A la rentrée, les cafétérias de l’Université de Bâle sont passées des mains de SV Group à Compass Group. «Le point central de l’annonce était que la structure des prix soit la même pour les possibilités d’hébergement des étudiants», explique Matthias Geering, porte-parole de l’université de Bâle. Cependant, dans le cadre de l’appel d’offres, l’Université a expressément autorisé le futur candidat à vendre des offres à un prix plus élevé, afin de le décharger financièrement. Compass Group a alors décidé d’introduire une «ligne de menu premium» à 15.50 francs, destinée à «compléter l’offre étudiante». Un prix jugé trop élevé pour les étudiant·es qui, selon leur régime alimentaire, sont parfois contraint·es de se rabattre sur cette offre. En effet, il arrive dans certaines cafétérias que la ligne premium «remplace» chaque jour l’un des trois plats du jour. «Par exemple, il peut arriver que les étudiants véganes n’aient pas d’autre choix que d’acheter la ligne premium plus chère, comme le montre le menu de la semaine dernière.»
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6Oct2025
Politique des hautes écoles
Pourquoi les diplômés universitaires n’arrivent-ils plus à trouver un job?
De nombreux jeunes diplômés, pourtant bien formés, peinent à entrer dans le monde professionnel. Par rapport au moins d’août 2024, environ 4% de plus de diplômés universitaires de moins de 30 ans étaient inscrits à l’office régional de placement (ORP).
Gerd Winandi-Martin, directeur du centre de carrière de la Haute école de Saint-Gall (HSG) observe cette évolution depuis un certain temps. «Nous constatons une demande croissante de conseils individuels et d’ateliers de carrière».
Il y a une conjoncture économique défavorable et l’automatisation de certaines tâches souvent attribuées aux débutant·es contribue déjà à la baisse des offres, notamment en informatique.
Malgré les difficultés, les experts restent modérément optimistes : Les jeunes sont les premiers touchés par la crise, mais aussi les premiers à bénéficier de la reprise. Et les entreprises suisses auront toujours besoin de nouveaux talents, en raison du vieillissement de la population et du manque de main-d’œuvre qualifiée.
«Il n’a jamais été aussi facile d’étudier dans une université britannique»
Selon le magazine britannique The Spectator, il est désormais plus facile d’intégrer une prestigieuse université britannique via le processus de clearing. A l’origine conçu comme filet de sécurité pour les candidat·es qui n’avaient pas obtenu les notes souhaitées, ce dispositif deviendrait aujourd’hui une véritable «voie alternative pour intégrer les meilleures universités telles que King’s College London, Leeds ou Bristol». Selon un rapport, le nombre de places attribuées à des candidats dont les résultats sont parfois nettement inférieurs aux exigences est en augmentation. La raison de ce «changement de paradigme dans la pratique des admissions» est économique: «les recettes provenant des frais de scolarité diminuent, tandis que les étudiant·es internationaux – qui paient souvent quatre fois plus – sont moins nombreux depuis le Brexit». Beaucoup profiteraient de ce système. Celles et ceux qui ainsi ne réussiraient pas leur candidature principale s’inscriraient alors simplement dans un autre cursus, moins populaire et peu demandé. En 2023, plus de 3’500 cursus étaient disponibles via le clearing, soit une hausse de plus de 25 % par rapport à l’année précédente.
3Oct2025
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 3 octobre 2025
2Oct2025
Politique des hautes écoles
«4000 fonctionnaires vent debout contre le PAFE», programme d’assainissement des finances de l’Etat de Fribourg
«Environ 4000 salariés de la fonction publique et parapublique se sont mobilisés mercredi dans le canton de Fribourg contre le programme d’assainissement des finances de l’Etat (PAFE). La journée d’action était encadrée par les syndicats et les organisations de personnel.» (RTS) Les coupes concernent notamment l’Université de Fribourg.
«A l’Université de Fribourg, […] étudiants et personnel académique ont alarmé sur les conséquences «désastreuses» des coupes budgétaires fédérales et cantonales sur la qualité de l’enseignement. Petit lot de consolation: l’État fribourgeois a finalement renoncé à amputer l’UNIFR de 2,5 millions de francs sur les trois prochaines années, comme c’était prévu dans la première version du PAFE.» (24 heures)
«L’Unifr rapporte trois francs pour chaque franc investi»
«En 2024, chaque franc investi par l’Etat de Fribourg dans son université a généré 3 francs et 27 centimes de valeur ajoutée dans le canton. Telle est la conclusion la plus spectaculaire d’une analyse conduite par un bureau d’études bâlois, sur mandat de l’Université de Fribourg.» Le travail met également en évidence que «chacun des 1919 postes en équivalent plein-temps de l’Alma Mater a généré un demi-poste dans d’autres entreprises fribourgeoises». (La Liberté)
La rectrice Katharina Fromm a ainsi rappelé, dans le contexte d’austérité actuel, que l’Université n’est pas qu’un objet de dépenses, mais un véritable facteur économique de la ville et du canton de Fribourg. La valeur ajoutée générée par l’Université représenterait plus de 2% de l’économie cantonale. Selon la rectrice, les coupes envisagées par la Confédération pourraient priver l’Université de Fribourg de 5 millions de francs pour ces prochaines années, et le programme d’économies du canton 13,5 millions de francs dans le budget de l’établissement. «Si l’on considère qu’un franc investi dans l’Alma Mater en rapporte environ trois à l’économie régionale, la perte pour celle-ci dépasserait 50 millions.» (La Liberté)
Manifestations nationales contre les mesures d’économies dans la formation et la recherche
Hier, plusieurs manifestations bénéficiant d’un appui syndical et associant étudiant·es et chercheurs ont eu lieu à Berne, Genève, Lausanne, Neuchâtel, Zurich, Bâle et Lucerne dans le cadre d’une journée d’action nationale contre les plans d’austérité. A Berne, ils et elles étaient près de 2’000 pour manifester contre la hausse des frais d’écolages et les coupes dans la recherche. Une pétition de 37’000 signatures a été remise à l’attention du Conseil fédéral pour que l’éducation reste abordable. La Confédération a annoncé des coupes annuelles pour un montant de 460 millions de francs dans la formation, la recherche et l’innovation (FRI) dès 2027. «Cette mesure affaiblirait considérablement l’égalité des chances et la place de la Suisse en tant que pôle éducatif, écrit l’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) dans un communiqué.» (Swissinfo)
«A Genève, près de 400 personnes, en majorité des étudiant·es, se sont rassemblées sur l’esplanade d’UniMail, à l’appel des syndicats. Le projet du Conseil fédéral se traduirait par des coupes budgétaires de 22,5 millions de francs pour l’université de Genève, ce qui correspond à 20% des projets de recherche et à 40 postes de professeurs.» (Le Courrier)
A l’Université de Lausanne, 150 personnes se sont rassemblées devant l’Amphimax. «L’appel, lancé par l’Association du corps intermédiaire et des doctorant·e·s de l’UNIL (ACIDUL) avec d’autres collectifs et syndicats, visait à dénoncer les coupes budgétaires de 7% prévues par le Conseil d’Etat vaudois pour 2026, soit 24 millions de francs en moins pour l’université.» (Le Courrier) «Selon les chiffres encore non officiels qui circulent, les coupes budgétaires pour l’Université de Lausanne s’élèveraient à 13 millions de francs», explique Philipp Walch, président de l’Association du corps intermédiaire et des doctorants de l’UNIL (Acidul). (24 heures)
A l’Université de Neuchâtel, une soixantaine d’étudiant·es et d’employé·es ont appelé à protester. «Pacifique, le mouvement est soutenu par plusieurs organisations du canton, comme la Jeunesse socialiste neuchâteloise ou le Syndicat des secteurs publics et parapublics, qui ont également fait part de leurs inquiétudes.» (ArcInfo)
A l’EPFL, les taxes d’études viennent déjà d’augmenter cette année. Cependant, «la Confédération envisage à nouveau de grosses coupures pour les écoles polytechniques, à hauteur de 78 millions», explique Alexia Giroud Nyer, coprésidente d’AGEPoly. «La mesure est déjà discutée en commission et sera votée par le parlement cet hiver.» (24 heures)
A Bâle, plus d’une centaine de collaborateur·ices et d’étudiant·es de l’Université ont manifesté (Baseljetzt); à Zurich environ 700 personnes se sont réunies sur l’Helvetiaplatz (Bluewin).
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 2 octobre 2025
«L’Université de Lausanne se mobilise contre les coupes budgétaires cantonales et fédérales»
«Environ 150 personnes ont manifesté mercredi sur le campus de l’Université de Lausanne (UNIL). Le mouvement, composé de doctorantes et doctorants et de membres du corps enseignant, s’opposait aux coupes budgétaires fédérales, mais également de l’Etat de Vaud, dans la formation et la recherche.» Interview de Philipp Walch, président de l’Association du corps intermédiaire et des doctorants de l’UNIL (Acidul). (RTS)
1Oct2025
Politique des hautes écoles
«Les millions d’UBS menacent l’indépendance des universités»
«Le Conseil fédéral maintient 24 milliards de fonds propres supplémentaires pour UBS. Or les experts censés évaluer la mesure sont souvent financés par le secteur bancaire.»
Le Swiss Finance Institute par exemple, financé par l’Association suisse des banquiers, complète les salaires de 27 professeur·es dans plusieurs établissement suisses: l’Université de Zurich, l’EPFZ, l’EPFL, ainsi que les Universités de Saint-Gall, Lucerne, Lausanne, Genève, Bâle et l’Università della Svizzera italiana. De plus, l’UBS et la Crédit Suisse ont fait des dons importants à l’UBS et à l’Université de Saint-Gall.
Deux experts interrogés sur la question de l’indépendance ne sont pas d’accord quant à l’existence d’un conflit d’intérêt qui empêcherait une recherche indépendante.
Dans le contexte où le Conseil doit décider sur les fonds propres pour l’UBS, l’auteur de l’article écrit : «on peut s’interroger sur le fait que le Conseil fédéral se fonde uniquement sur une expertise scientifique de l’académie pour trancher cette question cruciale des coûts.»
- liens d’intérêt
- recherche – qualité
- collaboration hautes écoles – entreprises privées
- recherche – pluralité
Le Fonds européen pour la compétitivité ne financera pas les activités de recherche
La Commission européenne a confirmé que toutes les activités de recherche et d’innovation seront financées par Horizon Europe, tandis que le futur Fonds européen de compétitivité (ECF), prévu après 2027, se concentrera uniquement sur le déploiement des innovations.
