En janvier 2021, le Plan S pour le libre accès entrera en vigueur. Il a été signé par un grand nombre d’organismes finançant la recherche en Europe. Sous le Plan S, ces organismes demandent aux auteurs de publier en libre accès les articles sur les recherches qu’ils ont financées. Une façon pour les auteurs de se conformer à cette nouvelle règle est de choisir des revues qui imposent des «frais de traitement des articles» pour rendre le contenu immédiatement accessible.
La revue scientifique Nature permettra la publication immédiate en libre accès pour €9’500 par article. Ce montant suscite des critiques. En comparaison, une publication en libre accès dans The Lancet, qui a facteur d’impact supérieur, coûte seulement $5000.
Nouveau Centre pour l’intelligence artificielle dans la médecine à Berne
L’Université de Berne et l’Hôpital universitaire de l’Ile fondent un Centre pour l’intelligence artificielle dans la médecine (CAIM). Celui-ci devrait permettre de développer de nouvelles technologies pour la médecine de précision.
La situation précaire des chercheur-euse-s postdoc
Le deuxième article d’une série sur l’enquête inaugurale du journal Nature sur les chercheur-e-s postdoctorales-aux dans les universités du monde entier révèle un sentiment d’instabilité et une situation de précarité accrue causée par la pandémie.
L’enquête, qui a recueilli les réponses de 7 670 chercheur-e-s postdoc de 93 pays, a révélé un mécontentement quant à leurs perspectives de carrière, leur charge de travail et la culture du lieu de travail . Cette situation ne serait malheureusement pas nouvelle : depuis 20 ans, les postdocs feraient partie du «précariat de la recherche», occupant des postes qui offrent peu de sécurité d’emploi, une faible rémunération et un cheminement incertain vers un poste permanent.
Malgré l’incertitude, six personnes sondées sur dix se disent satisfaites de leur poste et considèrent toujours le milieu universitaire comme leur destination professionnelle préférée. La pandémie aurait cependant aggravé leur situation déjà difficile au sein du monde académique. La moitié des personnes interrogées indiquent que leur satisfaction professionnelle a diminué au cours des 12 derniers mois.
Le Conseil d’Etat a désigné le futur recteur de l’Université de Lausanne
Le professeur belge Frédéric Herman sera le prochain recteur de l’Université de Lausanne (UNIL) à partir du 1er août 2021. Le Conseil d’Etat vaudois a avalisé jeudi le choix du Conseil de l’Université. Ce spécialiste des géosciences et de l’environnement est nommé jusqu’au 31 juillet 2026.
Le gouvernement dit avoir été «convaincu notamment par son excellent parcours scientifique, son expérience académique internationale, ses compétences managériales ainsi que sa vision ambitieuse et porteuse pour l’avenir de l’Université de Lausanne».
Frédéric Herman succèdera ainsi à Nouria Hernandez, rectrice de l’UNIL depuis août 2016.
L’université numérique, une «souffrance» pour les professeurs et les élèves
Depuis le 2 novembre, l’enseignement dans les hautes écoles se fait à distance, comme au printemps. Cette perte de lien est mal vécue par les étudiants, mais aussi par le corps enseignant contraint de donner ses cours via Zoom ou face caméra dans une salle vide. La priorité des universités, selon l’émission, est de «sauver» le semestre en cours. Le vice-recteur pour l’enseignement à l’UNIL Giorgio Zanetti y ajoute: «Actuellement il y a des choses qui manquent, qui sont peut-être gérables sur le court terme. Mais à long terme, les hautes études sont également un apprentissage social, une construction de la vie de jeune adulte, ça se fait avec le lien. Ce sont des choses dont les étudiants sont privés actuellement et je pense qu’ils en souffrent».
Une étude historique sur Emil G. Bührle, commerçant d’armes et collectionneur d’art a été faite par l’Université de Zurich. Ce projet de recherche visait à réévaluer l’histoire des origines d’une collection d’art qui sera exposé prochainement au Kunsthaus Zürich. Il s’agissait d’éclairer la relation que le commerçant entretenait avec le régime nazi et plus largement avec l’extrême droite.
Cependant, au début de cette année, le rapport fait polémique : des membres du comité de pilotage, représentant la Fondation Bührle, auraient interféré avec la recherche pour essayer de minimiser les connexions du commerçant avec l’extrême droite. Un assistant de recherche a sonné l’alarme et a déclenché une investigation. Deux rapports d’experts confirment qu’il y a eu une interférence «inacceptable» pendant la recherche. Un des experts, Jakob Tanner, considère que c’était une erreur de créer un comité de pilotage. Cet aveu a également été fait par le Maire de la ville de Zurich, Corine Mauch et la Conseillère d’État, Jacqueline Fehr (PS).
Selon un commentaire paru dans la NZZ et un article de la Wochenzeitung (WOZ), L’Université de Zurich manque d’autocritique : «Le Recteur Christian Schwarzenegger a présenté les rapports comme si l’université avait tout fait correctement. […] Cependant, elle pourrait bien être reconnaissante à son ancien assistant de recherche qui a […] mis en question le comité de pilotage et prévenu les euphémismes de la Fondation Bührle.»
Vingt-cinq chercheurs et historiens suisse-romands ont lancé une pétition qui a provoqué un engouement sur change.org. Ils et elles regrettent que les chercheur-e-s en histoire ne peuvent parfois plus continuer leur recherche en raison du Covid-19. Par ailleurs, certaines archives sont devenus inaccessibles à cause de la pandémie actuelle.
La pétition demande, entre autres, que les universités («institutional sponsors») accordent aux chercheur-e-s le droit d’utiliser les fonds qu’ils-elles n’ont pas pu dépenser pour leurs voyages afin de numériser des documents sources.
«Le grand cafard des étudiants, dernières victimes du covid»
«Echanges internationaux suspendus, retour dans les familles pour certains, isolement pour les autres, difficultés à suivre un enseignement à distance, précarité économique et perspectives incertaines: les étudiants sont démotivés et l’inquiétude est grande, comme le risque de décrochage. […] Selon le sondage de l’AGEPoly ces derniers jours (voir ci-dessous), 40% des nouveaux étudiants [à l’EPFL] disent ne pas avoir trouvé de camarades avec qui travailler, et 22% reconnaissent ne pas encore avoir de méthode de travail efficace. «En deux jours, l’école a débloqué 200 000 francs pour notre projet de mentorat, jamais un projet n’est allé aussi vite», se réjouit Nicolò Ferrari. Trois cent cinquante étudiants plus expérimentés vont encadrer les 2200 première année de façon active, en prenant de leurs nouvelles et en proposant leur aide.» L’article mentionne également la difficulté des chargé-e-s de cours d’organiser des examens égalitaires.
Les inégalités se creusent lors de l’enseignement en ligne
Plusieurs articles parues dans Le Monde traitent de la situation actuelle des étudiant-e-s reconfiné-e-s en France.
