) une même approche de la transition bas carbone […] centrée sur l’Accord de Paris et son modèle de gouvernance climatique». Edouard Morena regrette que, compte tenu des leurs ressources financières et humaines et de leur grande visibilité, ces écoles «cannibalisent l’espace des sciences humaines et sociales en rapport avec le climat», alors que et fait référence à un article du Monde qui statue qu’«à l’échelle internationale, la recherche sur le climat dans le domaine des sciences sociales ne représente que 0,18 % du total des financements.»

 

L’influence de l’industrie du tabac sur la recherche académique suisse

Une enquête de la Schweizer Radio und Fernsehen (SRF) révèle des liaisons problématiques entre les universités suisses et l’industrie du tabac, questionnant l’indépendance de la recherche. À l’EPFL, plus de soixante étudiant·es ont réalisé leur master ou un stage chez Phillip Morris International ces dernières années, une pratique qui n’est pas encouragée mais tolérée selon l’Ecole polytechnique.

L’association de prévention du tabac OxySuisse, financée en grande partie par la Confédération, révèle que plus d’un tiers des hautes écoles suisses ont entretenu de tels liens, profitant d’un cadre législatif helvétique très favorable aux industries du tabac. Face à la confusion entre recherche indépendante et contrats privés, des voix s’élèvent pour exiger des règles de transparence uniformes afin de protéger les institutions académiques de l’influence d’une industrie controversée.

Les universités suisses face à l’espionnage

Face à la multiplication des menaces d’espionnage, notamment en provenance de pays comme la Russie, la Chine ou l’Iran, les universités suisses renforcent la protection de leurs recherches stratégiques. Le secteur académique, sous l’impulsion de swissuniversities, adopte désormais une stratégie de vigilance accrue.

Ce nouveau cadre vise à sécuriser l’admission des scientifiques et à encadrer les transferts de technologies via trois axes : la sensibilisation interne, le durcissement du cadre réglementaire et une coordination nationale renforcée.

Cette transition, réclamée par le Service de renseignement de la Confédération (SRC) et la Délégation des commissions de gestion (DélCdG), marque l’importance d’un équilibre nécessaire entre ouverture scientifique et sécurité nationale.

« L’Université de Neuchâtel mise sur son agilité »

La nouvelle rectrice de l’Université de Neuchâtel (UniNE) Deniz Gyger Gaspoz et son équipe, rentrés en fonction au début du mois de février, répondent aux questions de la Presse concernant leur plan d’intention ainsi que des enjeux actuels du monde académique. L’UniNE compte sur son agilité et veut intensifier les synergies avec les domaines publics, économiques et associatifs pour faire face aux coupes budgétaires. Les enjeux autours de la forte instabilité géopolitique, l’intelligence artificielle, et les menaces sur la liberté académique ont aussi été évoqués.

Deniz Gyger Gaspoz ne s’est pas prononcé sur une potentielle hausse des taxes d’études, car selon la loi sur l’université neuchâteloise, une telle décision devrait être prise par le Conseil d’Etat.

Les sciences humaines et sociales écartées de projets scientifiques ?

Aucun projet relevant spécifiquement des sciences humaines et sociales ne figure dans les six projets nationaux liés à la recherche scientifique (PRN), premiers instruments du soutien à la recherche. Une lettre ouverte signé par plus de 1000 universitaires exprime une incompréhension et un sentiment d’exclusion, déplorant un rejet des thématiques étudiées et soulevant des questions de gouvernance scientifique. L’Académie suisse des sciences humaines et sociales a pris position.

«Interrogé à ce sujet par Le Temps, le service de presse [du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche] DEFR indique que, à la fin de la procédure de sélection, «cinq projets, qui n’avaient pas bénéficié d’une évaluation aussi positive que les six PRN qui ont été lancés, ont dû être refusés, dont celui portant sur les SHS». Il explique aussi que les fonds réservés «permettront de lancer de nouveau un projet dans le domaine des SHS, qui sera de la même envergure que les six autres PRN, ou tout au moins de lancer deux petits PRN.»»

«Remue-ménage» à l’Université italienne de Lugano

La rectrice Luisa Lambertini a démissionné après seulement deux ans à la tête de l’USI, invoquant son souhait de se consacrer à nouveau entièrement à la recherche. Son prédécesseur Boas Erez, premier recteur de l’USI, avait lui aussi quitté ses fonctions avant la fin de son mandat.

