L’isolement et l’incertitude sapent le moral étudiant
«Les jeunesses de cinq partis se sont unies pour réclamer, dans une lettre ouverte au Conseil fédéral, davantage de considération. «Notre génération a de nouveau besoin de perspectives de manière urgente. Mais surtout,elle doit être entendue politique-ment!» écrivent les Jeunes socialistes, Verts, du Centre, des Vert’libéraux et du Parti évangélique. […] Ils souhaitent [entre autres] une stratégie de test permettant un retour rapide à l’enseignement en face-à-face pour le post-obligatoire. »
Astrid Epiney, Rectrice de l’Universtité de Fribourg, espère de retourner à l’enseignement en présentiel pour le semestre d’automne.
Nouveau classement des économistes les plus influent-e-s
Tom Coupé, chercheur à l’Université de Canterbury, en Nouvelle-Zélande, a développé une méthode pour classer les économistes qui ont le plus grand impact («Who is the most sought-after economist?»). Pour son classement, qui prend en compte plus de 3000 éco-nomistes, Tom Coupé s’appuie sur les recherches mensuelles moyennes sur Google durant cinq ans en construisant un indice qui prend en compte le nombre de demandes sur la plateforme et les recherches totales à un moment particulier et à un endroit précis.
«Miser sur une formation au rabais pour les infirmières: une obsolescence programmée»
«Pour pallier la pénurie d’infirmiers, le Valais a ouvert en mars une filière francophone Ecole supérieure (ES) en soins infirmiers, à Monthey. Moins sélective que la filière Haute école spécialisée (HES) usuelle, la formation ES est ouverte aux étudiants sans maturité (CFC ou diplôme d’ECG) et peut se faire en deux ans, au lieu de trois. Mario Desmedt, directeur des soins à l’hôpital ophtalmique Jules-Gonin, y voit un très mauvais pari sur l’avenir. […] Une formation infirmière ES équivaut péniblement à deux tiers de la formation HES. Diminuer les exigences et réduire le nombre d’heures de formation pour faire face à une réalité de soins de plus en plus exigeante est un non-sens et illustre la méconnaissance du travail infirmier.»
Discussions autour des nouvelles directives de l’Université de Berne
Les nouvelles «Directives de la direction de l’Université [de Berne] sur l’information et l’expression de l’opinion» fait l’objet de vifs débats. Selon ce document, les employé·e·s de l’université devraient, entre autres, éviter de se profiler sur les réseaux sociaux. Le Secrétaire général Christoph Pappa dit que l’université n’interdit à personne de s’exprimer sur Twitter, mais précise que cela doit être fait avec retenue et que «les faits doivent être explicitement séparés des opinions […] Cela peut provoquer des malentendus si une personne d’un institut contredit complètement une personne d’un autre institut – sauf s’il parle de ses propres résultats de recherche.»
L’épidémiologiste Matthias Egger, [membre de la task force, ] qualifie cette directive de «très bien». Il estime qu’il n’est pas question d’une «muselière».
Reto Knutti, Klimatologue de l’ETH pose sur Twitter la question : Pourquoi il est interdit de critiquer les résultats [de recherche] d’autres?» Il craint que les nouvelles règles auront comme conséquence que les organisation de lobbying pourront commenter les études sur le Covid, mais pas les scientifiques d’autres domaines de recherche. Marcel Salathé, épidémiologiste et ancien membre de la task force, y a joute : «Les nouvelles directives de l’Université de Berne causent de la confusion.»
L’organisation «Akademie für kritische Wissenschaftskultur» est plus critique et parle d’un «un papier plein de désespoir, d’ambivalence et de désarroi.»
Daniel Schönmann, Chef du département cantonal de l’enseignement, estime que la directive n’enfreint pas la liberté académique ni de droits fondamentaux. Il estime qu’il n’y a pas de nécessité immédiate d’agir.
Par ailleurs, l’Université de Berne n’envisage pas de surveiller si la directive es respectée. Selon le secrétaire général, «Il ne s’agit donc pas de tenir en laisse [«gängeln»] qui que ce soit.»
«La Charte de prise de parole de l’Université de Lausanne rebondit au Grand Conseil»»
«Dans le canton de Vaud, les députés s’emparent de l’affaire de la Charte de prise de parole de l’Université de Lausanne, un code de bonnes pratiques que la direction de l’établissement souhaite rédiger. Une interpellation a été déposée au Grand Conseil.»
«L’Université de Berne stoppe la Twittershow des professeurs»
L’Université de Berne a édicté une directive interne sur la communication. Selon ce document, des plateformes tels que Twitter ne sont pas le cadre approprié pour mener une discussion sur des sujets scientifiques et «doivent être utilisés avec beaucoup de retenue.» Quant aux sujets «très sensibles», la Direction insiste que les unités «se coordonnent un minimum» avant que les déclarations soient faites au public. Des telles discussions devraient principalement avoir lieu dans les journaux et forums scientifiques et le «profilage personnel» serait à éviter.
L’article du Bund suscite des réactions, entre autres dans les réseaux sociaux (par exemple ici).
Deux membres de la task force scientifique fédérale contre le COVID-19 travaillent par ailleurs à l’Université de Berne. Ils ont été accusé d’avoir été critique avec les décisions du Conseil fédéral – entre autres sur Twitter. Selon l’article du Bund, des telles prises de position ne seront dorénavant plus possibles avec la nouvelle directive. Par ailleurs, «des nombreux scientifiques répondent sous l’anonymat, par peur d’enfreindre la directive». La Directive dit également : «Les expressions d’opinion doivent être faites dans le respect du devoir de loyauté envers l’employeur. La réputation de l’université ne doit pas être publiquement ternie par la communication d’informations aux médias.»
L’ancien Directeur de l’Institut pour immunologie Beda Stadler estime que cette directive sort à un moment où l’Université a besoin de fonds. «Les libertés [d’opinion et d’expression] prennent fin dès qu’il y a une pénurie d’argent.»
Matthias Egger, membre de la task force et professeur à l’Université de Berne, croit d’abord que l’article du Bund est un poisson d’avril.
Christian Leumann, Recteur de l’Université de Berne, écrit dans un tweet, qu’il ne connait aucun cas où un-e chercheur-e de l’Université de Berne aurait été muselé. Par ailleurs cette directive de 2008/13 aurait été mise à jour sur la demande de chercheur-e-s.
