Le Comité référendaire a réussi à recueuillir environ 11 000 signatures (plus du double requis) et ce sera aux citoyens de décider de la durée de la formation des enseignant·es.
21 Mar 2024
21 Mar 2024
Le Comité référendaire a réussi à recueuillir environ 11 000 signatures (plus du double requis) et ce sera aux citoyens de décider de la durée de la formation des enseignant·es.
19 Mar 2024
L’Institut du Moyen-Orient à l’Université de Berne a fermé ces portes récemment «à cause d’une situation intenable» : un collaborateur scientifique avait écrit sur le réseau X que l’attaque du 7 octobre était le meilleur cadeau d’anniversaire qu’il a jamais eu.
Reinhard Schulze, professeur émérite d’études sur l’Islam et en nouvelle philologie orientale, avait longtemps laissé la marque de l’Institut et affirme qu’il regrette profondément ce développement et blâme aussi le fait que ces successeurs n’auraient pas assez cultivé les liens avec le (grand) public en fournissant des expertises.
Selon un rapport d’enquête, il y avait un «corset idéologique» qui primait à l’institut qui qualifiait Israël comme un «peuple coupable» et les palestiniens comme les victimes. Reinhard Schulze affirme que cette perspective n’était pas présente quand il travaillait encore à l’institut. «Cela n’a rien à voir avec la science. […] Cette réduction, cette création de corps populaires est un concept politique très à droite à l’origine. Qu’une telle chose soit présentée comme une science par la gauche au 21e siècle est une horreur. […] Personne ne m’a jamais reproché, en tant que vieil homme blanc allemand, de ne pas parler de l’islam. Ce serait certainement différent maintenant ».» Il estime que cela fait déjà quelques années, que les études sur l’islam à Berne manquent de crédibilité. «J’aurais cependant souhaité que l’université s’engage plus fortement à ce que l’islamologie, en tant que discipline associée à la science du Proche-Orient, continue à occuper une place importante, y compris sur le plan institutionnel.»
18 Mar 2024
Alors que s’ouvre lundi une semaine antiraciste à l’Université de Lausanne, une trentaine de personnes, dont certaines travaillent à l’UNIL, écrivent à la conseillère d’Etat vaudoise Isabelle Moret pour critiquer les sujets abordés, le choix de personnes invitées et le manque de place accordé au sujet de l’antisémitisme.
Par ailleurs, une deuxième lettre de protestation a été envoyée à la direction de l’UNIL, souhaitant la mise en place d’une action contre l’antisémitisme. «Notre demande n’est pas d’organiser toute une semaine à ce sujet, mais par exemple de lui donner sa place sur votre site internet à la page «non-discrimination» et d’être ouvert à l’avenir à l’organisation d’évènements. […] Depuis 5 mois, les étudiants juifs dans le monde entier sont pris à partie, agressés, empêchés de s’exprimer dans de nombreuses universités, écrivent les auteurs de la lettre adressée au rectorat. Nous espérons que cette actualité vous encourage à agir à l’Unil avant que la situation ne dégénère ici également.»
15 Mar 2024
L’Université de Neuchâtel a refusé de louer une salle pour une conférence donnée par un avocat palestinien sous le titre «Les prisonniers politiques palestiniens: comment le système judiciaire et carcéral maintient l’apartheid en Israël/Palestine.» Les organisateurs, un collectif réunissant sept groupements (des mouvements de gauche, féministe, écologiste ou encore libertaire), porté par BDS-Neuchâtel, (qui lui-même réunit des associations «appelant au boycott, au désinvestissement et aux sanctions (BDS) contre Israël»), parlent de censure. Le secrétaire général de l’Université conteste cette accusation: «Nous aurions pris exactement la même décision dans le cas d’un événement présentant un point de vue opposé.»
14 Mar 2024
«De nouvelles lignes directrices pour l’engagement politique et le conseil politique basé sur la science sont en vigueur à l’ETH Zurich depuis février. Elles guident les membres de l’ETH qui souhaitent participer au dialogue entre la science et la politique. Benedikt Knüsel, chef de l’unité Interface science-politique, explique les principaux enjeux de ce champ de tension manifeste.»