Dans une interview accordée à la RSI, Piero Martinoli, ancien président de l’Université de 2006 à 2016, déclare ignorer les raisons exactes de cette démission. Il estime toutefois que ces deux départs prématurés révèlent des dysfonctionnements dans la structure organisationnelle de l’institution. Il évoque notamment des tensions latentes entre le conseil universitaire et le rectorat. L’émission de la SRF mentionne également les ambitions de l’ancienne rectrice de faire progresser l’USI dans un contexte où les ressources de toutes les universités suisses sont en forte diminution.

«Santé mentale des chercheurs suisses: des conditions de travail globalement favorables, mais des fragilités persistantes»

«Une vaste étude européenne révèle que les chercheuses et chercheurs travaillant en Suisse présentent une meilleure résilience que leurs homologues européens, tout en restant fortement exposés à l’insécurité de l’emploi et aux conflits entre vie professionnelle et vie privée. Ces résultats soulignent l’urgence d’actions structurelles en faveur de la santé mentale dans le milieu académique. Ces résultats mettent en lumière le besoin d’initiatives concrètes pour soutenir la santé mentale dans le milieu académique.»

L’UNIGE adhère à la Charte Afrique

«La recherche sur les sociétés africaines demeure marquée par de forts déséquilibres de pouvoir malgré des cadres théoriques censés garantir des partenariats équitables. La Charte Afrique, portée par des acteurs majeurs de l’enseignement supérieur africain, vise à rééquilibrer en profondeur les relations entre le continent africain et les pays du Nord.»

La nouvelle règle de l’équipe Trump pourrait faciliter le licenciement des scientifiques du gouvernement

L’administration du président américain Donald Trump a poursuivi la semaine dernière son projet visant à faciliter le licenciement de certains fonctionnaires, notamment des scientifiques, pour avoir «sapé les directives présidentielles». malgré les objections du public qui craint que cela n’entraîne une ingérence politique accrue dans la science américaine.

«Les opposant·es à cette politique ont déclaré qu’ils envisageaient d’intenter une action en justice. Le gouvernement «rebaptise les fonctionnaires de carrière en employés «politiques», réduit au silence les lanceurs d’alerte et remplace les professionnels compétents par des laquais politiques», a déclaré Everett Kelley, président national de l’American Federation of Government Workers (AFGE) à Washington DC, dans un communiqué.»

«Genève, cité du refuge académique»

La directrice de l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) de Genève, Marie-Laure Salles, commente la polarisation croissante sur les campus, par exemple autour de la guerre à Gaza. «Aujourd’hui, diriger une université est un métier de plus en plus difficile.» Dans un contexte de tensions politiques et académiques aux Etats-Unis, elle rapporte une hausse de 80% des candidatures américaines au sein de l’institut.

 

 

 

Quand l’IA bouscule les auditoires : une journée romande pour penser l’enseignement supérieur de demain

«L’essor de l’intelligence artificielle générative transforme l’enseignement supérieur et soulève des enjeux majeurs pour notre communauté : pratiques pédagogiques, encadrement des travaux, modalités d’évaluation ou encore cadres éthiques. Pour y répondre, les universités romandes et la HES-SO organisent la Journée romande «IA et enseignement», coordonnée par l’Université de Genève avec la participation de l’UNIL, de Fribourg et de Neuchâtel, et le soutien de swissuniversities.»

Les sciences sociales et humaines font-elles l’objet d’une discrimination ?

En fin janvier, six nouveaux pôles de recherche nationaux ont été lancés, et aucun ne concerne les sciences humaines ou sociales. Une lettre ouverte signée par plus d’un millier de professeurs et de membres du corps intermédiaire universitaire.

«Les accusations sont lourdes : seuls les projets économiquement exploitables seraient soutenus, et le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) serait soupçonné de discriminer thématiquement la recherche sur le genre.» (SRF)

Le SEFRI a annoncé qu’il allait mettre des fonds de côté et organiser un deuxième tour séparé pour les sciences humaines et sociales. Lea Haller, Secrétaire générale de l’Académie suisse des sciences sociales et humaines (ASSH), commente : «Cela donne l’impression comme si la procédure a été suivie, mais que [les acteurs] se sont rendu compte à la fin qu’il manquait quelque chose et qu’il fallait maintenant corriger le tir.»

Caspar Hirschi, professeur d’histoire à l’Université de Saint-Gall, ajoute que ce type d’encouragement de recherche défavorise les sciences humaines et sociales, qui se considèrent comme une instance critique qui remet en question la société et la politique. «Le principal obstacle pour eux était la politique, c’est-à-dire le SEFRI et le Conseil fédéral, qui n’ont pas pris en considération les projets.»