«Quand les chercheurs sortent de leur tour d’ivoire, les attaques pleuvent»
Le prise de parole de scientifiques sur des sujets politique est sujet de débât à l’Université de Lausanne et au Conseil national. Par ailleurs, à l’Université de Genève, par le réseau «Scholars at risk», un panel de professeurs a justement fait état de son inquiétude en prenant appui sur des exemples tirés de la Turquie, la France et la Suisse.
Google a lancé des cours de formation continue certifiés dans les domaines de l’analyse de données, de gestion de projets et du UX design (user eperience design). Dr. Johann Roduit, fondateur de Conexkt innovation studio à Sion, a testé une de ces formations. Dans son article sur cette expérience, il dit: «Je ne sais pas si cela va bouleverser le mode d’enseignement universitaire, mais il est certain que cela va le remettre en question.»
Le groupe Debiopharm a signé un partenariat avec l’Université de Genève. S’inspirant de Boston, devenu le centre mondial de la recherche pharmaceutique, il espère concourir à créer des liens plus forts dans la région entre l’industrie et le monde académique.» Avec la nouvelle plateforme IDEAL (Innovation DEbiopharm Academic Lemanic), les scientifiques disposent de savoir-faire très rapidement et de moyens qu’ils-elles ne trouveraient pas aussi vite à l’université (quelques semaines versus plusieurs mois). «Il va de soi qu’IDEAL permettra de maintenir la liberté académique du chercheur qui pourra ensuite publier le résultat de ses recherche, voire se tourner vers d’autres partenaires industriels.» L’ambition des dirigeants de Debiopharm est «à parvenir les universités et hôpitaux romands de s’inspirer à ce qui se fait ailleurs»: «La formule magique est relativement simple. Il faut une bonne perméabilité entre les mondes académique et industriel, et avoir pour seul objectif final de porter un produit sur l’étagère de l’hôpital.»
Selon le Rédacteur en Chef de Bilan, Serge Guertchakoff, «Il s’agit de faire évoluer les mentalités, notamment au sein du corps professoral des universités de notre pays. Une mentalité qui était essentiellement focalisée sur la motivation à publier ses recherches, sans forcément se soucier d’amener un remède au patient. […] Le risque existe sérieusement que la Suisse s’endorme sur ses lauriers. Pourtant, l’heure n’est pas au repos. Alors que l’Union européenne menace la Suisse de représailles bien peu démocratiques – l’UE souhaite exclure notre pays du programme de recherche Horizon Europe – il convient que le Conseil fédéral et les cantons anticipent et trouvent des pistes pour y remédier.»
Cinq nouveaux axes de recherche à l’Université de Zurich
Cette année, l’Université de Zurich présente cinq nouveaux axes de recherche «d’intérêt pour la société»: les religions numériques, l’égalité des chances, la reproduction humaine, les maladies rares et les fondements de l’apprentissage.
Charte HES-SO sur les carrières du personnel d’enseignement et de recherche
«La HES-SO se dote d’une Charte sur les carrières du personnel d’enseignement et de recherche, qui pose une compréhension commune et des principes partagés pour le recrutement et la gestion des carrières du PER. Elle permettra de soutenir la mise en œuvre de la Typologie des fonctions adoptée par le Comité gouvernemental en 2014.»
«Un nouveau groupe ad hoc sur le développement durable a été créé par la Ligue des universités de recherche européennes (LERU), en réponse à l’importance stratégique croissante des questions de développement durable pour ses membres. Le groupe, qui se réunira pour la première fois le 31 mars, permettra aux vice-recteurs et autres cadres supérieurs des universités s’occupant de durabilité de discuter de questions d’intérêt commun et de partager leur expérience. […]
La création du groupe est également une réponse à l’importance croissante de la durabilité dans les politiques de l’Union européenne, notamment à travers le Green Deal de l’UE. Ce phénomène touche déjà les universités, par exemple dans les priorités fixées pour le programme de recherche et d’innovation Horizon Europe, mais le LERU souhaite suivre la manière dont la durabilité devient une question transversale dans la politique européenne.»
Par 16 voix contre 5 et 1 abstention, la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national a décidé d’élaborer la motion «Suivi scientifique des cas de « Covid long »» (21.3453), laquelle charge le Conseil fédéral de faire en sorte que des fonds suffisants soient disponibles pour la recherche consacrée aux cas de «Covid long».
Les associations estudiantines genevoises interpellent le Conseil fédéral
Les représentant·e·s des étudiant·e·s en droit, lettres, psychologie, médecine [de l’Université de Genève], ainsi que de la GSEM (Geneva School of Economics and Management) et la CUAE (faîtière des associations d’étudiant·e·s) ont adressé-e-s une lettre ouverte au Conseil fédéral.
Ils-elles se sentent laissé-e-s pour compte dans les mesures sanitaires décidées par le Conseil fédéral et ajoutent que ceux-ci «vont à l’encontre de la santé globale – notamment le bien-être psychique – d’une partie importante de la population, dont les jeunes.»
Julia Barbe, secrétaire de l’Association des étudiant-e-s en médecine, détaille : «Nous souhaitons qu’un représentant des étudiants soit nommé dans les task forces mises en place afin d’assurer le lien avec notre communauté et ses intérêts.» Par ailleurs, elle ne comprend pas pourquoi les mesures dans les hautes écoles ne sont pas assouplies et suggère un enseignement en présentiel à mi-temps.
Le nombre d’inscriptions dans les universités suisses est en hausse
Les universités suisses comptent davantage d’étudiant-e-s malgré les difficultés liées au Covid-19. Leur nombre a augmenté de 5% cette année académique pour atteindre 164’575 personnes inscrites. Cette hausse est plus forte chez les femmes et les étrangers-ères.
Des règles du jeu pour consolider science et politique
Paul Messerli, l’ex-président de la plateforme « Science et politique » de l’Académie suisse des sciences, propose des «règles du jeu» pour l’interaction entre la task force COVID-19, le Conseil fédéral et le parlement:
«Le Conseil fédéral devrait communiquer ses décisions de manière plus transparente en indiquant clairement si et pourquoi il s’appuie sur les recommandations de la task force ou si les considérations politiques face au parlement a dominé. La task force pour sa part, devrait toujours pouvoir résister à l’accusation de mélanger science et politique en résistant à la tentation d’exiger ou de suggérer une action politique à partir de faits scientifiques et de leur interprétation.»
«Semaine bien-être» pour les étudiant·e·s à l’Université de Genève
«Inquiète de la forme physique et morale de ses étudiants, [l’Université de Genève] organise une «semaine bien-être» du 29 mars au 1er avril. Au programme: du sport, des cours de cuisine, de la sophrologie, ainsi que des ateliers autour de l’organisation personnelle ou la gestion des émotions. Pour un côté plus festif, des associations organisent un «quiz healthy» et une soirée jeux de société.»