Selon le Traité sur le fonctionnement de l’UE, la recherche et l’innovation ne peuvent être financées que par un Programme-cadre (FP10 après 2027). Ainsi, contrairement aux attentes, l’ECF ne soutiendra ni la recherche fondamentale ni les étapes intermédiaires de transition vers le marché.
La communauté scientifique s’inquiète : plusieurs chercheurs espéraient que l’ECF compléterait Horizon Europe, notamment pour financer la recherche stratégique et la valorisation. Certains estiment désormais qu’il faudrait transférer une partie du budget de l’ECF vers Horizon Europe, afin de préserver la recherche fondamentale.
Le budget proposé d’Horizon Europe s’élève à 175 milliards d’euros, dont 44 milliards pour le Conseil européen de la recherche (ERC) et les actions Marie Skłodowska-Curie (contre 22,6 milliards actuellement). Mais certains craignent que la recherche de base ne repose presque exclusivement sur l’ERC, ce qui pourrait être « désastreux ».
Concernant la gouvernance, Horizon Europe et l’ECF resteront séparés, mais avec une forte coordination. Par exemple, 68 milliards d’euros du pilier 2 d’Horizon Europe devront s’aligner sur les quatre grands axes de l’ECF : transition verte et décarbonation, santé et biotechnologies, numérique, défense et espace. Un mécanisme de pilotage et un outil de coordination des priorités seront créés pour aligner UE et États membres.
Enfin, des incertitudes persistent sur le mode de financement de l’ECF. Contrairement à InvestEU, qui passe par des intermédiaires bancaires avec sélection compétitive, l’ECF pourrait autoriser des financements directs et non compétitifs « en cas d’urgence ou d’intérêt public majeur », ce qui inquiète certains eurodéputés.
Coupes à la haute école pédagogique du nord-ouest de la Suisse
La Haute école pédagogique des HES du nord-ouest de la Suisse (HEP FHNW) a un déficit structurel de cinq millions de francs, en raison du nombre croissant d’étudiant·es et de l’inflation (SRF).
Afin d’y pallier, elle prévoit d’«adapter ses structures». La Haute école ne sera plus organisée en chaires, mais en grands groupes interdisciplinaires pour la recherche et le développement. Jusqu’à 40 postes à plein temps pourraient également être supprimés dans le cadre du programme d’économies, sur les trois sites de Muttenz (BL), Brugg-Windisch (AG) et Soleure (SRF). La majorité des postes devrait en principe disparaître grâce aux départs à la retraite et à la «fluctuation naturelle». Après évaluation, la nouvelle structure devrait être mise en place pour l’année scolaire 2027/28. (Basler Zeitung).
Hermann Forneck, ancien directeur de la HEP, considère la démarche de la FHNW comme «très risquée». «Depuis son introduction il y a 17 ans, le modèle des chaires a permis de réaliser des économies considérables grâce à la mise en place d’un corps intermédiaire académique à la place des chargés de cours.» Selon lui, une séparation de la HEP de la FHNW serait plus judicieuse. Elle se ferait au profit de la création d’une faculté correspondante à l’Université de Bâle. (Basler Zeitung)
Le syndicat SSP critique vivement ce plan d’économies: «Former autant d’étudiants avec moins de personnel n’est rien d’autre qu’une invitation à la surcharge chronique», déclare Dariyusch Pour Mohsen, directeur régional du syndicat SSP Argovie/Soleure. (SRF)
Les députés neuchâtelois veulent avoir leur mot à dire sur les futures augmentations de taxes de la HES-SO
«Les députés neuchâtelois veulent avoir leur mot à dire sur une future hausse des taxes d’études de la HES-SO. Ils ont accepté mardi, par 50 oui et 48 non, un postulat du groupe socialiste et de députés POP demandant au Conseil d’Etat d’obtenir une modification du droit intercantonal pour que les Grands Conseils respectifs puissent se prononcer à l’avenir.» (RTN)
«Les violences de genre se manifestent de manière différente selon les facultés» à l’UNIGE
Giorgia Magni, maître-assistante à la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, vient de terminer sa thèse sur les violences de genre entre étudiant·es à l’Université de Genève. Interviewée par Le Courrier, elle partage ses résultats.
Au total, 59% des personnes interrogées disent avoir subi des violences à l’Université. Plus de deux tiers des violences citées ont eu lieu dans des bâtiments universitaires, majoritairement dans les couloirs et le hall, mais également à la bibliothèque, dans des salles de classe vides et à la cafétéria. Elles peuvent avoir une influence sur la concentration, la performance, la présence en cours, le choix des lieux pour réviser et la poursuite ou non d’un cursus.
Les personnes lesbiennes, bisexuelles, trans, queer et non binaires sont les plus vulnérables et la majorité des auteurs sont des hommes. Les violences de genres concernent toutes les facultés de l’Université de Genève, mais sous des formes différentes. Dans certaines filières, notamment en droit ou en sciences, les enjeux liés au genre sont rarement intégrés aux programmes. Les personnes LGBTQ et non binaires restent invisibilisées. Ces domaines, encore largement dominés par les hommes, restent marqués par des normes de genre rigides et des structures hiérarchiques qui peuvent entretenir des comportements sexistes et homophobes, malgré une présence féminine en progression.
Finalement, «le rôle des enseignant·es est primordial. Leurs propos ne sont pas souvent contestés, ce qui les place à la fois comme figures d’exemple et d’autorité.» La lutte contre les violences de genre nécessite une sensibilisation et une formation de toute la communauté universitaire, ainsi qu’une transparence accrue sur les cas et les sanctions. Cela doit s’accompagner d’une politique claire de l’Université et s’inscrire dans une démarche institutionnelle, systémique et inclusive sur le long terme.
«Haro sur la hausse des taxes d’études»
Ce mercredi 1er octobre se tient sur la place Fédérale à Berne une mobilisation nationale organisée par l’Union des étudiants de Suisse (UNES). La date a été choisie car la Commission des finances du Conseil des Etats se réunira les 2 et 3 octobre pour aborder ce sujet. Les manifestant·es s’opposent à la proposition du Conseil fédéral de doubler les taxes d’études pour les étudiant·es suisses et de les quadrupler pour les étudiant·es étranger·ères, dans le cadre du plan d’économies de la Confédération de 460 millions de francs dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de l’innovation. Une pétition sera remise.
Selon Sophie Wang, co-présidente de l’UNES, la Suisse devrait s’inspirer de pays tels que l’Autriche, la Suède ou l’Ecosse, qui investissent massivement pour maintenir des formations abordables. Leur système de hautes écoles serait parmi les plus équitables et divers. Selon elle, étant donné l’optique actuelle d’austérité budgétaire de la Confédération, il revient aux cantons de choisir de ne pas répercuter ces coupes sur les frais de scolarité. Elle attend d’eux qu’ils défendent clairement leurs institutions. (La Liberté)
Julia Bogdan, co-présidente de l’UNES, craint une perte des talents en Suisse au profit d’autres universités voisines, en Allemagne ou en Autriche. Elle regrette également que le Conseil fédéral n’ait pas consulté ni étudiant·es ni universités avant de décider. Il n’aurait de plus pas tenu compte des nombreuses oppositions formulées pendant la procédure de consultation. (Tages-Anzeiger)
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 1er octobre 2025
30Sep2025
Politique des hautes écoles
Lancement du Réseau national de conseil scientifique
«Les institutions du domaine FRI lancent ensemble le Réseau national de conseil scientifique. Elles mettent ainsi en œuvre une décision du Conseil fédéral et l’accord de coopération conclu avec lui. Ce dispositif a pour mission d’anticiper les crises potentielles pour le pays et de fournir aux autorités des analyses scientifiques indépendantes et interdisciplinaires. […] La pandémie de Covid-19 a illustré de manière marquante la nécessité d’une collaboration étroite entre science et politique, et ce en amont des crises, afin d’établir une relation de confiance et de préparer les processus de travail.»
- rôle des scientifiques
- impact des universités
- collaboration hautes écoles – politique
- collaboration hautes écoles – institutions de droit public
«L’EPFZ est tellement apolitique»
L’EPFZ a décidé en février 2025 de ne plus prendre position sur des conflits géopolitiques. Elle a supprimé de son site les messages de solidarité envers l’Ukraine et le Moyen-Orient et justifie ce choix par la nécessité d’assurer son impartialité institutionnelle, condition essentielle selon elle pour préserver la liberté académique et l’inclusion.
Cependant, cette neutralité affichée est contestée. «L’EPFZ estime qu’elle ne peut pas prendre position politiquement, mais ce qui est défini comme politique, c’est ce qui s’écarte de la position implicite de l’ETH », explique une membre de l’organisation étudiante SiP (Science is Political).
Selon l’auteur de l’article, des exemples récents montrent que l’école politique zurichoise agit de manière sélective : répression de sit-in étudiants, refus de candidatures d’étudiant·es issus de certains pays sous embargo, annulations de conférences jugées trop «politisées», tout en accueillant des intervenants proches de positions gouvernementales occidentales ou israéliennes.
Pour les critiques, cette prétendue position apolitique masque une orientation alignée sur la « realpolitik », les intérêts d’États et de bailleurs privés. Pour l’auteur de l’article, «la question comment préserver la liberté académique dans une institution qui ne parvient pas à maintenir son autonomie face aux acteurs de la politique réelle reste une question ouverte.»
La question centrale serait qui décide à l’université de ce qui est politique. «En tant qu’étudiants et chercheurs, ne devrions-nous pas participer aux décisions concernant notre formation et notre recherche ? Car l’ETH reste politiquement engagée dans ses actions, qu’elle le reconnaisse ou non», ce qui interroge sur l’avenir de la liberté académique dans un contexte où science et technologie sont de plus en plus liées aux enjeux militaires et géopolitiques.
- rôle des scientifiques
- autonomie – hautes écoles
- engagement politique
- liberté académique
- rôle des universités
- liberté d’expression
- conflit israélo-palestinien
Grève des étudiant·es des HES genevoises contre la hausse des taxes d’études
Depuis la rentrée 2025, les taxes d’études semestrielles dans les HES sont passées de 500 à 750 francs pour les élèves suisses et à 1050 francs pour les étranger·ères. «À l’appel de leur syndicat, les étudiants organisent une semaine de grève qui se tiendra chaque jour dans un établissement différent. Et c’est la Haute École d’art et de design (HEAD) qui a ouvert le bal lundi. […] En parallèle, le syndicat des étudiants de la HES-SO Genève appelle également les élèves à ne pas payer leurs taxes. […] Le 1er octobre, un cortège rejoindra Uni Mail où se tiendra un rassemblement général contre les hausses des taxes d’études.» (Tribune de Genève)
Collaborations secrètes entre des Hautes écoles spécialisées de Suisse romande et l’industrie du tabac
«Comme l’a appris la RTS, l’HEPIA à Genève a brièvement collaboré avec Philip Morris en 2021, révélant un lien inattendu entre une institution scientifique romande et l’industrie du tabac. La justice genevoise a ordonné la divulgation du contrat de confidentialité entre les deux partenaires, à la demande de l’association OxySuisse. […] Depuis plusieurs années, les universités de Suisse romandes et l’EPFL ne collaborent plus avec l’industrie du tabac et de la nicotine. »
Que peuvent faire l’Europe et ses universités pour mettre un terme à l’érosion de la liberté académique ?
