En Suisse, le nombre d’entreprises actives dans la technologie de la blockchain est en pleine expansion. Cette croissance pose l’industrie devant un défi majeur : le manque de personnel qualifié. Pour pallier cette pénurie, plusieurs universités suisses se mobilisent en proposant de nouveaux cours sur la blockchain.
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25Avr2022
Politique des hautes écoles
Les hautes écoles suisses accueillent les premiers chercheur·es qui ont fui la guerre en Ukraine
Les hautes écoles suisses accueillent les premiers chercheur·es qui ont fui la guerre en Ukraine. Dans le 19h30, la RTS présente deux chercheuses qui sont arrivées à l’Université de Lausanne et l’EPFL grâce à l’initiative #ScienceforUkraine.
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Revue de presse UNIL 25 avril 2022
22Avr2022
Politique des hautes écoles
L’empreinte biodiversité de l’Université de Oxford
L’Université d’Oxford a lancé une ambitieuse stratégie de durabilité environnementale en mars 2021. Ses deux principaux objectifs sont d’atteindre un gain net de biodiversité et un bilan carbone nul, tous deux d’ici 2035.
Pour comprendre dans quelle mesure ces objectifs peuvent être difficiles à atteindre, les impacts environnementaux des différentes activités de l’université ont été évalués. Il s’agit de toutes les activités liées à la recherche, à l’enseignement et au fonctionnement pendant une année universitaire pour le personnel et les étudiants (voir « Effets en amont »). Cela inclue la flotte de transport de l’université, la consommation de nourriture et de services publics («utilities»), l’élimination des déchets et la chaîne d’approvisionnement opérationnelle, y compris pour le papier.
Le résultat: La taille absolue de l’empreinte des gaz à effet de serre de l’université est étonnamment élevée. «Le résultat le plus frappant de notre évaluation des impacts spécifiques sur la biodiversité est peut-être que la plupart des dommages sont liés à des activités de l’université qui ne sont pas sous son contrôle direct. […] En bref, les fournitures d’équipements de laboratoire ont un impact bien plus important sur la biodiversité en général que les vols internationaux, la consommation d’électricité de l’université ou son utilisation de matériaux de construction.»
L’Université a développé deux stratégies pour améliorer la situation, une option de prévention et une pour compenser l’impact négatif de ses activés et opérations sur la planète.
Au Japon, Ignazio Cassis renforce les relations scientifiques avec la Suisse
«Le président de la Confédération Ignazio Cassis a terminé jeudi sa visite au Japon, placée sous le signe de la recherche et de l’innovation. La Suisse veut notamment renforcer ses liens avec la superpuissance scientifique après avoir été exclue du programme européen de recherche Horizon Europe. […] Un accord de coopération relatif à des projets de recherche communs a été signé et la construction du nouveau consulat suisse à Osaka, au centre de la région économique du Kansai, a été lancée. Le consulat servira aussi à Swissnex, dotant le réseau mondial suisse, qui tisse des liens dans les domaines de la formation, de la recherche et de l’innovation, d’un site supplémentaire.»
- mobilité scientifique
- collaboration entre hautes écoles
- Horizon Europe (anciennement FP9)
- politique – Japon
Le licenciement de la professeure s’applique, mais l’EPFZ s’en tire mal
Le licenciement d’une professeure d’Astronomie en 2019 était un première dans l’histoire de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Son style de direction a été considéré inacceptable et son comportement contraire à ses obligations. Le Tribunal administratif fédéral a tranché, pour l’instant, le litige qui couvait depuis lors entre les parties : Le licenciement était «injustifié» et «disproportionné», car il a été prononcé sans avertissement préalable, même que le comportement de la professeure a déjà fait l’objet de réclamations auprès du service de médiation de l’ETH en 2005, 2009, 2013 et 2016. En conséquence, la perte de confiance invoquée par l’EPFZ lui est imputable.
Le tribunal a également critiqué le travail de relations publiques de l’EPF. Les communiqués de presse «semblent avoir eu pour principal objectif de protéger la réputation de l’EPFZ». Marcella Carollo n’aurait «pas toujours été traitée avec l’équité requise et n’aurait pas respecté le devoir de sollicitude» de l’employeur.
Le jugement peut encore être porté devant le Tribunal fédéral.
Le journaliste Marius Huber écrit dans un commentaire que le jugement est un «échec embarrassant» pour l’EPF, car il montre que l’EPFZ tolère le mauvais comportement («Fehlverhalten»). Le fait qu’il n’y a pas eu un seul licenciment dans les 164 ans de l’institution serait «un douteux record». Par ailleurs, le journaliste voit des parallèles avec le scandale du Centre national d’entraînement de Macolin. «L’ETH a également entrepris des réformes. Elle met davantage l’accent sur les compétences de direction, donne aux étudiants la possibilité de s’exprimer sur les nominations, renforce les services de recours. Ici comme ailleurs, la question passionnante est de savoir si l’on s’en tient aux méthodes plus douces, même si l’on s’éloigne de l’élite absolue?»
UniDistance souhaite devenir une «vraie université»
Marc Bors, directeur de la UniDistance Suisse, déclare : «Nous voulons être accrédités comme université à partir de 2027». En ce moment, UniDistance peut délivrer des titres de bachelor et de master, mais pas de doctorat, ce qui changerait avec l’accréditation. Selon le Walliser Bote, cela fait plusieurs années que le Canton du Valais souhaite avoir sa propre université à part entière («vollwertig»).
Le critère central pour cette accréditation est la conduite d’une recherche propre. Pour cela, UniDistance est en train d’augmenter le nombre de chaires. Rien que l’année dernière, ce chiffre a doublé et compte désormais 16 chaires. La direction souhaite ainsi d’offrir des nouvelles filières, d’élargir l’offre de formation continue et d’améliorer la réputation de l’institution au niveau de la recherche. Le nouveau siège à Brigue contient notamment des laboratoires d’études du comportement.
Pour devenir une université à part entière, UniDistance aura besoin de beaucoup plus d’argent de la part du canton. Au lieu des 3,3 millions par an actuels, le Valais devrait alors soutenir l’institution avec jusqu’à 13 millions par an. Le président de la Fondation pour UniDistance déclare : «En comparaison avec les coûts que représentent les universités présentielles dans d’autres cantons, cela reste toutefois un petit montant.» L’institution souhaite par ailleurs maintenir son mode d’enseignement partiellement à distance.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 22 avril 2022
21Avr2022
Politique des hautes écoles
Pourquoi apprendre la science des données aux étudiant-es en lettres et sociologie?
«La mélodie est bien connue: le numérique est omniprésent et au cœur de notre société. Toutefois, les compétences techniques en la matière sont généralement réservées aux spécialistes. Face à ces constats, les Universités de Lausanne (Unil) et Neuchâtel (Unine) ont réagi. La première propose depuis 2016 un Master en humanités numériques. Quant à la seconde, elle lance pour la rentrée 2022 un Bachelor en science des données. Une formation inédite, jusqu’ici réservée aux écoles d’ingénieur.»
Qui sera le nouveau chef de la recherche de la Commission européenne?
Science Business présente une liste de fonctionnaires européen-nes qui pourraient être en lice pour succéder à Jean-Eric Paquet, chef de la Direction générale de la recherche et de l’innovation de la Commission européenne. Ce dernier n’a pas encore officiellement confirmé son départ. M. Paquet travaille pour la Commission depuis 1993 et, après quatre années passées à la tête de la direction générale de la recherche, «il espère occuper un nouveau poste d’ambassadeur de l’UE au Japon dans le courant de l’année.»
Certains observateurs de Bruxelles spéculent sur le fait que le successeur de M. Paquet pourrait être une femme originaire d’Europe orientale. Une telle décision améliorerait l’équilibre entre les sexes aux postes de direction de la Commission, mais, ce qui est peut-être plus important, elle enverrait un signal politique fort aux partisans d’une répartition géographique plus équitable des fonds de recherche de l’UE.
