Norvège : Les universités annulent leur contrat avec Elsevier
Après l’Université de Californie, et les pays tels que l’Allemagne et la Suède, la Norvège est la dernière candidate européenne à annuler son contrat d’abonnement à Elsevier. D’après la Direction norvégienne des technologies d’information et de communication (TIC) et des Services conjoints dans l’enseignement supérieur et la recherche (UNIT), «L’offre d’Elsevier est loin de répondre aux exigences de la Norvège en matière de libre accès. »
En réponse, Elsevier déclare avoir proposé «de multiples options à faible coût pour une transition rapide vers la publication en libre accès, mais le libre accès est un service qui doit être financé sous une forme ou une autre. La Norvège demande essentiellement deux services pour le prix d’un. »
Grève pour le climat : Les étudiant·e·s soutenu·e·s par la communauté scientifique
La communauté scientifique fait preuve de solidarité à l’égard des étudiant·e·s qui feront la grève du climat le vendredi 15 mars 2019. En effet, plus de 1000 chercheur·euse·s issu·e·s de diverses universités – allemandes, autrichiennes et suisses – et de nombreux scientifiques de renommé·e·s manifestent leur solidarité avec les mouvements climatiques estudiantins.
Thomas Stocker, Professeur à l’Université de Berne, défend que «Les grèves exigent ce qui se fait attendre depuis longtemps : la protection du climat doit devenir une priorité sociale pour tous les partis. »
Universités et EPF : Réduction des voyages en avion
Suite aux discussions au sujet de l’utilisation des transports aériens, les responsables de l’EPFZ ont déclaré que d’ici 2025, le nombre de kilomètres consommés par habitant devrait diminuer de 11 %.
En ce moment, l’EPFL travaille sur l’élaboration d’une réglementation similaire ainsi que sur un système de surveillance des EPF enregistrant tous les voyages aériens.
D’autres universités suisses se penchent sur la question. En effet, l’Université de Lausanne ainsi que l’Université de Bâle ont développé un système d’enregistrement des vols, l’Université de Berne élabore une stratégie pour les voyages d’affaires en transport aériens, et l’Université de Zurich souhaite mettre en œuvre une stratégie de développement durable.
Pour Reto Knutti, Professeur à l’EPFZ, «L’EPF ne va pas assez loin. […] Les réductions prévues aujourd’hui ne suffiront pas à long terme. […] Nous espérons qu’il y aura un effet d’apprentissage et que nous serons en mesure de nous fixer des objectifs de réduction plus élevés. »
Universités et HES : Formation gratuite à la cybersécurité
Depuis septembre 2018, la société d’expertise et de conseil KPMG en collaboration avec l’entreprise britannique de cybersécurité Immersive Labs, propose une plateforme en ligne de formation et d’évaluation afin de faire face à l’augmentation de risques de cyberattaques.
Cette plateforme – Digital Cyber Academy – est disponible gratuitement pour toutes les personnes possédant une adresse mail issue soit d’une haute école spécialisée (HES) ou d’une université suisse.
Pour Matthias Bossardt, Responsable cybersécurité de KPMG Suisse, «La formation ne délivre pas de certification mais donne l’opportunité d’utiliser des outils et d’appliquer des concepts en situation réelle, comme un spécialiste en cybersécurité.»
États-Unis: Faciliter l’accès aux études pour les étudiant·e·s sans papiers
Aux États-Unis, en vertu de l’administration Trump et de sa politique en matière d’immigration, les étudiant·e·s sans papiers se sentent de moins en moins les bienvenu·e·s et risquent même de se voir expulser du territoire.
Néanmoins, certains États – Californie, Delaware, Oregon, Rhode Island, Washington – font ouvertement la promotion de leurs offres de programmes de scolarité sans frais, auxquelles ils encouragent les étudiant·e·s en situation d’irrégularité à s’inscrire.
L’Université de Genève (UNIGE) organise des entretiens d’embauche «éclair» de dix minutes entre les étudiant·e·s de la deuxième volée du Master en Business Analytics et des recruteur·euse·s représentant des sociétés membres du Groupement des entreprises multinationales (GEM), en vue de trouver un stage d’une année scolaire. De son côté, le GEM offre aux étudiant·e·s une rémunération mensuelle variant de 2000 à 2500 francs brut et, en guise de soutien au master, 20’000 francs supplémentaires sont versés pour chaque stagiaire.
D’après Barbara Stalder, Professeure en Psychologie du travail et des organisations de l’Université de Neuchâtel, «Avec l’introduction
de ces programmes, les universités réagissent aux besoins du monde du travail. Ces offres sont aussi un moyen pour elles de se distinguer et de faire du marketing pour attirer plus d’étudiants.»
Suite à son annonce de fusion administrative de l’Enseignement obligatoire et spécialisé du 7 mars 2019, Cesla Amarelle, Cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture, a présenté le «Concept360», un nouveau dispositif qui encadrera le soutien aux élèves en difficulté.
Ce dispositif s’apparente à une boite à outils listant diverses prestations pouvant être mise en place par les établissements scolaires en vue de soutenir les élèves, telles qu’une «intervention en classe d’un enseignant spécialisé auprès de l’enfant, prise en charge logopédique, coaching du prof, supervision, cours intensif de français […] et même un soutien à la parentalité.»
Giancarlo Valceschini, Directeur général de l’enseignement obligatoire (DGEO) et Chef du Service de l’enseignement spécialisé et de l’appui à la formation (SESAF), explique que le grand changement réside dans le système d’allocation des ressources, «Les 92 établissements scolaires recevront chaque année une enveloppe, calculée selon le nombre de leurs élèves […] Chaque établissement devra ensuite mener sa propre réflexion, savoir où il en est, à quoi il sait répondre et ce qu’il doit développer comme compétences supplémentaires»». Autrement dit, la tâche reviendra aux directions et aux enseignant·e·s de développer des mesures concrètes et effectives au sein de leur école.
09.03.2019 – 24 Heures – Un plan pour graisser les rouages de l’école inclusive
11.03.2019 – Le Courrier – Vers une égalité des chances
Face à l’ascension fulgurante du nombre d’élèves chaque année et du manque de place pour les accueillir, la planification pour la construction d’établissements de 2012 se voit dépassée. De ce fait, le Canton de Vaud a prévu une nouvelle planification à court et moyen terme, laquelle comprend des travaux d’extension et de création de nouveaux gymnases, mais aussi l’ouverture d’écoles professionnelles afin de valoriser l’apprentissage.
Pour Cesla Amarelle, Cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture, «Les deux voies gymnasiale et professionnelle ne doivent jamais être mises en opposition. La voie de l’apprentissage a besoin d’être valorisée, compte tenu du risque de voir le nombre de places d’apprentissage diminuer.»
Françoise-Emmanuelle Nicolet, Présidente de l’Association vaudoise des maîtres de gymnase (AVMG) et Membre de SUD Éducation, s’énerve du temps que prennent les discussions entre les services responsables, respectivement la Direction générale de l’enseignement post-obligatoire (DGEP) et la Direction générale des immeubles et du patrimoine (DGIP). D’après elle, «Ils courent après l’urgence. Il n’y a plus assez de locaux pour accueillir les élèves. À chaque rentrée on déborde.»