Pour renforcer la liberté académique, la secrétaire générale de L’Association européenne des universités EUA, Monika Steinel, propose aux universités de développer des politiques internes claires, protéger leurs membres des intimidations, garantir l’autonomie de gouvernance et diversifier leurs financements. Tous les acteurs du campus — dirigeants, enseignants, chercheurs et étudiants — doivent aussi promouvoir l’intégrité, le débat ouvert et la sensibilisation à l’importance de la liberté académique.
L’Association européenne des universités propose ainsi une “boîte à outils” : codes de conduite, formations, intégration du sujet dans les cursus, séminaires ouverts à la société, etc. Ces mesures concrètes visent à faire de la liberté académique une réalité quotidienne.
Cependant, les universités ne peuvent agir seules : elles ont besoin de la confiance et du soutien de la société, à l’heure où la science est parfois instrumentalisée. La liberté académique n’est pas un privilège mais un droit et une responsabilité, indispensable pour relever les grands défis (santé, climat, démocratie) et permettre aux universités de remplir leur mission envers la société.
«Le diplôme du Premier ministre français Sébastien Lecornu au cœur d’une controverse»
Création du Réseau Bleu
«À la HES-SO Valais, une nouvelle option en ingénierie voit le jour»
«La HES-SO Valais et sa Haute École d’ingénierie lancent une option intitulée «Territoire énergétique durable».» Elle aura pour objectif de former des ingénieur·es «capables de concevoir des solutions pour un approvisionnement énergétique décarboné et adapté aux spécificités de chaque territoire». «Les futurs ingénieurs seront formés à réaliser des plans de transition énergétique pour des territoires urbains ou ruraux, à analyser l’empreinte écologique des systèmes énergétiques, à concevoir des solutions adaptées aux besoins des utilisateurs et à coordonner les projets avec divers partenaires.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 30 septembre 2025
«Un «workshop» chic en Valais sème le trouble à l’Université de Lausanne»
«L’institution a cofinancé un événement à la montagne avec des chercheurs, des éleveurs et des industriels, dont Nestlé. Une initiative qui divise, en plein débat sur les coupes budgétaires.»
«Encore. Un. Foutu. Point.»
Un article de la Liberté critique la tendance des marques d’intégrer un point final dans leurs logos – et l’investissement de l’UNIL dans un graphisme.
29Sep2025
Politique des hautes écoles
Manifestation contre l’augmentation des taxes d’études
Dans le cadre du rapport Gaillard, le Conseil fédéral envisage d’économiser 460 millions par an dans le domaine de l’éducation et la recherche. Une partie des fonds manquants pourraient être compensés par une hausse des taxes d’études (doublement des taxes pour les étudiant·es nationaux et quadruplement pour celles et ceux étranger·ères).
L’Union des étudiant·e·s de Suisse s’oppose fermement à cette mesure, et appelle à une manifestation nationale ce mercredi après-midi 1 octobre sur la Place fédérale à Berne. Une pétition («Studieren muss bezahlbar bleiben – jetzt») a récolté plus de 35’000 signatures. Des associations étudiantes et de doctorant·es de l’EPFZ alertent sur les conséquences directes sur leurs conditions de travail et l’avenir scientifique. Des manifestations régionales auront également lieu le 1er octobre le matin à Zurich sur la place Helvetia.
Il ne s’agit que d’une proposition. Il reviendrait aux cantons de déterminer si et dans quelle mesure les frais d’études augmenteraient effectivement. Il est a noter qu’il n’est pas certain que l’augmentation prévue puisse être réalisée. En effet, dans le paquet du nouveau traité négocié, l’UE exige que ses étudiant·es soient traité·es sur un pied d’égalité avec celles et ceux de la Suisse.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 29 septembre 2025
26Sep2025
Politique des hautes écoles
Genève : Le Grand Conseil a refusé de restreindre la liberté de manifestation et le boycotte académique
Les député·es genevois·es ont refusé de restreindre la liberté d’expression des étudiant·es de l’université et des hautes écoles. Malgré les polémiques suscitées par certaines manifestations et occupations, le Grand Conseil a rejeté jeudi soir deux propositions visant à limiter le droit de manifester ou d’organiser des actions militantes jugées «menaçantes».
Un troisième texte, réclamant un boycott académique, a lui aussi été écarté. Les élu·es se sont ainsi aligné·es sur la position défendue par le rectorat de l’université et le Conseil d’État.
Anna Fontcuberta i Morral: l’EPFL « reste internationale » malgré la baisse d’étudiants étrangers
«Après le triplement des taxes d’études à l’EPFL et l’instauration de quotas d’admission, le nombre d’étudiants et étudiantes étrangers en première année de bachelor a chuté cette rentrée, a appris la RTS. Dans La Matinale de vendredi, la présidente Anna Fontcuberta i Morral assure que son école demeure tout aussi internationale.»
«Colonialisme anticolonial»
L’auteur, le philosophe et psychanalyste Daniel Strassberg, chroniqueur du journal Republik, critique la manière dont les institutions académiques et culturelles proclament haut et fort leur attachement à la diversité et à l’anticolonialisme, tout en reproduisant paradoxalement des logiques de domination.
Il distingue deux justifications à la préférence accordée aux People of Color (PoC) dans les recrutements universitaires :
-
Par souci d’égalité des chances : le manque de réseaux
-
La perspective différente : selon Strassberg, problématique, car elle relève d’une nouvelle forme de colonialisme masqué. Comme dans l’« Orientalisme » décrit par Edward Said, l’Occident projette fantasmes et idéalisations sur «l’Afrique», en parlant rarement des pays individuellement. On valorise un savoir « autre » supposé, mais souvent déjà formaté par les standards occidentaux.
Ainsi, un universitaire africain parvenu au niveau international doit avoir intégré les codes et idéologies du système académique occidental ; sa supposée « perspective africaine » est donc une illusion. Strassberg y voit une forme sophistiquée de Blackfacing intellectuel.
Dans les écoles d’art, la logique est poussée encore plus loin : sous couvert d’inclusion et de « lutte contre l’appropriation culturelle », elles imposent des normes pseudo-scientifiques et disciplinaires, réduisant la créativité. Selon lui, l’anticolonialisme institutionnel sert de camouflage à un processus de standardisation et de contrôle, analogue à un «colonialisme intérieur» qui force l’adaptation en prétendant libérer.
Plus largement, ce mécanisme rappelle le greenwashing ou certains discours d’entreprises sur l’égalité et la durabilité : plus les institutions affichent des valeurs progressistes, plus elles peuvent exercer en interne un pouvoir autoritaire.
En conclusion, Strassberg dénonce un paradoxe : derrière la rhétorique radicale de l’anticolonialisme se cache souvent un projet de domination et d’uniformisation, très proche des logiques qu’on prétend combattre.
Que faire des travaux étudiants dopés à l’IA?
A l’Université de Genève, «Les bibliothécaires alertent sur les risques liés au mauvais usage des outils d’intelligence artificielle, alors qu’une étude sur les travaux d’étudiant-es en Faculté de médecine dévoile une «épidémie» de fausses références bibliographiques. […] Plusieurs formations sont proposées par la Bibliothèque de l’UNIGE.»
Pour la vice-rectrice responsable de l’enseignement, Martine Collart, c’est entre autres sur la capacité à effectuer un contrôle qualité que reposera, à l’avenir, la valeur ajoutée de la formation universitaire.
L’Unil dans les médias
Des historien·nes critiquent une «diffamation personnelle»
Après la décision du Tribunal fédéral autorisant la Ville de Zurich à recouvrir deux enseignes contenant le mot «Mohr» (jugé raciste), la controverse refait surface. La NZZ critique sévèrement l’étude de l’ETH Zürich qui avait servi de base à la décision et s’appuie pour cela sur un rapport inédit de l’historien indépendant Martin Illi, mandaté par le Patrimoine zurichois. Ce dernier reproche aux auteurs du rapport, Bernhard C. Schär de l’UNIL et Ashkira Darman, d’avoir parfois interprété les sources de manière unilatérale, même s’il ne nie pas le caractère discriminatoire des inscriptions.
Cependant, la NZZ transforme cette critique méthodologique en attaque personnelle : son rédacteur culturel Rico Bandle accuse Bernhard Schär d’idéologie, allant jusqu’à suggérer un lien indirect avec des mouvements pro-palestiniens accusés d’antisémitisme. La Weltwoche reprend et durcit ces attaques, mettant en cause la légitimité académique de Schär et laissant planer la question d’un retrait de son titre de professeur. Dans les commentaires, la polémique dérive en discours haineux.
Face à cela, près de 300 chercheurs et de nombreux professeur·es d’histoire de l’Université et de l’ETH Zurich prennent publiquement la défense de Schär. Dans une lettre ouverte à la NZZ, ils et elles dénoncent une tentative de délégitimation personnelle au lieu d’un débat scientifique transparent, soulignant que le recours à un rapport non publié comme base d’attaques médiatiques est contraire à l’éthique journalistique. Il y a également un appel de chercheur·es de l’UNIL.
Selon la professeure Monika Dommann, cette affaire dépasse le cas individuel : elle remet en cause le fonctionnement même de la recherche et vise à discréditer des approches critiques comme la théorie postcoloniale. La science, rappelle-t-elle, n’aboutit pas à des vérités figées, mais à des débats ouverts – ce que des attaques ad personam fragilisent.
Par ailleurs, certaines accusations à propos de M. Schär sont complètement fausses, par exemple le fait qu’il écrit 100 fois M*** dans son expertise, au lieu de «Mohr».
Selon la WOZ, Bernard Schär souhaite déposer plainte contre la NZZ auprès du Conseil de la presse. Rico Bandle ne lui aurait pas fait part des accusations avant de publier l’article.
Revue de presse Unil 26 septembre 2025
25Sep2025
Politique des hautes écoles
Le patron des HUG veut une « collaboration radicale » avec le CHUV
«Robert Mardini, directeur général des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), a présenté jeudi la stratégie institutionnelle 2026-2030 de l’établissement. Il mise sur une « collaboration radicale » avec le CHUV, qui devrait passer par une répartition encore plus approfondie des spécialités entre les deux hôpitaux. […] Parmi les spécialités en discussion: la chirurgie cardiaque pédiatrique, la diabétologie ou encore l’endocrinologie.
