Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a ordonné mardi 27.05 la suspension du traitement des visas pour étudiant·es étrangers·ères. L’administration Trump prévoirait en outre de passer au crible les réseaux sociaux des candidat·es.
28 Mai 2025
Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a ordonné mardi 27.05 la suspension du traitement des visas pour étudiant·es étrangers·ères. L’administration Trump prévoirait en outre de passer au crible les réseaux sociaux des candidat·es.
27 Mai 2025
The Economist (accès via la BCU) a publié toute une série d’articles sur les effets de la politique de l’administrative Trump sur les sciences, aux Etats-Unis et ailleurs.
p. 10 «America’s assault on science»
Pendant que le gouvernement Trump s’en prend aux universités d’élite et à la recherche, «des véritables problèmes de fonctionnement de la science en Amérique sont négligés», notamment la bureaucratie: «Les meilleurs chercheurs américains déclarent passer deux jours sur cinq à remplir des formulaires et à effectuer d’autres tâches administratives, plutôt qu’à travailler en laboratoire. La recherche devient de plus en plus incrémentale («incremental»). De nouveaux modes de financement, tels que les loteries, méritent d’être expérimentés. Jusqu’à présent, cependant, la Maison Blanche n’a pas présenté de plans visant à améliorer le fonctionnement de la science. En effet, lorsque les scientifiques ne savent pas si leurs travaux seront encore financés ou s’ils saisissent les tribunaux pour contester la suppression arbitraire de subventions, la science américaine perd de son efficacité, au lieu d’en gagner.» Par ailleurs, les triomphes économiques américains et sa force militaire sont étroitement liés aux succès scientifiques. «En se retirant, l’Amérique cédera du terrain à la Chine autoritaire en tant que superpuissance scientifique, avec tous les avantages que cela comporte.»
p. 37 – «The revolution comes for Boston»
Les politiques du président Donald Trump sur les universités et les réductions proposées par son administration pour le financement de la science menacent non seulement l’écosystème tentaculaire de recherche et de biotechnologie du Massachusetts, mais aussi l’avantage concurrentiel du pays en matière d’innovation, en biotechnologie en particulier.
p. 68 – «The science subsidy»
Par rapport aux retombées internationales, «c’est presque certain que l’Amérique enregistre un excédent scientifique avec le reste du monde, en fournissant beaucoup plus aux étrangers qu’elle ne reçoit en retour», que cela soit par la formation des étudiant·es étrangers·ères, la publication scientifique, la recherche et le développement, la technologie, et le savoir-faire et l’investissement.
«La Chine, qui dépasse déjà l’Amérique dans certains domaines scientifiques, peut espérer tirer parti de cette situation. Pourtant, peu d’étrangers souhaitent faire leur doctorat en Chine. Un système politique fermé ralentit la diffusion des innovations au-delà des frontières internationales. Il en va de même pour la barrière de la langue.» D’ailleurs, «des décennies de recherche sur les clusters économiques montrent qu’elles sont rarement répliquées» ailleurs: «If America’s scientific system sneezes, the rest of the world will catch a cold.»
69 – 71 «Looming disaster»
Le président américain espère réduire le budget des NIH (National institutes of health) de 38 %, soit près de 18 milliards de dollars, celui de la NSF (National Science Foundation) de 4,7 milliards de dollars, soit plus de 50 %, et supprimer près de la moitié de la direction de la mission scientifique de la NASA. «Au total, les réductions proposées pour les agences fédérales de recherche s’élèvent à près de 40 milliards de dollars. Nombre d’entre elles sont déjà passées sous le bistouri», et les coupes «sont plus larges et plus profondes qu’il n’y paraît» à première vue, et de manière plus chaotique et des fournitures de laboratoire sont devenues plus difficiles à obtenir. Selon des documents fuités, la branche recherche de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) cesserait très probablement d’exister et les satellites d’observation de la Terre de la NASA seraient également mis à mal, par exemple.
71 – «Chilling effects»
Des citoyens ordinaires vont être affectés par ces coupes, comme par exemple les fermiers dépendent de prévisions météorologiques fiables, les malades ont besoin de données du CDC sur la distribution et le traitement des maladies, et l’EPA (Environmental Protection Agency) met en place des régulations qui protègent le public de contaminants, et plusieurs agences alertent le public dans le cas des différentes catastrophes naturelles.