Le Conseil des EPF en faveur d’un accord-cadre avec l’UE
Le Conseil des EPF est favorable à une signature de l’accord-cadre entre la Suisse et l’Union européenne (UE), et encourage le Conseil fédéral à trouver avec cette dernière une solution capable de rallier la majorité au Parlement ainsi qu’en cas de votation populaire. Selon lui, sans accord, «l’incertitude risquerait d’être un poison pour le pôle scientifique suisse.» En effet, cet accord revêt une importance majeur pour le Conseil des EPF, car il lui permet d’accéder aux programmes-cadres européens de recherche (PCR) ainsi qu’à des professeurs émérites provenant de pays de l’UE.
De plus, il a également alloué les ressources fédérales aux institutions du Domaine des EPF pour l’année 2020, «atteignant actuellement un total de 2566 millions de francs», ainsi qu’adopté le compte rendu consolidé 2018.
Par ailleurs, celui-ci a accordé pour le personnel du Domaine des EPF la pleine compensation du renchérissement, et nommé Anna M. Hersperger en tant que nouvelle membre de la Direction de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL).
Suite au plan d’action proposant que tous les instituts fassent l’objet d’un examen des dépenses, Laura Bucher, Coprésidente du PS et des Verts à Saint-Gall, dénonce une réaction «tardive» de la Direction de l’Université de Saint-Gall et déclare que «Les problèmes ne sont pas nouveaux […] Le chef du Département de l’éducation n’a pas pris les mesures nécessaires. […] La Direction de l’université ne possède que peu d’influence et de contrôle […] Cela doit changer de toute urgence.»
En réponse, Stefan Kölliker, Responsable de l’éducation et Président du Conseil de l’Université de Saint-Gall, avance que «Le contrôle financier n’a relevé aucun incident particulier lors des audits précédents. Nous ne savions pas qu’il y avait des problèmes». À présent, il s’agit de «clarifier en profondeur les constatations du Département fédéral du contrôle des finances, d’en décider les conséquences et de les faire appliquer.»
07.03.2019 – St.Galler Tagblatt – «Die Unileitung reagiert zu spät»
Le 1er mars 2019, le rapport sur la Plan S de la société d’analyse Clarivate a été publié. D’après lui, sur les 3700 revues ayant publié au moins six articles – en 2017 – financés par le Plan S, 3200 ne figurent pas en libre accès, ce qui n’est pas conforme au Plan S.
De plus, Clarivate décrit comment le Plan S peut avoir un effet significatif sur les auteur·e·s, même dans les pays où les bailleur·euse·s de fonds ne l’ont pas signé. Ainsi, elle a identifié environs 40’000 articles publiés – en 2017 – impliquant diverses collaborations entre chercheur·euse·s européen·ne·s et du reste du monde. En effet, dans plusieurs universités américaines, plus de 15% des articles mentionnent le financement du Plan S.
Par ailleurs, l’éditeur londonien Springer Nature a lancé un projet pilote qui a permis à ResearchGate – site web de réseautage – d’afficher des articles de la revue Nature, dans leur intégralité et en libre accès. Dans un communiqué, ResearchGate dit «Espérer que l’expérience permettra d’accroître les collaborations entre scientifiques.»
La motion «Pour un accompagnement actuel et adapté du corps enseignant vaudois» déposée par Nicolas Croci-Torti, Député PLR, fait figure de rampe de lancement d’une loi d’exception contre le personnel enseignant. Considérant que les enseignant·e·s disposent de conditions de travail et de protection trop favorables, il en appelle à «la politique du siège éjectable (…) aux valeurs de la carotte et du bâton (…) et au renforcement du pouvoir entrepreneurial des directions en leur confiant les pouvoirs d’engagement et de licenciement.»
Selon Gilles Pierrehumbert, Président de la Société vaudoise des maîtr·esse·s secondaires et Secrétaire fédéral SUD, cette motion constitue «une attaque frontale contre les conditions de travail dans le secteur public vaudois». En cas d’aboutissement, ce projet pourrait conduire à «l’exclusion de la loi sur le personnel de l’État de Vaud de 20’000 salarié·e·s des secteurs hospitalier et enseignant, ce qui reviendrait à liquider cette loi à brève échéance.»
07.03.2019 – 24 Heures – Non à la précarisation du travail enseignant
Plus de protection pour les animaux de laboratoire
Selon Hanno Würbel, Membre Département du bien-être animal de l’Université de Berne, «La Suisse est fière d’avoir la législation la plus stricte au monde en matière de protection des animaux. Mais la qualité scientifique, qui est une condition préalable à la justification éthique d’une expérimentation animale, n’est pas toujours correcte.»
Plusieurs scientifiques sont scandalisé·e·s par l’application plus stricte de la loi sur l’expérimentation animale. Adriano Aguzzi, Directeur de l’Institut de Pathologie de Zurich regrette que «De plus en plus d’obstacles bureaucratiques se dressent.»
Depuis février 2017, Richard Hahnloser, Chercheur à l’EPFZ, ne peut plus poursuivre ses expérimentations sur le cerveau d’animaux, pourtant selon lui, «C’est important pour comprendre les bases neurologiques de l’acquisition du langage chez les enfants.»
L’Université de Bâle reste à l’écart du projet européen
Afin d’être reconnues en tant qu’«Universités européennes» et recevoir un financement de l’UE pour l’enseignement, les quatre partenaires universitaires de l’Université de Bâle – Strasbourg, Karlsruhe, Fribourg et Mulhouse – se sont associés aux universités de Thessalonique, Amsterdam, Poznan et Vienne.
Malgré son statut de membre fondateur du Campus européen (Eucor), l’Université de Bâle reste à l’écart de ce projet car, ne faisant pas partie du programme Erasmus+, elle ne remplit pas la condition de participation. Venue de Strasbourg, l’initiative nommée European Partnership for an Innovative Campus Unifying Regions (EPICUR), rassemble les huit partenaires universitaires, sauf celle de Bâle.
Selon Matthias Geering, Porte-parole à l’Université de Bâle, «La vraie coopération concerne la recherche, et est aujourd’hui excellente au niveau d’Eucor dans la région du Haut-Rhin.»
Université de Lausanne : Associations estudiantines empêchées de distribuer leurs tracts
Plusieurs associations de l’Université de Lausanne (UNIL) ont écrit une lettre à la Direction afin de dénoncer le zèle du Service de sécurité à leur encontre. Ce dernier les a récemment sommé de cesser leur distribution de tracts, avant de relever leur identité, leur confisquer le matériel distribué et de leur demander de quitter les lieux. D’après Vigen Kühni, Membre du Syndicat Sud Étudiant·e·s et Précaires, «C’est problématique, car la sécurité se fonde sur une réglementation qui n’existe pas pour empêcher notre distribution.»
En réponse, Benoît Frund, Vice-recteur en charge de la politique de durabilité et de la gestion et du développement du campus, avance que «Nous avons en effet été assez surpris et nous rencontrerons volontiers les signataires pour clarifier les choses». Bien qu’aucune directive existe pour empêcher la distribution de tracts, «Nous n’avons pas la volonté de contrôler, mais de vérifier ce qui se passe dans cette petite ville de 18’000 personnes (…) S’ils agissent, c’est que quelqu’un s’est plaint et qu’on les a appelés.»
«L’Université [de Fribourg] a-t-elle perdu son nord humaniste?»