«Pour rappeler l’urgence climatique, des scientifiques suisses se rebellent»
«Une trentaine de scientifiques suisses prônent la désobéissance civile pour rappeler l’urgence climatique. A Genève notamment, des participants à ce mouvement international appelé Scientist Rebellion ont collé des agrandissements d’articles sur le climat contre des bâtiments universitaires.»
Lettre ouverte :« Les sciences et l’éducation ont besoin d’une relation fiable avec l’UE»
Dans un lettre ouverte au Conseil fédéral, des représentants d’universités suisses (Berne, Zurich, Fribourg), des associations étudiant-e-s (UNES, actionuni) et du corps intermédiaire s’expriment en faveur d’une relation fiable avec l’UE. «Le débat actuel au sujet des relations futures avec l’Union européenne ne doit pas délaisser les perspectives d’avenir pour les apprenti·e·s, les étudiant·e·s et les chercheur·e·s.»
«Jusqu’à dimanche [28.03.2021] en Suisse et dans une quinzaine d’autres pays, des centaines de scientifiques prévoient des actions de désobéissance civile pour alerter la population sur la sévérité des crises climatique et écologique. Leurs collègues et le public sont appelés à se «rebeller» à leur tour. Des manifestations sont prévues à Lausanne, Genève et Zurich.
L’Université de Berne prend position sur sa politique de communication
«Dans un article, la NZZ qualifie la communication scientifique de l’Université de Berne de malhonnête. L’Université de Berne rejette cette insinuation. Christian Degen, responsable de la communication et du marketing, prend position dans une lettre ouverte.»
Martin Vetterli sur le l’importance du contrat-cadre pour la recherche
Dans un entretien avec la NZZ, Martin Vetterli, président de l’EPFL, craint qu’un échec du contrat-cadre avec l’UE ait des conséquences néfastes sur la place de la recherche suisse. «Cela ne sera pas une catastrophe à partir du jour 1, mais une lente érosion de tout ce qui nous a rendu fort-e-s : l’ouverture, l’internationalité et la collaboration». Depuis 2014, «l’UE en a assez de nos désirs particuliers («Sonderwünsche») et ne sera pas une deuxième fois prête à faire des concessions. La position de négociation est nettement plus faible qu’avant.» Et comme alternative, il n’y a pas de programmes de recherches comparables aux Etats-Unis ou en Asie.
«Dans quelle mesure la redistribution des ouvriers aux académiques est-elle équitable ?»
L’auteure de l’article paru dans la Weltwoche regrette que certain-e-s politicien-ne-s souhaitent un plus grand taux d’académiques en Suisse. Selon un article du Schweizer Monat, qu’elle cite, les diplômé-es en sciences sociales et humaines gagnent seulement CHF 3750 par mois. C’est moins que ce que gagnent les soignant-e-s, méchanicien-ne-s, ou conducteurs-trices de tram. Et parce que les personnes à faible revenu peuvent se faire subventionner l’assurance maladie et la crèche, «il y a une redistribution des ouvriers aux académiques.»
Selon l’article de la NZZ, le Département de la communication de l’Université de Berne a développé un classement interne pour la production [d’articles] d’actualité scientifique. Les articles qui aident à positionner l’Alma mater comme université de pointe ou qui soutiennent les valeurs de l’Université (crédibilité, confiance de soi, ouverture, passion, etc.) reçoivent le plus de points et seront communiqué plus largement.
Selon l’auteur de la NZZ, «Cette «économie planifiée» de marketing («Marketing-Planwirtschaft») signifie que les résultats de la recherche communiqués par l’université sont uniquement au service de la gestion de sa réputation. […] L’Université de Berne […] franchit une ligne rouge. […] Un sujet pertinent pour la société mais qui ternit l’image de l’uni recevrait peu de points aurait peu de visibilité ou ne serait pas publié du tout. [… ] Les news scientifiques de l’Université de Berne deviendraient ainsi des fake [news].»
Interview avec Luciana Vaccaro, rectrice de la HES-SO
Rectrice depuis 2013 de la HES-SO, Luciana Vaccaro vient d’être reconduite à son poste. Dans un entretien, elle parle de l’enseignement en ligne et de l’imoprtance d’une relation stabilisée avec l’Union européenne.
Harcèlement sexuel à l’Université et à l’Hôpital de Genève
Selon un sondage d’étudiant·e·s en médecine à Genève, le sexisme, l’harcèlement sexuel et des agressions sexuelles «ne sont pas l’exception», particulièrement pendant des stages à l’hôpital.
L’Université et l’Hôpital de Genève ont réagi avec une lettre adressé aux médecins et cadres et aux superviseurs qui rappelle que ce type de comportement sexiste ou discriminateur est contraire aux valeurs des institutions.
«Le Comité gouvernemental de la HES-SO a adopté plusieurs décisions importantes pour le fonctionnement de la HES-SO. Il a notamment nommé Mme Cesla Amarelle, Conseillère d’Etat en charge du Département de la formation et de la jeunesse du canton de Vaud, à sa présidence. Elle succède au Conseiller d’Etat fribourgeois Olivier Curty. Le mandat de la Rectrice Luciana Vaccaro a également été renouvelé pour une nouvelle durée de quatre ans. Par ailleurs, la HES-SO a lancé plusieurs projets stratégiques pilotes pour l’année 2021.»
Günther Dissertori nommé nouveau recteur de l’EPFZ
Les professeur-e-s de l’ETH Zurich proposent Günther Dissertori, professeur de physique, comme successeur de l’actuelle rectrice, Sarah Springman. Il a obtenu la majorité absolue au premier tour de scrutin de la Conférence des professeurs, avec 233 voix sur 439.
Appel à une prolongation des délais d’étude et des contrats à durée déterminée
«Pour les étudiant·es et les travailleur·euses des Hautes écoles de Suisse, l’enseignement à distance n’est pas le seul aspect négatif de la crise liée au Covid-19. Les restrictions sanitaires ont entre autres comme graves conséquences un fort ralentissement, voire une paralysie complète, des activités des recherches ou des travaux que les étudiant·es et les chercheurs·euses doivent réaliser (thèse de doctorat, mémoire de bachelor ou de master, stages, etc.). Trois organisations nationales [UNES, SSP et actionuni] appellent conjointement à une prolongation des délais d’étude et des contrats à durée déterminée.»