«Le gouvernement finira peut-être par comprendre que le fait d’avertir les gens des tempêtes mortelles et de faciliter l’accès aux soins médicaux permet d’aider bien d’autres personnes que les élites. Mais pour l’instant, du moins, il y a peu de signes d’un tel revirement de politique.»
72 «Your loss is our loss»
«An exodus from the world’s scientific superpower beckons.» Le nombre de postulations pour des postes académiques hors des Etats-Unis ont augmenté de manière significative, de 32% sur le site de Nature, et selon un sondage de ce même journal, 75% des scientifiques dans les Etats-Unis envisagent de partir. Par ailleurs, des candidatures de l’étranger ont baissés de 25%, selon les données da Nature, et cette tendance est plus accentuée encore pour les candidatures au doctorat: Sur le site FindAPhD il y a eu 50% de candidatures en mois venant de l’Europe.
Les données du site web Studyportals montrent un intérêt moindre des Américains pour les doctorats nationaux et une augmentation de l’intérêt pour les bourses d’études internationales par rapport à 2024, près de 50% plus de renseignements sur les programmes en Suisse par rapport à l’année passée. Et aussi les personnes des pays non-américains s’intéressent particulièrement aux programmes PhD en Suisse, avec une augmentation de plus de 40% par rapport à l’année passée, ce qui range le pays en deuxième place après l’Australie.
«Et ce n’est pas fini.» La National Science Foundation (NSF), autre grand bailleur de fonds fédéral, pourrait perdre 52 % de son financement. Si le budget est adopté par le Congrès, The Economist estime que plus de 80 000 chercheurs pourraient perdre leurs emplois. «Le financement américain de la science universitaire serait nettement inférieur à celui de la Chine ou de l’Union européenne, après ajustement des coûts.» Et le financement n’est pas le seul problème, mais également l’insécurité actuelle concernant les visas. D’autres encore craignent que le gouvernement s’immisce dans leurs recherches. Kevin Hall, chercheur au NIH, a démissionné en avril après deux incidents : une fois, des membres du gouvernement l’auraient demandé de ne pas utiliser un mot impopulaire auprès des partisans de Trump et une fois il a été empêché de présenter une étude des collaborateurs de Robert F. Kennedy qui auraient édité les réponses aux interviews sans son consentement.
D’autres pays pourraient attirer ces chercheurs américains cherchant à s’exiler, mais «la perturbation nuirait à la science dans son ensemble».
26 Mai 2025
Jeudi 22.05.2025, l’administration Trump a annoncé qu’elle retirait le droit d’accueillir des étudiant·es étranger·ères à la prestigieuse université privée Harvard, l’accusant d’antisémitisme et d’une prétendue collusion avec le PC chinois.
La ministre Kristi Noem a assorti sa décision choc d’un ultimatum: si Harvard veut retrouver ce «privilège», elle doit fournir dans les 72 heures toute une série d’informations dont elle disposerait sur d’hypothétiques activités «illégales» de ses étudiants étrangers dans les cinq dernières années.
Une juge a provisoirement mis un terme à l’interdiction des étudiants étrangers à Harvard, mais la situation reste précaire.