- formation – médecins
- médecine – recherche
- politique – Vaud
- collaboration hautes écoles – institutions de droit public
- politique – Genève
«Formation des médecins: un échec programmé»
Jacques-André Haudry, médecin et député Vert’ Libéral vaudois, critique le projet de l’association intercantonale Réformer, qui a pour objectif de planifier la formation des médecins afin de répondre aux besoins en définissant, par spécialité, le nombre de médecins dont une région aura besoin dans dix ans. Selon lui, «le projet est parfait pour des théoriciens dans leur bureau, mais totalement déconnecté de la réalité». Il y voit deux problèmes principaux:
- La médecine et ses spécialisations évoluent en permanence (création de sous-spécialités, nouvelles technologies, etc.)
- Un·e jeune médecin de 25 ans ne sait pas ce qu’il ou elle va devenir dans dix ans, ni où il ou elle habitera.
Le médecin met en avant les réseaux déjà existants des centres de formation (CHUV et HUG) qui tentent de calibrer leurs offres de formations, dont celui de la pédiatrie qui fonctionnerait particulièrement bien. Il critique finalement la structure administrative de Réformer et ses moyens supplémentaires engagés en personnel et en informatique.
SAP et OpenAI veulent fournir conjointement l’IA aux administrations, écoles et universités
Le leader mondial de l’IA OpenAI et le plus grand groupe européen de logiciels SAP souhaitent à partir de 2026 fournir des applications d’intelligence artificielle aux administrations, écoles, universités et autres institutions publiques en Allemagne. «L’Allemagne aura ainsi accès aux meilleures technologies aux conditions allemandes», a déclaré Julie Lavet, directrice européenne d’OpenAI.
Des millions d’employés dans l’administration, les instituts de recherche et les institutions publiques devraient ainsi pouvoir utiliser l’IA de manière sûre et responsable afin d’accomplir plus rapidement leurs tâches quotidiennes, d’automatiser la gestion des dossiers et d’améliorer les services aux citoyens, et ainsi gagner plus de temps pour se consacrer aux personnes plutôt qu’à la paperasse », ont promis les entreprises.
- collaboration hautes écoles – entreprises privées
- gestion – ressources informatiques
- intelligence artificielle
«Une manifestation contre le plan d’économies du canton a réuni 3000 personnes à Fribourg»
«Environ 3000 personnes ont manifesté à Fribourg contre le Programme d’assainissement des finances de l’Etat (PAFE). Les protestataires s’opposent aux coupes salariales et budgétaires prévues, qui affecteront notamment le personnel de santé et l’éducation.» (Blick) Les coupes concernent notamment l’Université de Fribourg.
«Une nouvelle grève est annoncée pour mercredi 1er octobre, dans les hôpitaux et à l’Université de Fribourg principalement.» (RTS)
L’Unil dans les médias
Budget 2026 du Conseil d’Etat vaudois: baisse de 20 millions dans les subventions pour l’UNIL
Le Conseil d’État vaudois a présenté hier son projet de budget 2026, avec 305 millions de coupes et 331 millions de déficit. Les départements de la santé et de la formation sont les plus impactés. La limite constitutionnelle du «petit équilibre» est respectée grâce aux coupes mais aussi grâce à l’utilisation de 493 millions de revenus extraordinaires issus de la fortune. Le Conseil d’Etat projette un retour à l’équilibre budgétaire à l’horizon 2030.
Pour contenir l’augmentation des charges, le Conseil d’État veut couper 165 millions dans les subventions qu’il accorde, dont 20 millions à l’UNIL. (24 heures) Les coupes totales pour le domaine des hautes écoles sont prévues à hauteur de 22 millions. (RTS)
17% d’économies seront réalisées sur le personnel de l’Etat pour un total de 51 millions. «Le gouvernement ne souhaite pas indexer les salaires en 2026», et «une contribution de crise – correspondant à 0,7% du salaire brut – sera prélevée sur chaque rémunération versée par l’Etat (sauf pour le personnel en formation, les auxiliaires non mensualisés et les fonctionnaires situés aux échelons 1 à 5 de leur classe). Mais le versement des annuités, en fonction de la progression usuelle, est pour sa part maintenu. Concrètement, cela aura pour effet que les salaires des employés jusqu’à l’échelon 21 de leur classe resteront stables, voire en légère progression. En revanche, les salaires des fonctionnaires aux échelons supérieurs de leur classe baisseront légèrement (137 francs par mois au maximum).» (Le Temps)
Le CHUV sera contraint d’économiser 24 millions de francs, mais n’aura pas de licenciements, a assuré Rebecca Ruiz. Il faut s’attendre à des projets reportés voire abandonnés, et des investissements différés. (La Cote)
Selon les secteurs, ces coupes seront partiellement compensées ces prochaines années par une augmentation des investissements de l’Etat, a expliqué Christelle Luisier. Frédéric Borloz l’a confirmée à propos des coupes dans l’enseignement et la formation professionnelle. (Le Courrier)
Les Vert·e, le Parti socialiste, Ensemble à Gauche et le POP (EP) ont annoncé rejeter le budget. Le PLR se dit satisfait. Les syndicats appellent à une mobilisation contre ces mesures d’économies le jeudi 2 octobre.
L’Unil, entre défis financiers et horizons scientifiques
«À moins d’un an de la fin de son mandat, le 31 juillet 2026, le recteur de l’Unil fait le point. Entre contraintes budgétaires, projets de recherche d’envergure et transition à préparer, Frédéric Herman revient sur les défis qui marqueront l’année académique 2025-2026. S’il reconnaît que les coupes imposées par le canton pèsent lourdement, il insiste aussi sur les réussites académiques et scientifiques de l’institution»
Revue de presse Unil 25 septembre 2025
24Sep2025
Politique des hautes écoles
«Le Conseil d’Etat vaudois annonce des coupes budgétaires massives pour 2026»
L’hôpital universitaire de Zurich risquerait un «grounding» temporaire
A l’Hôpital universitaire de Zurich (USZ), un directeur de l’urologie a été accusé de comportement «intolérable» dans une enquête indépendante, notamment pour avoir laissé passer une épreuve de spécialisation à un collaborateur sans qu’il n’ait rempli les critères requis (il n’avait pas fait assez d’opérations). Pourtant, le conseil de l’hôpital a maintenu le directeur en fonction, le jugeant apte à continuer sa direction. Mais abroger sa fonction aurait risqué de déclencher une remise en question généralisée des compétences médicales au sein de l’institution.
En effet, cette situation ne serait pas un cas isolé, mais émanerait d’un problème structurel: dans plusieurs spécialisations médicales, des titres de spécialiste ou des habilitations ont été attribués par des raccourcis, à des personnes n’ayant pas nécessairement le volume d’opérations ou l’expérience requis, mais des connexions. Ainsi, le véritable danger pour l’USZ ne résiderait pas dans le directeur lui-même, mais dans la révélation d’un système où l’apparence des titres prime souvent sur les compétences réelles. Les victimes de ces méthodes sont bien sûr les patient·es, mais aussi les médecins qui ont suivi les voies officielles et honnêtes de formation.
«N’oublions pas le savoir, pilier de notre prospérité»
Dans une lettre ouverte publiée dans les colonnes du Temps, des président·es de fondations membres de l’Association de Genève des fondations académiques (qui regroupe des fondations romandes qui soutiennent la recherche et la formation en Suisse) expriment leur incompréhension face aux mesures de réduction de soutien par la Confédération à la recherche et formation. Ils et elles s’inquiètent en particulier que les mesures envisagées n’ait pas fait l’objet d’études approfondies quant à leurs conséquences. Ils défendent: «Dans un pays où seuls dix des cantons abritent des universités, le financement fédéral est essentiel pour développer les synergies nationales, assurer la compétitivité de la Suisse et préserver le partenariat public-privé fondé sur l’engagement du secteur public.»
- coupes budgétaires
- financement public
- politique – Suisse
- impact des universités
- recherche – impact
- rapport Gaillard
Manque de transparence sur les expérimentations animales avec contraintes sévères
L’émission «Kassensturz» de la SRF a enquêté sur les expériences qui sont très pénibles sur des animaux dans la recherche. En vertu de la loi sur la transparence, l’émission a demandé à consulter cinq expériences récentes impliquant des animaux soumis à des contraintes sévères. La production a reçu les demandes d’expérimentation déposées auprès de l’Office fédéral de la santé publique et de la sécurité alimentaire, mais certaines étaient caviardées au point d’être presque illisibles. Pour Gieri Bolliger, directeur général de la fondation Tier im Recht, ce secret est «incompréhensible», il rend donc impossible la formation d’une opinion à propos de l’utilité de ces expérimentations.
Le nombre total d’animaux de laboratoire a chuté l’année dernière pour arriver à un demi-million. Néanmoins, le niveau de gravité 3 (niveau maximal) a augmenté de 990 pour atteindre plus de 27’000. La comparaison sur dix ans du niveau de gravité 3 montre que le nombre d’animaux utilisés pour les tests a plus que doublé. À l’EPFZ, ce nombre s’est même multiplié par cinq en dix ans. Annette Oexenius, vice-présidente pour la recherche, avance pour cela deux raisons: l’augmentation du nombre de chercheurs et chercheuses dans la recherche fondamentale bio-médicale qui a augmenté et la révision en 2018 de la classification des degrés de gravité des expériences.
Nicole Disler, membre du comité de direction de la Protection Suisse des Animaux PSA, doute que toutes les expériences lourdes soient utiles.
Judith Butler critique l’Université de Californie à Berkeley
Début septembre, la direction de l’Université avait fourni au gouvernement américain des noms d’étudiant·es, de professeur·es et de collaborateur·ices associé·es à des cas présumés d’antisémitisme. Environ 160 personnes avaient été informées de la transmission de leur nom au bureau des droits civils du ministère de l’éducation.
Ayant appris que son nom avait été transmis, la philosophe Judith Butler a demandé, dans une lettre ouverte publiée mardi dans le magazine «The Nation», à la direction de l’institution de ne pas se plier aux exigences du gouvernement américain. L’idée que les enseignant·s, les chercheur·euses et le personnel de l’Université soient «soumis à une surveillance complète» est «une violation stupéfiante de la confiance, de l’éthique et de la justice» selon elle.
La chercheuse ignore pour quels incidents et dans quel contexte son nom a été cité. «Il s’agirait apparemment d’une accusation qui, contrairement au droit constitutionnel, a été transmise à une autorité fédérale sans décision judiciaire.» S’il est clair qu’il faille agir contre l’antisémitisme dans les universités, il faut le faire «avec des procédures correctes et de la transparence».
