«Le gouvernement a lancé une « concertation nationale » pour refondre les études de santé en une voie unique. Le Sénat vient de donner le premier coup de pioche au système actuel, jugé trop complexe.»
24 Oct 2025
24 Oct 2025
«Le gouvernement a lancé une « concertation nationale » pour refondre les études de santé en une voie unique. Le Sénat vient de donner le premier coup de pioche au système actuel, jugé trop complexe.»
23 Oct 2025
«L’abus de pouvoir est nettement plus répandu dans les universités suisses que ne le laissent supposer les cas isolés retentissants rapportés ces dernières années», résume le journal d’investigation REFLEKT qui a publié les résultats d’une étude sur ce sujet. «En très peu de temps» 180 personnes ont répondu à l’appel de témoignages, 38 d’entre eux·elles ont été interviewé·es.
Les accusations des personnes interrogées vont «du harcèlement moral et des humiliations à la discrimination, au harcèlement sexuel et aux agressions. Une grande majorité d’entre elles décrivent des problèmes psychologiques résultant d’abus de pouvoir, le plus souvent des dépressions, des troubles du sommeil, des troubles anxieux et des crises de panique»
Les doctorant·es sont particulièrement exposé·es à ces problèmes. Les réponses révèlent des problèmes structurels dans le monde scientifique : «les hiérarchies rigides, les contrats à durée déterminée ou l’autonomie universitaire favorisent les abus de pouvoir et rendent les sanctions difficiles. De nombreuses victimes n’osent même pas signaler les incidents. Et lorsqu’elles osent le faire, les conséquences pour les professeurs sont rares.»
Les journalistes en viennent à la conclusion que les mesures prises par les universités (dont la plateforme anonyme de dénonciation de l’UNIL) «ne semblent remplir leur fonction que de manière limitée». (Reflekt)
«Les personnes qui décident des mesures à prendre ne sont pas neutres », critique Janet Hering, professeure émérite et ancienne directrice de l’institut Eawag dans le domaine des EPF. «Parfois, leurs décisions visent à protéger l’institution plutôt que les personnes concernées.» (SRF)
23 Oct 2025
Le «Compact for Academic Excellence in Higher Education», élaboré par l’administration Trump et envoyé le 1er octobre à neuf grandes universités américaines, propose aux établissements d’enseignement supérieur un avantage financier en échange de leur adhésion à une série de critères idéologiques et administratifs.
Les universités signataires devraient :
Exclure tout critère démographique (sexe, race, religion, orientation sexuelle, etc.) dans les décisions d’admission, d’aide financière ou de recrutement.
Garantir une “neutralité institutionnelle” et supprimer les structures jugées hostiles aux idées conservatrices.
Interdire aux employés de s’exprimer publiquement sur des sujets politiques ou sociaux, sauf à titre personnel.
Définir les notions d’“homme” et de “femme” selon les fonctions biologiques et reproductives.
Rendre gratuites les études en sciences dures dans les universités disposant d’un fonds de dotation supérieur à 2 millions de dollars par étudiant.
Déclarer toute source de financement étranger.
Ce pacte a été envoyé à : l’Université de Pennsylvanie, de Virginie, d’Arizona, du Texas à Austin, de Californie du Sud, Vanderbilt, Dartmouth, Brown et le MIT.
La Maison-Blanche a défendu l’initiative, déclarant que refuser le pacte revenait à “céder aux bureaucrates de gauche radicale.”
Mais plusieurs universitaires ont dénoncé une atteinte grave à la liberté académique. Simon Marginson (Université d’Oxford) a estimé que le pacte instaurerait un niveau de contrôle fédéral inédit sur la pensée nationale.
Le 12 octobre, Donald Trump a élargi l’offre à toutes les universités américaines via Truth Social.
Toutes les universités sollicitées ont rejeté le pacte :
MIT (10 octobre) : le texte viole la liberté d’expression et l’indépendance universitaire.
Brown University (15 octobre) : le pacte menace la gouvernance autonome et la liberté académique.
University of Southern California (16 octobre) : il compromettrait la recherche et la libre pensée.
University of Pennsylvania (16 octobre) : l’université réaffirme son engagement pour le mérite et la coopération scientifique avec l’État.
University of Virginia (17 octobre) : tout financement conditionné à des critères non fondés sur le mérite nuirait à l’intégrité scientifique.