Selon un article rédigé par cinq professeur-e-s, les enseignant-e-s universitaires sont, en fonction de leurs universités, parfois techniquement sous-équipés-e-s et mal formé-e-s à l’enseignement en ligné. En parallèle, des inégalités persistent entre étudiant-e-s : «Derrière la froide objectivité de la technologie, le «distanciel» est en réalité un redoutable instrument de sélection. [… ]Lorsqu’il se généralise au lieu de se limiter à un dispositif technique d’appoint du cours, le distanciel est destructeur du lien social, affectif et psychique entre étudiants, et du lien entre étudiants et enseignants, quel que soit l’effort de l’enseignant pour le maintenir.» En conclusion, les professeur-es estiment qu’«un plan ambitieux de soutien aux universités à destination des étudiants les plus fragiles, durant le confinement» sera nécessaire. «Mais il s’agit aussi de préparer la sortie du confinement par des mesures fortes pour compenser le déficit de formation.»
Dans un autre article, un collectif d’une quarantaine de professeur-e-s et étudiant-e-s s’alarme de la crise de la santé mentale des étudiant-e-s. Le confinement aurait dégradé l’état mental de maintes étudiant-e-s souffrant en silence. Le collectif demande que le dispositif des service de santé en termes de suivis psychologiques soit renforcé.
Le Conseil fédéral prolonge le moratoire sur le génie génétique
Le Conseil fédéral a prolongé le moratoire sur le génie génétique jusqu’en 2025. Cette nouvelle position sur la question de l’édition du génome avec la technologie Crispr/Cas9 soumet cette technologie à la loi sur le génie génétique sans aucun ajustement. Il y a deux ans à peine, le Conseil fédéral avait pourtant promis une réglementation plus libérale, d’une adaptation de la loi sur le génie génétique «basée sur le risque». Ceci aurait signifié que la confédération traite différemment le «nouveau génie génétique» [utilisant Crispr/Cas9] par rapport à l’ancien.
La décision du Conseil fédéral a suscité des réactions mixtes. Au Parlement, le moratoire trouvera facilement une majorité, les agriculteurs-trices et les Verts étant sceptiques envers l’édition du génome.
Du côté des chercheur-e-s impliqué-e-s dans la recherche génétique, la déception est palpable. Le professeur en biologie moléculaire à l’Université de Zurich, Beat Keller, voit dans l’édition du génome un outil prometteur pour faire face au changement climatique dans le domaine de l’agriculture. Selon lui, il serait faux d’assimiler l’édition du génome au génie génétique classique. Par ailleurs, un sondage récent de 643 consommateurs-rices suisse-allémaniques indique que l’édition génétique serait mieux acceptée que l’utilisation de pesticides artificiels ou naturels.
Pour avoir publié une étude qui met en garde de l’inutilité, voire la dangerosité de la chloroquine contre le coronavirus, plusieur-e-s chercheur-e-s ont été cibles d’une violente campagne de harcèlement. Les scientifiques, dont deux chercheurs de l’Université de Lausanne (UNIL) ont subi des attaques anonymes par téléphones, allant d’insultes racistes, antisémites, homophobes jusqu’à des menaces de mort.
Un infectiologue à l’hôpital parisien Bichat, Nathan Pfeiffer-Smadja a compilé toutes les attaques dont il a été victime dans un dossier de près de 300 pages, qu’il a ensuite transmis à la justice française.
En Suisse, à ce stade, aucune plaine n’a été déposée. La police cantonale vaudoise encourage cependant les victimes de harcèlement en ligne de porter plainte.
Le Covid-19 fait reculer la recherche et met en danger l’Afrique
D’après une étude, la pandémie de COVID-19 a des effets néfastes sur la recherche de fonds pour la recherche, les enquêtes sur le terrain, la recherche clinique, la distribution des médicaments et le traitement des maladies autres que le COVID-19. En conséquence, cette étude conclue que dans certains pays, les décès liés au VIH pourraient augmenter de 10%, la tuberculose de 20% et le paludisme de 36% au cours des cinq prochaines années.
Selon des chercheurs de l’Université de Cape Town, le Covid-19 a fait perdre dix ans à la recherche sur la leishmaniose, une maladie tropicale très présente en Afrique et en Amérique du Sud.
Dans un article de la Weltwoche, l’ancien Conseiller national Rudolf Strahm (PS) discute de la « sur-production » des élites universitaires américaines et tire des parallèles avec le système universitaire suisse.
Il déplore une « aristocratie héréditaire »qui favoriserait l’instabilité sociale, l’exclusion des classes sociales « inférieures » et le populisme. Selon Rudolf Strahm, le problème de l’«académisation» et l’éviction des classes moyennes est moins visible en Suisse, mais tout autant réelle. A travers le numerus clausus pour les médecins par exemple, les universités opèrent une politique d’exclusion.
«Le fait est que nous avons trop peu d’informaticiens, d’ingénieurs et de spécialistes des sciences naturelles – cela est dû aux préjugés linguistique des lycées. Les jeunes hommes ayant des compétences unilatérales mais bonnes en mathématiques et en technique sont désavantagés.» De même, Rudolf Strahm critique la « surproduction » d’académicien-ne-s dans les facultés des sciences sociales et humaines. Selon lui, seule une fraction des diplômé-e-s pourra exercer une profession adaptée à cette formation. Il serait alors préférable de concevoir ces études comme options obligatoires pour les étudiant-e-s en droit, médecine ou en sciences dures.
Le Grand Conseil du Valais a donné son accord pour la construction du futur Pôle Santé à Sion. Ce projet vise «à réunir sur un même site des partenaires qui contribuent à la création d’une chaîne de valeur ajoutée, de la formation et la recherche fondamentale à la valorisation économique».
Il regroupera la Haute école de santé et l’Ecole supérieure du domaine social déjà présente à Sion. A ces deux écoles se grefferont des activités de la Haute École spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO), de la Haute Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), de la Clinique romande de réadaptation, de l’Hôpital du Valais et de l’Observatoire de la santé, et aussi de la start-up The Ark. Le bâtiment devrait être opérationnel dès l’été 2024.
Le prochain programme de recherche Horizon Europe pourra démarrer comme prévu en début 2021, les députés européens sont parvenu à récupérer des fonds supplémentaires pour ce programme (+4 milliards d’euros) et pour Erasmus+ (+2.2 milliards d’euros). Plusieur-e-s représentant-e-s des intérêts de la recherche se sont montrés déçu-e-s de ne pas avoir récupéré plus, vue qu’une manne significativement plus large avait été promise avant la crise actuelle.
L’accord nécessite encore une dernière approbation du parlement et des états membres de l’Union européenne.