La science citoyenne
La science mise de plus en plus sur la participation de bénévoles pour faire avancer des questions de recherche. Les hautes écoles zurichoises sont pionnières dans le domaine de la «science citoyenne». En 2017, l’Université de Zurich (UZH) et l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich (EPFZ) ont créé le Citizen Science Center Zurich afin d’accueillir les contributions de la part de chercheur·euse·s amateur·ices. Il s’agit d’analyser des images satellites par exemple pour estimer les dégâts causés par des catastrophes naturelles, ou d’évaluer la communication sur les médias sociaux. Selon la directrice du centre Maria Rosa Mondardini, la citizen science est un outil puissant, car il permet d’effectuer les tâches pour lesquelles l’intelligence artificielle s’y prête moins.
De plus, mener des projets de recherche en collaboration avec la population permettrait aux citoyen·nes impliqué·es de mieux comprendre comment se déroule le processus scientifique. Ainsi, la science citoyenne peut servir comme outil de communication et de compréhension entre la science et la population.
Développement et unification de l’évaluation par le FNS
«Désormais, le FNS applique une procédure d’évaluation unifiée pour ses instruments d’encouragement. Diverses nouveautés rendent la sélection des meilleurs projets et des meilleurs scientifiques encore plus équitable et efficace.»
Les universités romandes se mobilisent pour accueillir les Ukrainien-nes
Une vue d’ensemble des mesures entreprises par les universités romandes pour accueillir des étudiant-es et scientifiques de l’Ukraine.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 21 avril 2022
20Avr2022
Politique des hautes écoles
Les défis des universitaires de première génération
Les universitaires de première génération font face à de multiples défis. Souvent issus de familles à faible revenu et appartenant à des groupes sous-représentés dans le domaine scientifiques, ces étudiant-es et chercheur-euses naviguent dans le monde académique avec moins de ressources financières et relationnelles.
A travers plusieurs portraits, l’article met en lumière les défis que ces étudiant-e-s doivent surmonter pour trouver leur place à l’université.
Une centaine de scientifiques de l’Ukraine accueillis dans des universités suisses
Dès le début de la guerre en Ukraine, le Fonds national suisse (FNS) a mis a disposition un total de 9 millions de francs pour soutenir les scientifique ukrainien-ne-s. Au total, une soixantaine de personnes sont accueillies dans une vingtaine d’institutions suisses grâce à une collaboration avec Scholars at Risk Switzerland, et pourront poursuivre leur travail académique pendant un an. Le coût de ces postes s’élève à 6 millions de francs suisses. Un autre montant de 3 millions de francs a été consacré principalement au soutien d’une quarantaine de chercheur-es ukrainien-ne-s dans le cadre de projets déjà financés par le FNS.
Dû à la forte demande, le budget est déjà épuisé. Les universités suisses ont cependant toujours la possibilité d’engager des chercheur-es ukrainien-ne-s dans des projets FNS dont les bourses ont déjà été approuvées.
Améliorer l’égalité des genres à l’université : les trois erreurs courantes
La chercheuse et directrice du Global Institute of Women’s Leadership de l’Australian National University, Michelle Ryan illumine les trois erreurs courantes que commettent les universités lorsqu’elles tentent d’améliorer l’égalité entre les sexes.
- Il serait faux de mettre le focus uniquement sur la quantité des postes accordés aux femmes sans s’interroger sur la qualité des postes en terme d’influence et de sécurité d’emploi.
- Une deuxième erreur consiste à mettre l’accent sur la formation des individus, au lieu de réformer le système académique. « Les interventions ciblées individuellement, au mieux, apportent une solution à court terme pour quelques femmes déjà privilégiées et, au pire, renforcent les hypothèses de réussite et de leadership qui sous-tendent l’inégalité systémique entre les sexes » – argue-t-elle.
- La troisième erreur consiste à sur-estimer systématiquement la représentation des femmes. L’excès d’optimisme par rapport aux améliorations faites peut conduire à un aveuglement face aux inégalités encore présentes et freiner le changement selon la chercheuse.
Nouvelle plateforme de publication en libre accès Soap2
«L’Université de Fribourg met désormais à disposition des chercheuses et chercheurs une nouvelle plateforme en libre accès, www.soap2.ch. L’objectif? Faciliter le travail éditorial et augmenter l’impact des revues tout en réduisant des coûts de publication croissants. Les équipes pourront notamment publier leurs revues sans aucuns frais. Le projet s’étend de juillet 2021 à juin 2023. Durant la dernière année, la plateforme sera ouverte à divers établissements d’enseignement supérieur et à de petits éditeurs.»
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Revue de presse UNIL 20 avril 2022
19Avr2022
Politique des hautes écoles
Ignazio Cassis souhaite approfondir la collaboration scientifique entre la Suisse et le Japon
Lors de la rencontre entre le président de la Confédération Ignazio Cassis et le premier ministre japonais Fumio Kishida à Tokyo, la collaboration scientifique était un sujet central. Les deux pays souhaitent approfondir leur collaboration scientifique moyennant un mémorandum de coopération pour des projets de recherche conjoints entre la Société japonaise pour la promotion de la science et le Fonds national suisse.
De l’imposition du langage épicène à Zurich
A Zurich, l’utilisation du langage épicène («gendergerechte Sprache») dans l’enseignement universitaire est sujet de débats. A l’EPFZ, à la HES des beaux-arts ZHAW et à l’Université de Zurich, les chargé-es de cours ont la possibilité de supprimer des points aux étudiant-e-s qui n’utilisent pas le langage épicène dans leurs travaux écrits ou lors des examens. Il appartient au corps enseignant de définir les critères d’évaluation exacts lors de l’évaluation des performances. Ce sont les facultés et les instituts qui décident des critères supérieurs à appliquer. Il n’existe donc pas de règle uniforme. Les directives actuelles de ces hautes écoles universitaires n’imposent cependant à personne l’utilisation de l’asterisk («Genderstern»), qui représente la non-binarité.
Trois conseillers cantonaux, dont deux PLR et un UDC, ont déposé une demande auprès du Conseil d’État zurichois contre l’introduction de l’asterisk dans l’enseignement universitaire. Ils demandent au gouvernement d’expliquer les règles en vigueur, la situation juridique et comment les étudiant-es peuvent «se défendre» contre l’utilisation du langage épicène. Ils serait question de «contrainte», «d’orientation linguistique par les autorités» et «d’appropriation politique par les fonctionnaires de l’État».
Une position syndicale sur «Horizon Europe»
Antoine Chollet du Syndicat SSP Vaud se positionne par rapport au programme européen pour la recherche Horizon Europe. «Contre le discours managérial porté par Swissuniversities et economiesuisse, il faut […] rappeler que la vraie excellence de la recherche s’obtient par la stabilité des postes, les meilleures conditions de travail possibles pour tout le personnel des universités, le temps laissé pour explorer leurs terrains de recherche en toute liberté, et un financement qui vise ces objectifs. Ce n’est le cas ni du FNS, ni de l’ERC, et c’est cette logique qu’il faut changer de toute urgence.»
- carrière académique
- conditions de travail
- financement public
- politique – Suisse
- Horizon Europe (anciennement FP9)
- évaluation – chercheur·e·s
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 19 avril 2022
14Avr2022
Politique des hautes écoles
L’insurrection des scientifiques
De plus en plus de scientifiques insistent sur l’urgence des mesures climatiques et sont prêts à militer à travers des actions directes. La semaine passée, le groupe Scientist Rebellion a tenté de coller des messages clés du rapport du GIEC sur la façade du Palais fédéral. Des actions similaires ont eu lieu dans près de 25 pays.
« Je suis convaincu que la relation traditionnelle entre la science et la politique a échoué et qu’il est de notre devoir, en tant que scientifiques, de tout tenter pour faire passer notre message auprès du public », déclare Julia Steinberger, co-autrice du récent rapport du GIEC. « Cela implique aussi une résistance civile non violente ».
Le porte-parole du groupe et politologue Tadzio Müller perçoit une «fracture» qui traverse la science. D’un côté, la science traditionnelle tente d’élargir le domaine de la connaissance. «Mais de nombreux scientifiques se rendent désormais compte qu’ils écrivent papier après papier et que cela ne change rien. […] Dans cette situation où [les décideurs] ne souhaitent pas savoir, le rôle traditionnel du scientifique n’est plus approprié».