Dartmouth University (18 octobre) : l’ingérence politique, qu’elle vienne de droite ou de gauche, est inacceptable.
University of Arizona (20 octobre) : a proposé une alternative, un “Statement of Principles” pour un dialogue sur les relations entre universités et gouvernement fédéral.
En résumé : Sept sur les 9 universités adressés en premier ont refusé le “compact”, qu’elles jugent contraire à la liberté académique, à l’autonomie institutionnelle et à l’indépendance scientifique. (Eos)
23 Oct 2025
Le journaliste de la NZZ Michael Brendler explique que les récentes coupes budgétaires aux Etats-Unis dans la recherche ont permis de mettre en avant les dépenses importantes que le pays a fait dans la recherche, en comparaison aux minces investissements de l’Europe. Selon le journaliste, à l’heure où «le pays ne comprend plus pourquoi il doit assumer seul les coûts de la recherche», c’est à l’Europe de prendre la relève aujourd’hui.
Concernant les investissements américains, le journaliste note particulièrement que :
Le journaliste donne ensuite quelques conseils à l’Europe, certains selon les recommandations du rapport Heitor, dans le but d’assumer davantage de responsabilités dans la recherche médicale, en redéfinissant la relation avec les États-Unis:
23 Oct 2025
Jan Palmowski, secrétaire général de la Guilde des universités européennes à forte intensité de recherche, estime qu’il existe de meilleures façons pour l’Union européenne de financer la recherche militaire que d’intégrer celle-ci au programme Horizon Europe.
La Commission européenne propose en effet qu’à partir de 2026, le programme Accelerator du Conseil européen de l’innovation (EIC) puisse financer des technologies de défense. Cela mettrait fin à quarante ans de financement strictement civil dans les programmes européens de recherche. La Commission envisage aussi d’ouvrir le prochain programme-cadre (FP10, dès 2028) à la recherche à double usage (civil et militaire).
Jan Palmowski identifie cinq problèmes majeurs :
Risque de détournement de budget : la recherche militaire et duale coûte plus cher et absorberait des fonds destinés à la recherche civile. De plus, des instruments comme le Fonds européen de défense (FED) ou le futur Fonds européen de compétitivité (ECF) existent déjà pour soutenir ces activités.
Exclusions internationales : les projets de défense seraient limités aux entités de l’UE, de l’EEE et de l’Ukraine, excluant des pays partenaires comme le Royaume-Uni ou la Suisse. Cela réduirait l’ouverture scientifique et la coopération internationale.
Atteinte à la science ouverte : les projets dual-use pourraient restreindre la publication des résultats au nom de la sécurité, remettant en cause dix ans d’efforts pour une recherche ouverte et transparente.
Déséquilibre entre recherche fondamentale et appliquée : Horizon Europe est déjà très orienté vers l’innovation appliquée. Intégrer la défense accentuerait encore ce déséquilibre, au détriment de la recherche fondamentale.
Impact sur la communauté scientifique : la participation à des projets explicitement militaires pourrait bouleverser l’identité et les valeurs des chercheurs européens.
M. Palmowski conclut que, dans un contexte géopolitique tendu, il est compréhensible que la Commission mette en avant la dimension militaire. Mais il regrette qu’elle n’affirme pas aussi fortement la valeur civile de la recherche européenne. Il appelle donc à préserver le caractère civil de Horizon Europe et à ouvrir un débat urgent sur les implications d’un virage vers la recherche duale ou militaire.
23 Oct 2025
L’EPFZ a inauguré son Albert Einstein School of Public Policy, un centre interdisciplinaire qui associe politique, sciences naturelles et technologie et l’administration publique afin de relever les plus grands défis sociaux de notre époque.
«C’est plus facile à dire qu’à faire», note la NZZ. En effet, comme l’a fait remarquer le Conseiller fédéral des Affaires étrangères Cassis dans un discours, les scientifiques sont du «type Excel», tandis que les politiciens sont du «type Word». Les deux dépendent l’un de l’autre. «La science sans politique est inefficace, la politique sans science est désorientée», a déclaré Cassis. Néanmoins, la science ne doit pas devenir politique. Et la politique doit continuer à peser le pour et le contre afin de transformer les connaissances en actions.
La venue du Conseiller fédéral était l’occasion d’une petite manifestation pro-palestinienne devant le bâtiment, qui s’est tenue «sans incidents».