La pandémie booste la numérisation des ouvrages universitaires
«La pandémie de coronavirus qui complique l’accès aux bibliothèques ainsi qu’aux campus universitaires, et qui renforce l’enseignement à distance, donne un coup d’accélérateur sans précédent à la mise en ligne d’ouvrages d’ordinaire disponibles qu’en version papier.»
«Les Hautes écoles de Suisse doivent participer substantiellement aux frais supplémentaires engendrés par le télétravail»
Selon le Syndicat du service public (SSP), la re-fermeture des universités et HES est justifiée d’un point de vue sanitaire, mais met en péril la qualité de l’enseignement. L’enseignement en présentiel serait « l’unique manière d’assurer un enseignement digne de ce nom.» Le SSP rappelle que le passage au numérique représente une «surcharge de travail» pour l’ensemble du personnel universitaire.
Par ailleurs, le syndicat s’inquiète des conséquences académiques et professionnelles pour les personnes engagé·e·s sur des contrats précaires. Dans ce contexte, il revendique:
«Les Hautes écoles de Suisse doivent participer substantiellement aux frais supplémentaires engendrés par le télétravail.
Elles doivent prolonger tous les contrats précaires.
Elles doivent instaurer un réel dialogue régulier et non une communication unilatérale avec les organisations représentatives des salarié·e·s et des étudiant·e·s afin de gérer au mieux la crise et ses effets.
Elles doivent garantir la liberté académique dans les modalités d’enseignement et d’examen, dans le respect des consignes sanitaires officielles, sans encourager la surveillance intrusive des étudiant·e·s.»
La Haute école de santé de la HES-SO Valais a accepté la requête du Service de la santé publique du canton de renforcer le système sanitaire pour la deuxième vague de la pandémie. Environ 90 étudiant-e-s de 3è année de bachelor en soins infirmiers vont prolonger leur stage de deux semaines pour soulager le personnel médical.
Un point sur la situation sera fait dans une dizaine de jours.
FHNW : 500 étudiant-e-s devront passer leurs examens quatres semaines plus tôt que prévu
Plus de 500 étudiant-e-s en bachelor du programme d’étude Life Sciences de la Haute école spécialisée de la Suisse nord-occidentale (FHNW) devront passer leurs examens plus tôt que prévu. Les étudiant-e-s auront seulement deux au lieu des huit semaines pour la préparation aux examens. L’indignation est grande parmi les étudiant-e-s concerné-e-s.
La direction de la haute école déclare que cette modification est le seul moyen pour maintenir une bonne continuation des études: la période prévue pour les travaux pratiques a du être étendue car ils auront lieu en groupes plus petits, pour des raisons sanitaires.
«Les scientifiques suisses ont joué un rôle essentiel dans l’échange international des idées, des résultats et des instruments développés par la recherche sur les questions raciales et la génétique humaine du XXe siècle. L’historien Pascal Germann relève en quoi l’expertise suisse, sous des apparences de pure scientificité, a servi des desseins de domination.»
La relation conflictuelle entre scientifiques et autorités
Ayant ignoré l’augmentation soudaine du nombre d’infections en octobre, le Conseil fédéral est accusé d’avoir réagi trop tardivement pour éviter une deuxième vague. Le ministre de la santé Alain Berset déclare qu’il n’était pas possible au gouvernement de mettre en œuvre des contre-mesures plus tôt, car il ne disposait pas des informations nécessaires. Les chercheur-e-s du task force le contredisent.
Selon l’auteur de l’article, cet incident révèle la nature conflictuelle qui prévale entre les scientifiques et les autorités, marqué par des critiques mutuelles. Certains membres du task-force se sont souvent plaint de la manière dont le Conseil fédéral suit – ou ne suit pas – leurs recommandations. Certain-e-s politicien-ne-s bourgeois-es souhaitent que les chercheur-e-s de la task force arrêtent de s’exprimer sur les réseaux sociaux et dans les médias, à l’image de l’organisation en temps de crise à l’armée.
«Comment faire pour lutter contre la triche en ligne»
Lors d’un Colloque international de recherche et d’action sur l’intégrité académique, des professionnels de l’enseignement ont échangé leurs opinions sur la surveillance des examens à distance. ««L’idéal serait de faire un examen individualisé par étudiant, ce n’est évidemment pas possible dans toutes les facultés», a conclu André Camacho, concepteur développeur à l’UNIGE.»
swissuniversities préoccupée par la situation des universités en Biélorussie
«L’European University Association (EUA) et l’European Students’ Union (ESU) sont préoccupées par les graves violations des droits démocratiques et humains qui continuent d’être observées en Biélorussie. En tant que membre de l’EUA, swissuniversities soutient la déclaration et condamne les récentes menaces contre les membres des hautes écoles.»
Un label garantit aux étudiants la durabilité de leur stage
«Les entreprises qui offrent des stages aux étudiants en master à l’EPFL peuvent désormais postuler pour une certification assurant que les objectifs ou la technologie visés soient respectueux de l’environnement.»
Le Président américain Donald Trump vient de créer, via un décret, une nouvelle catégorie d’emploi pour les fonctionnaires d’État. Dans cette nouvelle catégorie, il sera plus facile de licencier les personnes qui occupent des postes «confidentiels, établissant ou défendant des politiques». Cela pourrait inclure les scientifiques qui aident à élaborer des politiques sur des questions telles que la réglementation environnementale.
Lorsque les agences étatiques élaborent des politiques, des expert-e-s internes discutent et contestent les règles proposées afin de s’assurer que les décisions sont fondées sur des preuves. Si le décret est mis en œuvre, les scientifiques pourraient ne plus participer librement à l’élaboration des politiques par crainte de perdre leur emploi.
A l’Université de Zurich (UZH), près de 200 étudiant-e-s ont été soupçonnés de tricherie lors des examens en ligne de printemps. Plus de la moitié ont admis leur faute, ce qui a entraîné un échec à l’examen. Dans 50 cas, l’université a assez de preuves pour entamer une procédure disciplinaire. Il s’agit principalement de consultations non-autorisées entre étudiant-e-s.
A l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH), seuls deux cas suspects ont été signalés ce semestre de printemps, dont un pour un examen à distance et un pour un examen en présentiel.
Plusieurs journaux scientifiques regrettent le manque de diversité dans leurs journaux en termes de race et de genre, mais manquent de données sur ces indicateurs.
Ambika Kamath, écologiste comportementale à l’Université de Californie, questionne les journaux: «Qu’est-ce que cela signifie de dire «je suis en faveur de la diversité» alors que vous n’avez même pas pris en compte l’état de la diversité dans votre propre institution?»
Le journaliste Felix E. Müller se plaint du manque d’objectivité de la part de certain-e-s scientifiques sur les réseaux sociaux. Selon lui, des professeur-e-s qui expriment constamment leurs opinions personnelles ne se soumettraient pas aux critères de vérité objective qu’exige leur profession scientifique.