Plusieurs personnalités déplorent une «dérive» qu’illustrerait le virage pris par la Faculté des sciences économiques et sociales de l’Université de Fribourg (UNIFR), en direction d’un modèle académique américain fondé sur la croissance à tout prix, la concurrence effrénée et l’ignorance écologique. Selon Jean-Jacques Friboulet, Professeur émérite à l’UNIFR, «La faculté a affaibli ou abandonné six domaines qui lui donnaient de la chair interdisciplinaire et un pouls humaniste : l’environnement, la sociologie, l’économie régionale, l’histoire de la pensée, les institutions et l’éthique.»
Les professeur·e·s seraient également formaté·e·s en un «modèle type» comme le déplore Libero Zuppiroli, ancien Professeur de l’EPFL. Il souligne que le portrait du professeur·e modèle est «soucieux de recherche plus que d’enseignement, tout occupé à construire sa notoriété en publiant en globish, tandis que l’institution qui l’emploie courtise le capital privé pour croître.»
Libre accès : Aucun accord trouvé entre l’Université de Californie et Elsevier
L’Université de Californie (UC) a décidé d’annuler son abonnement à Elsevier suite aux mois de négociations sur sa politique de libre accès. Il s’agit de la première institution américaine à avoir complètement annulé son abonnement avec Elsevier, en raison des prix trop élevés suggérés. En effet, selon Jeffrey Mackie-Mason, Co-Président de l’équipe de négociation UC, «L’UC paierait environs 11 millions de dollars annuellement, et l’éditeur voudrait augmenter le coût d’environs 80% selon les calculs de l’institution. […] Les prix des revues scientifiques sont aujourd’hui si élevés qu’aucune université aux États-Unis – ni l’Université de Californie, ni Harvard, ni aucune institution – ne peut se permettre de s’abonner à toutes ces revues.»
Qui succèdera à Robert-Jan Smits, architecte du Plan S?
En février 2019, après huit ans, l’ancien directeur général en recherche et innovation à la Commission européenne, Robert-Jan Smits, est arrivé à terme de son mandat. À ce jour, ayant formulé et piloté le Plan S de libre accès aux publications scientifiques, il partage sa position quant au nouveau coordinateur qui prendra sa place disant « Je veux une personne passionnée. […] Je veux toutefois que l’Europe reste en tête dans ce domaine, de sorte que le nouvel envoyé, ou champion, soit également européen.»
Sans toutefois révéler les noms des potentiels successeurs, Robert-Jan Smits a mentionné que Carlos Moedas, Commissaire européen chargé de la recherche, et Jean Eric Paquet, son successeur au poste de Directeur général de la recherche de l’UE, prendraient la responsabilité de promouvoir le plan S pour la Commission européenne. «Tous deux ont promis d’intensifier leurs engagements et d’aller en tant qu’ambassadeurs du plan dans le monde entier.» Les exigences du Plan S devraient également être intégrées aux modalités des futures subventions de recherche de la Commission européenne.
Le projet de l’EPFL a été sélectionné en tant que finaliste du programme de Technologies futures et émergentes (FET) par la Commission européenne, qui vient de lui attribuer un financement pour son développement. À présent, l’objectif serait de permettre à «Time Machine» de tenter d’obtenir des fonds à hauteur de 1.1 milliards de francs sur une décennie, à partir de 2020.
Gestion de dépenses: L’Université de Saint-Gall souhaite examiner tous les instituts
Suite à une affaire inculpant l’Université de Saint-Gall pour mauvaise gestion de dépenses, sa direction réagit en soumettant un plan d’action où tous les instituts seront soumis à un contrôle. Selon Thomas Bieger, Recteur de l’Université de Saint-Gall, «des mesures sévères telles que des sanctions et des discussions internes sont nécessaires.» À ce jour, un code de conduite serait en cours d’élaboration qui s’appliquera à tous les membres de l’Université de Saint-Gall et tous les professeur·e·s débutant·e·s seraient amenés à suivre un cours d’introduction. Par ailleurs, le bureau de médiation (« Ombudsstelle ») devrait être transformé en une institution indépendante, qui servira de point de contact pour des lanceurs d’alerte.
Université de Bâle: Interdiction d’études pour soupçons de terrorisme
Un homme de 27 ans d’origine irakienne, au casier judiciaire vide, est considéré comme une menace pour la sécurité par le Service de renseignement de la Confédération. L’Université a bloqué l’étudiant en pharmacie dans la poursuite de ses études. Le concerné dit vouloir «simplement avoir une vie normale» et regrette qu’on lui refuse le droit à l’éducation. D’autres universités ont déclaré qu’elles n’auraient pas opté pour la même décision que l’Université de Bâle dans ce cas.
Genève: Une initiative «pour un meilleur contrôle de l’expérimentation animale» échoue
L’initiative «Pour un meilleur contrôle de l’expérimentation animale» a été rejetée jeudi par 61 non et 20 abstentions par le Grand Conseil genevois. L’initiative a été partiellement invalidée, l’exécutif estime que l’article précisant que chaque membre de la commission cantonale sur l’expérimentation animale peut contrôler en tout temps et sans préavis une expérience ou un lieu détenant des animaux d’expérience est contraire au droit fédéral. Les députés ont aussi refusé de lui opposer un contre-projet.
Suite au mécontentement de nombreux étudiant-e-s et professeur-e-s quant à la réforme de Bologne, la Faculté de philosophie de Zurich a annoncé que le projet «Bologne 2020» changerait fondamentalement l’enseignement avec moins d’examens, de nouveaux programmes de master et un programme simplifié, prévu pour le semestre d’automne 2019.
Malgré les propos positifs de Müller Nielaba, Doyenne des études à l’égard de cette réforme, les étudiant-e-s resteraient sceptiques. En effet, d’après Timothy Schürmann, Représentant de l’Association des étudiants de l’Université de Zurich, «Les standardisations effectuées par le passé ont souvent été désavantageuses pour les étudiant-e-s. Cela ne devrait donc pas être différent pour «Bologne 2.0» […] Par exemple, au sein de la Faculté de philosophie, il ne sera plus possible de rattraper un examen sans suivre à nouveau tout le module.» Et par ailleurs, il resterait incertain si la réforme permettait assez de flexibilité dans des études à temps partiel.
«Veuillez prendre des mesures, Monsieur le Président de l’EPFZ»
Suite aux affaires de harcèlement moral et sexuel qui ont pris place au sein de l’Ecole polytechnique de Zurich (EPFZ), le journaliste Martin Sturzenegger préconise à son nouveau Président Joël Mesot de prendre des mesures plus efficaces contre l’abus de pouvoir. D’après lui, les mesures prises par l’EPFZ jusqu’ici manquent de courage. La campagne de respect pourrait même être contreproductive et donnerait l’illusion que la distribution de dépliants ou des cours obligatoires pour des professeur-e-s- allaient changer la situation. Il fallait arrêter de parler de quelques moutons noirs, pendant que le problème réel était structurel. Martin Sturzenegger estime que l’encadrement des thèses par plusieurs professeur-e-s serait plus efficace. Par ailleurs, il souhaite que le procédures d’enquêtes soient transparentes pour les deux parties et qu’une protection de dénociateur-e-s (« Whistleblower ») soit garantie. Et finalement, l’EPFZ devrait avoir le courage de licencier un-e professeur-e jugé coupable, pour finir sa carrière scientifique.