Antoine Flahault: « L’UE et la Suisse sont de grosses puissances scientifiques qui doivent rappeler les faits »
«Après les propos de Donald Trump établissant un lien infondé entre paracétamol, vaccins et autisme, l’OMS a dû rappeler qu’aucune étude n’allait en ce sens. Invité mercredi de La Matinale, l’épidémiologiste Antoine Flahault, qui s’apprête à quitter la direction de l’Institut de santé globale de Genève, s’est dit préoccupé par cette défiance envers la science. […]
« Les Européens sont une sorte de dernier rempart de la démocratie pour la science.» L’Union européenne, la Suisse, la Grande-Bretagne sont de très grosses puissances scientifiques et «devraient donner de la voix et rappeler les faits», estime-t-il.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 24 septembre 2025
23Sep2025
Politique des hautes écoles
«Le Conseil fédéral persiste et signe sur les coupes budgétaires»
«Malgré les vives oppositions qu’il suscite, le plan d’économies du gouvernement est maintenu. Il présage de vifs débats au parlement, alors que Les Vert·e·s le menacent déjà de référendum.»
swissuniversities prend position par rapport au paquet d’allégement budgétaire 2027
Le Conseil fédéral a présenté le 19 septembre 2025 son programme d’allégement des finances fédérales à partir de 2027. «swissuniversities réaffirme son opposition aux mesures disproportionnelles touchant le domaine de la formation et de la recherche.»
Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities, affirme : «Ces mesures vont trop loin et touchent un moteur de la prospérité de notre pays. La Suisse dépend de ces spécialistes, de leur recherche et de leur innovation. À Genève, Vaud, Grisons, Zurich ou encore Saint-Gall, des études ont montré que chaque franc investi dans les hautes écoles génère un retour sur investissement de 3 à 5 francs.»
Zurich veut créer des centaines de places supplémentaires en médecine
Afin de lutter contre la pénurie de médecins et dans le cadre du projet Med500+, l’Université de Zurich a prévu d’augmenter de 430 à 700 le nombre de ses places d’études en médecine. Le canton disposerait alors de 270 places supplémentaires au niveau bachelor et 230 au niveau master, devenant la plus grande filière de médecine de Suisse. Les premier·èress étudiant·es formés selon ce nouveau modèle commenceraient en 2030.
Selon Silvia Steiner, directrice de l’Éducation, l’orientation pratique sera renforcée dès les premières années du bachelor. Il sera également possible de mettre l’accent de ces études sur des thématiques spécifiques, et les contenus généraux des cours seront modernisés, comportant par exemple «l’intelligence artificielle, l’approche «One Health», l’économie de la santé et la coopération interprofessionnelle».
«Pour l’enseignement, 10 nouvelles chaires sont prévues, représentant environ 140 postes à temps plein, ainsi que 24’000 m² de surfaces supplémentaires dédiées à la formation […] Les coûts liés à la phase de mise en place (2025–2036) sont estimés à 498,5 millions de francs, tandis que les coûts récurrents à partir de 2037 devraient s’élever à 78,8 millions de francs.»
«L’Université de Berne doit réduire son budget de 15 millions par an»
Déficitaire depuis plusieurs années (jusqu’à 55 millions en 2025), l’Université de Berne est contrainte d’appliquer des mesures d’économie. Dès 2026, l’institution réduira ainsi son budget de 2%, soit de 15 millions de francs par an. D’autres mesures applicables dès 2027 seraient encore à l’étude.
Selon l’Université de Berne, la contribution financière du canton n’aurait «pas suivi le rythme» du «renchérissement, des mesures salariales du canton de Berne, de la hausse du nombre d’étudiant·es ainsi que des exigences accrues imposées à une activité scientifique concurrentielle à l’international», ces dernière impliquant par exemple des investissements accrus dans la cybersécurité ou des exigences plus élevées en matière de bien-être animal (Der Bund).
L’Université de Berne a annoncé vouloir limiter «au maximum» l’impact des mesures d’économie sur ses collaborateur·ices, et assure que sur les étudiant·es, qui ont la garantie de pouvoir terminer les cursus d’études déjà commencés. Cependant, l’institution ne sait pas encore exactement où économiser. «Toutes les facultés et tous les centres de recherche seront concernés, ainsi que le service central avec le rectorat et la direction administrative. Les doyens seront responsables de la mise en œuvre des mesures d’austérité dans leur faculté. (Der Bund)
Afin de pallier au budget, les frais de scolarité avaient déjà été augmentés: triplés pour les étudiant·es étranger·ères et passés de 750 à 850 francs pour les nationaux. Les étudiants prévoient une manifestation le 1 octobre sur la Place fédérale afin de s’opposer à cette mesure.
L’Université de Berne a désinvité l’ex-cheffe de Fedpol
L’ex cheffe de Fedpol Nicoletta della Valle travaille maintenant pour Champel Capital, une entreprise qui cherche des investisseurs pour des start-up israéliennes dans les demaines de la sécurité et le militaire. Ce changement (et le risque de fuite de données sensibles) fait l’objet de critiques, par exemple par son ancien supérieur, le Conseiller fédéral Beat Jans. L’Université de Berne a décidé d’annuler son discours pour la remise des diplômes en administration publique. (NZZ)
Le service de la presse de l’université affirme : «Mme della Valle a elle-même souligné à plusieurs reprises le risque potentiel pour la réputation dans ce contexte.» La décision de refus aurait été prise après consultation avec elle. (Der Bund)
Nicoletta della Valle ne s’est pas exprimé publiquement à ce sujet. Son entourage affirme qu’elle est confrontée à une «vague de rejet», voire à un véritable «canceling», depuis que son mandat a été rendu public. Il ne s’agirait plus depuis longtemps du mandat en soi, mais d’un «sentiment anti-israélien» et aussi de conflits au sein de l’administration. (NZZ)
Ordonnance du Conseil des hautes écoles pour l’accréditation dans le domaine des hautes écoles – ouverture de la consultation
«Le Conseil des hautes écoles a pris connaissance des propositions du Conseil suisse d’accréditation visant à modifier l’ordonnance d’accréditation LEHE et a décidé d’ouvrir une consultation sur le projet de modification.»
L’Unil dans les médias
Un boycott universitaire «stupide et contre-productif»
«Les décisions radicales prises par les universités de Lausanne et de Genève en juin dernier, consistant à suspendre leur coopération avec l’Université hébraïque de Jérusalem ont suscité une réaction très critique de cette dernière. Netta Barak-Corren, professeure de droit à l’Université hébraïque et présidente du Comité pour la liberté académique s’est exprimée à ce sujet dans Tachles, alors que la HUJ célèbre cette année sa 100e année d’existence. «Nous sommes profondément déçus. Il s’agit de boycotts universitaires motivés par des pressions internes et fondés sur des prémisses erronées et des accusations sans fondement. Les décideurs pensent faire preuve de solidarité envers les Palestiniens, mais ils oublient complètement qu’ils nuisent gravement à la science et à la recherche libre, deux domaines qui ne s’arrêtent pas aux frontières nationales et qui servent tous les peuples du monde. […]» (Revue juive / Tachles)
Revue de presse Unil 23 septembre 2025
19Sep2025
Politique des hautes écoles
La fin de la faculté de philosophie à l’Université de Zurich?
La Faculté de philosophie de l’Université de Zurich (PhF), plus grande et plus ancienne de l’institution avec plus de 10 000 étudiants, fait l’objet d’une réforme majeure. En raison de sa taille et de sa diversité (histoire, langues, sciences sociales, informatique linguistique, etc.), elle est jugée ingouvernable : ses organes décisionnels sont surchargés et inefficaces, et elle se perçoit comme sous-représentée dans la direction de l’université.
Deux scénarios sont envisagés : soit une réforme interne avec des instances plus petites et un co-décanat, soit un éclatement en deux ou trois facultés distinctes, éventuellement accompagné de la séparation de l’Institut de psychologie, jugé trop volumineux.
Cette restructuration suscite des craintes : les petites disciplines (slavistique, grec ancien, etc.) risqueraient de perdre la protection de la grande faculté et de devenir politiquement vulnérables, dans un contexte où les sciences humaines sont régulièrement contestées au profit des filières « rentables » (économie, sciences exactes). Certains redoutent un affaiblissement de l’interdisciplinarité et un recul de la place des sciences humaines dans la société.
Pour d’autres, la réforme est nécessaire afin de rendre la faculté plus efficace et de mieux représenter ses spécificités au sein de l’université. Les associations étudiantes et les syndicats demandent toutefois que la réorganisation ne se fasse pas au détriment des disciplines minoritaires et qu’elle préserve la diversité académique.
Le Conseil d’État s’apprête à tailler dans tous les salaires de la fonction publique
«Après les annonces de coupes dans le secteur de la santé et à l’université qui ont émaillé l’été, le Conseil d’État s’attaque directement à la masse salariale de la fonction publique. […] L’Exécutif cantonal a imaginé une «contribution de crise» équivalant à une réduction de 0,8% du salaire brut de tous les employés de l’État. Y compris les plus bas. Le gouvernement espère ainsi économiser 28,6 millions. Ces mêmes salaires ne seront pas indexés au coût de la vie en 2026.»
L’Université de Zurich renforce son offre de formation interdisciplinaire
Au cours des dernières années, l’UZH a élargi de manière ciblée son offre de formation interdisciplinaire. Elle a par exemple lancé des programmes d’études dans des domaines interdisciplinaires tels que la biodiversité, la biomédecine, la biochimie, les sciences du système terrestre, la chimie économique et les compétences numériques.
Au semestre d’automne 2025, l’UZH lancera une série de nouveaux programmes d’études interdisciplinaires :
- Un bachelor en astronomie et astrophysique
- Un bachelor en mathématiques appliquées et apprentissage automatique, avec accent particulier est mis sur l’utilisation responsable et réfléchie de l’intelligence artificielle
- Un bachelor en études religieuses et théologie dans lequel les étudiant·es peuvent, selon leurs intérêts, se concentrer davantage sur les sciences religieuses ou la théologie.
- Le bachelor en durabilité (l’Una Europa Joint Bachelor in Sustainability), lancé dans le cadre de l’alliance entre hautes écoles Una Europa, ensemble avec sept universités partenaires.
L’Académie royale néerlandaise des Arts et des Sciences est contre la participation israélienne au programme Horizon Europe
Dans le contexte de la guerre à Gaza, l’Académie royale néerlandaise des Arts et des Sciences (KNAW) s’est prononcé en défaveur de la participation israélienne au programme Horizon Europe.