Parmi les onze projets retenus pour la dernière phase figurait un projet de recherche intitulé « Gender and Justice » : il portait sur la violence à l’égard des femmes, la prévention des maladies dans une perspective de genre ou les questions de fertilité en Suisse. Ce projet a été jugé excellent, mais il a néanmoins été écarté par le SEFRI. Les signataires de la lettre ouverte y voient une « discrimination thématique inquiétante à l’égard de la recherche sur le genre».  Interrogé à ce sujet, le SEFRI répond : « L’évaluation a été effectuée indépendamment de l’appartenance disciplinaire. L’excellence scientifique était au premier plan. »

Par ailleurs, le nombre d’étudiants en sciences du langage a chuté de près de moitié au cours des dix dernières années.  Caspar Hirschi estime qu’il s’agit d’une perte d’importance et de prestige, ce qui est paradoxal pour lui, car «d’autre part, les bouleversements considérables que nous traversons actuellement et les incertitudes politiques et économiques montrent que les connaissances en sciences humaines sont très demandées par le grand public».

 

Les angles morts de la Suisse

La Fondation Mercator Suisse, économiesuisse et le Conseil EPF ont développé une communication sur les 10 angles morts de la Suisse. Point 6, 9 et 10 concernent les universités:

6.: Plus d’investissements dans les technologies du futur sont nécessaires (ia, données, énergies)

9.: «La distance entre l’économie, la science et la politique entraîne des réactions tardives en cas de crise et empêche toute planification prévisionnelle. Il faut raccourcir les voies de communication et mener des expériences communes.»

10.: La liberté académique est menacée. Les universités doivent se positionner encore plus activement comme des institutions inébranlables, uniquement dévouées à la connaissance scientifique.

«La science est un bien public mondial»

«À la croisée des enjeux scientifiques, sociétaux et politiques, le président et la directrice exécutive des Académies suisses des sciences reviennent, dans cet entretien croisé, sur une année marquée par de profondes transformations. Yves Flückiger et Marianne Bonvin évoquent le rôle des Académies comme espaces de dialogue, de confiance et d’expertise indépendante, les défis liés à la communication et à l’intégrité scientifiques, à l’ouverture de la recherche et à l’ancrage international de la Suisse, ainsi que la responsabilité de la science face aux attentes croissantes de la société.»

Lettre ouverte concernant le 6e appel NCCR et le financement des sciences humaines et sociales en Suisse

«Le 30 janvier 2026, le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) a annoncé la sélection de six nouveaux Pôles de recherche nationaux (PRN) pour la période 2026-2029, représentant un financement fédéral de 98,7 millions de francs suisses. Le communiqué officiel indique qu’aucun des six programmes approuvés ne relève des sciences humaines et sociales (SHS). Cette décision nous conduit à exprimer nos vives préoccupations, car elle révèle un déséquilibre structurel dans le financement de la recherche en Suisse.»

Engagement universitaire contre l’initiative contre la SSR

Plus de 1000 professeur·es issu·es de toutes les disciplines et de toutes les régions du pays ont déjà signé la déclaration en faveur d’un service public médiatique fort et contre l’initiative visant à réduire de moitié le financement de la SSR.

Manuel Puppis, professeur ordinaire en structures et gouvernance des médias à l’Université de Fribourg, explique que la motivation derrière est «ni parce que «la collaboration avec la SSR est importante» pour eux personnellement (SonntagsZeitung), ni par « romantisme de la résistance» ou «esprit moutonnier» (NZZ), mais par véritable inquiétude quant aux conséquences qu’aurait l’acceptation de cette initiative radicale pour le paysage médiatique suisse et la démocratie. Cette déclaration repose sur des connaissances scientifiques, et non sur des intuitions, des idéologies ou des intérêts personnels». […]

«Dans les pays où le service public médiatique bénéficie d’un financement solide, les connaissances politiques sont plus approfondies, les sujets qui ne sont pas lucratifs font davantage l’objet de reportages et la qualité des prestations du service public médiatique a également un effet positif sur l’offre des médias privés.

[…] Une réduction de moitié du budget et des restrictions drastiques de l’offre en ligne auraient des conséquences désastreuses pour les prestations journalistiques de la SRG SSR dans toutes les régions linguistiques. Les médias privés ne peuvent pas compenser cela. […]»

 

Les demandes de subventions américaines affluent auprès d’une prestigieuse agence de recherche européenne

Le nombre de chercheurs basés aux États-Unis qui ont postulé pour des subventions prestigieuses leur permettant de s’installer en Europe a plus que doublé au cours de l’année dernière.