Lettre ouverte au Conseil fédéral en faveur de l’accord-cadre
Maurice Wagner a été publié une lettre ouverte adressé Conseil fédéral dans le Temps. Il craint qu’avec une sortie du accord-cadre, la Suisse sera [à nouveau] considéré comme un État tiers dans le programme Horizon Europe et s’inquiète des conséquences pour l’attractivité des universités, des EPF et l’industrie en Suisse.
Le nouveau « Campus Est » a été inauguré à Viganello (TI). Cette nouvelle structure vient désormais rassembler deux institutions sur un même campus : l’Université de la Suisse italienne (USI) ainsi que la Haute école spécialisée de la Suisse italienne (SUPSI). Des espaces communs comme une salle polyvalente, un espace d’exposition, une cantine et des espaces pour les activités sportives ont étés conçus dans l’objectif de créer des lieux de rencontre et de discussion.
Lorsqu’elle sera pleinement opérationnelle, la structure pourra accueillir environ 600 employé·e·s, 1’000 étudiant·e·s en formation «de base» et 800 en formation continue.
L’Université de Fribourg lance les tests à grande échelle
L’Université de Fribourg participe au projet pilote cantonal de tests salivaires à grande échelle sur personnes asymptomatiques au Covid-19. Dès demain, près de milles personnes pourront se faire tester sur le site de la faculté des sciences. L’objectif du canton est de préparer un retour progressif des étudiant·e·s sur le campus. Dans un entretien avec la RTS, la rectrice Astrid Epiney développe les défis qu’une telle entreprise pose pour son institution mais aussi l’espoir qu’elle porte pour un retour en présentiel.
Credit suisse : 20 millions de francs pour l’Université de Saint-Gall
Le Credit Suisse s’engage dans un partenariat avec l’Université de Saint-Gall (HSG) en finançant le démarrage d’un nouveau «HSG Center for Financial Services Innovation» auquel plusieurs chaires seront associées. Un don de 20 millions de francs suisses est attendu au cours des dix prochaines années.
Le vice-recteur de l’Université Thomas Zellweger estime que le financement public ne suffit souvent plus dans certains domaines. Le rapport entre la technologie et la finance ainsi que le thème de la durabilité en relation avec l’administration des affaires nécessiteraient un soutien supplémentaire.
Les auteurs des articles soulignent que le sponsoring pourrait être un risque pour la réputation de l’université.
Covid-19 : tests «à grande échelle» à l’Université de Fribourg
«L’Université de Fribourg est intégrée au projet pilote de tests à grande échelle sur des personnes asymptomatiques. […] Près de 1000 personnes, membres du personnel, pourront se faire tester […]. L’expérience pourrait ensuite être étendue aux autres facultés et écoles, ainsi qu’aux étudiants. «L’objectif est de préparer un retour progressif des étudiants», précise un
communiqué.»
L’historien Caspar Hirschi, qui enseigne à l’Université de Saint-Gall, parle dans «NZZ Standpunkte» d’une société désorientée, des erreurs dans la lutte contre le Corona – et il critique les scientifiques qui deviennent des activistes. (A partir de 40:43)
«Le rôle de l’expert a déraillé. […] Ils font de la politique au lieu de conseiller – ça ne marche pas comme ça. Les gens ne savent plus quel rôle jouent les experts, s’ils sont des conseillers ou des politiciens.»
Caspar Hirschi fait un parallèle avec les chercheur·e·s du climat, qui font front uni contre la critique climatosceptique avec le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), en conseillant la politique «derrière des portes fermés». Ce modèle aurait également atteint ses limites, «car la recherche s’est fortement refermée». Il espère que les scientifiques du climat seront à nouveau plus prêt à participer aux débat, et qu’ils clarifieront leur rôle dans ce débat, à l’exemple de Reto Knutti (climatologue à l’EPFZ).
Tensions entre l’Université et l’Hôpital universitaire de Zurich
À l’Hôpital universitaire de Zurich (USZ), une réforme propose de découpler la position de professeur·e de celle de directeur-trice de clinique pour éviter une concentration de pouvoir «disproportionnée». Jusqu’à présent, les membres de la direction de la clinique de l’USZ étaient automatiquement employé-es en tant que professeur·e·s titulaires à l’Université de Zurich (UZH). Selon une sous-commission du parlement cantonal, ce modèle aurait entrainé une «culture de la peur». La sous-commission avait été créé suite à plusieurs «scandales», dont le conflit avec le cardiologue Francesco Maisano.
Cependant, un e-mail interne indique que l’université souhaite empêcher cette réforme. Selon la vice-rectrice pour la médicine, Beatrice Beck Schimmer, l’unité de ces deux positions constitue «la base essentielle pour l’innovation dans les soins cliniques».
21.03.2021 – Sonntagsblick – Jetzt zoffen sich Uni und Unispital
Réaction à la volonté d’«encadrer» la parole militante
La direction de l’Université de Lausanne (UNIL) mène depuis avril 2020 un processus visant à cadrer la prise de parole de son corps professoral concernant des sujets militants et activistes. Une charte ou un code de bonne conduite sera proposé prochainement.
Antoine Chollet, enseignant et chercheur en sciences politique à l’UNIL, réagit à l’intervention de la rectrice Nouria Hernandez sur ce sujet. Pour lui, être membre actif d’un groupe militant est compatible avec le poste de professeur·e. En tant que citoyen-nes, tout scientifique est protégé par les règles de la liberté d’expression.
La Suisse réintégrée dans les plans de l’UE pour la recherche quantique, pas pour la recherche spatiale
Dans un projet actualisé qui a circulé cette semaine, la Suisse a été réinscrite dans les plans de l’UE pour la recherche quantique, mais pas pour les projets de recherche spatiale. Les seuls pays non membres de l’UE autorisés à collaborer avec les États membres sont l’Islande et la Norvège.
Interview avec Martin Vetterli sur un possible retour sur le campus
Dans un interview avec la RTS, le président de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), Martin Vetterli s’exprime sur une possible réouverture du campus et un retour à l’enseignement en présentiel. En attendant les nouvelles décisions du Conseil fédéral de ce vendredi 19 mars, le président reste très prudent dans ses prédictions pour l’EPFL. « […] la dernière chose qu’on aimerait, c’est qu’on rouvre le campus et trois semaines après, on est dans un lockdown total. »
Dans le scénario où un retour sur le campus est possible, il y aura certainement des restrictions sur le nombre d’étudiant-e-s qui peuvent se rassembler dans un cours, l’obligation de porter un masque et de garder la distance nécessaire. Selon Martin Vetterli, l’EPFL ne va certainement pas retourner à un normal tant qu’il n’y a pas de taux de vaccination suffisant en Suisse.