Près de 1300 étudiants chinois sont actuellement inscrits à Harvard selon les chiffres officiels et près de 300’000 étudient dans d’autres universités aux États-Unis. (20 minutes)
«L’université de science et technologie de Hong Kong (HKUST) a déjà invité vendredi les étudiants internationaux inscrits à Harvard à poursuivre leurs études à HKUST, promettant des «procédures d’admission simplifiées et un soutien académique pour faciliter une transition sans accroc pour les étudiants intéressés»». (Blick)
Mathias Risse, professeur de droits humains et affaire contemporaines à Harvard, avance: «Personne ne nie qu’il y a eu des incidents antisémites à Harvard. […] Mais premièrement, l’université a commencé à les traiter systématiquement bien avant l’arrivée de Trump au pouvoir. Deuxièmement, des études ont montré que l’épicentre de l’antisémitisme aux Etats-Unis se situe clairement dans les milieux d’extrême droite et non dans les universités.» Il accuse l’administration Trump de ne pas se préoccuper de l’hostilité envers les juifs mais de s’en servir comme prétexte ». (Tages-Anzeiger)
Le 24 heures livre un «retour en cinq actes sur cette guerre entre Donald Trump et la plus ancienne et puissante université américaine, depuis le 10 mars. (24 heures)
Pour le semestre d’automne, 12 personnes de l’Université de Saint-Gall se sont inscrits pour un programme d’échange. Et actuellement, 32 étudiant·es de Suisse sont inscrits à Harvard, dont 22 de l’EPFZ, la seule université suisse à avoir un accord de partenariat avec Harvard. Celle-ci suit les derniers développements aux Etats-Unis « avec une inquiétude croissante». Si les échanges internationaux venaient à manquer, la haute école estime que la force d’innovation de la science ainsi que la compétitivité de la Suisse seraient également menacées. (SonntagsBlick)
Dans un commentaire publié dans le Tages-Anzeiger, le journaliste Peter Burghardt estime que les universités de Harvard et de Columbia méritent notre solidarité parce qu’ils s’engagent pour la liberté académique et une société ouverte. (Tages-Anzeiger)
Steven Pinker, professeur en psychologie à Harvard, estime que les universités américaines doivent «se redresser et regagner la confiance du public. Cela semble banal, mais trop souvent les universités ont été guidées par le désir d’apaiser leurs étudiants, d’éviter de se faire des ennemis et de ne pas faire la une des journaux. Nous avons vu comment cela a fonctionné.» Au lieu de cela, les dirigeants des universités devraient être prêts à affirmer l’objectif primordial d’une université – la découverte et la transmission du savoir – et les principes nécessaires à sa poursuite. Les universités ont le mandat et l’expertise nécessaires pour poursuivre la connaissance, et non la justice sociale. La liberté intellectuelle n’est pas un privilège des professeurs, mais le seul moyen pour des êtres humains faillibles d’acquérir des connaissances. Les désaccords doivent être négociés par l’analyse et l’argumentation, et non par les récriminations du sectarisme et de la victimisation.» Il regrette que les opinions conservatrices soient largement surreprésentées à Harvard, mais relativise: «la politique des étudiant·es n’est pas plus imputable à l’endoctrinement des professeurs que leurs cheveux verts et leurs cloisons nasales percées.» (New York Times)
23 Mai 2025
«L’administration Trump a annoncé jeudi qu’elle retirait le droit d’accueillir des étudiants étrangers à la prestigieuse université privée Harvard, privant d’un moyen de rayonnement important l’institution contre laquelle le gouvernement américain a lancé une vaste offensive.» (RTS : La Matinale : Le journal de 6h, à partir de 8:39 min),
Commentaire de Ryan Enos, professeur à Harvard. (RTS : La Matinale : Le journal de 7h, à partir de 8:29min)
Pour de nombreuses universités américaines, les revenus des étudiants internationaux représentent une part importante du budget – notamment parce que ces derniers paient souvent des frais de scolarité nettement plus élevés que les étudiants nationaux. (SRF)
8 Mai 2025
L’UNIGE lance en effet un programme de chaires d’excellence, créées pour attirer les meilleurs talents dans des domaines stratégiques : La médecine, les neurosciences, la physique, les mathématiques, voire le domaine de la vie dans l’Univers forment les piliers de cette première phase, mais d’autres disciplines pourraient suivre, selon les opportunités.
La rectrice Audrey Leuba, qualifie ce moment de lancement de «particulièrement opportun», «puisque la science est menacée de toutes parts. Financées par la Fondation Hans Wilsdorf à hauteur de 10 millions de francs en 2025, ces chaires joueront également un rôle d’accélérateur, en facilitant l’accès à des financements compétitifs et en stimulant les partenariats stratégiques. »
25 Avr 2025
Si la France a sans doute pris les devants en tentant d’attirer les universitaires américains, l’Allemagne a elle aussi des projets. Le plan du nouveau gouvernement prévoit un programme «1000 têtes» pour attirer les talents scientifiques internationaux. Il promet également une procédure de visa plus souple pour les universitaires et les étudiant·es venant de l’étranger.
«En ces temps de polarisation mondiale, nous maintenons l’Allemagne en tant que destination attrayante et havre de liberté académique pour les chercheurs du monde entier », indique le plan, bien qu’il ne mentionne pas explicitement les États-Unis ou son président Donald Trump.