Genève se doterait d’un centre de génomique médicale
Le 28 février 2019, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ouvriront un centre de génomique médicale. Ce dernier comprend une équipe pluridisciplinaire – composée de médecins, biologistes et généticien·ne·s – qui prendraient en charge des dossiers de maladies rares non diagnostiquées. Grâce à cette analyse, il est possible de poser des diagnostics plus rapidement et de proposer des thérapies personnalisées. Un espoir pour les patients atteints de maladies rares – 7% de la population suisse en souffre – ou qui souffrent de symptômes chroniques inexpliqués. Selon le professeur Marc Abramowicz, les HUG seraient le premier établissement hospitalier en Suisse à proposer ce nouveau modèle pour établir un diagnostic.
Selon le classement établi par QS World University Ranking, un institut britannique de conseil aux hautes écoles, la Suisse se place en 3e position des meilleurs systèmes de hautes écoles dans le monde. Elle n’est devancée que par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. [Par ailleurs, l’Unviersité de Lausanne reste globalement sur la 149ème place.]
Et si les professeur-e-s allaient à l’école du climat ?
Plusieurs scientifiques de haut vol plaident pour que les enseignant-e-s dans le postobligatoire soient mieux formés à la durabilité. À cet effet, Dominique Bourg, Professeur à l’UNIL, Jacques Dubochet, Professeur émérite de l’UNIL, Sophie Watson, Chercheuse à l’UNIL, et Hervé Le Treut, Climatologue français, ont adressé un courrier à Cesla Amarelle, Cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture, disant que «La nécessité d’un enseignement informé, pertinent, performant et en symbiose avec l’évolution de la recherche nous apparaît ainsi plus que jamais indispensable. […] L’idée serait de créer un centre de ressources où une information scientifique fiable et pertinente serait accessible à tous les enseignants du canton.» Ce courrier ferait office de «piqure de rappel», en raison du manque d’attention qu’aurait reçu le projet de plateforme gérée par des enseignant-e-s, en partenariat avec la Faculté des géosciences et de l’environnement de l’UNIL proposé, en 2018, à la Direction générale de l’enseignement post-obligatoire.e.
Les doctorant-e-s de Suisse réclament de meilleures conditions de travail
En Suisse, beaucoup de doctorant-e-s ne seraient pas satisfaits de leurs conditions de travail, qu’ils jugeraient néfastes pour la recherche et l’innovation. Leur organisation faitière Actionuni demande dans un papier de position davantage de contrats à durée indéterminée et une organisation compatible avec la vie de famille.
Selon Maximilien Stauber, Secrétaire général de l’association ACIDUL à l’Université de Lausanne, un réel problème de précarité financière et de l’emploi subsiste: «Nous voulons que davantage de postes avec des durées indéterminées soient ouverts et qu’un temps minimal soit réservé pour la recherche. Dans ces emplois, il y a aussi souvent des tâches administratives et d’enseignement. A Lausanne, le temps minimal pour la recherche est de 50%, la faîtière propose maintenant 60%.»
Face à une telle requête, Nouria Hernandez, Rectrice de l’Université de Lausanne, estime que «Le métier de la recherche est extrêmement dur, mais il me semble que la mission de l’université est avant tout de former les gens et pas de les employer pour faire de la recherche. […] Il faut se rendre compte qu’il y a beaucoup plus de chercheurs et d’étudiants qui veulent faire de la recherche que de postes stables.»
Maya Graf demande l’interdiction partielle de l’expérimentation animale
Une initiative parlementaire a été déposé par Maya Graf, Conseillère nationale (Verts) pour une interdiction partielle de l’expérimentation animale, qui portera sur les expériences qui provoquent des très grandes charges ou des douleurs importantes aux animaux. Pour rappel, une initiative populaire pour l’interdiction totale de l’expérimentation animale a été signée par plus de 122 000 personnes et sera déposée à Berne à mi-mars.
En effet, «une remise en cause est nécessaire», selon le Fonds national suisse. Ce dernier mesure depuis avril [2018], quelles demandes de financement incluent des modèles de test alternatifs «afin d’aiguiser la conscience des chercheur-e-s». «Ce sujet mérite des moyens substantiels et une meilleure visibilité», juge la Conseillère nationale Kathy Riklin (PDC).
Plusieurs incidents indiqueraient un climat de travail souvent« misérable » au sein de l’EPFZ. Récemment, les accusations touchent le laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (Empa) de Dübendorf. Un couple de professeur-e-s travaillant dans le même département a été accusé de harcèlement moral et de plagiat. Une enquête a été ouverte contre eux pour mauvaise conduite. Les procédures de l’Empa et de l’EPFZ sont très lentes et les plaignant-e-s regrettent qu’il ne s’agisse pas d’une enquête disciplinaire, nécessaire pour constater si un harcèlement a eu lieu.
Par ailleurs, les deux professeur-e-s accusés ont été appelé au Conseil suisse de la recherche du FNS en décembre 2018.
Sans accord-cadre avec l’UE, la Suisse risquerait de ne pas bénéficier de plus de 100 milliards d’euros. Et selon Fritz Schiesser, Président du Conseil des EPF, «du point de vue de la formation et de la recherche, il n’y a probablement pas d’alternative à l’accord-cadre.»
Dès lors, plusieurs voix se montreraient en faveur d’une coopération avec la Grande-Bretagne plutôt qu’avec les membres de l’UE. Partant, d’après le Secrétariat d’État de Guy Parmelin, Chef du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche, «nous allons sonder exactement où nous pouvons intensifier nos relations avec le Royaume-Uni. […] Ce n’est pas un substitut à une association avec Horizon, mais ce serait un complément solide.»
Cependant, les chercheur·euse·s suisses restent septiques à ce sujet, car comme le souligne Matthias Egger, Président du Conseil national de la recherche du Fonds national suisse de la recherche scientifique, «Sans la participation de la Suisse à Horizon Europe, celle-ci serait moins attrayante pour nombre de chercheur·euse·s.»
L’Université de Berne s’engagerait pour le programme Horizon Europe
La Suisse ne participe pas aux négociations du prochain programme de recherche de l’UE «Horizon Europe». Cependant, avec son réseau The Guild, l’Université de Berne exerce une influence dans cette phase. 18 universités font partie de ce réseau, et son Secrétaire général Jan Palmowski est récemment venu à Berne pour des discussions avec l’Université de Berne, le Fonds national suisse, les Académies suisses des sciences et swissuniversities.
Harcèlement sexuel : L’Université de Bâle admet ses lacunes
En réaction aux accusations de l’an dernier par une doctorante contre son directeur de thèse, l’Université de Bâle a décidé de prendre des mesures pour lutter contre le harcèlement sexuel. Matthias Geering, Porte-parole de l’Université de Bâle, confirme le lancement d’une procédure de révision du Règlement sur la protection contre le harcèlement sexuel, «parce que la procédure aurait révélé diverses lacunes existantes.» Il s’agirait d’accélérer les procédures judiciaires, et le rectorat considère également l’extension de la protection à des thèmes tels que le harcèlement moral et le racisme.
En Allemagne, Project Deal, un consortium de plus de 700 bibliothèques, universités et instituts de recherche a dévoilé un accord fait avec Wiley, une grande maison d’édition scientifique. L’idée de ce projet est de promouvoir l’édition en libre accès. L’accord donnera au consortium l’accès à plus de 1500 revues publiées par Wiley.
L’Allemagne paiera 2750 euros à Wiley par article publié, une somme qui semble élevée pour Leo Waaijers, défenseur du libre accès. En effet, il déclare que jusqu’ici «dans le cadre d’un accord similaire aux Pays-Bas, les chercheur·euse·s néerlandais·es ne payent que 1600 euros par papier à Wiley […] C’est le même procédé, le même produit, alors pourquoi une telle différence de prix?»