Lettre à Guy Parmelin pour un retour du présentiel dans les hautes écoles
«La Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) a écrit au conseiller fédéral Guy Parmelin pour lui demander un retour aux cours en présentiel dans les hautes écoles. Le conseiller d’Etat fribourgeois Jean-Pierre Siggen l’a annoncé mercredi soir dans l’émission Infrarouge sur RTS1.»
Nouveau centre pour l’intelligence artificielle en médecine
L’Hôpital de l’île (Inselspital) à Berne a ouvert un centre pour l’intelligence artificielle. Son Directeur Raphael Sznitman avance que «La force de Berne réside dans la collaboration étroite et institutionnalisée entre l’informatique, l’ingénierie et la médecine. Il s’agit d’une situation unique en Suisse, et nous avons donc été, à de nombreuses reprises, en mesure de transférer les résultats de la recherche directement dans des applications cliniques.»
Réaction sur le nouveau catalogue de cours «vert» de l’Université de Zurich
Un nouveau catalogue de cours de l’Université de Zurich «vert» permet d’afficher les cours liés à la thématique du développement durable. Ces conclusions sur la durabilité des sujets est basé sur des mots clés, notamment dans le titre. L’auteur de la Weltwoche regrette le manque de transparence pour les critères de durabilité et déplore que le catalogue renforce la concurrence pour attirer les étudiant-e-s.
Les étudiant-e-s en dépression, un phénomène mondial
La santé mentale d’une grande partie d’étudiant-e-s a souffert pendant la pandémie manque d’échanges sociaux. L’article présente le résultat de sondages à Zurich, en Chine, en Ukraine et en France.
Les examens en présentiel angoissent des étudiant-e-s genevois-e-s
À l’Université de Genève (UNIGE), le rectorat souhaite tenir la prochaine session d’examens en présentiel. Cependant, cette annonce suscite des angoisses auprès d’une partie des étudiant-e-s qui n’ont connu que l’université à distance et craignent l’inconnu des examens en présentiels.
Selon un sondage réalisé à l’interne de l’UNIGE, 95,1% des étudiant-e-s sondés au sein du bachelor de relations internationales se disent favorables à des examens en ligne. Plus de la moitié dit être rentré dans leur ville natale et expriment ne pas avoir les moyens financiers de revenir en Suisse pour les examens.
Le directeur de la communication, Marco Cattaneo, affirme qu’aucune décision n’a encore été prise concernant la session d’examens. Il souligne l’ambivalence de la situation :«Notre institution est soumise à des attentes contradictoires des étudiants, la volonté, d’une part d’un retour au présentiel pour lutter contre l’isolement et le décrochage et, d’autre part, celle du maintien en ligne pour des questions sanitaires ou logistiques.»
Face aux risques sanitaires et à l’éloignement géographique de certain-e-s étudiant-e-s, la Conférence Universitaire des Associations d’Etudiant-e-s (CUAE) demande que l’Université leur laisse le choix entre examen en présence ou à distance.
La menace d’une maturité fédérale annulée dans les écoles privés
Une nouvelle ordonnance du Conseil fédéral relative à l’examen suisse de maturité en 2021 inquiète fortement les écoles privés. Le texte provisoire, publié sur le site du Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI), stipule que si les maturités fédérales ne peuvent pas se tenir en raison de la pandémie, toute la session d’examen sera annulée et aucun diplôme ne sera délivré sur la base des notes annuelles, comme cela a été le cas en juin dernier. Ainsi, les étudiant-e-s d’écoles privées pourraient se retrouver sans possibilité de passer leur examen et in fine, sans diplôme.
Baptise Müller, secrétaire général de l’association vaudoise des écoles privées se montre surpris et consterné. Selon lui, «On ne peut pas dire à des candidats qui se préparent depuis longtemps qu’ils pourraient perdre une année et devoir repousser leur entrée à l’université ou dans une autre haute école.»
19.03.2021 – Le Temps – La menace d’une maturité fédérale annulée
L’UNIL réfléchit à « encadrer » la parole militante de son corps enseignant
«Appeler à la désobéissance civile quand on est professeur d’université, est-ce légitime? Par exemple en soutenant les Zadistes de la Zone à défendre du Mormont. Ou en s’engageant contre la 5G, alors que son employeur est la Confédération, qui soutient son déploiement. L’UNIL réfléchit à cadrer la « prise de parole publique » de ses professeurs militants et activistes.»
«Malgré la pandémie, pas de décrochage dans les universités romandes»
«Face à la pandémie, les étudiantes et étudiants tiennent bon. Le taux de participation à la dernière session d’examen n’a pas baissé, selon les universités romandes contactées, et le pourcentage de réussite est même resté stable.»
L’UE «se tirera une balle dans le pied» si elle exclut le Royaume-Uni, la Suisse et Israël des projets quantiques et spatiaux
«Exclure les chercheur-e-s basés au Royaume-Uni, en Israël et en Suisse des grands projets de recherche quantique et spatiale de l’UE reviendrait à «se tirer une balle dans le pied», selon l’Allemand Niklas Nienass, porte-parole du groupe des Verts au Parlement européen pour les questions spatiales.
Selon les derniers projets d’Horizon Europe, des restrictions seront imposées aux partenaires de recherche les plus proches de l’UE dans plusieurs projets quantiques et spatiaux qui, jusqu’à présent, étaient ouverts aux pays associés, qui ont négocié l’accès aux programmes de R&D de l’UE.»
«A l’heure actuelle, l’UE refuse d’entamer des discussions exploratoires avec la Suisse pour l’associer pleinement à son programme de recherche Horizon Europe. Les milieux de la science sont très inquiets.»
Stress et perte d’intérêt: le danger des études «online»
«Un sondage réalisé par la Fédération des associations d’étudiants montre que les difficultés rencontrées lors du dernier semestre académique sont de nature à décourager les troupes.»
L’initiative Franxini vise des chercheur-e-s et politiques dans toute la suisse
La nouvelle nouvelle inititative Franxini pour améliorer le dialogue entre les chercheur-euse-s et la politique a récemment vue le jour en Suisse. Selon le think thank Reatch, qui est à l’origine de cette initiative, les chercheur-euse-s ne comprennent pas suffisamment le fonctionnement de la politique et ont de la peine à s’y imposer. « Comprendre le système politique en suisse ne fait pas part du travail normale du chercheur » – explique Nicolas Zahn, membre du think thank Reatch et invité au Forum des idées de la RTS. Cette initiative vise des chercheur-e-s et politicien-ne-s de toute la Suisse.