14 Avr 2025
«Le retour de Donald Trump inquiète la communauté scientifique. À l’EPFL, on observe avec tristesse les attaques contre la recherche. Sa nouvelle présidente Anna Fontcuberta i Morral dit refuser d’exploiter cette crise pour attirer des scientifiques américains, une démarche qu’elle juge contraire à l’éthique.» (RTS)
«Les tendances actuelles en provenance des Etats-Unis inquiètent la présidente de l’EPFL : c’est mauvais pour le monde. Mais il est impossible de lutter contre cela. «Nous devons simplement rester comme nous sommes et montrer que notre société fonctionne mieux».» (SRF)
«Une grande université allemande» prévoit de proposer davantage de sessions de recrutement dans la Silicon Valley au cours des prochains mois. «Comme l’explique un collaborateur à la NZZ, on veut expliquer aux Américains, dans le cadre d’ateliers, comment on peut étudier, faire un doctorat ou un postdoc en Allemagne. L’UE veut également augmenter son budget de recherche.» Dans le même article, une professeure américaine en médecine humaine s’inquiète : «Sans recherche, la prochaine génération de scientifiques manquera», que cela soit dans l’université, dans des start-ups ou dans l’industrie des pharmaceutiques. (NZZ)
Un dossier du Economist explique par ailleurs pourquoi même les riches universités privés comme Columbia ne semblent pas équipés pour faire face à la pression du gouvernement américain, entre autres manque de liquidités.
31 Mar 2025
Des scientifiques souhaitent que les Hautes écoles et universités suisses accueillent leurs homologues américains visés par des coupes budgétaires massives de l’administration Trump dans la science et la recherche. Une chercheuse américaine sur le climat a récemment quitté son pays pour des raisons politico-financières pour s’intégrer dans un laboratoire d’un compatriote à l’EPFZ.
André Csillaghy, responsable du département de Data Science à la Haute Ecole d’Ingénierie et Techniques Environnementales (FHNW Brugg, près de Zurich) déclare : «Dans beaucoup de domaines, on manque de personnel qualifié. C’est une opportunité de pouvoir avoir plus de personnes qui viendraient ici.» Il préconise le lancement d’un programme national pour accueillir les scientifiques américains, à l’image de celui à l’Université Aix Marseille.
Le gouvernement américain supprime en masse des informations liées à plusieurs thématiques, notamment le changement climatique et la diversité. Des archivistes travaillent à identifier et sauvegarder ces données [voir aussi cet article].
Nathalie Chèvre, de l’Université de Lausanne, avoue de son côté qu’elle s’attèle à sauvegarder les bases de données américaines en lieu sûr, au cas où elles disparaîtraient. Par ailleurs, elle évoque également que la recherche est de moins en moins soutenue en Suisse et en Europe. (RTS)
L’article de Nau.ch traite l’exil de trois chercheurs renommés de l’Université de Yale qui se sont récemment exilés au Canada.
6 Fév 2025
La journaliste Anna Weber souligne dans son article l’importance de la collaboration internationale dans la recherche. Une telle coopération entre des universités américaines et chinoises aurait par exemple mené à la découverte de l’importance de la prise d’acide folique pendant la grossesse pour prévenir, dans 75% des cas, une malformation congénitale (le spina-bifida).
L’autrice regrette les pressions sur la collaboration internationale, que ce soit avec la Russie, la Chine ou avec l’Union européenne. Par exemple des lois anti-espionnage strictes permettent au régime chinois de criminaliser pratiquement tout transfert de données à l’étranger et depuis 2023, les chercheurs de l’étranger n’ont plus accès à la principale base de données académique de Chine. Autre exemple, «l’angle mort» de la recherche climatique en arctique: la moitié de l’arctique étant russe, les collaborations et l’accès aux données ne sont plus garanties suite aux sanctions contre la Russie depuis la guerre en Ukraine.
«La question désagréable devrait être posée beaucoup plus souvent lors des décisions politiques : Combien de progrès scientifiques sommes-nous prêts à abandonner pour protéger des intérêts économiques ou géopolitiques ? […]
Il existe de nombreuses raisons de limiter la collaboration entre les scientifiques. Parfois, il s’agit de donner un signal. Parfois, il s’agit de la sécurité nationale. Après tout, de nombreuses technologies et découvertes scientifiques n’ont pas seulement une utilité civile, mais éventuellement aussi militaire. Et parfois, il s’agit de la suprématie économique. Car la connaissance des dernières avancées dans le domaine de la haute technologie, de la médecine ou de l’intelligence artificielle est depuis longtemps un facteur économique décisif. Tous ces arguments ont leur raison d’être. Mais ils doivent être mis beaucoup plus en rapport avec les coûts qu’entraînent les restrictions de la coopération scientifique. […]
Chaque restriction de la coopération ralentit l’avancée des connaissances ; de l’argent et du temps sont gaspillés pour réaliser des expériences dont le résultat est connu depuis longtemps ailleurs dans le monde ; des vies ne sont pas sauvées parce que la découverte décisive est retardée.»