13 Mar 2024
Selon la députée Joëlle Minacci (EàG), «[l]e projet de l’EPFL d’annexer la ferme bio de Bassenges, […] pour y loger un centre renommé de sciences fondamentales «est contraire aux objectifs du Plan climat vaudois».» Frédéric Borloz, Chef du Département de l’enseignement et de la formation professionnelle du Canton de Vaud explique que «le Conseil d’État «n’est pas compétent» pour influencer les bases légales «régissant l’affectation des bâtiments appartenant à la Confédération».» (24 heures)
Une pétition a été lancée par le Collectif Cambium Sàrl pour demander à l’EPFL «[l]’abandon de la réaffectation de la ferme de Bassenges […] [et] [l]’inscription de la fonction agricole de la ferme de Bassenges dans les statuts de l’EPFL.» (fermedebassenges.ch)
12 Mar 2024
Des personnes travaillant dans les universités de Berne, Bâle, Lausanne et Zurich ont rédigé une lettre ouverte «en défense à la liberté académique en Suisse» et l’ont fait circuler dans les universités». La lettre a été signée par environ 500 collaborateur·ices scientifiques de Suisse, en partie sous couvert de l’anonymat, [et environs 560 scientifiques étrangers]. La lettre ouverte, accompagnée des signatures, doit être remise dans le courant de la semaine aux directions des universités et à d’autres institutions académiques comme swissuniversities et le Fonds national suisse.
Les scientifiques s’inquiètent d’un climat «d’autocensure [qui] s’est installé parmi les scientifiques» et de «l’érosion de la liberté académique», suite aux événements du 7 octobre liés au conflit israélo-palestinien et regrettent un climat de plus en plus anti-intellectuel, indiquant que les attaques de certains médias et responsables politiques contre les sciences sociales et humaines se sont intensifiées depuis.
La NZZ minimise que ce sont «les «woke» qui «appellent au secours». «L’un ou l’autre des signataires peut avoir une certaine notoriété, mais la majorité semble être composée de personnes de rang inférieur : Étudiants, assistants, doctorants. De nombreux professeurs figurant sur la liste n’ont pas donné leur nom et se présentent sous l’appellation «Prof.»» Servan Grüniger, président de ReatCH, commente sur le réseau X que «ce sont aussi les déclarations de personnes «de rang inférieur» qui, dans le cas de l’Université de Berne et de l’Université de Bâle ont été critiquées par les médias et projetées sur des disciplines entières.
12 Mar 2024
Le groupe de pirates informatiques Anonymous Sudan, (qui «n’a, selon les experts, aucun lien avec l’organisation mondiale de piratage informatique Anonymous ni avec le pays du Soudan»), a revendiqué la cyberattaque qui a été subie par les universités de Cambridge et de Manchester en justifiant cette action par le «soutien continu du Royaume-Uni à Israël.» La cyberattaque a provoqué des perturbations à la connexion internet et la situation s’étant rétablie en quelques heures, «[u]n porte-parole de Jisc, le consortium informatique de l’enseignement supérieur britannique, a déclaré que si les perturbations ont été largement contenues, l’ampleur de l’attaque pourrait également avoir eu un impact sur d’autres institutions.»
11 Mar 2024
Un groupe d’activistes pro-palestinien·nes a «assiégé» un cours sur l’histoire de l’État d’Israël en appelant à «arrêter le génocide à Gaza». «[C]ela serait allé si loin qu’une étudiante n’aurait plus osé sortir de l’amphithéâtre». L’Université de Bâle confirme l’incident et indique vouloir clarifier les événements. Une suite juridique pourra être envisagée.
5 Mar 2024
27 Fév 2024
«L’Union des Etudiant·e·s Suisse (UNES) s’exprime de manière critique dans une lettre ouverte sur la gestion des conflits dans les hautes écoles suisses et souhaite que les hautes écoles encouragent une discussion ouverte et constructive et assument leur responsabilité dans le débat public.»
23 Fév 2024
La Confédération souhaite économiser des millions dans les hautes écoles et renvoie à leurs imposantes réserves. Le président du Conseil des EPF Michael Hengartner et Michael Schaepman, le recteur de l’Université Zurich, ne sont pas d’accord. Ils remettent en question le calcul du Conseil fédéral.
Michael Schaepman avance: L’université de Zurich a aujourd’hui de facto zéro franc de réserves libres. Nous avons des réserves affectées, par exemple pour absorber les fluctuations de la demande dans les filières de formation continue.
Michael Hengartner ajoute: «Nous sommes confrontés à de nombreux défis majeurs : Le changement climatique, la perte de biodiversité, la transition énergétique, la révolution de l’IA. Je ne peux pas dire : « Dans cinq ans, nous investirons dans une initiative d’IA, mais pour l’instant, nous devons faire des économies ». Dans cinq ans, le train est parti.»
Dans l’interview, il est par ailleurs question si les universités cantonales sont assez présentes dans la politique nationale. Michael Hengartner évoque qu’elles manquent de visibilité et Michael Schaepman regrette que beaucoup de parlementaires ne sont pas (assez) conscients de l’ampleur de la collaboration entre son université et l’EPFZ.