Ella a mis comme contexte une sélection de rapports et prises de position similaires provenant d’autres pays.
Nomination d’Effy Vayena au sein de la direction de l’ETH Zurich
Le Conseil des EPF a nommé la professeure Eftychia Vayena membre de la direction de l’ETH Zurich. Dans le cadre du projet de développement organisationnel «FIT for the Future», il a en outre pris acte de l’alternative proposée par les établissements de recherche et les a chargés de la développer davantage. Le Conseil des EPF décidera vraisemblablement d’ici à la fin de l’année laquelle ou lesquelles des différentes variantes il compte soumettre à la consultation interne au Domaine des EPF.
Pétition étudiante lancée contre l’abolition du master en transdisciplinarité à la ZHdK
La Haute école des arts de Zurich (ZHdK) veut abolir son programme de master en transdisciplinarité à moyen terme, «dû au fait que les points forts du cursus sont de plus en plus favorisés dans tous les départements et qu’ils sont donc déjà couverts par d’autres matières».
Cette nouvelle a suscité l’incompréhension et l’incertitude parmi les collaborateur·ices et les étudiant·es de l’établissement. Une pétition a été lancée, signée par près de 1000 personnes jusqu’au mercredi soir, et l’organisation étudiante Verso a écrit une lettre demandant la «suspension immédiate» de cette mesure. Etudiant·es, ancien·es étudiant·es et collaborateur·ices refusent «l’abolition sans procédures transparentes de ce programme d’études unique, socialement pertinent et internationalement reconnu (…)».
Ce programme de master connait actuellement une forte demande. «Depuis son lancement en 2009, plus de 180 étudiants originaires de plus de 25 pays ont été accueillis. Pour l’année scolaire 2025, il y a eu 90 candidatures pour seulement 18 places. Le master réunit l’art, la science et la société et donne aux étudiants l’espace nécessaire pour traiter de manière créative des sujets complexes tels que le climat, la technologie ou la justice sociale – sans devoir s’attacher à une seule discipline.» Interrogée par Nau, la rectrice Karin Mairitsch écrit qu’«il n’est pas question d’une fermeture pour l’instant», le type de poursuite sera décidé après l’exécution des différentes étapes du processus.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 19 septembre 2025
18Sep2025
Politique des hautes écoles
«Le Fonds national suisse contraint à des économies de 10% par an»
Selon son programme d’allégement, le Conseil fédéral veut réduire les moyens du FNS à hauteur de 10 % en 2027 et de 11 % en 2028. Bien qu’il rejette ces coupes massives dans son budget, le FNS est contraint de s’y préparer, décidant «avec tous ses partenaires de réaliser des économies dans plusieurs instruments d’encouragement». L’organisme a ainsi décidé de mettre en place dès 2026 les mesures suivantes:
- «L’instrument d’encouragement visant le soutien d’idées nouvelles et non conventionnelles Spark est suspendu au moins jusqu’à la fin 2027.
- Les Implementation Networks ne seront pas introduits après leur phase pilote.
- L’instrument d’encouragement international SPIRIT sera suspendu jusqu’en 2028 inclus.
- Le FNS ne lancera pas de nouvelle mise au concours pour les projets COST. (La Suisse continue toutefois de participer aux Actions COST internationales).
- Le budget consacré aux partenariats européens est réduit d’un quart.»
«Le Conseil de la recherche décidera chaque année de l’ampleur de ces réductions pour les trois prochaines années (2026 à 2028) sur la base des décisions budgétaires prises par le Parlement à la fin de l’année. Les projets de recherche en cours pourront se poursuivre comme prévu.»
«Transition écologique : Une école publique polluée par les intérêts privés»
Alors que la moitié des universités françaises ont mis en place des formations sur la transition écologique, les scientifiques Jean Jouzel et Luc Abbadie, auteurs d’un rapport de référence sur le sujet, saluent les progrès accomplis mais mettent en garde contre la dépendance aux financements privés.
En effet, un rapport du Observatoire des multinationales publié mercredi pointe l’omniprésence des multinationales à l’école Politechnique (aussi appelé l’X), dans les chaires, les partenariats et la vie étudiante. «Un entrisme qui retarderait l’arrivée de contenus liés à la protection de l’environnement dans les cursus et enfermerait les futurs ingénieurs vers un seul modèle de réussite.»
- financement tiers
- liens d’intérêt
- durabilité des universités
- durabilité et climat
- enseignement – pluralité
- recherche – pluralité
«La moitié de la population suisse se méfie lorsque l’IA rend compte de la science»
«La majorité des Suisses soutiennent la recherche scientifique et condamnent les attaques contre la science, selon le Baromètre scientifique 2025 mené par l’Université de Zurich. La plupart des habitants de la Suisse utilisent l’intelligence artificielle, mais beaucoup l’abordent avec prudence. La population suisse continue de manifester un soutien massif à la science et à la recherche scientifique.»
L’accès à la recherche européenne est fragile
Plusieurs éléments pourraient rendre les collaborations de recherche avec l’Europe instables, explique le politiologue Simon Zemp, collaborateur scientifique et politologue auprès de swissuniversities et membre du groupe de réflexion «Foraus». Tout d’abord, l’UE utilise de plus en plus l’accès à ses programmes de recherche comme moyen de pression en politique étrangère afin de faire valoir ses intérêts. Ensuite, l’UE met actuellement davantage l’accent sur les normes de sécurité dans le partage des connaissances dans sa coopération à la recherche. «Cela met les pays tiers – comme la Suisse – dans une situation un peu inconfortable», dit-il. «À l’avenir, les pays tiers pourraient donc être exclus des programmes de l’UE dans des domaines sensibles tels que la cyberrecherche ou la recherche sur les drones – afin de minimiser les risques pour la sécurité.» De nouvelles turbulences internationales pourraient également poser de nouveaux défis à la recherche suisse.
«Köppel on Campus»: un format mal transposé pour la Suisse, auxquels les étudiant·es semblent ouvert·es
Selon Sarah Bütikofer, politologue spécialisée dans la politique suisse, le format de débat américain de Charlie Kirk, que Roger Köppel souhaite reprendre au niveau suisse à travers son concept «Köppel on Campus», serait «plutôt mal» transposé dans notre pays.
En effet, la spécialiste note que la culture du débat est bien existante en Suisse, la population étant régulièrement appelée à voter. La «polarisation affective», aversion émotionnelle entre les camps politiques, est également moins prononcée en Suisse qu’aux États-Unis. Les Suisses sont également habitué·es à ce que de nombreuses personnes prennent la parole en raison de leur fonction dans la politique, une association ou des organisations d’intérêts. La politologue rejette également la critique de Roger Köppel envers les universités suisses, selon laquelle elles manqueraient de débats. «Cette accusation peut être facilement démentie. À mon avis, dans chaque cours de bachelor», dit-elle.
Les étudiant·es interrogé·es semblent se montrer plutôt ouvert·es quant à la venue de Roger Köppel sur les campus. «Les étudiant·es sont curieux et critiques», affirme Ladina Bischof, du comité directeur de l’association des étudiant·es de l’Université de Zurich. Ils et elles considèrent que le format de débat ne pose aucun problème, si ce n’est l’instrumentalisation de la mort de Charlie Kirk.
Il existe cependant un certain scepticisme, certain·es se demandant si un format tel que celui proposé par Roger Köppel contribue à promouvoir une culture du débat constructive et empathique.
«Un salon de l’emploi pour migrants sur le campus lausannois»
« L’Université de Lausanne a accueilli mercredi cet événement destiné aux réfugiés et migrants. Échos des participants, entre espoirs et frustrations. […] Cet événement inédit en terres vaudoises est né de l’initiative de Yuriy Semenich, membre de Together, en partenariat avec la Faculté HEC Lausanne.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 18 septembre 2025
17Sep2025
Politique des hautes écoles
La chasse aux «wokes» a épuisé les universitaires
Depuis l’«affaire de Grenoble» en 2021, les universités françaises sont régulièrement accusées d’être infiltrées par une supposée idéologie «woke» ou «islamo-gauchiste». Ces polémiques, largement relayées par certains médias, responsables politiques et essais à succès, alimentent un climat de suspicion et fragilisent les libertés académiques.
Les campagnes médiatiques et politiques se traduisent par des pressions financières (coupures de subventions), du harcèlement en ligne et parfois des menaces de mort visant enseignant·es et responsables d’établissements. Plusieurs chercheurs et chercheuses décrivent un «travail de sape» qui épuise les équipes, entraîne de l’autocensure, voire pousse certains universitaires à l’exil.
L’article mentionne deux études indiquant qu’il n’existe pas de «submersion woke» : les thématiques liées au genre ou aux questions raciales restent marginales dans la recherche française. Mais les attaques, souvent construites sur des anecdotes et amplifiées médiatiquement, constituent un levier politique efficace, utilisé désormais au-delà de l’extrême droite.
Résultat : un climat de peur et de démoralisation s’installe dans le monde académique, où l’on forme désormais les scientifiques à se protéger juridiquement et sur les réseaux sociaux. Cette mise en cause répétée de l’université menace sa légitimité et provoque un risque de fuite des talents.
La Suisse reste le pays le plus innovant au monde
«La Suisse reste le pays le plus innovant au monde. Selon l’indice de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), elle devance la Suède et les Etats-Unis, alors que la Chine fait son entrée dans les dix meilleurs pour la première fois. […] Et Bâle sort des 100 meilleurs écosystèmes d’innovation dans le monde.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 17 septembre 2025
16Sep2025
Politique des hautes écoles
«Dans quelle mesure le débat est-il libre à l’Université de Berne ?»
L’Université de Berne a annulé trois jours avant l’événement, une conférence organisée par Amnesty International avec Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU pour la Palestine. Initialement acceptée, puis plusieurs fois confirmée et remise en question, la réservation de la salle a finalement été retirée après de fortes pressions extérieures.
Le tournant décisif est intervenu après une intervention du Schweizerischer Israelitischer Gemeindebund (SIG), qui a alerté la rectrice Virginia Richter sur des propos attribués à Francesca Albanese jugés «antisémites» ou «légitimant le terrorisme». Le SIG a transmis des extraits d’un rapport critique de l’ONG pro-israélienne UN-Watch. Suite à cet échange, la direction de l’université a exigé d’Amnesty des garanties immédiates d’« équilibre » et de prévention contre l’antisémitisme, mais a retiré son autorisation avant même la réponse complète de l’organisation.