23 Oct 2025
Jacques Grinevald, philosophe et historien des sciences, et Philippe de Rougement, député des Vert·es au Grand Conseil genevois, tout deux membres du Réseau objection de croissance de Genève (ROC-GE), critiquent dans les colonnes du Courrier le projet du «futur collisionneur circulaire» (FCC) du CERN. Ils dénoncent en particulier ses impacts environnementaux, ses impacts sociaux, «la pulsion de domination et du phénomène de foi dans la science» au détriment de la nature. Ils critiquent également un aspect procédural anti-démocratique du projet: le fait qu’en date du «9 décembre 2020, le Conseil d’Etat demande au conseiller fédéral Parmelin d’élaborer un plan sectoriel qui serait «de nature à diminuer les procédures de recours»».
23 Oct 2025
«Un e-mail signé par 108 collaborateur·ices du réseau des Hautes Ecoles de Suisse occidentale (HES-SO) dénonce la «demi-mesure» prise par le rectorat concernant ses partenariats israéliens. Les signataires exigent la résiliation de toutes ses collaborations problématiques.» Fin août dernier, la HES-SO annonçait la suspension du partenariat entre la HEAD et l’école d’ingénierie et de design Shenkar à Tel Aviv (Voir: [01.09.2025 – «La HES-SO se détache d’Israël»]). Mais, «d’autres partenariats dits «non actifs» entre la HEAD et l’ECAL avec l’Institut technologique de Holon (HIT) et l’académie d’arts et de design Bezalel, ainsi qu’un accord entre l’ECAL et l’école d’ingénierie et de design Shenkar n’ont pas fait jusqu’ici l’objet de communication de la part de la HES-SO.» (Le Courrier)
Interpelée, la HES-SO affirme que la suspension et non pas la résiliation des accords entre la HEAD et l’école d’ingénierie et de design Shenkar à Tel Aviv «tient à la volonté de maintenir une méthodologie rigoureuse et réévaluable, dans le cadre de relations académiques, plutôt qu’une réaction politique». Quant aux autres partenariats, la HES-SO déclare qu’ils sont actuellement en réactualisation, qui mènera «de fait à une non-reconduction ou à une résiliation».
22 Oct 2025
Le décès d’un patient de 22 ans en psychiatrie, où la pénurie de personnel qualifié est particulièrement marquée, suite à une erreur de médication, soulève désormais des questions sur la formation des médecins. Son médecin exerçait sans diplôme reconnu en Suisse.
Environ 40% des médecins exerçant en Suisse viennent de l’étranger, dû à la pénurie de praticien·nes. Cependant, le nombre de ces médecins exerçant sans diplôme reconnu en Suisse augmente fortement depuis plusieurs années. Plus de 3’100 seraient actuellement enregistrés, selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Les diplômes étrangers reconnu par la Suisse sont ceux des pays de l’UE et de l’AELE, les autres ne bénéficiant d’aucune reconnaissance. «Malgré cela, ces médecins sont autorisés à exercer ici.»
A propos de ce qui est autorisé en Suisse, les avis divergent. Pour l’Office fédéral de la santé publique, les médecins non reconnus devraient toujours travailler sous surveillance. Pour le département argovien de la santé et des affaires sociales, celles- et ceux-ci pourraient «prendre des décisions autonomes en tenant compte de leurs connaissances et de leur expérience». «Ce qui est certain, c’est que les cliniques et les hôpitaux bénéficient d’une très grande marge de manœuvre pour engager des médecins dépourvus de diplômes ou de titres de spécialiste reconnus», notent les journalistes. L’avocat Gregori Werder, spécialisé dans le droit de la santé et le droit du personnel, estime que ce domaine, particulièrement sensible pour les patient·es, souffre d’un flou réglementaire, en l’absence de directives précises. D’après lui, les cliniques bénéficient d’une grande liberté pour juger de l’aptitude professionnelle.
22 Oct 2025
Un mois après son annonce du concept «Köppel on Campus», une sorte d’imitation des débats de Charlie Kirk avec les étudiant·es suisses sur des sujets controversés, Roger Köppel, ancien conseiller national UDC et éditeur en chef de la «Weltwoche», n’a toujours pas annoncé de dates pour ses séances de débat.