A l’Ecole hôtelière de Lausanne, les frais d’écolage suscitent la colère
«Contrainte de restreindre ses prestations pour cause de Covid, l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL) refuse toutefois de diminuer ses frais de scolarité. Une situation qui génère colère et frustration auprès de ses élèves.»
Comment favoriser une meilleure collaboration entre scientifiques et politicien-ne-s
Les auteur-e-s de l’article tirent une leçon de la crise sanitaire actuelle pour des futures crises et présentent des scientifiques qui ont bien réussi à avoir un impact sur la politique, en Suisse et ailleurs.
Le professeur en psychologie Kelly Brownell avait notamment réussi à influencer la politique américaine sur l’alimentation. Selon ce dernier, «Les scientifiques doivent être plus à l’écoute et mieux communiquer avec les politicien-nes. D’une part, pour comprendre les questions qui préoccupent les politicien-nes et les autorités. Et d’autre part, de pouvoir mieux leur communiquer les réponses.» En outre, les résultats de la recherche devraient, selon lui, être communiqués beaucoup plus activement afin que les autorités et les politiciens reconnaissent leurs déficits. Dans cet esprit, il a développé en 2015 une méthode pour la science stratégique.
Tous les politicien-ne-s et scientifiques interrogé-e-s par Republik sont d’accord que la gestion d’une future crise nécessite de la préparation, un «plan d’entraînement». Les auteur-e-s de l’article (de la Republik) résument que les points suivants sont nécessaire pour que la Suisse gère mieux une potentielle future crise.
«Il y a besoin de plus de scientifiques dans la politique et dans l’administration.
Il faut des programmes qui soudent scientifiques et politicien-nes.
Les scientifiques devraient aligner plus souvent leurs recherches sur les intérêts de la société dans son ensemble, notamment en cas de crise. Pour cela, ils doivent savoir qui a besoin de quoi.»
Jan-Egbert Sturm, économiste et vice-président de la task force Covid-19, estime que lors de cette crise sanitaire, les responsables politiques devraient fixer et communiquer des objectifs pour la société, ce qui permettrait aux scientifiques de faire des scénarios par rapports à ces objectifs. «Sans objectifs il est presque impossible de créer des stratégies et de calculer des scénarios. Dans cette combinaison la science peut apporter une contribution pertinente. Mais cela ne peut pas être la tâche [des scientifiques] de définir ces objectifs.»
La propagation de la variante britannique, l’espérance de vie ou le nombre de morts du Covid pourraient être indicateurs pour mesurer l’atteinte de ces objectifs.
L’accord cadre bloqué, la participation suisse à «Horizon Europe» mise en péril
La Confédération est déterminée de participer au programme «Horizon Europe», le plus grand programme de recherche de l’Union européenne. Cependant, l’accord-cadre bloqué, l’UE fait l’impasse sur la coopération dans le domaine de la recherche pour faire monter la pression. Les négociations sur la participation de la Suisse à Horizon Europe sont bloquées. Pour l’instant, Martina Hirayama, la Secrétaire d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI), n’arrive même pas obtenir de rendez-vous avec les fonctionnaires compétents de Bruxelles pour le moment. Selon le Secrétariat d’État, l’UE refuse d’entamer des discussions exploratoires informelles avec la Suisse et les fait dépendre d’un progrès dans l’accord institutionnel, même que les deux dossiers ne sont formellement pas liés.
Cette stratégie de l’UE inquiète beaucoup les réseaux académiques suisses. Le parlement à réservé des fonds pour combler les lacunes financières éventuelles, mais ces contributions ne peuvent pas remplacer l’adhésion à Horizon.
Alexandra Calmy: «La science doit se confronter au politique»
«Alors que certains parlementaires souhaitent que la task force scientifique cesse ses interventions publiques, l’infectiologue Alexandra Calmy plaide au contraire pour un meilleur dialogue entre mondes scientifique et politique.»
Est-ce que l’Université de Zurich vise à devenir comme une HES?
Le recteur de l’Université de Zurich Michael Schaepman avait déclaré dans la NZZ am Sonntag qu’il vise une ouverture de l’Université aux personnes sans maturité. Par ailleurs, l’université devrait, selon lui, offrir des cours dans des différents formes, par exemple des cours très court pour des spécialistes, qui souhaitent mieux connaître la Chine.
L’auteur de l’article Weltwoche estime que ces propos n’ont rien de révolutionnaire, car ces choses sont déjà possibles dans les HES, qui, en pleine expansion, sont en compétition avec les universités. Motivés par le financement fédéral, qui est accordé en fonction du nombre d’étudiant-e-s, ces HES font du marketing pour les cours.
«Si le recteur de l’université, M. Schaepman, veut désormais entrer dans ce champ de bataille avec toute son énergie, il peut certainement faire valoir le prestige académique de l’université comme un avantage. Mais cela mobiliserait l’attention et les capacités de son institution, ce qui manquerait à l’université dans la bataille pour sa réputation académique et son attrait sur le marché international.»
Berne se prépare pour un échec du contrat-cadre avec l’Union européenne
Les auteurs de deux articles paru dans la NZZ estiment que le contrat-cadre avec entre l’Union européenne et la Suisse a peu de chances d’être ratifié.
Concernant le plus récent article, le Recteur de l’Université de Berne Christian Leumann regrette dans un tweet que les conséquences d’un abandon du contrat-cadre pour la science suisse ne sont évoquées que dans une demi-phrase dans cet article. «Est-ce là la valeur politique actuelle de l’éducation et de la recherche dans ce pays ?»
Les conséquences d’une exclusion de la Suisse de certains projets de recherche européens
Le Professeur en Physique de l’état solide à l’EPFZ Klaus Ensslin est choqué de l’exclusion probable de la Suisse du Quantum Technology Flagship et des projets de recherche sur l’espace, qui serait «néfaste pour la recherche fondamentale, mais également pour l’Europe». L’ETH est leader dans la recherche quantique.
Olivier Küttel, responsable des relations internationales de l’EPFL, ajoute qu’une exclusion Suisse des programmes de l’espaces serait «fou», puisque la Suisse a été un des pays fondateurs de l’Agence Spaciale Européenne. Il «regretterait si la politique prenait le sceptre dans la recherche et si l’UE se focaliserait alors seulement sur soi-même.»