Avant d’être publique, la question du financement serait restée un certain temps secrète, ce qui poserait problème selon Leo Waaijers car «il s’agit de fonds publics. Et si d’autres pays signent des accords similaires et que les détails sont rendus publics, le jeu de la comparaison des prix peut commencer.» Ces pressions pourraient, selon les défenseurs du libre accès, amener à des réductions des frais de publication.
En complément à l’article publié dans la Neue Zürcher Zeitung, le vendredi 22.02.2019, le Président du Fonds national suisse a publié sa critique au sujet de la révision du droit d’auteur dans Le Temps.
Le libre accès est-il menacé par la réforme du droit d’auteur ?
Matthias Egger, Président du Conseil national de la recherche du FNS, se prononce sur la proposition de législation du droit d’auteur. Du point de vue du Conseil national de la recherche, cette dernière ne contient pas de dispositions «absolument centrales» sur le droit de la publication secondaire, essentielle pour encourager un libre accès à des résultats de recherche financés par des fonds publiques.
Des chercheurs appellent à soutenir la grève pour le climat du 15 mars
L’appel à la grève climatique mondiale du 15 mars signé par plus de 260 chercheurs, et publié en France, en Belgique et en Suisse par Le Temps le 21.02.2019, connaît un beau succès en ligne.
Des étudiants souhaitant sensibiliser à la grève pour le climat déplorent le manque de soutien de l’école. Ils souhaitent se servir des panneaux d’affichage pour faire passer leur message, distribuer des flyers, tenir un stand ou encore avoir accès à la liste d’adresse e-mails de tous les étudiants. L’EPFL dit ne pas vouloir créer un précédent.
L’émission de la radio suisse-alémanique SRF souligne que le harcèlement moral, l’abus de pouvoir et la discrimination ne sont pas rares dans les hautes écoles suisses. Plusieurs doctorantes et une post-doc en témoignent.
La différence du niveau de pouvoir entre professeur-e-s et relève académique en serait la cause.
Les dirigeants du Plan S résistent aux pressions en faveur d’une transition plus lente vers le libre accès
Selon la Times Higher Education, il est peu probable que les architectes du Plan S s’éloignent des délais stricts malgré la pression croissante pour une période de transition plus longue.
Naissance de la fondation Geneva Science and Diplomacy Anticipator
Le Conseil fédéral, le Canton et la ville de Genève donnent naissance à la fondation Geneva Science and Diplomacy Anticipator (GSDA), dirigée par Peter Brabeck, ancien Patron de Nestlé, et Patrick Aebischer, l’ex-Président de l’EPFL. Sept autres membres seront recrutés dans l’univers de la science, de l’économie et des relations internationales. L’objectif de la fondation GSDA serait double, il s’agirait «d’identifier suffisamment tôt les thèmes émergents qui vont occuper la scène mondiale ces prochaines décennies», et éviter que les règles de gouvernance, par exemple sous la forme de conventions, qui devront encadrer ces thématiques ne soient établies ailleurs qu’à Genève. La liste des thèmes est longue et, comment l’avance Patrick Aebischer, «il s’agit de constituer un réseau capable de voir ce qui se fait dans les grands laboratoires et d’encadrer l’utilisation de ces innovations par une gouvernance appropriée. La Genève internationale est l’endroit idéal pour discute de cela. Il y a autour d’elle de grandes académies qui sont déjà en réseau.» Concernant le financement, la Confédération investirait un million par an pendant la phase pilote d’ici 2022, le Canton et la ville de Genève envisageraient 100’000 francs suisses. Ainsi, cette fondation devrait devenir l’un des principaux piliers où s’appuierait la «Genève Internationale 4.0».
Des progrès significatifs sur Horizon Europe s’imposeraient d’urgence
En vue du troisième trilogue sur Horizon Europe prévu le 21 février 2019, la Ligue de recherches universitaires européennes (LERU) souhaite rappeler les Co-législateur que le temps viendra bientôt à manquer. Ce retard pourrait engendrer que la conclusion de l’accord soit repoussée à l’automne 2019, voir à l’année prochaine. Les conséquences seraient désastreuses financièrement pour les pays membres ainsi que pour la Suisse. En effet, un tel retard pourrait engendrer un déficit de financement entre l’actuel et le prochain programme-cadre, et de cette manière, une diminution de l’intérêt que portent les meilleures chercheurs·euse·es qui iraient chercher leur financement ailleurs.
Au sujet des questions d’association au programme-cadre, LERU demande à la Commission européenne et les États membres de trouver une solution qui permettrait à la Grande-Bretagne et la Suisse d’y être complétement associés. À cet effet, Kurt Deketelaere, Président de LERU, souligne que «La Grande-Bretagne et la Suisse ne sont uniquement des partenaires forts et fiables dans le champ de la recherche et de l’innovation, ils font aussi indéniablement partie de l’Espace européen de la recherche. Pour cela, une future collaboration dans le champ de la recherche et de l’innovation entre les États membres de l’UE avec la Grande-Bretagne et la Suisse devrait être pleinement encouragée, et non pas entravée par le jeu politique.»
La recherche spécialisée serait-elle trop dépendante de la politique ?
D’après Silvio Borner, Professeur en économie à l’Université de Bâle, la spécialisation scientifique conduirait à la dépendance envers la politique. Elle courrait le risque de se voir appropriée par les organes étatiques ou des associations. Il prend comme exemple la recherche financée par des fonds publics dans les domaines du climat et de l’énergie, qui manquerait des voix critiques et parle d’un «scandale scientifique» et de «dogmatisme quasi-réligieux» qui auraient mené vers la Stratégie énergétique 2050.
Servan Grüniger, Président du «think tank» reatch («research and technology in Switzerland») estime qu’il n’appartiendrait pas à la science de critiquer des décisions politiques, pour autant qu’elles se reposeraient sur des bases scientifiques solides. Il serait par exemple erroné de souligner le manque de critique de la part de la climatologie concernant l’efficacité des mesures politiques de lutte contre le réchauffement climatique. Cela relèverait de la compétence des économistes. Et si les parties ne sont toujours pas d’accord malgré un consensus scientifique – comme ce serait le cas sur le sujet du réchauffement climatique – cela ne serait pas un scandale scientifique mais un échec politique.
Le projet de recherche « Time Machine » pourrait toucher un milliard d’euros
Parmi les six projets européens en lice, «Time Machine» de Frédéric Kaplan , Professeur à l’EPFL en Humanités numériques, pourrait se voir financé d’un milliard d’euros par le programme-cadre Horizon Europe. Time Machine, née sous le nom Venice Time Machine, est dédié au patrimoine documentaire de la ville italienne. Les méthodes et outils développés à l‘EPFL ont fini par convaincre bien d’autres villes européennes.
Devraient les HES disposer de plus de moyens pour la recherche ?
Luciana Vaccaro, Rectrice de la HES-SO, met en lumière l’importance de la recherche aux HES afin d’assurer un enseignement de qualité. Elle souligne qu’il «serait préférable que les professeurs HES disposent de beaucoup plus de moyens pour leur recherche car c’est ce qui leur importe le plus.»
Au sujet des ambitions futures de la HES-SO, elle dit penser à «la digitalisation […] mais surtout liée à la manière d’enseigner et d’apprendre. Le renforcement des liens entre la recherche et l’enseignement reste un autre sujet essentiel. Si les résultats de nos étudiants sont bons, c’est parce qu’ils sont formés aux pratiques les plus actuelles dans leur domaine.»