Il critique notamment le fait que certain-e-s d’entre eux-elles transmettent des instruction politiques pour l’action, et courent le risque de devenir des militants politiques. Selon lui, en agissant par une attitude moralisante, ces personnes sacrifient l’objectivité.
Classement des personnes, des universités et des grandes écoles les plus influentes sur Twitter
Pour la cinquième année consécutive, le cabinet Headway Advisory publie son classement sur les écoles et universités françaises les plus réputées sur les réseaux sociaux.
Cette année, le cabinet a ajouté la catégorie des professeur-e-s «stars»: ces experts reconnus dans les médias et qui font également le «buzz» sur Twitter. L’étude classe également les directeurs-trices des hautes écoles selon leur influence sur Twitter.
Dans le canton de Fribourg, un nouveau programme a été lancé pour soutenir l’entrepreneuriat estudiantin. Il est le résultat d’un partenariat entre l’antenne fribourgeoise de la Haute École spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO) et de Fri Up, l’association qui accompagne les jeunes entreprises dans le canton. Les jeunes étudiant-e-s qui souhaitent créer une entreprise peuvent bénéficier d’un accompagnement sur mesure dans le développement de leurs projets.
Le programme est encadré par des enseignant-e-s de chaque haute école ainsi que par des membres de Fri Up.
Un projet de loi déposé début octobre au grand Conseil de Genève demande l’anonymisation des examens écrits à l’Université de Genève. L’objectif : l’égalité de traitement. Anonymiser les copies quand possible permet d’écarter les biais, conscients ou inconscients, du correcteur où de la correctrice.
Le principe d’anonymisation et est déjà en vigueur dans plusieurs hautes écoles en suisse. A l’Université de Lausanne (UNIL) par exemple, les examens dans la faculté de médecine fonctionnent selon ce principe. La direction de l’UNIL a décidé de généraliser cette pratique, mais la phase pilote prévue ce printemps a été repoussée en raison de la pandémie.
Dans l’idée, l’Université de Genève est favorable à la proposition, mais met en avant ses limites. Certaines modalités d’évaluation ne s’y prêtent pas si facilement, comme par exemple dans des écrits en lettres, ou le sujet est défini en amont avec le professeur.
La Commission de l’enseignement supérieur se penchera sur ce projet de loi prochainement, mais la date précise n’est pas encore connue.
La liberté académique et l’autonomie des universités françaises sous pression
Depuis le mercredi 28 octobre, le Sénat français examine le projet de loi de programmation pour la recherche (LPR). Dans une lettre ouverte aux parlement, plusieurs collectifs d’universitaires dénoncent les amendements adoptés par le Sénat qui limiterait considérablement la liberté d’expression.
Une proposition en particulier est critiqué, : un qui conditionne l’exercice des libertés académiques « au respect des valeurs de la République ». Les auteurs de la lettre dénoncent l’adaptation de cette notion dans la loi, car elle viendrai à subordonner la notion de « valeurs républiques » à l’exercice des libertés académiques. Un pas jugé « autoritaire et illibéral » par les soussignant-e-s.
La lettre dénonce également le fait que le Sénat a adopté un amendement qui replace le recrutement de professeur-e-s sous le contrôle des présidences d’établissement, et non des pairs, comme c’est la règle aujourd’hui.
A date, 23’000 personnes ont signé une pétition pour que le texte transmis au parlement soit ré-examiné et à défaut, rejeté dans son entièreté.
«Dans de nombreux pays, la vie, la liberté ou le bien-être des scientifiques sont menacés en raison de leurs travaux ou de leurs opinions. Par l’intermédiaire du réseau Scholars at Risk, le FNS finance désormais des séjours de recherche en Suisse.»
L’Université de Lucerne fête son 20ème anniversaire. Depuis son ouverture le nombre d’étudiant-e-s s’est multiplié par dix, passant de 300 à 3028. Aujourd’hui, l’université vise une croissance modérée, elle veut rester une «université personnelle» focalisée sur les sciences humaines.
Le campus de Dorigny se vide, mais pas complètement. Le retour à l’enseignement à distance pour l’entièreté des enseignements rappellent la situation lors de la première vague en mars. Pourtant, il y a une différence : dans un effort de préserver la recherche, le campus reste ouvert aux membres de la communauté universitaire. Dans le même esprit, «les travaux pratiques et les activités qui nécessitent une infrastructure qu’on ne trouve que sur le campus, comme les labos, sont exemptés», indique le secrétaire général, Marc de Perrot.
La bibliothèque de l’UNIL, qui est sous régie cantonale, reste également ouvert au public. A taille réduite, elle peut accueillir un maximum de 300 personnes, qui doivent être masqués et respecter les distances et autres mesures de protection.
30.10.2020 – 24 heures – Les campus quasi vides, mais pas désertés
Retour de l’enseignement à distance obligatoire pour les universités
«Afin de freiner la propagation du virus, le Conseil fédéral a décidé ce mercredi d’interdire l’enseignement en présentiel dans les hautes écoles. […] Face à ce retour aux cours virtuels, les associations d’étudiants se mobilisent. Elles ont exprimé ces derniers jours leur inquiétude quant à l’impact que ces modifications pourraient avoir sur les étudiants. […] Concernant les examens, la FAE craint qu’ils soient repoussés, forçant certains étudiants à perdre un semestre, voire année pour des simples raisons d’organisation. Les associations comptent se réunir prochainement avec les rectorats afin de leur faire part de leurs revendications.»
Des étudiant-e-s de l’ETH mécontent-e-s du retour à l’enseignement en ligne
L’Association d’étudiant-e-s de l’ETH est critique à l’égard du retour à l’enseignement en ligne. «La frustration est grande parce que, par exemple, les événements réunissant jusqu’à 50 personnes sont toujours autorisés», poursuit Luca Dahle, Président de l’association.
La communication délicate des résultats de recherche
Servan Grüniger, Biostaticien à l’Université de Zurich et Président du groupe de réflexion reatch («research and technology in Switzerland») traite dans un article des prognostiques sur la progression du Covid-19 des épidémiologistes membres de la Task Force scientifique du Conseil fédéral. Il observe qu’il y a des incitations politiques et médiatiques pour que les scientifiques se mettent en scène comme le personnage de Cassandre, la voyante prophétique qui annonce le désastre qui approche mais que personne n’écoute.
Il rappelle qu’il est impossible de prédire le comportement des citoyens avec certitude. Par ailleurs, «Les chercheurs risquent de s’empêtrer de plus en plus dans une guerre de tranchées médiatiques ou politiques, laissant de moins en moins de place à la précision et à la différenciation scientifiques.»
Le professeur Harald Fischer-Tiné de l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH) fait des recherches sur l’histoire du colonialisme. Dans un entretien avec le journal étudiant zurichois (Zürcher Studierendenzeitung), il explique comment l’université de Zurich (UZH) et l’ETH ont bénéficié des empires coloniaux.