10 Déc 2024
«Ni les universités suisses ni les médias n’ont jusqu’à présent discuté en détail de la manière dont les hautes écoles israéliennes sont impliquées dans l’armée, l’industrie de l’armement et les actions de l’État contraires au droit international – malgré une documentation complète par des scientifiques palestinien·ne·s et israélien·ne·s.», écrit le journaliste d’investigation Jan Schuller. «Les universités israéliennes soutiennent activement la politique des colons israéliens, l’occupation militaire et l’apartheid.»
Il évoque la demande de certain·es étudiant·es de l’Université Berne, critiques face à la guerre de Gaza, que leur université mette fin à l’accord d’échange avec la Hebrew University of Jerusalem et à la coopération avec l’Université de Haïfa – car ces coopérations contribuent à normaliser les actions de ces institutions.
«Depuis que la CIJ [Cour internationale de Justice] a déclaré illégale l’occupation de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est en juillet, même les experts de l’ONU demandent aux États membres de l’ONU de revoir leurs liens académiques avec Israël. Lorsque les rectorats suisses tentent de faire taire les voix critiques qui attirent l’attention sur le scolasticide et la coopération entre les universités israéliennes et l’armée, ils se rendent coresponsables.»
29 Oct 2024
Suite à une analyse de risques du début de l’année 2023, la haute école des beaux-arts zurichoise ZHdK a cessé sa collaboration avec l’École internationale de desing de Shenzen. Les raisons évoquées sont les obstacles liés au droit des études et des «risques opérationnels».
En 2021, l’association d’étudiant-es Verso de la ZHdK avait déjà demandé un arrêt de la collaboration avec la haute école chinoise à cause de sa proximité militaire, craignant une instrumentalisation de l’éducation. Par ailleurs, l’état chinois serait devenu de plus en plus autoritaire depuis le début de la coopération il y a onze ans. «La liberté de recherche des enseignants-chercheurs zurichois et le risque d’être surveillé et espionné ont fait l’objet de débats récurrents», avance Raffaela Fehr, Présidente de la Commission de surveillance de l’éducation et de la santé du Conseil cantonal. Selon elle, la ZHdK n’a pas pu expliquer de manière plausible pourquoi ces doutes étaient infondés. La haute école d’art aurait, par ailleurs, subi des pressions de la part de tous les partis au parlement.
L’ancienne école partenaire chinoise réagit avec colère à ce retrait unilatéral, craignant un dommage à la réputation, et propose une collaboration réduite, une option que la rectrice de la ZHdK ne considère pas.
10 Oct 2024
Malgré les appels au boycott lancés par des étudiant-es après la riposte du 7 octobre, les universités [françaises] poursuivent la plupart des collaborations.
29 Mai 2024
«Première Arabe rectrice d’une université israélienne, Mouna Maroun, réagit aux demandes de boycott académique lancées par des étudiants romands. Elle exprime son incompréhension et répond aux accusations: Ce boycott affecterait 45% de nos étudiants, arabes en particulier. Pour eux, le défi est déjà important. Ils n’ont pas besoin de celui-là en plus.»
22 Mai 2024
«Le physicien russe Andrei Rostovtsev, membre de Science4PeaceLien externe et ancien collaborateur du CERN, fait partie de ceux qui pensent que la décision d’exclure la Russie et le Belarus de la collaboration scientifique [du CERN] était purement politique. « Le progrès scientifique a été vendu à la politique », déclare-t-il. […] Le scientifique, qui dirige dissernet.org, un site web contre le plagiat dans la science russe, est convaincu que l’éviction de la Russie du CERN aidera le président russe Poutine. « Il s’en servira comme argument pour convaincre le peuple russe que les pays qui l’entourent sont des ennemis, explique [Andrei] Rostovtsev. Cela lui permettra de ne pas avoir à décider lui-même de réduire le financement de la science pour financer la guerre.»