Le média Nau.ch fait état de demandes régulières d’étudiant·es désireux·euses de connaitre les dates du début du tour. Le média «n’a connaissance jusqu’à présent que d’une seule université ayant reçu une demande de visite du campus: l’université de Zurich, où [Roger] Köppel a étudié la philosophie politique et l’histoire». Le porte-parole de l’université de Zurich annonce que «le service des manifestations de l’UZH discutera prochainement du concept et des conditions-cadres avec Monsieur Köppel.» Les universités de Berne, Bâle et Lucerne ainsi que l’ETHZ déclarent de leurs côtés qu’aucune demande n’a encore été reçue à ce sujet.
Voir: [16.09.2025 – «Köppel on Campus»: promouvoir la culture du débat dans les universités suisses] et [18.09.2025 – «Köppel on Campus»: un format mal transposé pour la Suisse, auxquels les étudiant·es semblent ouvert·es]
22 Oct 2025
Vendredi dernier, une vingtaine d’activistes propalestinien·nes de «Basel4Palestine» ont perturbé une conférence donnée par le physicien invité israélien Yonathan Anahory. Ils·elles accusent le professeur de l’Université hébraïque de Jérusalem d’être complice d’Israël, son université coopérant avec les forces armées israéliennes.
Le département de physique a appelé la police, qui est intervenue après que les activistes soient parti·es. Le responsable de communication de l’Université Matthias Geering rejette catégoriquement le reproche de «complicité de génocide». L’Université de Bâle s’oriente dans les coopérations de recherche sur des arguments académiques et non politiques, dit-il.
22 Oct 2025
«Les Etats membres de l’UE ont donné mandat à la Commission européenne de parapher l’accord sur les programmes de recherche avec Berne. L’accord, sous l’acronyme EUPA, règle la participation suisse à Horizon Europe, à Erasmus+, à Euratom, à Iter (projet de réacteur de fusion internationale), à Digital Europe et à EU4Health. Il pose également les bases pour une éventuelle future participation à d’autres programmes de l’UE.» La signature devrait avoir lieu le 10 novembre à Berne. Pour permettre la mise en œuvre totale de l’EUPA, la Suisse devra avoir terminé pour fin 2028 le processus démocratique, qui déboucherait potentiellement sur une acceptation du paquet d’accords conclu avec Bruxelles. La participation de la Suisse à Horizon Europe est retroactive pour le début de l’année 2025, celle pour d’autres programmes européens interviendra progressivement, par exemple dès 2026 pour Iter et dès 2027 pour Erasmus+.
21 Oct 2025
En collaboration avec la HEIA-FR, l’Université de Fribourg propose la nouvelle microcertification «Sustainability in Practice» «intéressantes pour le marché de l’emploi». Proposé à tous les étudiant·es de bachelor et master, ce diplôme a pour objectifs la maîtrise d’outils de diagnostic, de planification et d’évaluation pour aboutir sur un résultat concret.
20 Oct 2025
Quatre activistes pour le climat ont interrompu une conférence à la HSG de Saint-Gall donnée par l’investisseur Urs Wietlisbach, co-fondateur de Partners Group. Ils·elles ont accusé l’intervenant à l’image publique de philanthrope vert de n’investir que des sommes modestes dans des solutions durables, au profit des grandes investissements dans les énergies fossiles. Les manifestant·es ont également attiré l’attention sur l’Initiative pour l’Avenir des Jeunes socialistes.
20 Oct 2025
Dans une tribune ouverte de la NZZ, Werner Inderbitzin défend l’augmentation des taxes d’études dans les hautes écoles. Selon lui, elles répondent à une question d’équité compte tenu du «traitement très inégal» entre formation universitaire et formation professionnelle. Les propositions de doublement et quadruplement des taxes d’études sont selon lui «une augmentation modérée», dont les éventuelles difficultés sociales résultantes pourraient être palliées par le biais de bourses.
Il relève en particulier que l’obtention d’un bachelor dans une haute école spécialisée est financé par les pouvoirs publics à hauteur de 60’000 à 120’000 francs, des montants encore plus élevés dans les universités, alors que les étudiant·es paient en moyenne 1’500 francs par an. Dans une école supérieure, les étudiant·es paieraient elles- et eux-mêmes environ 15’000 francs pour l’apprentissage, et jusqu’à 40’000 francs pour certains brevets fédéraux (par exemple pour devenir entrepreneur en construction).