Par ailleurs, elle ne cache pas son soutien en faveur d’un accord-cadre avec l’UE «pas seulement pour des raisons financières, mais surtout parce que la dimension internationale est essentielle pour la réussite de la recherche et de la formation des HES. Plus généralement, un accord-cadre est essentiel pour le futur de nos jeunes qui bénéficient énormément de cette expérience internationale. Il serait dommageable pour eux et leurs futurs employeurs de perdre cet atout.»
«L’Université de Saint-Gall n’est pas un magasin en libre-service»
Le Parlement cantonal serait complètement remonté face aux chiffres reçus concernant les dépenses des employés de l’Université de Saint-Gall. L’urgence serait alors à la clarification des responsabilités ainsi qu’à l’instauration de mesures disciplinaires.
En 2017, le contrôle des dépenses et des factures a été effectué ponctuellement, ce qui aurait permis de découvrir un certain nombre d’anomalies. La liste de ces dernières comprend des voyages d’affaires, des vols effectués en première classe, et jusqu’à des paiements qui enfreignent directement le règlement.
Pour Beat Tinner, Chef du Parti Radical-démocratique de Saint-Gall, il s’agit là « d’une erreur collective de gestion.» Alors que pour Laura Bücher, Co-Présidente des Verts et du PS à Saint-Gall, «cela démontre que les règlements internes de l’Université de Saint-Gall sont incomplets et inadéquats, et dont le respect n’est pas systématiquement contrôlé, voir ne l’est pas du tout.»
Pour cela, depuis le début du mois de février, des mesures ont été prises afin d’intensifier le règlement ainsi que le contrôle des dépenses effectuées. Mais d’après Stefan Kölliker, Conseiller d’État UDC et Président du Conseil universitaire, «les mesures prises à ce jour ne suffisent pas.»
Michael Hengartner, Recteur de l’Université de Zurich, estime que plus de médecins devraient être formés, en collaboration avec l’Ecole Polytechnique de Zurich (EPFZ). Par ailleurs, ce dernier et le Président de l’EPFZ Joël Mesot estiment qu’une plus grande collaboration entre ces hautes écoles serait possible et favorable face à la compétition internationale.
À l’aune du 14 juin prochain, la grève féministe se prépare partout dans le pays, et des mesures sont prises par les Hautes Écoles et Universités romandes afin d’éviter les désagréments survenus lors de la grève du climat. Dans le Canton de Vaud, la grève féministe du 14 juin 2019 est soutenue par le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture, mené par Cesla Amarelle, qui a demandé aux directeurs de l’école de ne pas prévoir d’examens écrits et oraux à cette date. Plusieurs institutions vaudoises telles que la Haute École pédagogique, la Haute École de santé et l’Université de Lausanne se sont également montrées favorables. Quant à la concrétisation de cette mesure d’exemption d’examens, celle-ci devra faire en fonction des contraintes organisationnelles existantes, comme celle de la disponibilité des grands auditoires. Les Ministres de l’éducation Monika Maire-Hefti (NE) et Martiel Courtet (JU) ont également demandé aux lycées, Hautes écoles et à l’Université de Neuchâtel d’exempter les étudiants d’examens ce jour de grève. A Genève, cette question reste ouverte.
Le cours de mise à niveau imposé par l’EPFL (MAN) a été jugé conforme à la loi
Les étudiants devant renoncer à l’entier de leur cursus, en raison d’un échec à l’examen de mise à niveau de l’EPFL (MAN) ne pourront plus faire valoir un manque de légalité de cette disposition : les arrêts publiés vendredi par le Tribunal administratif fédéral (TAF) stipulent que, «la loi sur les EPF prévoit que les deux écoles polytechniques de Lausanne et Zurich règlent elles-mêmes leurs formations. Ainsi, elles peuvent déterminer à quelles conditions un examen ou un cours est réussi.» Néanmoins, la procédure judiciaire n’est pas complètement achevée, celle-ci peut se voir encore poursuivie par un recours auprès du Tribunal fédéral.
Les nouvelles règles de l’UE imposent des restrictions à la publication ouverte des données de recherche
Le texte final de la mise à jour de la directive européenne sur l’information du secteur public montre que les députés n’ont pas réussi à exiger la publication de toutes les recherches financées par les fonds publics. Plutôt que d’être ouvertes par défaut, les données seront «aussi ouvertes que possible, aussi fermées que nécessaire».
À l’EPFL, les étudiants suisses réussissent moins bien
Il y a toujours plus d’étudiant-e-s étrangers-ères à l’EPFL et ils et elles y réussissent mieux que les Suiss-ess-es. C’est, en substance, le constat que l’on peut tirer de la réponse du Conseil d’État à l’interpellation du député UDC Thierry Dubois, qui s’inquiétait du sort des étudiant-e-s suisses à l’EPFL. Dans le détail, les détenteurs de la maturité fédérale représentent 43% des étudiant-e-s ayant réussi la 1re année l’an dernier, les 57% restant-e-s sont au bénéfice d’un titre secondaire européen. La raison d’une telle différence est due à l’admission plus sélective d’étudiant-e-s étrangers-ères, qui est basée sur la réussite scolaire.
Quelle est l’utilité de la participation suisse aux programmes européens pour la recherche ?
Selon l’auteur de l’article paru dans la Weltwoche, la non-participation aux programmes européeens pour la recherche «pourrait être une chance pour renforcer la capacité d’innovation et la compétitivité, car le pays ne suivra pas le chemin des autres pays». Par ailleurs, la capacité d’obtenir autant de fonds que possible serait vu par les «politiciens de la science» comme un signe de force, comme «indicateur de compétitivité». L’auteur critique le fait que les moyens obtenus sont vu comme un signe de succès : «cela montre que nous sommes arrivé dans un royaume de bureaucratie.» De même, les résultats des recherches seraient (comme dans le FNS) rarement en évalués. Il serait «plus populaire» de faire des pronostiques sur l’impact du programme Horizon 2020 sur le PIB et sur la création d’emplois, un impact qui est difficile à vérifier. D’ailleurs, les demandes de fonds seraient demanderaient trop de bureaucratie, ce qui serait inefficace et demanderaient trop d’effort. La décision sur ce qui est digne de financement serait prise dans des structures qui rappellent ceux des cartels. Dans le cas d’une exclusion de la Suisse, les chercheur·e·s auraient l’opportunité d’être plus autonomes et efficaces. Des coopérations internationaux seraient toujours possibles, seraient plus flexibles et la pensée non-conventionnelle aurait peut-être plus d’influence.
Mise en consultation d’une loi sur la mobilité estudiantine
Le Conseil fédéral a mis en consultation jusqu’au 24 mai prochain un projet d’élargissement de la marge de manœuvre de la Confédération dans le soutien aux échanges d’étudiants. Selon lui, la base légale sur la coopération et la mobilité internationales ne répondent plus aux exigences actuelles [suite au 4 février 2014]. La nouvelle base légale ne prévoit plus l’accent sur l’Europe dans les échanges – «sans toutefois mettre en question l’importance particulière de l’Europe.» Le Conseil fédéral souhaite d’ailleurs évaluer les coûts et l’utilité de tous les programmes européens pour l’éducation, la recherche et l’innovation «car la commission européenne prévoit des augmentations significatives du budget global»
Le professeur Philippe Eckert sera le nouveau directeur général du CHUV
Le professeur Philippe Eckert sera dès 2020 le futur directeur général du CHUV à Lausanne. Il succédera à la fin de l’année à Pierre-François Leyvraz, qui s’en va après 11 ans à la tête de l’hôpital universitaire.