Il met en avant le fait que nombreux-euses anthropologues ainsi que des chercheur-e-s issue des sciences «dures» ont menés des recherches dans les territoires coloniaux, tout en étant protégés par des escortes militaires des colonisateurs. De plus, l’UZH était fortement impliqué dans l’étude et l’élaboration de théories raciales et eugénistes dans le domaine de l’anthropologie.
M. Fischer-Tiné plaide pour une élucidation du passé colonial des universités suisses. Il s’agit de sensibiliser les gens aux interdépendances coloniales. Car le fait que la Suisse n’était pas une puissance coloniale ne signifie pas que ces universités n’ont pas été impliquées dans divers aspects du colonialisme.
Les conséquences scientifiques des droits fondamentaux pour les singes
Le canton Bâle-Ville votera prochainement sur une initiative visant à garantir aux primates «non humains» des droits fondamentaux. Hans-Peter Schreiber, ancien professeur de bioéthique estime derrière cette initiative se cache l’intention d’obtenir un droit fondamental au niveau fédéral pour d’autres animaux, afin que plus aucun animal ne puisse être utilisé à des fins de recherche.
Ceci ne serait irresponsable, car l’expérimentation animale contribue de manière décisive à la production de connaissances en médecine humaine. Face à la population vieillissante, une acceptation de cette initiative serait hautement irresponsables envers des millions de personnes souffrant de troubles neurologiques qui espèrent des avancés scientifiques pour le développement de thérapies.
Par ailleurs, la médecine humaine et la médecine vétérinaire étant étroitement liés, les avancées en médecine humaine permettraient également aux humains de mieux soigner les animaux. En conséquence, Hans-Peter Schreiber conclue qu’une acceptation de l’initiative serait «inacceptable» du point de vue éthique de la médecine humaine et animale.
Plus d’enseignement présentiel dans les hautes écoles
«Dès lundi 2 novembre, toutes les hautes écoles doivent passer à l’enseignement à distance.
Les écoles obligatoires et les écoles du degré secondaire II (gymnases et formation professionnelle) peuvent quant à elles continuer à donner leurs cours en présentiel.»
Les universités suisses face à l’explosion de cas de coronavirus
Les universités et hautes écoles suisses retournent à l’enseignement en ligne face à l’explosion d’infections au coronavirus COVID-19 : L’Université de Lucerne depuis le 28 octobre, les Université de Genève et de Berne et l’ETH à partir du 2 novembre.
Yves Flückiger, président de swissuniversities et recteur à l’Université de Genève, s’attend à des lacunes de connaissance et à l’isolation des étudiant-e-s. Il estime que l’ouverture des bibliothèques soit importante pour garder un enseignement de qualité.
Par ailleurs il regrette l’effet négatif que la fermeture des bâtiments a eu pour la recherche en printemps: «Certains des projets ont dû être annulés ou interrompus. Cela a également d’énormes répercussions sur leur financement par le Fonds national suisse de la recherche scientifique ou les projets de recherche européens.»
VD: Soutien cantonal pour les étudiant-e-s sans job
Les fonds d’aide des hautes écoles sont très sollicités et menacent d’être rapidement épuisés par les demandes croissantes. Les députés vaudois ont donc prolongé jusqu’à fin juillet une aide aux étudiant-e-s qui financent leurs études avec un job alimentaire. Cette aide ne vise pas les bénéficiaires d’une bourse, mais ceux qui se prenaient en charge jusqu’ici et qui ont perdu leur petit boulot. Ce dispositif a été élaboré au début de l’été pour soutenir les étudiant-e-s précarisé-e-s pendant la crise économique causée par la pandémie.
L’Université de Saint-Gall prévoit diffuser tous les cours en ligne à partir du 2 novembre.
Par ailleurs, le port du masque y est actuellement obligatoire dans tous les espaces intérieures (bureaux, salles de coures, bibliothèques, etc.). Lors des cours, les chargé-e-s de cours ont le droit de mettre un masque ou non.
Des étudiant-e-s genevois réclament des cours en ligne
Le Directeur de la HES genevoise Hepia (Haue école du paysage, de l’ingénierie et d’architecture) a avancé le 23 octobre : «Tout ou une partie des cours doit pouvoir se faire en présentiel pour garder notre ADN HES!»
En réponse, au moins 180 étudiant-e-s demandent dans une pétition la mise à disposition des cours magistraux en ligne. Ils et elles regrettent le manque de mesures mises en place par l’établissement en cas de quarantaine d’un-e étudiant-e ou d’un-e professeur-e.
Le service de l’information et de la communication à la HES-SO Genève répond que le Directeur de la Hépia est précisément en train d’organiser la diffusion en ligne de certains cours à partir de début novembre. «La tâche est compliquée en raison des horaires car les cours théoriques et pratiques sont souvent alternés.»
Kilian Stoffel reconduit à la tête de l’Université de Neuchâtel
«Le Conseil d’État renouvelle sa confiance dans l’actuel recteur de l’Université de Neuchâtel. Il a décidé de reconduire Monsieur Kilian Stoffel à la tête de l’institution pour un nouveau mandat de quatre ans. Nommé en mars 2016, ce dernier a mis en place les importantes réformes institutionnelles décidées par les Autorités. Ce premier bilan, complété par des succès aux niveaux académique et de la recherche, est unanimement salué par l’Assemblée et le Conseil de l’Université.»
ZHAW : étudiant-e-s se défendent contre accusations de tricherie
Suite à la session d’examen de cet été qui a eu lieu pour la première fois en ligne, la haute école spécialisée zurichoise (ZHAW) à lancé 148 procédures juridiques contre des étudiant-e-s pour raison de tricherie.
Plus de la moitié des personnes concernées ont admis avoir triché. Certain-e-s d’entre eux-elles auraient passés l’examen à deux ou partagés les réponses dans des groupes de chat. D’autres, cependant, se défendent contre ces accusations avec une pétition qui a été signée par plus de 380 (état au 23.10.2020).
« Il est évident que de nombreux étudiant-e-s ont travaillé avec des documents similaires et ont donc obtenu des résultats similaires lors de leurs examens » revendique le pétitionnaire. Selon lui, ces étudiant-e-s sont présentés comme des boucs émissaires afin que la ZHAW puisse s’affirmer en tant que l’une des plus grandes hautes écoles suisses.
Le porte-parole de la ZHAW, M.Gillis répond que «Un résultat similaire à un examen ne constitue pas à lui seul une raison d’engager une procédure disciplinaire ». À cette fin, il doit y avoir un soupçon fondé de malhonnêteté.