23 Fév 2024
«Chercheuse à l’Université de Lausanne, Oriane Sarrasin a décidé de ne plus collaborer avec des institutions israéliennes «jusqu’à la fin de l’occupation de la Palestine». L’élue socialiste au Grand Conseil vaudois l’a fait savoir sur Instagram début février.»
22 Fév 2024
«En pleine campagne de recrutement, le Parti communiste révolutionnaire (PCR) s’est fait mettre à la porte de l’Université de Genève» […] considérant qu’il s’agissait d’une «opération de prosélytisme politique». «Nous faisons la distinction entre une association étudiante comme l’Asema, qui fonctionne davantage comme un cercle de sympathisants, et un parti politique», précise une source de l’UNIGE.
«La décision prise par l’Unige tranche avec l’apparente permissivité de l’Université de Fribourg. A notre connaissance, l’alma mater fribourgeoise n’a pas interdit la campagne de recrutement prévue par le même PCR samedi 24 février dans ses locaux. Une «Ecole Lénine» à l’enseigne du PCR doit en effet s’y tenir à cette date».
20 Fév 2024
Des étudiant·es de l’école d’art genevoise HEAD demandent à la direction de mettre fin à ses partenariats avec des écoles israéliennes. Un appel à la grève est lancé.
«Vers 9 heures, les élèves ont hissé un drapeau palestinien autour d’un buste antique dressé dans la cour. A peine une heure plus tard, un représentant de l’administration leur a demandé de le retirer car «susceptible de heurter certains élèves». Injonction dont ont fait fi les occupant·es, même si le drapeau a plus tard été retiré en douce par un membre du personnel.»
Une revendication concerne le positionnement officiel de l’école (de la directrice de la HEAD, Lada Umstatter, à la rectrice de la HES-SO, Luciana Vaccaro, et à la directrice de la HES-SO, Daniela Di Mare Apere), pour adopter «un discours approprié autour de la guerre d’Israël contre Gaza». Au lendemain de l’attaque du Hamas le 7 octobre, la HEAD a déjà lancé un communiqué:
«l’école est un lieu où s’exprime la sensibilité de chacun-e-x. Elle est aussi une caisse de résonance. […] Toutefois, l’école ne doit pas être un lieu de division: au sein de la HEAD, nous condamnons toute déclaration unilatérale publique d’opinions politiques excluant le dialogue. Nous condamnons tous les actes blessants et violents qui peuvent affecter nos étudiants et les membres de notre personnel, ou qui nourrissent l’antisémitisme, l’islamophobie, ou toute autre forme de discrimination et exclusion, sans exception».
19 Fév 2024
Dans une interview accordée à la SonntagsZeitung, la rectrice de l’université de Bâle Andrea Schenker-Wicki, a approuvé l’affirmation selon laquelle le postcolonialisme est « une idéologie » qui divise le monde en coupables et victimes.
Le professeur émérite d’histoire à l’Université de Bâle Georg Kreis estime qu’il s’agissait d’une question suggestive «et je pense qu’elle [Andrea Schenker-Wicki] y a succombé. Sur le fond, cette critique globale n’est pas du tout justifiée. L’idéologie est une interprétation schématisée du monde qui n’admet que ce que les convictions fondamentales existantes autorisent. Le reproche d’idéologie provient souvent d’attitudes qui sont elles-mêmes marquées par l’idéologie.»
Des étudiant-es de la faculté de philosophie et d’histoire ont par ailleurs contesté cette affirmation dans une lettre ouverte qui a fait la une des journaux. La question de la liberté de la science a également été soulevée, dans le contexte de prises de position politiques controversées de représentants de l’université à Bâle et à Berne.
Georg Kreis critique tout de même les études postcolonialistes: « Les aspects économiques me manquent dans les études postcoloniales. Il s’agit en premier lieu de mentalités et d’idées, et pas assez de la situation sur place dans les anciennes colonies.»
16 Fév 2024
Les nouveaux élu-es au Conseil national se trouvent souvent face à un amas de thèmes complexes. C’est pourquoi l’EPFZ a transmis, lors d’un séminaire de deux jours, des points de vue scientifiques sur des domaines politiques pertinents.
Douze professeur-es de six universités suisses ont transmis des connaissances de base sur divers domaines politiques tels que la sécurité, la migration, l’économie, le climat et l’énergie, l’éducation ou la santé. Les parlementaires nouvellement élus n’ont pas seulement acquis des connaissances pertinentes, ils ont également échangé leurs points de vue au-delà des frontières des partis et ont appris des anciens membres de l’Assemblée fédérale.