28 Août 2023
Les Etats-Unis ont prolongé de six mois un accord de coopération dans le domaine de la science et la technologie avec la Chine, afin de trouver un terrain d’entente sur le long-terme. En vigueur depuis 44 ans, il permet aux deux pays de collaborer dans des domaines aussi divers que l’agriculture, l’énergie et la santé. Il est normalement renouvelé tous les 5 ans.
Les scientifiques espèrent que la Chine et les Etats-Unis «resteront connectés», malgré les tensions croissantes. Une lettre ouverte signée par plus de mille scientifiques a été envoyée au président Joe Biden afin de souligner que l’absence de la Chine dans les programmes de recherche américains aurait un impact négatif sur ces derniers. (Nature.com)
Cependant, sur le Vieux Continent la Commission Européenne tire la sonnette d’alarme. À Hong Kong, «la liberté académique est encore plus sous pression cette année», le Parti Chinois Communiste resserrant l’étau sur l’ancienne colonie britannique. «Dans son rapport annuel sur la région administrative spéciale de Chine, la Commission a mis en garde contre le fait que les médias locaux ont «pointé du doigt des universitaires et critiqué leurs travaux de recherche sur la base de leurs positions politiques présumées, obligeant certains d’entre eux à quitter leur poste».»
Dans certaines universités, des départements entiers de science politique doivent fermer leurs portes et les chercheur∙euses se mettent à éviter de mener certains travaux, jugés «trop sensibles.» (ScienceBusiness.com)
28 Juil 2023
Les universités d’Angleterre tirent la sonnette d’alarme : les chercheurs∙euses invités∙es ont des difficultés à obtenir des visas pour tenir des conférences ou recevoir des prix sur le sol britannique.
Selon un rapport de la Royal Society, «sur les dix pays classés comme nations scientifiques de premier plan par Nature Index 2022 pour lesquels des données sont disponibles, le Royaume-Uni arrive en troisième position, après la Suède et la France, pour le rejet des demandes de visas d’affaires. En 2022, les dix pays dont la plus grande proportion de personnes s’est vu refuser un visa de visiteur standard – qui permet aux individus de venir au Royaume-Uni pour une durée maximale de six mois pour affaires ou études – étaient tous situés en Afrique. Plus de 50 % des demandeurs originaires de ces pays ont vu leur demande rejetée.»
La Royal Society en appelle au gouvernement britannique pour plus d’équité, par exemple avec la création d’un visa à court-terme, une bonne coopération internationale entre scientifiques étant essentielle au pays.
7 Mar 2023
«Le blocage est levé! Depuis quelques jours, les publications des équipes du CERN peuvent reprendre. Une solution a été trouvée à la crise qui durait depuis le début de la guerre en Ukraine, et qui affectait sérieusement le monde de la physique des particules.»
18 Jan 2023
Jacques Neirynck, [professeur émérite de l’EPFL], répond à une tribune du professeur émérite Michel Porret paru dans le Temps. Ce dernier a écrit qu’«A valeurs analogues, à profils d’excellence comparables, à qualités scientifiques et humaines proches, voire similaires», une préférence devrait être accordé au candidat national. Jacques Neyrinck n’est pas d’accord avec cette idée : «Un candidat qui n’a jamais travaillé en dehors de son université d’origine et qui n’a jamais publié que dans des revues locales est suspect a priori et à juste titre, tout comme un musicien qui n’aurait jamais donné de concerts que dans sa ville natale.»
10 Oct 2022
«Lorsque des régimes autoritaires s’installent au pouvoir, les milieux académiques sont frappés de plein fouet. Pression sur le discours délivré, étouffement des recherches, autocensure, entraves à la vie civile voire emprisonnement peuvent devenir monnaie courante. Le point sur la situation en Russie et en Turquie dans l’émission « Tout un monde ».»
29 Sep 2022
«Du 3 au 4 octobre 2022, le conseiller fédéral Guy Parmelin se rendra à Mumbai et Delhi afin de rencontrer les principaux acteurs économiques indiens et suisses en Inde, ainsi que son homologue, le Ministre du Commerce et de l’Industrie Piyush Goyal. Les discussions porteront notamment sur les relations économiques bilatérales et les négociations de l’accord de libre-échange AELE-Inde. Une importante délégation économique et scientifique accompagnera cette visite, qui permettra d’approfondir les relations économiques bilatérales et de réaffirmer l’engagement de la Suisse en termes de coopération économique et scientifique avec l’Inde.»