Lien vers l’entrée synopsis «Augmentation de tricherie lors des examens en ligne» du 24 septembre 2020 : https://synopsis.unil.ch/?post=19639
Il y a 400, Francis Bacon a révolutionné la compréhension de la science et marqué le début de la modernité. A l’occasion de cet anniversaire, la Neue Zürcher Zeitung (NZZ) revoit sa conception novatrice de la science qui a réformé radicalement la représentation qu’on se fait de la connaissance et surtout de son utilité.
24.10.2020 – Neue Zürcher Zeitung – Nicht lernen, entdecken!
Combien peut et devrait coûter la recherche ? Dans une chronique du Magazin, le professeur d’astrophysique Ben Moore se penche sur cette question en prenant son domaine d’expertise, la physique comme exemple.
Il observe une tendance inquiétante de projets de recherche qui visent uniquement à faire des découvertes spectaculaires, mais qui ne sont pas très utiles pour l’avancement des connaissances fondamentales sur l’espace, le temps et la matière. Selon lui, il faut arrêter de financer ces projets qui sont extrêmement coûteux et dont leur seul véritable espoir serait de «trouver quelque chose d’inattendu» et ou son potentiel bénéfice pour l’humanité est loin d’être évident. En revanche, ce sont les projets basés sur des objectifs clairs qu’il s’agit de promouvoir. Les chercheur-e-s ne doivent pas perdre de vue l’objectif fondamental de leur profession, qui est selon Ben Moore la recherche de solutions pour les problèmes urgents, notamment ceux qui contribuent à inverser l’impact négatif de notre espèce sur notre planète.
24.10.2020 – Das Magazin – Forschung – was darf sie kosten
Les étudiant-e-s de l’ETH demandent un désinvestissement des entreprises fossiles
Des associations auxquels adhèrent 80% des étudiant-e-s de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETH) demandent que celle-ci cesse d’investir de l’argent dans les entreprises «travaillant avec les énergies fossiles». Elles demandent que l’ETH soit plus transparente sur ses investissement et les critères d’investissement, et qu’elle prenne plus clairement position. L’étudiante Nicoletta Brazzola est «enthousiaste» que l’Université de Lausanne ait transféré tous ses fonds dans un portfolio durable qui exclut des entreprises charbonnières.
Par ailleurs, les fonds tiers constituent maintenant 25% du budget de l’ETH. Il serait toujours plus pertinent de savoir qui la finance, estime l’étudiant Leon Beck .
Suite au récentes annonces des nouvelles mesures sanitaires par le Conseil d’État, plusieurs universités ont annoncés le retour à l’enseignement à distance.
Dans le canton de Vaud, les hautes écoles et l’UNIL diffuseront les cours avec de grands effectifs d’étudiant-e-s entièrement à distance dès le 2 novembre. Les cours pratiques, à effectif réduits, pourront continuer en présentiel.
A l’Université de Genève, les cours ne seront également plus données en présentiel à partir du 2 novembre, et ce jusqu’en février 2020. Des exceptions seront faits pour «les enseignements impliquant l’accès à du matériel spécifique» et nécessitant l’usage «des locaux équipés ou des ressources de l’UNIGE». Les examens de la session de janvier-février 2021 se dérouleront majoritairement en ligne.
L’Université de Lucerne retournera déjà à l’enseignement en ligne ce mercredi le 28 octobre.
D’ailleurs, tous les bâtiments des universités, et surtout les bibliothèques resterons ouverts et seront accessibles à condition du port d’un masque.
L’enseignement en ligne pourrait redevenir une réalité lors d’un nouveau semi-confinement
«Interrogé par un journaliste sur l’instauration d’un nouveau semi-confinement pour endiguer la propagation du coronavirus, Alain Berset a indiqué que la mesure est «une partie du scénario qui existe». […] Si un confinement était décidé, il pourrait s’agir d’un confinement partiel, par secteurs et défini dans le temps. Mieux planifié, il aurait l’avantage d’être moins ruineux pour la vie économique. «L’avantage, si on peut planifier et annoncer à l’avance, c’est que tout le monde peut se préparer. […]» a expliqué Aymo Brunetti, économiste à l’Université de Berne et membre de la task force Covid, dans le 19h30.
Mais avant d’instaurer ce «lockdown» partiel, le Conseil fédéral pourrait prendre d’autres mesures: «Limiter les grandes manifestations, l’ouverture des boîtes de nuit et des bars, peut-être introduire l’enseignement à distance dans les hautes écoles et les écoles secondaires. Ces choses-là touchent fortement certains secteurs, certes, mais pas beaucoup l’économie dans son ensemble. Ce n’est qu’ensuite qu’il pourrait falloir recourir au confinement partiel», estime Aymo Brunetti.»
Compte tenu du nombre croissant de cas Covid-19, la Haute école pédagogique de Schwyz (PHSZ) va revenir à l’enseignement à distance à partir de lundi, 02.11.2020. Cette décision se veut préventive, et à l’heure actuelle la HEP n’a pas connaissance des personnes infectées sur le campus.
La prise en considération du corps féminin dans la médecine
Vera Regitz-Zagrosek, professeure spécialisée en médecine et genre à l’Université de Zurich, s’engage pour une intégration de la dimension du genre dans la recherche et l’enseignement obligatoire des futurs médecins. Elle témoigne que les études centrées sur les femmes sont souvent considérées comme trop complexes et trop coûteuses en raison des fluctuations des niveaux hormonaux et de la possibilité de grossesse. Ainsi, les femmes sont traitées selon une norme qui s’adresse aux hommes. La conséquence : elles subissent beaucoup plus d’effets secondaires lorsqu’elles prennent des médicaments, le dosage n’est pas optimal et certaines préparations et thérapies sont inefficaces sur elles.
Vera Regitz-Zagrosek estime que la recherche a longtemps ignoré ce sujet parce que trop peu de femmes ont des positions cadres dans les universités. «La plupart des hommes ne trouve pas très intéressant d’étudier l’état de santé des femmes en particulier.» Elle regrette que la carrière académique est encouragé seulement pour les personnes qui ont une haute performance de travail avant leurs 40 ans. Cela serait décourageant pour les femmes qui souhaitent fonder une famille pendant cette période de leur vie.
Dans deux ans, l’Université de Zurich prévoit de créer un institut de médecine et genre, avec un accent particulier sur la recherche clinique et un CAS verra le jour en mai 2021.
Les forces et faiblesses du système éducatif suisse
Le journaliste Hans Fahrländer écrit depuis 40 ans sur l’éducation en Suisse. Se basant sur ses 40 ans d’expérience de journaliste, il propose cinq thèses sur ce sujet, dont une qui concerne les universités:
«Le système de Bologne a sapé les forces des universités suisses.» Ce mouvement vers plus d’unification aurait entrainé des pertes dans la qualité et la spécialité qu’offraient les universités suisses. Cependant, il serait néfaste de quitter le système de Bologne, car les réseaux et synergies internationales sont trop importantes. La Suisse devrait cependant essayer d’atténuer les conséquences désagréables en offrant une plus grande liberté dans le choix des cours à l’écart des considérations d’utilité ou d’applicabilité.