Pour les élèves d’Ukraine, les cours de l’EPFL sont gratuits
L’École polytechnique de Lausanne (EPFL) met en place un système d’accès facilité pour les étudiant·es et chercheur·es ukrainien·ne·s qui ont fui la guerre. «Nous offrons plusieurs options aux étudiants ukrainiens. La première concerne les étudiants universitaires ukrainiens qui ont fui leur pays. Ils peuvent s’inscrire comme auditeurs, sans frais, pour obtenir des crédits ECTS. Gratuitement, ils pourront profiter de tout l’environnement de l’école, des cours de langue ou encore de sport», détaille Kathryn Hess, vice-présidente associée pour les affaires estudiantines à l’EPFL et présidente de la Commission opérationnelle Solidarité Ukraine de l’école.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 14 avril 2022
13Avr2022
Politique des hautes écoles
L’Université de Neuchâtel inaugure son nouveau Bachelor en sciences des données
La digitalisation de notre société représente un enjeu majeur pour la formation des professionnels. Le défi est de former des personnes compétentes à contextualiser et comprendre les données dans tous les corps de métiers. Le nouveau cursus en sciences des données de l’Université de Neuchâtel, qui débutera l’automne prochain, vise à former des spécialistes en sciences des données au niveau transversal. Entretien avec Pascal Felber, professeur en informatique et initiateur du nouveau programme.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 13 avril 2022
12Avr2022
Politique des hautes écoles
UE annonce de nouvelles sanctions contre la Russie dans le domaine de la recherche
La Commission européenne a annoncé le 8 avril qu’elle va exclure les partenaires russes des projets en cours dans le cadre d’Horizon Europe et d’Euratom. Elle annule également la participation d’organismes publiques russes aux actions Marie Skłodowska-Curie (MSCA) et à Erasmus+. Des particuliers russes pourront toujours postuler pour des bourses MSCA et des subventions de chercheur-e principal-e du Conseil européen de la recherche (CER). Les étudiant-es et universitaires russes resteront éligibles pour les échanges de courte durée ainsi que pour la mobilité diplômante dans le cadre d’Erasmus+ et du Corps européen de solidarité.
La commissaire européenne à l’innovation, la recherche, la culture, l’éducation et la jeunesse Mariya Gabriel avait déjà promis que la Commission préparait une aide directe de 25 millions d’euros sous forme de subventions MSCA afin d’aider les chercheur-es ukrainien-nes.
Faut-il se débarrasser de l’article scientifique ?
Dans The Guardian, le maître de conférences à l’Institut de psychiatrie, de psychologie et de neurosciences du King’s College de Londres, Stuart Ritchi propose de revoir le système de publication scientifique pour le moderniser. Il évoque plusieurs problèmes liés au format, comme biais de publication : un article scientifique serait plus susceptible d’être publié dans une revue si il présente des résultats positifs ou passionnants. Cette attente pousserait parfois les scientifiques à appuyer leurs analyses afin de produire de « meilleurs » résultats, et parfois même commettre des fraudes afin d’impressionner les éditeurs des revues scientifiques. Par ailleurs, le format exigé par les revues scientifiques pousserait les chercheur-es à simplifier leur recherche et leurs résultats pour « raconter une meilleure histoire », au détriment de l’exactitude, de la transparence et de la facilité de reproduire les résultats.
Stuart Ritchi préconise de publier les résultats scientifiques dans des «mini-sites web» (parfois appelés «notebooks»). «Non seulement cela permet à chacun d’avoir une vue d’ensemble du processus, des données à l’analyse et à la rédaction – l’ensemble de données serait annexé au site web avec tout le code statistique utilisé pour l’analyser, et chacun pourrait reproduire l’analyse complète et vérifier qu’il obtient les mêmes chiffres – mais toute correction pourrait être apportée rapidement et efficacement, la date et l’heure de toutes les mises à jour étant publiquement enregistrées.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 12 avril 2022
11Avr2022
Politique des hautes écoles
Horizon Europe – la situation et les perspectives
Swissinfo a publié un article qui décrit l’état actuel par rapport à l’adhésion suisse au programme Horizon Europe. ««Sans accès à Horizon Europe, il devient difficile d’attirer les esprits brillants et de maintenir la haute qualité de la recherche en Suisse», déclare Yves Flückiger, recteur de l’Université de Genève et président de Swissuniversities […]. «Nous devons réinventer de nouvelles formes de collaborations et de nouveaux modes de financement», ajoute-t-il. «Pour faire face à la concurrence, nous devons investir plus qu’auparavant à l’intérieur de la Suisse, par exemple dans de grands projets comme la recherche quantique », déclare M. Flückiger […]. Mais il prévient également que l’investissement national seul pourrait ne pas suffire. « La science est beaucoup plus ouverte qu’il y a 30 ans. Comme nous l’avons vu avec les vaccins Covid-19, le partage des données et la création de collaborations internationales sont la clé des avancées scientifiques et de la construction d’énormes infrastructures », ajoute-t-il.
Par ailleurs, le Conseiller fédéral Guy Parmelin a publié deux tweets sur ce sujet. Dans l’un, il annonce que le gouvernement bulgare soutient la pleine association suisse au programme Horizon Europe. Dans l’autre, il parle d’une rencontre avec la Commissaire européenne [bulgare] à la formation et à la recherche Gabriel Mariya. Il indique que le travail [de négociation pour la pleine association au programme] continue.
La recherche en temps de guerre
Pour aider les étudiant·e·s et scientifiques qui ont fui la guerre en Ukraine, la Suisse propose des emplois temporaires. Rendu possible grâce à l’initiative Science for Ukraine, plus de 50 scientifiques ukrainien·ne·s ont obtenu un tel poste ou sont sur le point de le faire. De plus, le Fonds national suisse (FNS) a déjà débloqué neuf millions de francs pour soutenir les chercheur·euse·s touché·e·s par la guerre . La NZZ am Sonntag dresse deux portraits de chercheur·es ukrainien·nes qui ont obtenu un emploi temporaire à l’EPFL.
Concernant les ressortissant·es russes, la réponse est plus difficile. Suite à une lettre de soutien à l’armée et à Poutine publiée début mars par l’association faitière des recteurs d’université russes, des sanctions internationales contre les instituts de recherche russes qui se sont prononcés en faveur de la guerre ont été érigées. Plusieurs chercheur·es ukrainien·nes ont en outre exigé que les revues scientifiques n’acceptent plus d’articles rédigés par des Russes.
Yves Flückiger, recteur de l’Université de Genève et président de swissuniversities, s’oppose à cette dernière demande. «Nous devons faire la distinction entre les institutions et les personnes.» Selon lui, la communauté académique peut jouer un rôle de pacificateur sur la scène mondiale.
Expérimentation animale : La station canine cachée de l’Université de Zurich
Dans un endroit isolé dans le canton de Zurich, l’université de Zurich (UZH) mène des recherches sur les animaux domestiques. Par crainte d’actions de la part de militant·e·s antispécistes, l’université ne souhaite pas dévoiler son emplacement exact. Il s’agit d’un laboratoire de la faculté de médecine vétérinaire Vetsuisse, dans lequel sont menées des expériences sur 27 chiens et 16 chats pour la médecine vétérinaire, c’est-à-dire des recherches au profit des animaux, et non des expériences pour la médecine humaine.
Concernant la question éthique de savoir si on peut restreindre le bien-être animal de quelques-uns pour améliorer celui de milliers de congénères, le biologiste cellulaire Adrian Hehl met en avant que les propriétaires d’animaux domestiques attendent des traitements médicaux toujours meilleurs. Une exigence à laquelle la recherche animale ne peut pas se soustraire, estime-t-il.
En cas de renoncement complet des expériences sur animaux, comme l’initiative pour l’interdiction de l’expérimentation animale l’avait demandé sans succès en début d’année, les expériences ne seraient que transférées à l’étranger, argue-t-il.
Le mythe de l’égalité des chances
Le système éducatif suisse est souvent présenté comme un champ méritocratique où seules les performances et capacités individuelles comptent. Mais plusieurs études indiquent que le système éducatif est «formellement perméable, mais pas socialement.» Dans un article de la NZZ am Sonntag, plusieurs expert·es de l’éducation interviennent à ce sujet. Ils suggèrent que la voie de formation qu’un enfant choisit en Suisse dépend dans une large mesure de son origine sociale. A performances égales, les enfants d’universitaires ont jusqu’à quatre fois plus de chances de fréquenter le gymnase, d’obtenir une maturité gymnasiale et un diplôme universitaire que les enfants de parents ayant un faible niveau de formation.