L’auteur de l’article conclue: «Il est toutefois possible que le dernier mot n’ait pas encore été prononcé et que les restrictions soient retirées du programme de travail d’Horizon Europe. Certains États membres ne sont pas tout à fait à l’aise avec le protectionnisme de la Commission européenne en matière de recherche.»
Portrait du premier représentant spécial pour la diplomatie scientifique à Genève
L’ambassadeur Alexandre Fasel, représentant spécial pour la diplomatie scientifique, estime que les grands problèmes – changement climatique, santé globale, biodiversité, le rôle de l’homme face à la machine – ne peuvent pas être résolues uniquement avec la diplomatie traditionnelle et les moyens financiers des pouvoirs publics. «On doit élargir le champ du multilatéralisme et inclure d’autres acteurs : la société civile, le monde universitaire ou encore le secteur privé. On doit aussi anticiper et chercher à comprendre ce qui vient en termes de science et d’innovation technologique pour pouvoir à la fois en saisir les opportunités mais aussi les encadrer.»
Fribourg : «Les étudiants francophones sont prétérités»
Deux députés [de l’UDC] s’inquiètent du fait que seuls 20% des élèves de première année de médecine soient Romands, et mettent en cause un test d’aptitude qui favoriserait les Alémaniques. […] Ils demandent donc au Conseil d’État s’il envisage de mettre sur pied des cours préparatoires en français, voire de préparer les bacheliers à un tel test. Mais leur réflexion va encore plus loin: «Serait-il possible d’introduire un quota d’étudiants francophones? Le numerus clausus n’est-il pas contre-productif au vu des intentions visées par le canton? Un numerus clausus pour candidats hors canton serait-il plutôt envisageable?»
«Des chercheurs suisses veulent créer un jumeau numérique de la Terre»
«Une équipe internationale avec participation de l’EPFZ ambitionne de créer un jumeau numérique de notre planète. L’objectif est de pouvoir simuler de manière aussi fidèle que possible le système terrestre.»
Pas d’interdiction des expérimentations sur des animaux
«Les députés et les députées du Conseil national ne veulent pas d’une interdiction de l’expérimentation animale. Tous les partis rejettent l’initiative populaire qui veut bannir ces méthodes de recherche médicale. L’idée d’un contre-projet est débattue.» (RTS)
Dans un article paru dans le Tages-Anzeiger, Matthias Egger, Président du Conseil national de la recherche, juge cette initiative «dangereuse», entre autres, parce qu’elle interdirait toute étude clinique. Par ailleurs, elle aurait un fort impact [négatif] sur la place de la recherche suisse.
La Conseillère nationale Valentine Python (Verts/VD) a demandé un contre-projet qui vise la sortie de la Suisse de l’expérimentation animale, «à l’image [d’initiatives pour] la protection du climat». Ce contre-projet était soutenue par une minorité (des parlementaires du PS, des Verts et des Verts-Libéraux).
Matthias Egger estime qu’un tel contre-projet serait risqué: «Dans la protection du climat nous savons ce qu’il faut faire pour arriver à la neutralité climatique de la Suisse pour 2050, les technologies sont disponibles. Mais on ne sait pas encore quand et si on pourra remplacer l’expérimentation animale.» Il avance que la Suisse devrait plutôt viser à devenir leader de l’approche 3R, qui vise à remplacer, réduire et raffiner l’expérimentation animale. En début février FNS avait mis à disposition CHF 20 millions pour cette cause. La parlementaire Valentine Python, de son coté, critique que cette action est trop limité.
Israël, la Suisse et le Royaume-Uni risquent d’être exclus des grands projets de recherche quantique et spatiale de l’UE
«Bruxelles se prépare à exclure les chercheurs basés au Royaume-Uni, en Israël et en Suisse des grands projets de recherche quantique et spatiale, une mesure importante qui, selon les chercheurs et les responsables, pourrait avoir de vastes répercussions sur la collaboration scientifique en Europe.
Selon les derniers projets d’Horizon Europe, des restrictions seront imposées aux partenaires de recherche les plus proches de l’UE dans le cadre de plusieurs concours sur les sciences quantiques et spatiales. Jusqu’à présent, ces projets étaient ouverts aux pays associés [au programme Horizon Europe]».
A l’occasion de la Journée internationale des femmes,
le 8 mars, la Rectrice de l’Université de Lausanne Nouria Hernandez pose quelques réflexions sur la complexité du phénomène du harcèlement sexuel et du sexisme.
Réformer les mathematiques pour les rendre plus accessibles aux filles
Réformer les mathématiques afin de les renforcer. C’est l’un des grands chantiers de l’école vaudoise lancés par Cesla Amarelle, cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC). La conseillère d’État avance «six mesures pour améliorer l’enseignement des mathématiques» qu’elle a présenté à presse lundi (08.03.21) à Renens. La date symbolique a été choisi pour annoncer la nouvelle impulsion genreé qu’elle souhaite donner à l’enseignement des mathematiques.
«Les chiffres actuels illustrent le désamour des filles pour les maths. En 2020-2021, sur les choix d’options spécifiques, seules 28% des filles ont pris maths/physique. Pour les spécialistes, il faut un nouveau regard sur cette branche appelée à devenir à la fois «une science fixe et une science vivante». C’est dans cet esprit que s’esquissent, depuis cet automne, des cours facultatifs de maths dans un collège de Renens.»
09.03.2021 – 20 minutes Vaud – La bosse des maths, ça se stimule chez les filles
09.03.2021 – 24 heures – Les six mesures pour réformer les maths
Interview avec la nouvelle vice-présidente «pour la transformation de l’EPFL»
L’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) s’est dotée d’une vice-présidence pour la transformation responsable. La biologiste Gisou van der Goot, jusque-là doyenne de la Faculté des sciences de la vie, est désormais le visage de cette nouvelle entité qui vise une école plus inclusive et durable depuis début janvier.
Dans l’objectif d’améliorer l’équilibre des genres et grarantir l’égalité des chances au sein de ses institutions, une de ses premières missions est de trouver assez de candidates pour que 40% des offres de nouveaux postes de professeur soient faites à des femmes. Plus généralement, la vice-présidente veut permettre à tous ceux et celles qui cotôient l’EPFL de s’y sentir bien et de profiter des mêmes chances. Une deuxième facette de la « transformation de l’EPFL » s’intéresse à rendre le campus plus vert et de sensibiliser les étudiant-e-s à la durabilité.