20 Oct 2025
L’entreprise zurichoise SV Group est reconduite pour la gestion des cafétérias de l’UNIGE, garantissant notamment des repas étudiants à 5 francs pour au moins trois ans à partir d’août 2026, avec une possible extension de 5 ans. L’ancien modèle de repas à 5 francs mis en place n’étant pas économiquement viable pour les prestataires, les nouveaux contrats modifient la répartition des coûts: le contrat de bail est passé à celui d’une prestation de service, l’université prenant désormais à ses frais les investissements dans les cuisines et les salles. L’institution annonce vouloir faire appel à un prestataire externe indépendant afin de mesurer la qualité des repas via le Nutri-Score et l’Éco-score, ainsi que des indicateurs de durabilité sociale comme les salaires moyens des collaborateur·ices. L’Université réfléchit également à une éventuelle internalisation des structures de restauration, voulue par l’Assemblée de l’Université. Selon une étude de la Haute école de gestion de Genève, la reprise en gestion interne «est faisable, mais engendrerait un surcoût de plusieurs millions de francs. Une subvention annuelle d’aménagement et de fonctionnement de 5,5 millions et une enveloppe unique d’investissement de 3,5 millions seraient nécessaires», explique Marco Cattaneo, porte-parole de l’UNIGE. Un financement complémentaire du Département de l’instruction publique serait alors nécessaire à cette mise en place.
La gestion des distributeurs automatiques sera également à nouveau confiée à l’entreprise Dallmayr. Le café sera maintenu à 1 franc, et les machines seront plus durables.
17 Oct 2025
«Mark Bray, historien de l’antifascisme à l’Université Rutgers, a déménagé en urgence en Espagne avec sa famille après avoir été pris pour cible par les milieux d’extrême droite, dont l’organisation Turning Point USA, cofondée par l’influenceur ultraconservateur Charlie Kirk, assassiné le 10 septembre»
17 Oct 2025
Magdalena Skipper, rédactrice en chef de Nature, estime que la science passe une période «difficile». Mais elle estime que «malgré la défiance et les faits alternatifs, les chercheurs restent parmi les professionnels les plus dignes de confiance. Il est donc important de se concentrer sur cette confiance et de la renforcer, en montrant non seulement ce que la science découvre, mais comment elle est faite. La transparence est la clé. Autre levier: la représentation. Les gens auront plus facilement confiance en des chercheurs qui leur ressemblent. Mettre en avant les femmes, les personnes de couleur et celles issues de milieux sous-représentés est essentiel pour renforcer la crédibilité et la légitimité de la science dans le contexte actuel.»
17 Oct 2025
«Le nombre d’expérimentations animales avec un degré de souffrance maximal n’avait plus été aussi élevé depuis 25 ans. Alors que le peuple s’apprête à voter une nouvelle fois sur cette question sensible, immersion dans l’animalerie du Centre médical universitaire de l’Université de Genève.»
17 Oct 2025
La Commission européenne prévoit de mettre en place un mécanisme qui aiderait les chercheurs à signaler leurs préoccupations concernant l’utilisation abusive de l’IA dans le domaine scientifique. Cela pourrait inclure la création d’un organisme indépendant ou d’un point de contact au niveau de l’UE chargé de gérer les cas de dénonciation («whistleblowing»).
Cette proposition générale a été bien accueillie par la communauté scientifique, même si des questions subsistent quant à l’approche adoptée.
Plusieurs universitaires demandent que les universités soient impliquées dans la création d’un tel mécanisme dès le début «afin de garantir que les règles soient réalistes, reflètent les conditions réelles de la recherche et respectent la diversité des cultures de recherche à travers l’Europe».
Ceci serait particulier important lorsqu’il existe un risque d’ingérence politique dans la recherche. «De nombreux partis populistes en pleine expansion à travers l’Europe développent une rhétorique anti-science et s’attaquent à certains domaines de recherche», déclare Julien Chicot, responsable de la politique de recherche et d’innovation à la Guilde des universités européennes à forte intensité de recherche. «Dans ce contexte [. . .], tout mécanisme de dénonciation devrait être activé par les chercheurs dans le cadre d’un débat scientifique plus large sur la qualité et l’intégrité de l’utilisation de l’IA dans la recherche. Sinon, la liberté de la recherche scientifique pourrait être menacée.»