Regula Leeman, professeure de sociologie de l’éducation à la FHNW, a étudié la possibilité d’augmenter les places disponibles aux gymnases pour réduire cet écart. Le résultat est décevant : une augmentation de places profiterait en premier lieu aux enfants d’universitaires. Ce n’est qu’à partir d’un taux d’environ 35% de maturant-e-s que davantage d’enfants issus de milieux ayant un accès limité à la culture et à l’éducation parviennent à entrer au gymnase. Pour la chercheuse, le changement doit alors s’opérer au niveau de la société. «Le système éducatif est toujours un reflet de la société. Les inégalités qui existent en son sein se reflètent également dans l’éducation».
Puis, l’article met en lumière une autre problématique en lien avec les hautes écoles : les filières d’études des Écoles polytechniques, de médecine et de droit doivent être suivies à plein temps, ce qui exclut les personnes qui doivent travailler à côté pour se payer les études. Pour réduire les inégalités, l’économiste de l’éducation Stefan Wolter propose par ailleurs d’avoir des «campus avec des résidences universitaires et des chambres à prix fortement réduit».
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 11 avril 2022
8Avr2022
Politique des hautes écoles
Il est temps de reconnaitre les auteurs et autrices des données ouvertes
Selon l’éditorial de Nature, «La révolution des données ouvertes n’aura lieu que si le système de recherche accorde autant d’importance au partage des données qu’à la paternité des articles. […] si les données ouvertes étaient officiellement reconnues au même titre que les articles de recherche dans les processus d’évaluation, de recrutement et de promotion, les groupes de recherche perdraient au moins une incitation à garder leurs ensembles de données fermés.»
«QS World University Rankings by Subject 2022 »
Selon le classement 2022 de QS Quacquarelli Symonds selon les domaines, l’EPFZ et l’Ecole Hotelière de Lausanne sont particulièrement bien placées, en Suisse. Au total, 31 cursus suisses occupent une place dans le top 10 de leur discipline. Cela représente six pour cent de toutes les filières d’études du top 10.
La présidentielle française du point de vue de la recherche
Selon le journal américain Science, «le président français centriste Emmanuel Macron et la nationaliste d’extrême droite Marine Le Pen sont les principaux prétendants aux élections présidentielles du 10 avril. Les universitaires, qui sont généralement orientés à gauche, n’aiment pas Le Pen pour ses opinions anti-immigration et isolationnistes. Mais de nombreux scientifiques sont également mal à l’aise avec Macron, car un second mandat lui permettrait de poursuivre ses efforts controversés pour renforcer les universités au détriment des organismes de recherche nationaux comme le CNRS et l’INSERM.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 8 avril 2022
7Avr2022
Politique des hautes écoles
Après le rapport du GIEC, les scientifiques manifestent sur la Place fédérale
« Dix-sept scientifiques suisses se sont rendus mercredi sur la place Fédérale à Berne et ont collé des extraits du rapport des experts climatiques de l’ONU (GIEC) sur les murs du Palais fédéral. Cette action s’inscrit dans une campagne mondiale mise sur pied par Scientist Rebellion, à laquelle plus de 1200 scientifiques de par le monde prennent actuellement part, indique un communiqué de l’organisation. »
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 7 avril 2022
6Avr2022
Politique des hautes écoles
Horizon Europe : les effets visibles de l’exclusion pour le CSEM
Les effets de l’exclusion de la Suisse des programmes de recherche Horizon Europe et Euratom commencent à se faire ressentir au Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM), «un organisme public à Neuchâtel de transfert de technologies fort de 536 personnes» et avec un chiffre d’affaires de quelque 90 millions de francs. Dans un entretien avec La Liberté, son directeur Alexandre Pauchard évoque la perte de contrats de plusieurs projets européens dans le domaine du quantique depuis l’exclusion.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 6 avril 2022
5Avr2022
Politique des hautes écoles
L’UE accorde 25 millions d’euros à un consortium qui aide les scientifiques ukrainien-ne-s en danger
Selon Science Business, Mariya Gabriel, commissaire européenne chargée de la recherche et de l’innovation, va annoncer l’octroi d’une aide directe de 25 millions d’euros sous forme de subventions Marie Skłodowska-Curie (MSCA), qui sera gérée par un consortium de dix organismes de recherche, universités et ONG, afin d’aider les chercheurs ukrainiens. Alors que la guerre fait rage et que le gouvernement ukrainien fait état de crimes de guerre dans les territoires précédemment occupés par les forces russes, la Commission européenne s’attend à ce que la demande d’aide augmente dans les mois à venir.
Les collaborations scientifiques face au boycott des scientifiques russes
«Plusieurs institutions ont déjà interrompu leurs collaborations scientifiques avec la Russie, suite à la guerre que mène le pays en Ukraine. Faut-il aussi interdire aux chercheurs russes de publier dans les grandes revues scientifiques? L’idée est polémique, et beaucoup s’y refusent, au nom de la science.» (Heidi.news)
Par ailleurs, des recherches cruciales sur le changement climatique dans l’Arctique sont en péril après que le fonctionnement du Conseil de l’Arctique, qui coordonne les travaux de recherche, a été mis en suspens à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. «C’est une catastrophe», a déclaré Terry Callaghan, un expert en écologie arctique qui a passé une grande partie de sa carrière en Sibérie. «Si nous excluons la Russie maintenant, il y a un volume extrêmement élevé de recherches que l’Ouest ne pourra pas voir dans un avenir prévisible. L’impact de cela et les répercussions du changement climatique sur la Sibérie pourraient être ressentis dans le monde entier.» (Science Business)
Dans le domaine spatial, les tensions sont tangibles. Dmitri Rogozine, chef de l’agence spatiale russe Roscosmos, «a passé la matinée de samedi [le 02.04.2022]» à menacer les États-Unis, le Canada et l’UE de retirer son pays de la Station spatiale internationale (ISS) si l’Occident ne lève pas ses sanctions contre la Russie. «Je pense que le rétablissement de relations normales entre les partenaires de la Station spatiale internationale et d’autres projets communs n’est possible qu’avec la levée complète et inconditionnelle des sanctions illégales», a déclaré M. Rogozin sur Twitter. Ces remarques ont été faites bien qu’il ait reçu des lettres de chefs de l’espace américains, canadiens et européens lui assurant que les sanctions n’auront aucun impact sur l’ISS. (Science Business)
L’Université de Neuchâtel craint pour sa compétitivité
Dans le plan d’intention 2023-2026 de l’Université de Neuchâtel (UniNE), le rectorat fait état de ses inquiétudes liées à une érosion des financements publics depuis des années et demande au canton de revoir ses subventions à la hausse. Selon l’UniNE, les subventions cantonales stagnantes empêchent l’université de financer des projets et attirer de nouveaux-elles étudiant-e-s. Elle estime qu’une aide cantonale supplémentaire de 7 millions de francs par an serait nécessaire pour contrer l’écart qui se creuse avec toutes les autres universités de Suisse, dont les contributions au niveau cantonal comme fédéral sont en hausse constante. «L’Université de Neuchâtel n’est pas en danger. Nous nous inquiétons toutefois de sa capacité à rester compétitive face à une concurrence qui évolue plus rapidement», avance Didier Berberat, président du Conseil de l’UniNE.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 5 avril 2022
4Avr2022
Politique des hautes écoles
«Le pire moment pour les petites querelles»
David Bohmert, secrétaire général de l’association des universités européennes Caeser, se prononce en faveur de la Campagne «Stick to Science». Il estime qu’une association immédiate de la Suisse et de la Grande-Bretagne au programme Horizon Europe est nécessaire pour soutenir les valeurs communes.
«La question clé, mise en évidence par la guerre [en Ukraine], est de savoir comment les universités traitent les conflits armés. Cela implique des liens avec l’armée, ainsi que des efforts pour promouvoir des valeurs et une perspective globale qui construisent et maintiennent des ponts entre les conflits, les pays, les cultures et les continents. Et la tâche essentielle des universités, au-delà de leur réponse à la guerre en Ukraine, est d’explorer et de révéler le plus grand bien et la vérité, conformément à l’histoire et à l’éthique de la science et de la technologie dans les conflits et les guerres.