12 Fév 2024
«En amont du vote des eurodéputés, mercredi 7 février, sur les conditions d’autorisation en Europe des «nouveaux OGM», l’organisation WePlanet a orchestré sur les réseaux sociaux une campagne d’influence fondée sur la mise en avant de chercheurs favorables à la dérégulation de la diffusion de ces plantes, issues des nouvelles techniques génomiques (NGT pour New Genomic Techniques).» L’ONG a bénéficié d’un appui de l’Institut de biologie du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Selon l’article du Monde «La direction du CNRS reconnaît cependant que cette position n’est pas le fruit d’une confrontation pluridisciplinaire de points de vue.»»
Un écologue, directeur de recherche au CNRS se dit «Consterné par une prise de position publique de certains acteurs au CNRS qui prend en otage l’ensemble de l’établissement ». Une biologiste médaille de bronze du CNRS écrit qu’elle est «Assez hallucinée sur la manière de nous enjoindre de faire du lobbying et que le CNRS [relaie] textuellement les propos d’une ONG, assez nébuleuse qui plus est».
9 Fév 2024
«Le parlement de Bâle-Campagne supprime sa subvention à la fondation Swisspeace, qui mène des recherches sur la paix et la médiation. En cause, les propos de son directeur, Laurent Goetschel, sur le Hamas. Une décision qui remet en question les fondements de la recherche scientifique helvétique.» Ce dernier estime que «C’est comme si des opposants aux vaccins avaient demandé de fermer des facultés de médecine pendant la pandémie.»
5 Fév 2024
Tendances activistes, style de direction inapproprié, climat de peur parmi les étudiant-es : Les dysfonctionnements mis au jour à l’Institut du Proche-Orient de l’Université de Berne ont incité les responsables de l’université à supprimer l’institut dans sa forme actuelle. A la place, les sciences islamiques devraient bientôt être réorganisées et fusionnées avec d’autres disciplines.
Par ailleurs, la codirectrice de l’institut Selena Tolino a été déclassée mais elle garde un poste à responsabilité, mais «sous la supervision de la direction de la faculté». Le recteur de l’Université Christian Leumann dit que sur la base d’un rapport d’enquête, «aucun élément n’aurait justifié des mesures plus importantes.» Par ailleurs, il n’y avait pas question de renforcer les règles internes par rapport à la liberté d’expression des collaborateurs et collaboratrices.
Et pourtant, l’affaire a remis sur table la question de la place de l’engagement politique à l’université.
Antonio Loprieno, Egyptologue à Bâle, président de la Fédération européenne des académies des sciences et des humanités (ALLEA) et ancien président de swissuniversities, a mené l’enquête administrative de l’Institut d’études du Proche-Orient à l’Université de Berne. Dans une interview, il ne parle pas du contenu de son rapport, mais évoque le contexte: «Les universités sont plus qu’avant sous l’influence de la situation politique mondiale. La polarisation à laquelle nous assistons actuellement est bien plus forte que celle que nous avons connue dans les années 1970. La politique et la science étaient alors encore plus séparées.»
Et encore: «en tant que professeurs, nous devons nous efforcer de séparer strictement le travail d’information de la prise de position. Lors de la guerre en Ukraine, l’université de Berne a réagi de manière exemplaire par un travail d’information : elle a proposé des cours et des séminaires sur le sujet au sein du Centre pour la résolution des conflits, mais n’a pas pris parti.» (Der Bund)
L’article de la NZZ «Palästina-Flagge im Seminarraum» évoque le contenu du rapport: la faculté aurait encouragé une «homogénité méthodologique», selon des collaboratrices ou collaborateurs, l’opinion («Gesinnung») comptait plus que la compétence. Il était question d’un «corset idéologique» des théories postcoloniales, qui, interprètées de manière superficielle, facilitent la vision «ami-ennemi», ce qui peut avoir comme conséquence l’idée que le Hamas est une organisation de résistance et Israël un état colonial.
Selon le journaliste NZZ Thomas Ribi (dans «Der Ungeist sitzt zu tief»), «les mesures prises par la direction de l’université sont un exemple parfait de la manière dont on peut agir sans s’attaquer aux problèmes de fond.» Il note qu’au début des études postcoloniales, il n’y a pas des questions mais des certitudes, comme celle que les personnes blanches sont toujours privilégiées et racistes. «La science se caractérise par une réflexion critique sur ses fondements. Cela n’est pas plus visible dans l’islamologie bernoise que dans les « Urban Studies » bâloises, auxquelles un rapport d’enquête interne a délivré la semaine dernière un certificat de bonne conduite. Lorsque la science et l’activisme politique sont à ce point inextricablement mêlés, le problème ne peut pas être résolu par quelques mesures administratives.»