La décision a eu un retentissement international : mentionnée par les autorités israéliennes, utilisée par UN-Watch au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, et suivie peu après par des sanctions américaines contre Albanese. Amnesty, de son côté, dénonce une décision prise sous pression politique et souligne que la rapporteuse travaille sur une base scientifique. (Bieler Tagblatt)
Et la décision de l’Université de Berne continue de susciter de vives critiques internes et externes. Plusieurs collaborateurs·rices dénoncent sous couvert d’anonymat un climat de la peur, de la censure et de l’autocensure.
«Le climat qui règne à l’université de Berne représente un danger bien plus grand pour l’exercice de ma profession que la perte de mon emploi», juge le professeur assistant Charles Heller de l’Institut d’Anthropologie sociale de la même université, qui dénonce une décision «scandaleuse» de la direction, rappelant que l’université n’a organisé aucun événement substantiel sur la guerre à Gaza depuis octobre 2023, manquant ainsi à sa mission sociale qui consiste à fournir aux étudiants, aux facultés et au grand public les bases nécessaires pour se forger une opinion éclairée.
Le Professeur de droit constitutionnel et administratif de l’Université de Bâle Markus Schefer insiste sur la nécessité pour l’institution d’ouvrir l’espace de débat à toutes les opinions, y compris sur le conflit israélo-palestinien. «Le caractère scientifique et l’équilibre ne peuvent être des conditions préalables aux déclarations faites dans le cadre d’événements organisés dans une université. Dans les établissements d’enseignement supérieur, les questions générales d’intérêt social doivent également pouvoir être abordées d’une manière fortement influencée par des opinions personnelles.
L’université ne se limiterait pas à la science. « À l’université, on peut tout dire dans le cadre de la loi. » Dans les cours et autres manifestations scientifiques spécifiques, les propos tenus doivent ensuite être évalués à l’aune de critères scientifiques. Par conséquent, les événements organisés dans les locaux d’une université ne doivent pas nécessairement être équilibrés. «À cet égard, les universités ne sont pas soumises aux mêmes normes strictes que la radio publique, par exemple.» Mais il est également clair que lorsqu’elle autorise des événements sur des sujets controversés, l’université ne peut pas servir de forum à un seul camp, mais doit être ouverte à toutes les opinions» (Der Bund)
- rôle des scientifiques
- liberté académique
- rôle des universités
- liberté d’expression
- conflit israélo-palestinien
Conseil de communication pour les universités
En début septembre, swissuniversities avait communiqué sur l’importance de la collaboration avec les institutions de recherche européenne et s’est prononcé en faveur des accords-cadres visant à stabiliser et développer les relations bilatérales entre la Suisse et l’Union européenne.
L’ancien rédacteur en chef de la Zürichsee Zeitung, Ulrich Gut, observe que les parties prenantes opposées aux accords arguent souvent que les universités suisses devraient plutôt miser sur des collaborations avec des universités américaines ou asiatiques, sous prétexte que l’Union européenne est un «navire en perdition».
Il estime que les Suisses manquent d’information concernant l’importance de la collaboration avec la recherche européenne du programme Erasmus+. Un éloignement de l’Union européenne reviendrait à la création de dépendances avec des états et leurs dirigeants Donald Trump et Xi Jinping, «de plus en plus imprévisibles et agressifs».
- Erasmus+
- collaboration entre hautes écoles
- Horizon Europe (anciennement FP9)
- politique – Europe
- image de la science
- FP10
Vers un deuxième choc Spoutnik?
Klaus Taschwer, journaliste et sociologue spécialisé dans l’histoire des sciences, analyse l’offensive de Donald Trump contre la recherche scientifique indépendante aux États-Unis. Depuis son retour au pouvoir, il a lancé d’importantes coupes budgétaires, menaçant de réduire d’un tiers les financements publics de la recherche fondamentale (la plus forte diminution depuis 80 ans). Ces mesures touchent non seulement des domaines politiquement sensibles comme le climat, l’environnement ou les études de genre, mais mettent aussi sous pression des universités prestigieuses comme Harvard, Columbia ou l’Université de Californie.
L’auteur rappelle des précédents historiques : l’affaiblissement de la science en Allemagne nazie, les persécutions d’intellectuels sous Franco, Dollfuß ou Stalin, ainsi que les manipulations idéologiques de Lyssenko en URSS. Toutefois, Trump n’agit pas par violence directe, mais selon un modèle décrit comme celui des «Spin Dictators», comme Erdogan, Orbán, Bolsonaro et Poutine : intimidation, remplacement de dirigeants jugés hostiles, coupes budgétaires et recentrage vers la recherche appliquée (IA, technologies quantiques) plutôt que fondamentale.
Ces choix risquent de fragiliser durablement la position des États-Unis comme puissance scientifique, acquise après 1945 grâce à un large consensus sur le rôle central de la recherche pour la prospérité et la sécurité. Certain·es craignent un «deuxième choc Spoutnik» : comme en 1957 face à l’URSS, les États-Unis pourraient être dépassés technologiquement, et cette fois par la Chine, qui domine désormais largement le Nature Index des grandes institutions scientifiques.
De plus en plus d’étudiant·es achètent leurs travaux universitaires
Marcel Kopper, directeur général de l’agence suisse GWriters, qui offre du ghostwriting académique affirme que «la demande en Suisse a sensiblement augmenté ces dernières années. Cela s’explique moins par une baisse des inhibitions que par les nouvelles conditions générales dans le domaine des études.» Il explique qu’aujourd’hui, de nombreux étudiant·es seraient «soumis à des contraintes de temps considérables en raison d’une activité professionnelle ou d’obligations familiales», et certain·es payeraient des agences pour qu’elles écrivent des travaux académiques en entier ou en partie à la place d’elles et eux. Ainsi, la plupart du temps, les GWriters s’occuperaient d’étudiant·es qui travaillent et d’étudiant·es internationaux·ales qui auraient besoin de soutien linguistique supplémentaire.
Aujourd’hui, il existerait une demi-douzaine d’agences de ghostwriting académique en Suisse. L’expert juridique Christian Lenz du cabinet d’avocats Lenz & Caduff déclare: «En Suisse, la situation juridique concernant le ghostwriting pour les travaux académiques n’a pas encore été clarifiée par un tribunal. Je ne suis pas au courant de jugements qui qualifient le ghostwriting d’infraction pénale.» Cependant, l’expert met en évidence les déclarations d’indépendance que les étudiant·es doivent signer afin de confirmer que le travail a été écrit par elles et eux. Des mesures disciplinaires pourraient être envisagées, allant de réprimandes à une exclusion de l’université, dit-il.
Il est prévu qu’un centre de compétence pour l’intégrité scientifique voit le jour en Suisse en 2026 afin de pallier aux manquements dans le cas de fraudes scientifiques.
Interview de la rectrice de l’UNIGE Audrey Leuba
Pour cette rentrée, l’Université de Genève accueille 18’200 étudiant·es, un record. Cette croissance concerne notamment les facultés de droit, des sciences et la GSEM (Geneva School of Economics and Management). L’Université a reçu d’importants financements pour la recherche, notamment de la Fondation Wilsdorf, et le campus est en train de croître avec la construction de nouveaux bâtiments. La rectrice note que les coupes envisagées par la Confédération pourraient s’élever à plus de 22,5 millions de francs par an, ce qui représenterait 20% des projets de recherche et 40 postes de professeur·es ordinaires.
Voici les principaux projets de la direction actuelle que la rectrice mentionne:
- Afin de favoriser l’employabilité, la direction a prévu l’intégration de stages dans la formation, allant jusqu’à une année et reconnus par des crédits. Leur mise en place nécessite des modifications réglementaires ainsi qu’un soutien aux facultés dans la recherche de ces stages.
- L’Université développe des «microcertifications», des formations courtes dans des domaines variés (intelligence artificielle, écotoxicologie, droit international de l’eau douce…), dans une même optique d’amélioration de l’employabilité.
- Pour lutter contre la précarité, l’Université a trouvé un accord avec la Fondation genevoise de désendettement (créée par la Fondation Wilsdorf). L’Université a également obtenu un fonds afin d’améliorer les conditions de travail du corps intermédiaire.
- L’Université souhaite développer davantage ses liens et collaborations avec la Genève internationale.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 16 septembre 2025
15Sep2025
Politique des hautes écoles
«Köppel on Campus»: promouvoir la culture du débat dans les universités suisses
«La HE-Arc de Neuchâtel teste la semaine de quatre jours, un projet-pilote inédit»
«À compter de cette rentrée, les étudiantes et les étudiants en ingénierie de la Haute école Arc à Neuchâtel n’auront plus que quatre jours de cours par semaine. Ce test inédit a pour but de rendre plus attractive une filière en perte de vitesse. […] «Aujourd’hui, on voit que c’est un besoin et une tendance de la société de pouvoir (…) avoir un jour complètement libre pour un loisir ou un petit emploi, voire pour mieux effectuer son travail de manière autonome», note le responsable du domaine ingénierie Olivier Duvanel. «Ça a l’air de fonctionner puisqu’on fait la meilleure rentrée depuis 2021.»»
Des faibles bourses d’études dans le canton de Neuchâtel
Dans le canton de Neuchâtel, les bourses d’études à la fois cantonales et de l’Université sont relativement basses, en comparaison avec d’autres cantons romands. A titre indicatif, «le budget de l’Université de Neuchâtel pour les bourses universitaires ne représente donc que 3 à 4% de celui de l’Université de Genève», entre 250’000 et 300’000 francs pour Neuchâtel contre près de 8 millions pour Genève. Les bourses cantonales sont «jugées difficiles à obtenir, peu mises en avant et dont les montants restent relativement bas», selon la Fédération des étudiants neuchâtelois (FEN).
Des disparités subsistent également dans la temporalité et l’administratif. A Neuchâtel, de nombreux·euses étudiant·es «doivent d’abord réussir à avancer de gros frais avant de recevoir le moindre soutien», le bureau social n’accordant pas de soutien financier durant le premier semestre, tandis qu’à l’Université de Genève, «toutes les demandes de bourses avaient été bouclées avant fin novembre» l’an dernier. A Genève, des permanences sont également mises en place afin d’accompagner les étudiant·es dans l’élaboration de leur demande.
La Fédération des étudiants neuchâtelois (FEN) a finalement elle-même mis en place un fonds d’urgence, financé grâce à des dons privés et d’associations, accessible dès le premier semestre. Il intervient lorsque des étudiant·es se trouvant en difficulté se voient refuser les aides de l’Université, et couvre majoritairement le paiement des taxes d’études.
«Selon l’organisation faîtière des hautes écoles suisses, swissuniversities, les mécanismes et les modalités d’aide financière sont propres à chaque institution.» Le Conseil d’État du canton de Neuchâtel a annoncé des améliorations des bourses cantonales dès la rentrée 2025, avec des montants plus hauts et une prise en charge élargie des dépenses.