Condamner les régimes autoritaires et violents, déplorer et chercher à atténuer les souffrances qu’ils causent, et mettre en évidence le potentiel de la diplomatie scientifique pour prévenir et résoudre les conflits est incontestable et relativement facile. Assumer la responsabilité sociétale d’aider à défendre et à faire respecter la paix et la règle du droit international est plus difficile.»
Les relations franco-suisses se seraient détériorées
Le professeur Gilbert Casasus du Département d’études européennes de l’Université de Fribourg, est interviewé sur les relations franco-suisses, qui se seraient détériorées depuis l’abandon de l’ accord-cadre et le choix du nouvel avion de combat américain, au détriment du modèle Rafale français. «Je pense que les Français n’étaient pas prêts à encaisser ces deux coups. Idem pour l’initiative «Stick to Science», pour faire participer les scientifiques britanniques et suisses aux programmes européens. Dans le contexte du Brexit, et d’une France qui éprouve de nombreuses difficultés avec la pêche anglaise, cette initiative revenait à lancer un autre filet de discorde. Scientifiquement concevable, cette idée est politiquement indéfendable. Elle ne fait pas preuve d’un grand doigté politique, alors que le temps devrait être celui de la résilience et du retour à un bon climat de confiance franco-suisse. […] J’ai la certitude que la France, mais aussi l’espace francophone, voient d’un mauvais oeil l’influence croissante qu’a le monde anglophone, mais aussi allemand, dans la gestion quotidienne culturelle, universitaire et scientifique de la Suisse.»
«Isolement de la Suisse: Contrer le risque croissant d’asphyxie intellectuelle et scientifique de la recherche»
La Conseillère d’Etat vaudoise Cesla Amarelle écrit : «Le 31 mars, lors d’une rencontre avec des scientifiques de renommée internationale travaillant à l’UNIL, nous avons évoqué les conséquences de l’exclusion de la Suisse des programmes européens de recherche. Cet échange très nourri nous a démontré une nouvelle fois à quel point notre canton bénéficie d’une recherche diversifiée et de très grande qualité. Hélas, nous avons aussi pu mesurer à quel point la place scientifique suisse est pénalisée par la dégradation de nos rapports avec l’Union européenne, en particulier par l’exclusion d’Horizon Europe.»
L’Université de Zurich investit 600 millions dans son nouveau bâtiment
L’Université de Zurich (UZH) investit 600 millions pour son nouveau centre de formation et de recherche prévu en plein cœur de Zurich. Avec une surface de 37’000 mètres carrés, le Forum UZH abritera les sciences économiques, juridiques et linguistiques et pourra accueillir 6500 étudiant·e·s et 1100 collaborateur·ice·s.
Le Sonntagsblick interroge l’UZH sur la nécessité d’un bâtiment d’une telle taille, vu que les cours sont dispensés en partie en ligne depuis la pandémie, ce qui réduit considérablement le nombre d’étudiant·e·s présent·e·s sur le campus. L’UZH répond qu’elle continue à se considérer comme une université de présence et que Forum UZH contribuera de manière importante à rendre la vie sur le campus plus différenciée et plus variée grâce à de nouveaux formats d’apprentissage.
La suite des études de médecine pas possible en Suisse pour les Ukrainiens
Les étudiants ukrainiens en médecine au bénéfice d’un permis S ne peuvent pas continuer leurs études en Suisse pour l’instant, a appris la RTS. Le nombre de places de formation, prédéfini au niveau fédéral, laisse très peu de souplesse aux facultés.
Soutien du monde académique pour l’initiative sur la responsabilité environnementale
80 scientifiques ont signé une lettre de soutien à l’initiative sur la responsabilité environnementale. Parmi les signataires se trouvent de nombreux politiciens et politiciennes issues du monde académique, mais aussi des climatologues connus comme Stefan Brönnimann, directeur du département de climatologie de l’Université de Berne.
Lancée en 2021 par les Jeunes Verts, l’initiative se réfère au concept scientifique de limites de tolérance planétaire selon laquelle la stabilité de l’écosystème terrestre dépend de neuf domaines clés comme par exemple le changement climatique, la perte de biodiversité ou la pollution par les aérosols. L’initiative demande d’inscrire dans la constitution que la Confédération et les cantons doivent veiller à ce que la charge environnementale causée par la consommation en Suisse ne dépasse pas des limites fixées par rapport à la population suisse.
Largement soutenu au sein du monde académique, plusieurs scientifiques s’y opposent tout de même. Pour le physicien climatique de l’EPFZ Reto Knutti par exemple, l’initiative reste beaucoup trop floue « comment détermine-t-on les limites planétaires, et que signifie concrètement leur respect pour la Suisse ? » s’interroge-t-il à ce sujet.
La Suisse en quête de chercheur-euse-s d’excellence
« Berne se doit de mettre sur pied un programme global pour attirer les meilleurs chercheurs et start-up du monde entier. La commission de la science du National a ainsi adopté à l’unanimité une motion pour contrer les effets négatifs d’une mise à l’écart de la Suisse du programme Horizon Europe. Diverses mesures doivent être proposées. Les chercheurs et les chercheuses d’excellence doivent être encouragé-es financièrement. Les start-up et les PME doivent bénéficier de contributions aux investissements. Des mesures supplémentaires de promotion de carrière doivent être mises en place pour les niveaux doctoral et postdoctoral. Et les éléments existants d’Horizon Europe, tels que les bourses ERC, dotés de moyens supplémentaires. »
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 4 avril 2022
1Avr2022
Politique des hautes écoles
L’Université de Neuchâtel lance un master en «changement climatique et sociétés»
«L’Université de Neuchâtel lancera à l’automne 2022 un master en géographie humaine orienté sur les «changements climatiques et sociétés» […]. Il sera destiné aux étudiants ayant obtenu un bachelor en sciences humaines et sociales.»
Mesure transitoire pour «Horizon Europe»: Innosuisse lance le «Swiss Accelerator» pour les start-up et les PME
«Les start-up et PME suisses n’ont actuellement pas accès à l’offre d’encouragement «Accelerator» du Conseil européen de l’innovation (EIC). Avec le «Swiss Accelerator», Innosuisse met en place une offre d’encouragement compétitive comme mesure transitoire. Les start-up et PME comptant moins de 250 postes à temps plein peuvent soumettre une demande de soutien financier pour des projets d’innovation avec un fort potentiel d’innovation. L’objectif est d’accélérer la croissance des entreprises suisses hautement innovantes.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 1er avril 2022
Pour diminuer sa dépendance au gaz russe et économiser l’énergie, l’UNIL baisse le chauffage de 2°C
L’Université de Lausanne souhaite réduire sa dépendance au gaz russe. Les bâtiments seront
tempérés à 20°C, deux de moins que d’habitude.
31Mar2022
Politique des hautes écoles
Quel avenir pour la task force ? Entretien avec Samia Hurst
Le mandat de la Taskforce scientifique Covid-19 se termine ce 31 mars. Dans un entretien avec le Nouvelliste, la vice-présidente Samia Hurst discute de l’avenir de la task-force pour la gestion des crises. Elle plaide pour pérenniser ce modèle de communication qui puisse mobiliser rapidement les expert·e·s des domaines concernés par la crise en question. « il pourrait s’agir de tout autre chose que de santé: de sécurité digitale, de sécurité énergétique, de climat, ou d’autres enjeux imprévisibles à l’heure actuelle » ajoute-t-elle.