VD: Enseignement de certains cours en ligne à partir du 2 novembre
Le canton de Vaud prend lui aussi de nouvelles mesures pour faire face à la deuxième vague de coronavirus. Selon la RTS, «Les Hautes Ecoles, les cours qui se déroulent avec de grands effectifs d’étudiants se font entièrement à distance dès le 2 novembre.»
Depuis ce printemps, les étudiant-e-s de l’Institut universitaire de formation des enseignants (IUFE) à Genève n’ont plus le droit à une bourse, leurs heures de remplacement sont limitées et les stages d’études ne sont plus rémunérés, alors qu’ils l’étaient auparavant.
Révolté, l’Association des étudiants en formation dans l’enseignement secondaire (AEFES) réclame une rémunération des stages équivalent à au moins un 50%, quelles que soient les modalités précises de leur stage, et la suppression de la limite du nombre d’heures de remplacement.
Le Département de l’instruction publique (DIP) a pris connaissance des difficultés rencontrées, mais ne compte pas pour autant changer les règles applicables. «Aucune formation universitaire ne garantit un emploi fixe durant les études» précise le porte-parole du DIP, Pierre-Antoine Preti.
«Face à tous ces obstacles, les étudiants se tournent vers d’autres sources de revenu, comme des remplacements à l’école primaire, s’inscrivent au chômage ou ont même recours aux œuvres de bienfaisance. Plusieurs étudiants, parents d’enfants, ont ainsi été aidé par la Fondation Hans Wisldorf.»
Bâle-Ville rejette une motion pour un quota de professeures
Le Grand Conseil de Bâle-Ville s’est prononcé contre un quota de 50% de femmes professeures à l’Université de Bâle. La motion du parti socialiste demandait que la proportion de femmes professeures soit portée à 30 % dans les prochaines années et à 50 % dans 15 ans. Dans certaines facultés, il y a actuellement moins de 20% de professeures.
Cette motion a été rejeté avec 46 « non », 3 abstations et 42 « oui ».
COVID-19: Berne pourrait prendre de nouvelles mesures dès mercredi prochain
Alain Berset a annoncé qu’il est probable que Berne prenne de nouvelles mesures dès mercredi prochain pour endiguer la propagation du coronavirus. «La situation se dégrade plus vite que l’on pouvait l’imaginer», a-t-il déclaré. «Nous nous préparons à prendre mercredi prochain toute une série de mesures complémentaires, dans les domaines des établissements publics, des rassemblements de personnes, des manifestations privées ou publiques. Il est donc tout à fait possible, c’est même un chemin qui m’a l’air assez probable ou vraisemblable, que mercredi prochain le Conseil fédéral prenne d’autres mesures.» Un nouveau semi-confinement pour endiguer la propagation du coronavirus serait «une partie du scénario qui existe».
Anton Bierl, Professeur d’Hellénisme à l’Université de Bâle, répond aux tribunes (paru le 12.09.2020, le 14.04.2020 et le 08.08.2019) d’un certain Toni Stadler dans le NZZ.
«Ce publiciste [Toni Stadler], qui se dit historien, exprime son aversion pour les «belles âmes» («Schöngeist») et le canon éducatif humaniste, il sort les habituelles polémiques contre les filières des études classiques. Pour lui, il s’agit de «sciences du divertissement», de sciences douces, dont la profession n’a plus aucune utilité pratique aujourd’hui. L’auteur confond sciemment la formation […] avec l’éducation. […] Sous prétexte de contraintes économiques mondiales et d’une égalité des chances évidente, l’éducation est démantelée et les sujets dits «exotiques» comme celui de l’antiquité, sont supprimés, même si ils sont considérés ailleurs comme des «espèces protégés» depuis longtemps, car ils sont d’importance systémique pour l’université.»
Anton Bierl souligne que la lecture des textes en grec anciens peut encourager une réflexion sur les choses essentielles, particulièrement en temps de crise, en dialogue avec les autres sciences qui sont importantes pour la vie. «Jouer les uns contre les autres est contre-productif.»
Il regrette que «[Toni Stadler] se fasse manipuler par des «soi disant politiciens de l’éducation» de différentes couleurs politiques, par des fonctionnaires d’éducation dans les cantons et à la fédération, ainsi par des soi-disant «CEO» universitaires, qui travaillent depuis des années contre une éducation prétendument humaniste-élitiste».
Une pétition contre la précarité des chercheur-e-s en Suisse récolte plus de 4000 signatures
Valeria Wagner, maître d’enseignement à l’Université de Genève, est signataire d’une pétition [soutenue entre autres par l’Acidul], qui demande la création de postes permanents dans le monde académique, en prenant l’exemple de la Suède. Elle avance : «La Suisse doit peut-être se demander si elle ne forme pas trop de doctorants. Les différents acteurs – les rectorats, mais aussi le Conseil fédéral, les Cantons et le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) – doivent cesser de se renvoyer la balle et étudier toutes les possibilités avec des représentants du corps intermédiaire.»
ETH: Recherche interdisciplinaire entre intelligence artificielle et médecine
L’Ecole polytechnique de Zurich (ETH) a ouvert un nouveau centre pour l’intelligence artificielle. Un des objectifs est de créer des ponts entre l’informatique et la médecine.
Réduction des taxes d’études à cause de cours en ligne?
Le 18.10.2020, l’Université de Bâle a rendu les masques obligatoires en classe et réduit la fréquence des cours en présentiel. Certain-e-s étudiant-e-s regrettent d’obtenir des moins bons résultats avec les cours en ligne, malgré l’effort des professeur-e-s. Pour combler cette «diminution de qualité des études» perçue, un groupe d’étudiant-e-s revendique une réduction des taxes d’études.
L’Université, en revanche, ne voit aucune raison de réduire les frais d’inscription. « L’Université de Bâle investit beaucoup d’argent et de temps pour maintenir la capacité d’étudier », déclare Mathias Geering, le porte-parole de l’Université.
L’Université de Berne réduit ses cours en présentiel
Dans un effort pour limiter la propagation du virus, une bonne partie des cours de l’Université de Berne sont enseignés en ligne. Seuls les cours à « forte composante interactive » seront donnés en présentiel.
Étudiant-e-s en quarantaine privés de cours en ligne
La Haute École de travail social et de la santé Lausanne (HETSL) ne permettait pas aux étudiant-e-s en quarantaine de suivre l’enseignement de l’institution à distance. Une association d’étudiant-e-s a adressé une pétition à la direction et a obtenu, avec succès la mise en palace d’un «dispositif de cours à distance respectant les principes d’égalité des chances et du droit à l’accès à une formation de qualité digne du rang de notre école».