Philippe Eckert entend renforcer les partenariats avec d’autres hôpitaux, à l’instar des HUG à Genève, des cliniques privées ou avec des centres de recherche comme l’EPFL et les universités. Ce sont des collaborations « gagnant-gagnant », a-t-il assuré.
Un député verrait bien une gare souterraine à l’EPFL
En novembre 2018, les CFF et le Canton de Vaud avaient annoncé qu’ils réfléchiraient quant à l’avenir du réseau cantonal, et ce, sans écarter l’éventualité de la création d’une nouvelle ligne entre 2040 et 2050. Stéphane Masson, Député PLR d’Écublens, souhaite que le Conseil d’État s’intéresse à la création d’une ligne qui lierait Lausanne et Genève en passant par les hautes écoles, ainsi qu’une gare souterraine à l’EPFL. D’après lui, « avec 33’000 personnes sur place chaque jour, le campus est quand même la deuxième ville du canton. Il parait incroyable qu’il n’ait pas de gare.». Un tel projet serait donc nécessaire, surtout en raison de la densification des hautes écoles qui continue et le métro m1 qui arrive à saturation.
Cependant, Nuria Gorrite, Cheffe du Département des infrastructures et des ressources humaines, défend qu’« une gare à l’EPFL n’a aucun sens».
14.02.2019 – 24h – Un député verrait bien une gare souterraine à l’EPFL
La France prête à se doter d’une première stratégie nationale pour la recherche
Pour la première fois, la France prépare la mise en œuvre d’un plan national de recherche pluriannuel. D’après le gouvernement, ce programme protégera le financement de la recherche, stimulera le recrutement de scientifiques en début de carrière et rendra le pays plus compétitif au niveau international. Bien que les détails de ce plan restent encore à définir, il permettra de couvrir la recherche pendant au moins trois années et coïncide avec celui d’Horizon Europe, de 2021-2027.
Les académies européennes sonnent l’alarme au sujet de la perte de confiance envers les sciences
Le nouveau rapport de la Fédération européenne des académies des sciences et des sciences humaines (ALLEA) met en garde quant à l’érosion de la confiance publique envers les sciences. Ceci en raison des différentes formes de propagandes en ligne et de campagnes de désinformation, faisant des résultats scientifiques l’objet de nombreux débats politiques polarisés. Selon M. Van Dijck, Professeur en médias et sociétés numériques de l’Université d’Utrecht, «Les résultats scientifiques sont devenus trop controversés […] les débats ne portent plus sur des échanges concrets, mais plutôt sur la capacité des scientifiques à promulguer la vérité». Sans oublier la responsabilité des médias, qui auraient tendance à «mettre les sujets à la mode ou à vouloir faire du sensationnalisme ».
Nouria Hernandez souligne l’extrême importance des réseaux pour les universités
Sans accord avec l’Union européenne, le monde académique suisse craint un impact plus profond que les seules questions financières. D’après Nouria Hernandez, Rectrice de l’UNIL, cela risquerait une «perte de visibilité et d’attrait […] il faut pouvoir aller chercher des compétences ailleurs». À ce jour à l’Université de Lausanne, 44% d’enseignants sont issus de l’étranger, dont 75% de l’UE. Par ailleurs, la collaboration serait primordiale, car sans réseau européen un chercheur de pointe réfléchira à deux fois avant de venir en Suisse.
Horizon Europe: Le milliard de cohésion sous réserve
La Commission de politique extérieure du Conseil National soutient l’octroi du milliard de cohésion à 15 voix contre 10 sous réserve que les relations bilatérales avec l’UE s’améliorent. «La Suisse doit être pleinement associée au projet de recherche «Horizon Europe», obtenir une équivalence boursière illimitée et ne subir aucune nouvelle mesure discriminatoire.»
Ce que les pays hors-UE attendent d’Horizon Europe
L’UE propose de nouveaux accords pour que les pays rejoignent son grand programme de recherche et développement. Cependant, les positions diverges sur les négociations émergentes. Des pays comme le Canada, l’Israël, le Japon la Norvège, l’Afrique du Sud, la Suisse et la Grande-Bretagne aimeraient en principe bien être associés à Horizon Europe. Et les hésitations sont présentes quant à l’implication de la Chine ou des États-Unis au programme.
Cependant, de nombreux États membres de l’UE eux-mêmes n’ont pas encore clarifié leurs propres plans de recherche nationaux à long terme, et encore moins imaginé de nouveaux accords internationaux. Sans oublier l’impact du Brexit, qui retarde et complexifie les négociations.
D’après des recherches de la SRF, environ 20% des études cliniques en Suisse ne sont pas publiées et leurs résultats seraient donc inaccessibles aux chercheurs, mais également aux médecins et patients. Ce refus de publier peut porter des conséquences considérables, telle que l’étude menée sur le disque intervertébral artificiel (Cadisc) dont l’utilisation s’était avérée problématique pour la santé, mais qui n’a pas empêché sa commercialisation en 2010. Il fallut attendre 4 ans avant que ce produit soit retiré du marché.
L’organisation étudiante internationale Universities Allied for Essential Medicines (UAEM) avance qu’elle veut agir et ne plus regarder cette situation les bras croisés. Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) voient leur responsabilité dans l’encouragement et la formation continue des chercheurs, plutôt que «jouer les policiers». L’Hôpital universitaire de Bâle a engagé deux personnes supplémentaires qui soutiendront des chercheurs de l’enregistrement («Registrierung») à la publication. Cela faciliterait la mise au courant des dirigeants du domaine sur les recherches en cours et leurs publications.
La Journée internationale des femmes et des filles en sciences (le11 février 2019) est l’occasion de rappeler que dans beaucoup de pays, le nombre de femmes et filles entrant dans les filières scientifiques n’a toujours pas atteint la parité. En effet, au sein des écoles, on reconnait que la fréquentation des filles a augmenté, mais celles-ci restent sous-représentées dans des matières telles que la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques.
De plus, d’après les données de l’Institut de statistique de l’UNESCO, à peine 30% des chercheurs sont des femmes. Ces dernières possèdent des possibilités économiques de deux tiers moins grands que celles des hommes, creusant ainsi l’écart global entre les sexes.
La recherche suisse n’aurait «aucun soutien politique»
Bien que la situation de la place scientifique suisse soit alarmante face au risque d’être exclu du programme-cadre de recherche Horizon Europe, celle-ci, selon le 24 heures, ne suffirait pas à mobiliser les élus pour se mettre d’accord au sujet de l’accord-cadre. En effet, «rares sont les parlementaires audibles sur le dossier».
La Conseillère aux États Géraldine Savary (PS/VD) craint fort: «On va vers un nouveau rendez-vous manqué avec la recherche!» Ancien conseiller national et professeur de l’EPFL, Jacques Neirynck (PDC/VD) est sans concession : «Une partie des parlementaires sont méfiants et les autres ne sont pas au courant du fait qu’il est indispensable de participer aux programmes européens de recherche. Beaucoup pensent qu’on est simplement les meilleurs.» Il estime qu’une défense de la recherche n’attire pas des voix [électorales], mais «ça les repousse.» Fathi Derder ajoute: «Quand un Jacques Dubochet remporte un Prix Nobel, tout le monde est content. Mais en Suisse on préfère investir dans la rénovation des chars de l’armée que dans la recherche fondamentale.» Il regrette, tout comme Patrick Aebischer, ancien Président de l’EPFL, le manque de lobbyisme en faveur de la recherche.