Elle indique que des discussions sont actuellement en cours entre les écoles polytechniques fédérales, Swissuniversities, des Académies suisses des sciences, le Fonds national et la Confédération pour établir une « structure capable de réactiver en temps de crise cette fonction de conseil scientifique en temps réel. »
Pourquoi les pays riches comptent moins d’informaticiennes que les pays pauvres
« La Suisse est un pays où l’égalité de genre est dix fois plus importante qu’au Maroc, selon l’index publié par le Programme de développement des Nations unies. Et pourtant, en Suisse toujours, la part de femmes diplômées dans les MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et technique) est plus faible qu’au Maroc, soit 10% contre 20%. Un premier exemple avancé par les chercheuses Margit Osterloh Louisa Hizli et Annina Mösching, qui travaillent actuellement sur ce sujet pour une publication à venir. »
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 31 mars 2022
30Mar2022
Politique des hautes écoles
L’Université de Neuchâtel gèle des accords avec la Russie
L’Université de Neuchâtel (UNINE) a pris plusieurs mesures afin de soutenir les étudiant-e-s ukrainien-ne-s. Elle a mis en place une procédure spéciale d’admission pour faciliter leur l’immatriculation et créé un programme de cours intensif de français destiné spécifiquement aux étudiant-e-s venant de l’Ukraine. Les financements sont assurés par le Fonds national suisse.
En outre, l’université a décidé de geler les accords de mobilité avec la Russie. «ils ont été gelés, ce qui signifie qu’aucun échange n’aura lieu dans ce cadre. Par ailleurs, aucune négociation ne sera entreprise pour renouveler ces accords lorsqu’ils arriveront à échéance. Et aucune négociation n’est en vue pour de nouveaux accords avec des universités russes.», indique Nando Luginbühl, porte-parole de l’institution.
Horizon Europe : Confédération soutient les start-ups suisses
« La Confédération met à disposition de 24 start-up un total de 58 millions de francs, dont les projets auraient autrement été soutenus dans le cadre du programme de recherche de l’UE « Horizon Europe ». C’est ce qu’a communiqué le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation. Il compense le manque de fonds du Conseil européen de l’innovation »
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 30 mars 2022
Le casse-tête des étudiant-e-s russes en Suisse: interview de Cédric Rychen
Le responsable du service des affaires sociales de l’Université de Lausanne (UNIL), Cédric Rychen est intervenu dans l’émission Forum pour discuter les aides pour les étudiant-e-s touché-e-s par la guerre en Ukraine.
L’UNIL, qui compte 80 d’étudiant-e-s russes et 20 étudiant-e-s ukrainien-ne-s, a mis en place un fonds d’urgence. A l’heure actuelle, moins de dix personnes ont fait appel à ces aides financières directes. Il s’agit majoritairement d’étudiant-e-s russes, très impactés par l’interdiction pour les ressortissant-e-s russes d’envoyer de l’argent à l’étranger. Souvent dépendant de l’aide financière de leurs parents, ces étudiant-e-s se trouvent actuellement dans une impasse financière.
A ces aides financières s’ajoute des demandes d’aide de la part de chercheur-euse-s situés en Ukraine et Russie qui souhaitent rejoindre l’UNIL. Cédric Rychen indique qu’il y a également eu beaucoup de demandes d’étudiant-e-s du Maghreb qui étudient en Ukraine et qui souhaitent poursuivre leur cursus à l’UNIL.
29Mar2022
Politique des hautes écoles
Revaloriser l’apprentissage dans le canton de Vaud
Dans un entretien avec le Temps, la candidate du Centre pour le Conseil d’Etat Valérie Dittli propose de revaloriser l’apprentissage dans le canton de Vaud, qui serait actuellement mis à mal par une « académisation » des jeunes. Pour la jeune candidate de 29 ans, il est temps de changer l’image négative de l’apprentissage, car celle-ci ferait souffrir psychologiquement les jeunes qui ont choisi cette voie. Plus généralement, le manque d’apprentis aurait des conséquences négatives pour l’économie, argumente-t-elle.
Sa proposition : « Il faut prendre les parents avec, faire un travail important de promotion et de valorisation des différentes filières, améliorer l’orientation. Souvent à la fin de la scolarité obligatoire, les enfants sont poussés à faire le gymnase qui paraît plus rassurant. Une idée pourrait être de proposer une passerelle de transition avant l’apprentissage. »
L’empreinte carbone de la recherche scientifique
Pour mesurer la responsabilité des sciences face au changement climatique, un collectif de scientifiques a développé un outil de calcul des émissions de CO destiné aux laboratoires. En outre, le collectif « Labos 1point5 », qui réunit du personnel de plus de 300 laboratoires français, revendique que la communauté scientifique intègre le concept d’éthique environnementale dans sa pratique scientifique. «Il relève de la responsabilité individuelle et collective des scientifiques d’évaluer les impacts potentiels sur l’environnement de leurs propres travaux et de placer la limite entre des sujets à traiter et d’autres à laisser de côté en raison de leur impact négatif», propose-t-il dans une tribune publié dans le Monde.
Un point qui suscite beaucoup de débats entre scientifiques est la question de la réduction des activités de recherche fortement émettrices de carbone. Jürgen Knödlseder, directeur de recherche à l’Institut français de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP) affirme que «Pour atteindre le zéro net d’émission carbone en 2050, on a estimé qu’il fallait réduire d’un facteur 20 les émissions de la recherche spatiale. On ne pourra pas atteindre cet objectif si on continue au même rythme. Cela aura donc des conséquences sur nos activités. On doit ralentir les nouvelles constructions pour mettre en place des solutions énergétiques plus intelligentes.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 29 mars 2022
28Mar2022
Politique des hautes écoles
«Science Po», une institution qui peine à se réformer
Le Temps dresse le portrait de l’institut Français «Sciences Po», renommé pour produire les élites politiques du pays. Après la réforme de l’ENA, Sciences Po est souvent pointé du doigt de reproduire la même tradition élitiste. On l’accuse notamment de promouvoir toujours les mêmes milieux favorisés, voire les mêmes familles.
Sur trois pages, le Temps discute la méfiance des français·e·s à l’égard de cette grande école, les biais structurels qui mettent à mal son procédé de sélection et les possibles solutions pour diversifier le corps étudiant.
3 défis qui attendent Energypolis
La Haute école d’ingénierie (HEI) de la HES-SO Valais-Wallis vient d’inaugurer ses nouveaux bâtiments du Campus Energypolis qui accueillera près de 400 étudiant·es prochainement. Le Nouvelliste identifie trois défis qui attendent Energypolis si elle veut se démarquer face à ces concurrent·es suisses. Il s’agit de faire vivre le campus, de faire évoluer les enseignements et finalement de renforcer le bilinguisme.
Ces étudiant·e·s qui ont fui l’Ukraine, mais que la Suisse ne veut pas
«Les réfugiés sans passeport ukrainien ne reçoivent pas automatiquement le statut de protection spécial S. Témoignages de deux étudiants au sort incertain.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 28 mars 2022
Quand Benito Mussolini était étudiant à l’UNIL
Dans le 24 heures, le journaliste Erwan Le Bec retrace les deux ans que le Benito Mussolini a passé à Lausanne entre 1902 et 1904 et son brève passage à l’Université de Lausanne (UNIL). A partir du mai 1904, le Duce aurait fréquenté les cours du célèbre sociologue et économiste Vilfredo Pareto et peut-être les enseignements de Pasquale Boninsegni avant de retourner en Italie en Septembre 1904.
Puis en 1937, il se verra décerner un doctorat honoris causa de l’Ecole de sciences sociales de l’UNIL, beaucoup discuté ces derniers mois. Un groupe de travail lancé par l’UNIL en 2020 travaille actuellement à retracer les motifs et les acteurs qui ont permis l’attribution de ce titre honoraire à Benito Mussolini. A ce sujet, le rédacteur en chef Claude Ansermoz affirme que «En assumant son passé tout en l’expliquant, l’Université de Lausanne travaillera et partagera son devoir de mémoire.»
25Mar2022
Politique des hautes écoles
L’Université de Neuchâtel lance un bachelor en science des données
«Alors que les formations techniques en analyse de données existent dans les hautes écoles et les écoles polytechniques depuis plusieurs années, c’est la première fois qu’une université romande propose une formation interdisciplinaire en science des données de niveau bachelor.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 25 mars 2022
24Mar2022
Politique des hautes écoles
Certaines universités suisses coupent les échanges avec la Russie
Depuis le début de la guerre en Ukraine il y a un mois, le monde scientifique a réagi en coupant les liens avec les centres de recherches russes. En Suisse, la conférence des recteurs des hautes écoles suisses (Swissuniversities) a recommandé de suspendre la coopération scientifique avec la Russie dans les domaines où il existe un risque de soutien au gouvernement russe.