20.10.2020 – 20min – Etudiants en quarantaine privés de cours en ligne
20.10.2020 – 24 heures – Les élèves font plier leur direction pour pouvoir étudier à distance
Horizon académique, une passerelle pour les réfugié-e-s
A l’Université de Genève, un programme appelé «Horizon académique» permet aux réfugié-e-s qui ont déjà une expérience universitaire de suivre des cours universitaires pendant une année. Ce programme sert de passerelle, et les participant-e-s auront ensuite le droit de s’immatriculer à l’université, ce qui leur ouvre des perspectives d’avenir professionnel et d’intégration sociale.
La carrière académique des femmes en désavantage pendant le confinement
Des différentes études en viennent à la conclusion que pendant le confinement, les chercheuses n’ont pas publié autant d’articles que les chercheurs à cause des engagements familiaux.
Une des études conclu: «L’une des leçons les plus importantes de la pandémie pourrait être de suivre des critères multidimensionnels dans toute évaluation académique, qui reflètent réellement une variété de facteurs décrivant le potentiel d’un-e candidat-e soit pour un emploi académique soit pour une bourse». Cela pourrait inclure une déclaration d’impact COVID-19, dans laquelle les candidats expliqueraient leurs possibilités et leurs contraintes pendant cette période.
Parallèlement, le document soutient que les institutions devraient promouvoir «un environnement de travail plus diversifié, inclusif et équitable» et adopter, lors du déconfinement, «une politique de direction favorable à la famille».
«L’inventrice des MOOCs lance une nouvelle plateforme de cours à distance»
«Insatisfaite des performances des plateformes de vidéos en ligne comme Zoom ou Hang Out pour l’enseignement, Daphne Koller, la fondatrice de Coursera, la première entreprise de «Massive Open Online Course» (MOOCs), a lancé le 14 octobre la plateforme d’éducation en ligne en temps réel pour le supérieur Engageli».
«Les scientifiques, ces paratonnerres des frustrations actuelles»
Plusieurs articles se penchent sur le rôle et l’image des scientifiques en temps de pandémie.
Le matin Dimanche met en lumière les attaques auxquels les expert-e-s doivent faire face sur les réseaux sociaux quand ils ou elles parlent de sujets comme le Covid-19 (ou le changement climatique). Plusieurs scientifiques essaient d’expliquer ce phénomène. La bioéthicienne Samia Hurst-Majno relève que dans ce contexte [marqué par le deuil], la colère serait normale. «Il faudrait se fâcher contre le virus et non contre les autres, mais ce n’est pas facile» dit-elle. L’épidémiologiste Antoine Flahaut ajoute: «Nos propos peuvent sembler déconnectés du monde réel, alors qu’ils ont un impact sur la vie des gens. Certains sont plus directement affectés que les fonctionnaires que nous sommes.» Face aux critiques et aux menaces, certaine-e-s spécialistes adouciraient des propos pour ne pas provoquer.
L’article de la NZZ décrit un «champ de tensions» dans lequel les épidémiologistes se trouvent face à la politique. Se basant sur leurs connaissances, ils-elles auraient encouragé la politique à prendre des mesures rapides pour faire face à l’évolution exponentielle des cas, mais selon le journaliste, la population et la politique n’auraient pas accepté des tels mesures par manque de compréhension.
Selon la NZZ am Sonntag, certain-e-s critiques estiment que les épidémiologistes, les virologues et les spécialistes des données établiraient une «expertocratie» et que les chercheurs-euses interviennent de manière inappropriée. Sebastian Bonhoeffer, membre du Task Force du Conseil fédéral y répond: «Lorsqu’on nous accuse d’avoir l’intention d’en tirer un profit personnel, cela me fait mal. Les chercheurs – dont nombreux sont des jeunes qui ne sont pas sous les feux de la rampe – ont été rapides, volontaires et non rémunérés pour fournir la base scientifique aux décideurs. [..] Je crois que dans une telle crise, nous devons assumer notre responsabilité sociale, plus en tant que citoyen qu’en tant que chercheur. On ne peut pas se cacher dans une tour d’ivoire lors d’une telle situation».
Le financement de «Horizon Europe» approuvé par le Conseil national
La Suisse devrait pouvoir participer au programme-cadre de recherche européen «Horizon Europe». Après le Conseil d’États, la commission du Conseil national demande que les fonds de 6,15 milliards de francs soient approuvés.
La décision de financer le paquet Horizon 2021- 2027 a été approuvée par la Commission pour la science, l’éducation et la culture avec 18 voix «pour», zero voix «contre» et sept abstentions. La participation de la Suisse au programme d’échange «Erasmus+» faisait partie des questions importantes abordés. La Commission a également pris note des instructions données dans le mandat de négociation pour la participation au paquet Horizon.
L’ETH et l’Université de Zurich renforcent les mesures sanitaires
L’École polytechnique fédérale (ETH) et l’Université de Zurich renforcent l’obligation de porter des masques. À partir de ce lundi, le port du masque obligatoire s’appliquera également aux places de travail.
A l’ETH, le télétravail sera intensifié, et le travail en présentiel se limitera aux « activités opérationnelles nécessaires ». Les apéros ont été interdits et les repas de Noël déconseillés.
La déclaration de Great Barrington divise les esprits
Trois épidémiologistes professeur-e-s des universités d’Oxford, de Harvard et de Stanford ont rédigé une déclaration commune dans laquelle ils-elles se positionnent contre les politiques de confinement. Cette déclaration dite de « Great Barrington » conclue que les mesures actuelles ont déjà causé trop de souffrances et creusent les inégalités, en particulier chez les jeunes. La solution : la «protection ciblée». Les jeunes personnes en bonne santé devraient enfin pouvoir revivre leur vie et permettre ainsi à la société d’être infectée par le Covid-19 en vue d’une immunité collective ; les personnes âgées et les malades, en revanche, devraient être pris en charge. D’après le Tages-Anzeiger, cette stratégie est largement contestée dans le milieu scientifique. Selon le président de l’académie britannique des sciences médicales, Robert Lechler, il ne serait pas possible de protéger à long terme un groupe aussi important de personnes sans les exposer à des risques considérables, sans parler des conséquences à l0ng terme que la maladie peut provoquer chez certaines personnes, mêmes jeunes.
Mise en ligne début octobre, la déclaration compte à l’heure actuelle environ 475’000 signataires, et elle est célébrée par les opposant-e-s des mesures contre le Covid-19, comme l’auteur de l’article du Weltwoche (cf lien ci-dessous).
Parmi les signataires figurent beaucoup de scientifiques et de médecins auto-déclarés, le Tages-Anzeiger remarque qu’il s’agit en partie de faux profils (e.g. «Dr. Person Fakename»). Le journal estime aussi que la déclaration est soutenue par le très puissant lobby des frères Koch, qui soutient également la recherche climatosceptique.
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