Pour beaucoup de Suisse·sse·s, la formation continue n’est pas nécessaire
D’après une étude récente, la formation continue bat de l’aile avec plus de 30% des 1000 Suisse·sse·s interrogés n’ont pas suivi de formations continues dans les derniers douze moins, et 53% d’entre eux n’y voient pas d’intérêt. Le désintérêt pour la formation continue est particulièrement marqué chez les personnes qui n’ont pas suivi des études supérieures.
La Secrétaire d’Etat Martina Hirayama rassure sur l’Europe
Pour l’une de ses premières prises de parole publiques , la secrétaire d’Etat à la formation, la recherche et l’innovation, Martina Hirayama, a rappelé que les programmes de recherche ne sont pas formellement liés à l’accord-cadre avec l’UE. Avant d’ajouter, prudente: «Mais bien sûr, l’UE peut vouloir les lier.»
S’agissant de la situation suisse, la nouvelle responsable décrit un pays «champion de l’innovation», tout en refroidissant le propos: «Nous nous reposons sur nos lauriers.»
Une clé USB développée par l’Université de Berne permet de réduire les coûts d’examens
La digitalisation d’examens pourrait doubler leurs frais, par exemple pour le brevet d’avocat, car cela nécessite des ordinateurs spécialement équipés et scellés.
Le centre de recherche pour la durabilité digitale de l’Université a donc développé une clé USB qui permet de bloquer l’accès au wifi, à bluetooth et aux supports de stockage locaux, ce qui permet aux étudiant-e-s d’utiliser leurs propres ordinateurs portables pour les examens, ce qui réduirait les coûts.
Les chercheur·euse·s suisses craignent d’être exclu de la recherche européenne
Dans le cadre des négociations sur l’accord-cadre entre la Suisse et l’Union européenne, un document officiel du Secrétariat général de la Commission Européenne, Martin Selmayr, dans lequel celui-ci ordonne de suspendre toutes discussions quant à l’adhésion de la Suisse au marché intérieur de l’UE, d’ici que les négociations sur l’accord-cadre soient satisfaisantes. Depuis, l’ensemble du processus semble être retardé suscitant la crainte des chercheur·euse·s et fonctionnaires quant à la volonté de l’UE d’autoriser l’accès de la Suisse au programme Horizon Europe. Le Conseil des EPF doit encore se positionner officiellement sur l’accord-cadre et discutera sur ce sujet en mars.
Horizon Europe: L’UE promet des arrangements flexibles aux partenaires externes
Le Directeur général de la recherche et de l’innovation de la Commission européenne Jean-Eric Paquet avance que le programme Horizon Europe, successeur à l’actuel Horizon 2020, offrira aux partenaires étrangers des conditions de participation plus flexibles. L’idée est d’attirer un plus grand nombre de participants externes au sein de la recherche de l’UE. D’après Rémi Quirion (responsable scientifique du Québec), il s’agit d’une opportunité afin de contrecarrer le pouvoir des Etats-Unis et l’influence de l’actuel président Donald Trump en s’associant à de nouveaux partenaires. Partant, l’un des objectifs de la Commission est de collaborer principalement avec les pays développés afin de renforcer la compétitivité européenne dans le domaine de la technologie et de la science. D’après les discussions préliminaires, le financement du programme Horizon Europe s’élèverait à un budget proposé de 94.1 milliards d’euros, ce qui représenterait l’une des plus importantes initiatives mondiales dans le domaine de la recherche.
Les Bâlois voteront sur les droits fondamentaux des singes
A Bâle-Ville, une initiative antispéciste sera soumise au vote des citoyens qui prévoit le respect du droit à la vie et à l’intégrité physique et mentale des singes par le secteur public. D’un point de vue juridique, il est tout à fait possible que chaque canton attribue des droits à des animaux vis-à-vis de l’Etat. Cependant, le texte se voit passablement neutralisé par la justice bâloise ayant décrété que les acteurs privés – donc sociétés pharmaceutiques et zoos – ne seront pas soumis aux garanties constitutionnelles proposées par ce dernier. Les opinions sont partagées, cette initiative pousse à choisir entre la primauté des droits fondamentaux des singes ou de la liberté de la recherche.
Le résultat d’une enquête interne à l’École polytechnique de Zurich suscite des critiques
Une enquête relative à des accusations de harcèlement sexuel et de mobbing dans le Département d’architecture de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) a abouti à une exonération des charges du Professeur concerné. Des victimes envisagent cependant de déposer plainte et dénoncent une enquête «unilatérale» ; elles déclarent en effet que le Professeur accusé aurait eu accès durant la procédure à des éléments du dossier, notamment la liste des noms des plaignantes.
Ces dernières dénoncent également le manque de prise en charge de l’EPFZ, ainsi que la pression de signer une clause de confidentialité et de se présenter à l’interrogatoire sans avocat·e. Un porte-parole de l’établissement a néanmoins assuré l’indépendance de l’enquête, menée par une personne externe, ainsi que sa conformité aux principes de droit. L’école a par ailleurs déclaré vouloir travailler à une meilleure prise en charge de ces cas.
L’UE laisse les chercheurs suisses dans l’ignorance
Quant à l’association suisse au programme Horizon Europe au-delà de 2020, l’incertitude règne. Le Chef de la direction générale de la recherche et de l’innovation décrit la Suisse comme «partenaire clé stratégique», mais des «experts suisses» craignent une «politisation» de la coopération dans le domaine de la recherche, autant plus que le parlement européen a renforcé son projet de loi. Selon celui-ci, Bruxelles s’intéresserait avant tout aux intérêts de l’UE et veillerait à ce que les avantages économiques des résultats de la recherche utilisables par l’industrie restent dans l’UE.
L’accord cadre, actuellement en consultation en Suisse, pourrait encore compliquer les choses. D’un point de vue juridique, l’affaire semble claire : la coopération en matière de recherche ne fait pas partie des cinq accords d’accès au marché couverts par l’accord-cadre et n’en dépend donc pas. Néanmoins, les universités craignent que Bruxelles ne crée un lien politique. En fait, la Commission européenne décide en toute discrétion si un dossier est pertinent pour le marché intérieur ou non. Début janvier, le Secrétaire général de la Commission a publié une directive interne en vertu de laquelle les organes de l’UE doivent suspendre ou retarder l’accès de la Suisse à son marché, sauf si cela est dans l’intérêt supérieur de l’UE. Selon la NZZ, les présidents des EPF ne comptent pas sur un accès suisse au programme de recherches européen sans un accord institutionnel.
Unisanté: un nouveau centre face aux enjeux de santé publique
La Policlinique médicale universitaire (PMU) fusionne avec plusieurs structures académiques, notamment l’Institut universitaire de médecine sociale et préventive (IUMSP), l’Institut romand de santé au travail (IRST), la Promotion Santé Vaud (ProSV) et le Programme cantonal Diabète. La Faculté de biologie et de médecine de l’UNIL y est également associée. Le nouveau centre appelé Unisanté entend rassembler les forces de ces différentes institutions afin de répondre aux besoins de la population, tels que son vieillissement et l’augmentation des maladies chroniques.
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