Les universités suisses suivent largement ce conseil en rompant leurs programmes d’échanges d’étudiant-e-s avec les universités russes qui ont signé la déclaration de soutien à la guerre. Parmi elles figurent l’EPFZ ainsi que les universités de Berne, Zurich, Saint-Gall et Fribourg. L’Université de Bâle prendra une décision la semaine prochaine concernant les programmes d’échange.
Néanmoins, les universités suisses soulignent à l’unisson qu’elles ne veulent pas détruire les relations scientifiques pour lesquelles un long travail de construction a souvent été effectué. Elles souhaitent soutenir les chercheur-euse-s russes indépendant-e-s qui sont critiques et s’opposent à la guerre.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 24 mars 2022
23Mar2022
Politique des hautes écoles
La Commission européenne lance une plateforme de soutien aux scientifiques ukrainien-nes
La Commission européenne a lancé une plateforme qui rassemble des informations et des services d’aide destinés aux chercheur-es ukrainien-nes qui fuient l’invasion du pays par la Russie. L’action coordonnée de l’Union européenne (UE) vise à aider les scientifiques touché-es à trouver un logement et des possibilités d’emploi, à faciliter la reconnaissance de leurs diplômes et à offrir d’autres services. La plateforme ERA4Ukraine est lancée sur le réseau EURAXESS existant, qui soutient les chercheur-es en connectant plus de 600 centres et 43 portails nationaux dans les États membres de l’UE et les pays associés à Horizon Europe.
Tentative de la Suède de débaucher des chercheur-es suisses échoue
« La tentative des Suédois de débaucher des chercheurs suisses est pour l’heure restée vaine. Aucun des scientifiques potentiellement concernés n’a tourné le dos à la Suisse, a indiqué le Conseil de la recherche suédois. Opportunément, les organismes suédois compétents avaient cherché à attirer des scientifiques suisses en profitant du fait que la Confédération n’est pas pleinement associée au programme de recherche «Horizon Europe» de l’Union européenne, en raison de l’absence d’accord-cadre institutionnel entre la Suisse et l’UE. Des sommes sonnantes et trébuchantes étaient proposées. »
L’Unil dans les médias
L’UNIL se rejoint à l’initiative «Stick to Science»
Revue de presse UNIL 23 mars 2022
22Mar2022
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 22 mars 2022
21Mar2022
Politique des hautes écoles
L’Université de Bâle compte sur 200 étudiant-e-s d’Ukraine
L’Université de Bâle compte accueillir à terme environ 200 étudiant-e-s réfugié-e-s de l’Ukraine. Au cours du semestre de printemps déjà entamé, ces personnes auront dans un premier temps le statut d’auditeur-rice.
Le rectorat a décidé de leur accorder à partir du semestre d’automne le statut d’invité-e, avec lequel ils-elles pourront étudier ou faire des recherches et gagner des points d’accréditation.
L’offre est limitée aux personnes avec le permis S qui sont immatriculées dans une université ukrainienne. Ces réfugié-e-s pourront seulement s’inscrire aux cours qui correspondent aux études antérieures. Et pour un doctorat invité, la confirmation d’un premier directeur de thèse est également nécessaire.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 21 mars 2022
18Mar2022
Politique des hautes écoles
Les boursiers-ères des «Consolidator Grants» en Suisse reçoivent des subventions européennes – mais pas directement
Le Conseil européen de la recherche (ERC) a annoncé les gagnant-e-s des bourses «Consolidator Grants». Un total de 632 millions d’euros est attribué à 313 chercheurs de 42 pays et doit aider les scientifiques à faire de la recherche pionnière. Vingt-six personnes travaillant dans des institutions suisses ont également réussi à s’imposer dans la lutte pour les bourses.
L’ERC a fait savoir que les propositions de la Suisse ont cette fois encore été prises en compte, car le délai de candidature pour les « Consolidator Grants » a expiré avant la rupture des négociations de l’ accord-cadre. Il n’y a cependant de l’argent uniquement pour les chercheur-e-s qui sont transférés dans une institution d’accueil dans un pays éligible. Ils et elles ne recevront pas d’argent directement de l’UE. C’est la Confédération qui prend le relais avec une solution transitoire. Le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) prendra en charge environ deux millions d’euros par projet sur cinq ans.
Les laboratoires russes sont à court d’équipements
Les chercheurs russes perdent l’accès à des équipements de laboratoire et à une puissance de calcul essentiels, alors que les sanctions occidentales contre le pays commencent à porter leurs fruits, ce qui risque de paralyser la base scientifique de la Russie.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 18 mars 2022
17Mar2022
Politique des hautes écoles
L’UNIGE se prépare à l’accueil des étudiant-es touché-es par la guerre en Ukraine
En se basant sur le nombre (forcément approximatif à ce stade) de réfugié-es attendu-es en Suisse, l’Université de Genève attend plusieurs dizaines, voire plus d’une centaine de demandes d’immatriculation de la part d’universitaires touchées par le conflit en Ukraine.
La guerre en Ukraine déclenche des tensions au CERN
Actuellement, le CERN compte 1100 scientifiques affiliés à des instituts russes dans son programme expérimental. Selon le témoignage d’un chercheur russe, depuis l’invasion russe en Ukraine, «des responsables de recherche refusent de publier des articles de cosignataires russes ou de laboratoires financés par la Russie et appellent à la direction d’adopter cette pratique. Interrogée à ce sujet, une porte-parole commence par rappeler «la longue tradition» du CERN voulant que «tous les participants à une collaboration puissent signer les papiers». Et assure que la décision prise le 8 mars par le Conseil du CERN de ne plus engager de nouvelles collaborations avec la Russie et ses instituts «ne change rien à cela». «Le sujet semble cependant en débat», estime l’auteur de l’article.
L’article principal parle de la situation difficile des Russes en Suisse, «Virés par leur
banque, stigmatisés au travail, ils racontent comment le conflit les rattrape ici.»
- rôle des scientifiques
- mobilité scientifique
- collaboration entre hautes écoles
- égalité – origine nationale
- politique – Russie
«Est-ce que la Faculté de théologie prêche encore la bonne parole?»
Mariano Delgado, doyen de la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg, a suspendu l’éminent professeur et métropolite Hilarion, car il n’a pas dénoncé l’invasion russe. Selon une lettre de lecteur de Yannick Tiefnig, «Au lieu d’imposer une propagande politique à un professeur, M. Delgado devrait appliquer l’article 16 de la Constitution fédérale garantissant la liberté d’expression. Il devrait aussi relire l’article 1 de la loi sur l’université qui en fixe ses missions: transmettre et faire progresser les connaissances scientifiques avec objectivité et dans un esprit de tolérance […]. Dans un communiqué publié sur le site de l’Uni, ce doyen affirme que «le silence, lorsqu’il faut parler haut et fort, ne fait pas partie de la tradition prophétique du christianisme, telle qu’elle est marquante pour notre faculté» (sic). Les plus anticléricaux lui rappelleront que notre Alma mater n’a pas – ou plus – une telle tradition.
Sur la même page, la Rectrice de l’Université de Fribourg, condamne «l’agression de la Russie contre un état souverain. […] Il est essentiel de continuer à réagir fermement au non-respect de règles fondamentales du droit international par la Russie. Au final, il s’agit d’éviter une érosion de principes fondamentaux de l’ordre juridique international, tels que le respect des droits humains ou l’interdiction du recours à la force.»