09.03.2021 – 24 heures – «Ma mission sera réussie lorsque mon département sera inutile»
Vaud : Le Covid n’a pas trop affecté les résultats des élèves
«Le Canton de Vaud a établi un bilan provisoire des conséquences de la crise sanitaire sur les résultats des élèves de l’obligatoire et des gymnasiens. Le constat est «plutôt rassurant», selon les données réunies à l’issue du premier semestre 2020-2021, a affirmé vendredi le gouvernement.»
08.03.2021 – 24 heures – Le Covid n’a pas trop affecté les résultats des élèves
Le président de la task force devrait encore pouvoir s’exprimer
Le 26 février, la commission des affaires économiques du Conseil national avait exigé que la task force scientifique ne puisse plus se prononcer sur les mesures contre le coronavirus : cela aurait été une muselière. Vendredi, la Commission a concrétisé sa demande : au moins le président de la Task Force devrait pouvoir continuer à communiquer en public – en étroite concertation avec le Conseil fédéral. La communication de la task force fera l’objet de débat au sein du Conseil national ce lundi, le 08.03.2021.
06.03.2021 – Zuger Zeitung – Der Taskforcepräsident soll weiter kommunizieren dürfen
07.03.2021 – NZZ am Sonntag – Maulkörbe und Misstöne – wo liegt das Problem?
Chine : plus d’argent pour la recherche et la technologie
La Chine veut à l’avenir dépenser plus de 7 % [du PIB] par an pour la science, comme l’a écrit le gouvernement dans son rapport de travail pour le 13e Congrès national du peuple. Rien que cette année, par exemple, les investissements dans la recherche fondamentale doivent être augmentés de 10,6 %.
Le plan met en évidence sept domaines clés : l’intelligence artificielle de nouvelle génération, l’information quantique, la recherche sur le cerveau, les semi-conducteurs, la recherche génétique et la biotechnologie, la médecine clinique et la santé, et l’exploration spatiale, hauturière et polaire.
La carrière des chercheuses touchées par la pandémie
Le Covid accentue les inégalités de genre dans tous les milieux et jusqu’au hautes sphères de la recherche scientifique. S’occupant davantage que les hommes de la famille, des enfants et des personnes âgées depuis le début de la pandémie, les femmes voient leurs activités professionnelles baisser de manière significative. Une étude du Bureau fédéral de l’égalité souligne que «les femmes bien formées sont celles qui ont subi la plus grande baisse de capacité de travail».
Selon des premiers résultats d’une étude sur le sexisme dans la production scientifique, on peut observer un recul de 11% de la proportion de femmes «premier auteur», passant de 46% à 35% au sein de la production consacrée au Covid en 2020.
Etudier sans maturité : le recteur de l’Université de Zurich prévoit des réformes
Le recteur de l’Université de Zurich, Michael Schaepman détaille sa vision pour l’avenir de l’enseignement de son haute école. Il souhaite notamment ouvrir l’alma mater à toutes et tous et offrir des programmes complémentaires aux existantes pour lesquels une maturité ne serait plus nécessaire pour l’admission. Les étudiant-e-s recevraient un certificat de qualité confirmant que les travaux et examens ont été effectués et réussis, ce qui n’est pas un titre académique. L’admission de personnes sans maturité nécessiterait une modification de la loi .
Par ailleurs, Michael Schaepman propose l’introduction de format d’enseignement différents, par exemple des cours qui durent moins de 45 minutes, et il pourrait s’imaginer de nommer des bâtiments universitaire après des sponsors.
Franxini – un projet pour nouer le dialogue entre science et politique
Le groupe de réflexion Reatch a lancé le projet Franxini, qui vise à améliorer la compréhension entre le monde scientifique et le monde politique. Ce manque de compréhension mène, selon l’organisation, à des tensions, comme par exemple dans le contexte de la crise COVID-19 et au sujet du climat.
Franxini vise à rendre des chercheurs-euses «aptes à la politique» moyennant trois programmes :
Le «Policy Innovation Hub» lie des idées scientifiques à des mesures politiques, ce qui augmenterait des chances pour, par exemple, changer une loi dans le secteur de l’énergie.
Le «Policy Bootcamp» est une formation intensive pour chercheur-e-s sur les bases du système politique suisse.
Les «Polity-Hives» permettent des échanges entre scientifiques, politicien-nes et d’autres parties de la société pour développer des synergies.
Les membres de Franxini ont tissé un large réseau de soutien ces derniers mois de presque tous les parties politiques. Du coté du monde scientifique, l’épidémiologiste Marcel Salathé (EPFL), le Président du Conseil des EPF Michael Hengartner, l’historien Caspar Hirschi (Université de Saint-Gall), et le physicien du climat Reto Knutti (ETH Zurich) sont impliqués.
Réactions à la révision de la loi Covid-19 qui musèlerait la task force scientifique (4)
Dans le cadre d’une révision urgente de la loi Covid-19, la Commission pour l’économie du Conseil national (CER-N) a proposé «que le public soit informé des mesures prises par le Conseil fédéral dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19 exclusivement par le Conseil fédéral et le Parlement». La task force n’est pas nommée, mais c’est bien elle qui est visée.
«Cette proposition est grave et inquiétante, s’insurge le bio-éthicien et rédacteur en chef de la Revue médicale suisse Bertrand Kiefer. La Suisse est un petit pays. Si on réduit les membres de la task force au silence, quel expert va encore pouvoir s’exprimer dans les médias, à part des électrons libres comme moi?»
Pour l’épidémiologiste Marcel Salathé de l’EPFL, «La formulation de cet amendement est vague et il est difficile de se faire une idée de son intention précise. Je suis d’autant plus étonné que les prises de position officielles de la task force sont toujours très mesurées. Je me demande si l’agacement ne vient pas de Twitter, car les experts y expriment plus librement leurs opinions personnelles, ce qui est encore assez inhabituel dans le débat public.»
Dans l’éditorial du Temps, la journaliste Pascaline Minet écrit : «Refuser d’entendre le message des scientifiques, c’est mener une politique de l’autruche qui n’est pas compatible avec l’action publique. En temps de pandémie, la science est plus précieuse que jamais. Le rôle des politiques devrait être de la protéger plutôt que de tenter de la discréditer.»
Selon l’encadré du Temps, «[Les épidémiologistes] cristallisent les rancœurs d’une partie de la population, le plus souvent de manière injustifiée». Les journaux Blick et 20 minutes auraient publié des articles sur certains scénarios «du pire» sans contextualiser l’information sensible. Par ailleurs, selon l’épidémiologiste Julien Riou, il y a un large consensus entre épidémiologistes, depuis le début de l’épidémie. «Les discours alternatifs viennent le plus souvent de scientifiques d’autres disciplines».
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