Université de Fribourg: incertitude financière et nouveautés de la rentrée
Par ailleurs, quelques nouveautés ont été annoncées par l’Université. L’institution compte désormais 6 facultés pour cette rentrée, dont la Faculté des sciences de l’éducation et de la formation. Un nouveau programme d’études secondaires de Master «Digital society» est proposé par la Faculté des lettres et des sciences humaines, «axé sur les dimensions et les conséquences sociales des technologies numériques dans les sociétés actuelles». Plusieurs cours du bachelor de théologie sont désormais disponibles en ligne. Le programme de bachelor «Sciences politiques» remplacera l’actuel «Politique et société» dès l’automne 2026, date à laquelle l’ensemble des études en bachelor pourront être suivies à distance.
Finalement deux professeur·es ont été nommé·es, chacun·e ayant obtenu un financement de 1,45 million de francs du Conseil Européen de la Recherche. (Frapp)
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 15 septembre 2025
12Sep2025
Politique des hautes écoles
Conseil suisse de la sciences : les sept défis en matière de formation, de recherche et d’innovation
«À l’occasion de son soixantième anniversaire, le Conseil suisse de la science (CSS) s’est projeté dans l’avenir et a identifié sept défis majeurs pour les dix prochaines années. […] Le CSS invite les acteurs et actrices publics et privés du domaine FRI à collaborer. Il est convaincu qu’il est nécessaire de s’entendre sur les priorités des dix prochaines années : en raison précisément des incertitudes financières, géopolitiques et technologiques, il est essentiel d’identifier à la fois les opportunités et les risques futurs et de les adresser.»
Les défis:
- Renforcer la place de la formation, de la recherche et de l’innovation
- Façonner les changements dans la science
- Assurer l’ouverture et l’intégration internationales
- Consolider la place de la Suisse en tant que pôle d’innovation
- Promouvoir la confiance dans la science
- Développer le paysage suisse des hautes écoles et
- Renforcer la formation professionnelle et l’apprentissage tout au long de la vie
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 12 septembre 2025
11Sep2025
Politique des hautes écoles
L’intégrité de la recherche nécessite un programme de gentillesse
Madeleine Pownall, professeure associée à l’école de psychologie de l’Université de Leeds, dénonce une culture de harcèlement académique envers les jeunes chercheur·euses (ECRs) dans l’open science. Elle a pu constater dans ses recherches que de nombreux·euses jeunes chercheur·euses hésitent à participer aux pratiques d’open science en raison de ces problèmes culturels. Une expérience hostile dans ce contexte pourrait même les amener à se détourner définitivement du milieu de la recherche. Selon elle, «l’hostilité, l’exclusion et le harcèlement académique devraient être formellement reconnus comme des problèmes d’intégrité de la recherche».
En 2020, les spécialistes en sciences cognitives Olivia Guest et Kirsty Whitaker avaient inventé le concept de «bropen science» afin de critiquer la façon dont le mouvement des open sciences «renforçait plutôt que démantelait les hiérarchies existantes dans l’enseignement supérieur», remplaçant l’inclusion dans les conversations ouvertes sur la recherche par la performance, l’hostilité et l’exclusivité. Aujourd’hui, «cette réalité n’est toujours pas prise au sérieux», regrette Madeleine Pownall.
La professeure estime alors que l’intégrité de la recherche a besoin d’urgence d’un «programme de bienveillance», qui comprend des mesures incitatives locales afin de favoriser une culture académique de la gentillesse. «Cela impliquerait l’élaboration de politiques et de pratiques, à tous les niveaux, qui soutiennent non seulement la recherche rigoureuse mais aussi des interactions humaines et compatissantes envers les uns et les autres : les valeurs de collégialité, de soin et de réflexion que la recherche ouverte prétend promouvoir. Il pourrait s’agir, comme point de départ, d’établir des protections claires contre l’intimidation et le harcèlement, d’avoir des procédures transparentes de signalement et de dénonciation pour les ECRs, et de récompenser la collaboration et le soutien mutuel.»
- carrière académique
- open science
- recherche – éthique
- harcèlement moral – mobbying
- intégrité scientifique
Le canton de Berne devra créer des places d’études supplémentaires en médecine humaine
L’Unil dans les médias
Pétition contre les coupes budgétaires dans la formation et la recherche
L’ACIDUL, la FAE et SSP ont lancé une pétition: «Nous, chercheurs et chercheuses, étudiants et étudiantes, membres des équipes administratives et techniques de l’Université de Lausanne (UNIL), nous opposons fermement aux coupes budgétaires annoncées pour l’UNIL par le Conseil d’État vaudois le 24 juillet 2025, comme à toutes les coupes prévues dans les budgets des services publics et parapublics. […]»
Revue de presse Unil 11 septembre 2025
10Sep2025
Politique des hautes écoles
«Bail de la ferme de Bassenges prolongé»
Dans le cadre d’une procédure de conciliation devant le préfet de l’Ouest lausannois, un accord a été négocié entre l’EPFL et le collectif Cambium: le bail de la ferme sera prolongé de 4 ans, soit jusqu’au 31 janvier 2030. A partir de cette date, la micro-ferme exploitée par le collectif devra définitivement être réaffectée en centre scientifique, le Centre interfacultaire Bernoulli, un institut d’enseignement et de recherche de portée internationale en mathématiques, informatique et physique théorique.
Bien que soulagé·es, les actuel·les exploitant·es affirment toutefois que selon elles et eux, l’affectation de la parcelle et des bâtiments devrait rester agricole. «En effet, à ce stade, aucune mise à l’enquête n’a été déposée et rien n’indique la légalité de transformer ces bâtiments agricoles en pleine activité en de simples bureaux», écrit le collectif sur son site. Ses membres invitent donc à continuer de signer la lettre ouverte demandant la pérennisation du projet agricole. L’EPFL annonce de son côté que les terres actuellement cultivées par le collectif Cambium «garderont la vocation d’agriculture et de préservation de la biodiversité après le départ des fermiers».
Actualités sur la rentrée des HES genevoises
A propos de la rentrée de lundi prochain dans les HES genevoises (HEPIA, HEG, HEAD, HEM, HEdS et HETS), quelques actualités:
- La fréquentation de la HES-SO Genève est en hausse de 4% sur un an. Daniela Di Mare Appéré, directrice générale de la HES-SO Genève, souligne que les Bachelors HES «répondent aux besoins concrets des milieux professionnels».
- La Haute école d’art et de design (HEAD) a créé un nouveau Bachelor intégralement dédié au cinéma. Le projet est mené en collaboration avec l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL) et les milieux professionnels. Il vise à répondre aux besoins du secteur.
- Dès octobre, la Haute école de gestion (HEG) comprendra un nouvel espace sur son campus Battelle: le Nexus. Il a été conçu comme «un lieu d’innovation pédagogique» élaboré selon les principes de l’économie circulaire.
Le Conseil d’Etat a voté en faveur des titres «Professional Bachelor» et «Professional Master»
Le Conseil des Etats a adopté lundi à l’unanimité un projet du Conseil fédéral visant à améliorer l’attrait des écoles supérieures (ES), notamment grâce à de nouveaux noms de diplômes. Le dossier part au Conseil national.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 10 septembre 2025
«Le cours académique qui se suit sac au dos et en marchant 140 kilomètres»
«Professeur à l’UNIL, Olivier Bauer donne une leçon consacrée au pèlerinage en marchant avec ses étudiants le long de la Via Francigena. Une aventure de huit jours et huit cours. Reportage.»
9Sep2025
Politique des hautes écoles
«Une nouvelle culture pour les médecins»
L’association intercantonale Réformer a lancé sa plateforme le 9 septembre. Sara Gabrione, directrice de Réformer, et Pierre Maudet, conseiller d’Etat genevois chargé de la Santé et président de cette association, explique au Temps les enjeux et objectifs du projet.
Le but est d’aider les Départements de la santé des six cantons romands à mieux planifier la formation postgraduée, de manière à ce qu’elle puisse répondre aux besoins du terrain. «Le but n’est pas de former plus de médecins, mais de les former là où c’est nécessaire.» Les jeunes médecins seront ainsi mieux orientés, que ce soit au niveau des spécialités ou des régions. «Il s’agit d’un changement de culture important pour les médecins», qui pourront (ou devront?) désormais s’intéresser aux réels besoins de la population avant de choisir leur spécialisation.
La première étape du projet consiste, selon ses coordinateurs, en un recensement précis du système de santé actuel, dont il serait, à l’heure actuelle, impossible de tirer de quelconques quotas. La phase de lancement actuelle se concentre sur deux filières: l’anesthésie et la pédiatrie. Dix filières supplémentaires s’ajouteront l’année prochaine. L’association est actuellement en phase de test jusqu’à juin 2027. Le projet est financé à hauteur d’un million de francs par canton participant (FR, GE, VD, NE, VS, JU).
Scandale autour de faux diplômes universitaires en Turquie
Un scandale de falsification de certificats, diplômes universitaires et permis de conduire ébranle la Turquie depuis quelques semaines. Selon le ministère de la Justice, des fraudeur·euses se seraient procuré les codes d’accès de haut·es fonctionnaires, afin d’accéder aux bases de données de l’État et de les manipuler, demandant par exemple à des intéressé·es des milliers d’euros en échange de faux diplômes.
L’autorité de régulation des communications BTK, le ministère de l’Éducation et de nombreuses universités seraient notamment concernés. L’ampleur du phénomène est encore incertaine: les médias font état de centaines de faux diplômes alors que le gouvernement parle seulement d’une soixantaine et de plus d’une centaine de faux permis de conduire. Selon Veysel Ulusoy, ancien président de l’Institut des sciences sociales de l’université Yeditepe à Istanbul qui enseigne désormais à l’université de Harvard, l’ampleur du problème dépasserait largement ce qui est connu: «Le problème est beaucoup plus complexe, il est étroitement lié à la politique et aux institutions, et s’étend aux abus dans les promotions, les nominations et même les transferts internationaux d’étudiants».
Actuellement, certaines personnalités politiques se sont vu retirer leur(s) diplôme(s), tandis que d’autres sont contraintes de défendre la légitimité de leur(s) titre(s). Ce scandale soulève de nombreuses interrogations quant à la valeur réelle des diplômes, ébranlant profondément la confiance de la population envers l’État et ses institutions.
Biodiversa+ : lancement d’un nouvel appel à projets du FNS
L’objectif de « BiodivConnect », le nouvel appel à projets lancé par Biodiversa+, est d’encourager la recherche innovante pour utiliser ses résultats dans des pratiques de restauration de la nature qui favorisent l’interconnexion et la fonctionnalité des écosystèmes et des habitats.