- rôle des scientifiques
- engagement politique
- liberté académique
- rôle des universités
- liberté d’expression
- égalité – origine nationale
- politique – Russie
Sinologie 2.0
Compte tenu des tensions géopolitiques autour de Taïwan, les universités suisses devraient reconsidérer leurs compétences « en matière de Chine », estime Simona A. Grano, Privat-docent à l’Université de Zurich, et responsable du projet Taïwan Studies. «Il semble y avoir un consensus qu’il y a un manque de compétences « en matière de Chine » dans tous les domaines. […] En tant que discipline universitaire, la sinologie s’intéresse à la Chine de manière large, principalement à la langue, la littérature, la philosophie, la culture et l’histoire.» Ceci serait important, mais il manquerait en Suisse l’enseignement du sujet sous l’ongle des sciences sociales, à l’image des « Chinese studies « ou China studies » anglo-saxonnes. En Allemagne, par exemple, on peut étudier la sinologie tout en se spécialisant dans des événements d’actualité et des questions politiques et sociales. Et en Italie, il est depuis longtemps possible de choisir entre la spécialisation juridique-économique et la spécialisation littéraire-philologique. Simona Grano estime que des nouveaux centres et de nouvelles chaires seront nécessaires. Par ailleurs, ces études devraient inclure la Chine continentale et Taïwan, entre autres pour apprendre à mieux gérer des relations politiques avec la Chine. «Un conflit ouvert affecterait les voisins régionaux, mais aussi des pays lointains comme les États-Unis, l’Australie et le Japon, et finalement le monde entier. La Suisse, qui cherche actuellement à se positionner à nouveau plus fortement en tant que puissance neutre entre les grandes puissances, serait également mise à contribution. La Suisse a donc besoin d’expertise pour analyser la situation.»
L’Hôpital cantonal d’Argovie et l’EPFZ renforcent leur collaboration
L’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) renforce sa présence sur le campus santé de l’Hôpital cantonal de Baden (KSB) en Argovie.
L’objectif de la coopération « Clinical Research ETH@KSB » est d’encourager et d’accompagner des initiatives et des projets de recherche communs. Il s’agit d’études cliniques ainsi que de l’évaluation commune de matériel biologique et de données relatives à la santé, «ce qui devrait faire avancer considérablement la recherche médicale.» L’EPFZ prévoit en outre de créer plusieurs chaires sur le campus de santé KSB et d’offrir une infrastructure aux spin-offs de l’EPFZ dans le domaine de la santé.
Le «Fast science» sape la recherche
Le physicien et philosophe Edouard Kaeser estime que l’objectif de produire toujours plus rapidement des résultats de recherches a beaucoup de conséquences néfastes.
Un des symptômes de ce phénomène est la production de connaissances superficielles. «Les scientifiques produisent de la connaissance. Ce produit spécifique a normalement le format d’hypothèses ou de modèles, mais pas celui de théories élaborées. Car cela nécessiterait du temps. […] Une profonde compréhension du contexte nécessite une plus profonde compréhension des liens de cause à effet.»
En outre, «Fast Science consolide en outre une inégalité de pouvoir entre le Premier et le Tiers Monde. De nombreux bailleurs de fonds internationaux, nationaux et privés sont basés dans des pays riches et technologiquement avancés, et ils soutiennent le style de recherche national. […] Le problème central n’est pas la dynamique, mais l’éthique de la recherche. Il s’agit moins de l’accélération que du manque de temps.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 17 mars 2022
16Mar2022
Politique des hautes écoles
Débat estonien sur l’accueil d’étudiant-e-s russes ou biélorusses
La prestigieuse Université Tartu n’accèpte pour l’année académique 2022/23 plus l’inscription d’étudiant-e-s de provenance russes ou biélorusses. Sa vice-rectrice Aune Valk a déclaré «Nous ne pouvons pas être sûrs que les autorités russes et biélorusses n’essaieront pas d’envoyer dans les universités estoniennes des personnes dont le séjour a d’autres objectifs que la libre activité académique.» Selon les médias estoniens, d’autres universités prévoient des mesures similaires, comme la Tal Tech, Ecole polytechnique de Tallinn.
Mart Kalm, recteur de l’académie estonienne des beaux-arts et président de l’association des hautes écoles, écrit dans un communiqué que la communauté académique a une obligation morale de s’engager pour la paix et pour les droits démocratiques et académiques. En Russie et Biélorussie, les universités «se taisent» sur la guerre, alors que plusieurs académiques se sont prononcés contre dans un lettre ouverte. C’est pour cela, qu’il a été décidé de suspendre la collaboration institutionnelle.
Selon l’auteur de l’article, «Cette argumentation semble certes cohérente [«stringent»], mais elle se heurte aussi à une forte opposition dans les milieux universitaires estoniens ainsi que dans la société en général. L’argument principal est qu’il ne s’agit pas seulement d’une discrimination en raison de la nationalité, mais que la mesure touche aussi les mauvaises personnes. En effet, ce sont en général les jeunes qui veulent étudier à l’Ouest qui rejettent le système Poutine.»
Aune Valk admet cela, mais estime que leurs perspectives d’avenir sont bien plus affectées par la décision de la Russie de déclencher une guerre que par la décision d’une université estonienne de ne pas les accueillir temporairement.
Ivar Jukham, étudiant en Master à l’Université de Tartu, n’est pas d’accord avec ce plan.
«Il faut s’opposer à Poutine, pas aux jeunes Russes. Un passeport estonien n’est d’ailleurs pas une garantie de patriotisme. Croire que l’on peut empêcher les partisans de Poutine d’entrer à l’université en interdisant aux jeunes Russes d’y étudier est ridicule.»
Une lettre ouverte de l’association d’étudiant-e-s et d’alumni adressé à la Direction de l’Univertsité de Tartu va dans la même direction: «Il ne faudrait pas confondre la citoyenneté et le soutien à la guerre de Poutine en Ukraine. L’exclusion des étudiants russes et biélorusses pourrait au contraire servir à la propagande du Kremlin. A notre connaissance, aucune autre université européenne ne réfléchit à des mesures similaires. Il s’agit d’un dangereux précédent qui met en danger la liberté académique et la réputation de l’Université de Tartu.»
Le malaise des étudiant-e-s russes de Genève
L’article interroge plusieurs étudiant-e-s russes à Genève, qui dénoncent tous l’invasion de l’Ukraine. Ils et elles vivent une situation difficile, certain-e-s craignent de rentrer dans leur pays et il est incertain s’ils et elles auront la possibilité de rester en Europe après les études.
«Selon l’Université de Genève, aucun de ses étudiants n’était en échange en Ukraine ce semestre, mais quatre d’entre eux étaient en Russie. L’alma mater a défini une politique en matière de déplacements dans les zones à risque. […] Les voyages d’étudiants en Russie sont par ailleurs suspendus pour le semestre d’automne 2022. […] Les partenariats ne sont pas remis en question pour autant, «mais on ne négocie rien de nouveau et on ne reconduit pas ce qui arrive à échéance.»»
L’Institut Confucius de l’Université Genève sous la loupe
Le fonctionnement de l’Institut Confucius, financé par Genève et la Chine, est questionné par Dilara Bayrak (Vert-e-s, GE) au Conseil d’État. Elle s’inquiète, entre autres, pour la liberté académique. Par ailleurs, «Le Comité de déontologie et d’éthique (CED) de l’UNIGE a étudié son fonctionnement l’année dernière et a fait parvenir plusieurs recommandations au Conseil d’État avec copie à l’Alma mater. Le CED demande notamment au rectorat «d’introduire le risque réputationnel des relations avec la Chine, en général, et de l’Institut Confucius en particulier, dans la matrice des risques de l’Université». Il requiert également que le lien entre l’UNIGE et l’institut soit clarifié, notamment sur la page d’accueil de ce dernier. Enfin, le CED exige que la charte d’éthique et de déontologie de l’Université de Genève soit communiquée à tous les partenaires chinois, étudiants comme enseignants, et que «l’importance de l’adhésion aux fondements éthiques de la charte soit réaffirmée».»
Le vice-recteur pour les Relations internationales et interinstitutionnelles de l’UNIGE, Stéphane Berthet, estime que ces règles de fonctionnement ainsi que les statuts de l’institut contiennent des garde-fous permettant d’éviter d’éventuels dérapages. «Nous pouvons traiter tous les sujets, mais il faut que tous les titres de nos conférences soient neutres», affirme Basile Zimmermann, Directeur de l’institut. Le sinologue regrette que la méfiance croissante de l’Occident envers la Chine biaise le regard que les gens portent sur les activités de son institution. «La diplomatie scientifique permet de dialoguer avec des chercheurs et professeurs qui viennent travailler ici et rentrent chez eux ensuite. C’est une manière concrète de faire évoluer les pensées des élites chinoises.» Afin de mettre un terme à ces questionnements récurrents et d’évaluer le fonctionnement de l’institut genevois à l’occasion de ses 10 ans d’activité, le rectorat de l’Université a décidé de lancer une évaluation externe.»