Selon les données du Conseil européen de la recherche (CER), les demandes provenant des États-Unis pour ces subventions de démarrage, de consolidation et avancées destinées à des chercheurs individuels — chacune d’une valeur maximale de 2,5 millions d’euros (5,3 millions de dollars américains) sur cinq ans — ont augmenté de 120 % lors de son dernier appel à candidatures, contre une augmentation globale des demandes de 17 % (voir « Choisir l’Europe »).

«Penser la recherche autrement : comment l’université de Lausanne se rêve en laboratoire de la transition écologique»

«L’établissement s’est lancé dans une révolution avec le lancement d’assises pour modifier en profondeur ses pratiques. Un panel de 70 volontaires réfléchit à de nombreux enjeux liés à la transition écologique, avec la possible remise en cause de piliers académiques.»

Des centaines d’universitaires de Suisse se mobilisent contre un accord académique avec Israël

Un collectif universitaire de plus de 250 personnes demande dans une lettre ouverte de cesser les partenariats académiques avec Israël. Le Collectif pour la liberté académique, la démocratie et la solidarité (Clads), fondé en 2024 par des universitaires lausannois, affirme vouloir « dénoncer les complicités avec les crimes commis à Gaza » et « maintenir une forme de pression sur les autorités afin d’exiger des garanties éthiques dans les collaborations universitaires ». Une lettre ouverte a été adressée le 31 janvier à l’attention du Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI). Le collectif demande de réviser les partenariats privilégiés qu’entretient le Fonds national suisse (FNS) avec l’Israel Science Foundation (ISF) dans le cadre des procédures simplifiées de la « Lead Agency ».  

Premiers «doctorats pratiques» décernés en Chine pour des produits plutôt que pour des articles scientifiques

La Chine a développé un programme doctoral basés sur des réalisations pratiques plutôt que sur une thèse ou d’autres publications académiques. Il est conçu pour former davantage d’ingénieurs d’élite capables de contribuer à stimuler l’innovation dans le pays.

Les étudiant·es doivent créer des prototypes fonctionnels et prouver que leurs inventions peuvent être utilisées à grande échelle. Ce nouveau type de doctorat est supervisé par un·e académique et un·e expert·e industriel. Et lors des examens oraux, un jury composé à la fois d’universitaires et d’ingénieurs en activité évalue les doctorant·es. Pour Li Jiang, spécialiste en sciences de l’information à l’université de Nanjing, ce nouveau modèle d’évaluation répond à un problème qui mine depuis longtemps la formation des ingénieurs : «Il existe un fossé important entre les connaissances théoriques qu’ils acquièrent dans les livres et les compétences pratiques que notre société attend d’eux.»

Guo Tong, ingénieur civil à l’université Southeast, voit une possibilité d’intégrer ces évaluations dans des disciplines pratiques qui combinent l’ingénierie et la recherche médicale, telles que la conception de dispositifs médicaux avancés et le diagnostic intelligent.

 

La science britannique est-elle en danger? Les réformes budgétaires majeures suscitent le chaos et l’inquiétude

Selon l’auteur de l’article, les réformes majeures de l’agence nationale de financement de la recherche du Royaume-Uni déclenchent chaos et anxiété chez les chercheur·es.

Ian Chapman, directeur d’UK Research and Innovation (UKRI), qui distribue environ 9 milliards de livres sterling par an, affirme que les scientifiques britanniques sont un atout sous-exploité qu’il faut « faire travailler davantage » pour stimuler la croissance économique. Il estime qu’une réforme majeure est nécessaire pour transformer l’expertise en entreprises créatrices d’emplois.

Trois mesures préoccupent particulièrement la communauté scientifique : le blocage temporaire de certaines demandes de subventions par trois conseils de recherche majeurs (sciences médicales, biologiques et physiques), la réduction des investissements dans des projets existants de physique et d’astronomie par le Science and Technology Facilities Council (STFC), et la dépriorisation de certains financements d’infrastructures.

Le STFC doit trouver environ 60 millions de livres d’économies, ce qui menace la participation britannique à des projets internationaux majeurs comme l’expérience LHCb au CERN et l’observatoire Vera C. Rubin au Chili. Les chercheurs craignent des pertes d’emplois et de ressources essentielles, tandis qu’un physicien postdoctoral organise une lettre ouverte de protestation.

Tendances des 2 dernières semaines