actionuni et 12 organisations du corps intermédiaire (dont ACIDUL) ont publié une prise de position s’opposant à des coupes de budget fédéral qui menacent les institutions de recherche en Suisse.
3 Mar 2025
3 Mar 2025
actionuni et 12 organisations du corps intermédiaire (dont ACIDUL) ont publié une prise de position s’opposant à des coupes de budget fédéral qui menacent les institutions de recherche en Suisse.
3 Mar 2025
«Les débats autour de l’Ukraine et de Gaza ont éclipsé le fait que l’administration Trump se livre aussi à un véritable coup de force dans les milieux scientifiques, en licenciant à tour de bras dans les grandes agences (NIH, FDA, EPA…) et en coupant les financements de recherche, sur fond de lutte contre le wokisme. Les institutions académiques suisses pourraient en bénéficier, comme l’avait compris l’ancien président de l’EPFL Patrick Aebischer, confronté en son temps à une situation analogue.»
«Encore faudra-t-il que la Confédération ne coupe pas, comme prévu, dans les budgets de la formation et de la recherche.», avance-t-il. «Nous devrions au contraire être pragmatiques et octroyer les budgets nécessaires pour attirer les meilleurs talents et le faire savoir.»
26 Fév 2025
«Le Conseil fédéral a approuvé le 26 février 2025 les objectifs stratégiques pour Innosuisse, l’Agence suisse pour l’encouragement de l’innovation, pendant les années 2025 à 2028. […]
Principale nouveauté de la nouvelle période, Innosuisse s’engage dans l’initiative nationale visant à encourager les sciences quantiques, appelée « Swiss Quantum Initiative », et soutiendra de manière ciblée les entreprises suisses qui mèneront des projets d’innovation dans ce domaine.
En outre, Innosuisse orientera désormais systématiquement son activité d’encouragement selon des objectifs d’impact et utilisera encore davantage l’analyse d’impact pour optimiser ses instruments d’encouragement.»
26 Fév 2025
Selon la rectrice de l’Université de Fribourg Katharina Fromm, les réductions d’environ 10% annoncées pour le FNS représenterait une coupe de 4,3 millions pour son université, «entraînant des conséquences graves pour la recherche et l’innovation à Fribourg. Espérons que le parlement entendra la voix de la science pour le bien d’un pays qui – plus que d’autres avec davantage de ressources naturelles – a besoin de cerveaux pour rester une place d’innovation compétitive.»
21 Fév 2025
Le conseil communal de Rünenberg lance une initiative communale pour que le canton de Bâle-Campagne se retire de l’accord sur l’université avec Bâle-Ville, [qui stipule que l’université est financée par les deux cantons à parts égales]. La commune propose que Bâle-Campagne finance l’université au même prix que tous les cantons qui envoient des étudiant·es à l’Université de Bâle.
14 Fév 2025
Alors que l’intelligence artificielle bouleverse le monde et que d’autres Etats investissent massivement dans l’encouragement des talents, le Conseil fédéral veut économiser dans la science. C’est pourtant le contraire qui devrait se produire, avance Torsten Schwede, nouveau président du Conseil de la recherche du FNS. Il se dit optimiste quant à la possibilité d’éviter les coupes annoncées pour le FNS dans le processus politique. «Les conséquences seraient catastrophiques pour le paysage de l’innovation en Suisse.»
Il parle par ailleurs de son domaine de recherche préféré (l’IA) et de son projet d’encourager davantage la recherche interdisciplinaire et de faciliter les coopérations.« Les grands défis tels que le changement climatique ou les conséquences de l’IA ne peuvent être abordés que par l’interaction de différents domaines de recherche. C’est un défi lorsque les disciplines ne parlent pas la même langue. À partir du 1er avril, les demandes de recherche ne seront plus évaluées dans des domaines spécialisés fixes. Nous faisons appel à des experts qui sont en mesure de jeter des ponts et d’évaluer la valeur ajoutée de la recherche interdisciplinaire.»
13 Fév 2025
A la place d’un déficit de CHF 2,6 milliards de francs, les comptes de la Confédération en 2024 n’ont finalement qu’une petite insuffisance de CHF 80 millions de francs. La présidente de la Confédération et ministre des Finances Karin Keller-Sutter se dit «soulagée et satisfaite» de cette correction de 1,3%. Ces résultats, meilleurs qu’escomptés, sont principalement dus à une hausse des recettes (produit de l’impôt fédéral direct, de la TVA et de l’impôt anticipé, négociation des sociétés de l’énergie et des matières premières du canton de Genève) ainsi qu’au report de certaines dépenses extraordinaires, comme un versement pour les CFF. Cette nouvelle implique que le budget 2026 ne connaîtra pas de nouvelles coupes. Néanmoins, «un programme d’allègement budgétaire est toujours nécessaire», car les dépenses de deux domaines sont actuellement en augmentation: l’AVS ainsi que l’armée. Des recettes supplémentaires serviront également à la contribution obligatoire au programme Horizon Europe. La planification de coupes dans le domaine de la recherche et de la formation est donc maintenue. Largement critiquées par les acteurs et actrices du paysage académique, ces coupes risquent de mettre en danger la prospérité suisse et d’augmenter notre dépendance vis-à-vis de l’étranger, ce à quoi Karin Keller-Sutter répond: «on ne coupe pas, on freine la croissance» (Forum). La présidente de la Confédération explique que ce domaine a bénéficié d’une croissance durant ces dernières années, et qu’il connaîtra sûrement également une croissance après 2027. Elle ajoute que ces plans d’économies sont nécessaire afin d’éviter des hausses d’impôts.
Chez Les Vert·e·s, le conseiller national Gerhard Andrey (FR) avance que «les coupes massives annoncées sont totalement erronées», et exige du gouvernement qu’il retire «son paquet d’économies pour investir dans l’avenir, soit dans la protection du climat, les crèches, la formation et la coopération internationale» (Le Temps). Du côté du parti libéral-radical, le sénateur Pascal Broulis (PLR, VD) défend le programme d’allègements budgétaires, «peut-être dans une ampleur restreinte par rapport à ce qui a été proposé par le Conseil fédéral» (Le Temps). L’UDC est également favorable aux coupes envisagées, comme le souligne le conseiller national Yvan Pahud (VD): «c’est aujourd’hui qu’il faut prendre des mesures. Demain, ce sera trop tard» (24 heures).
13 Fév 2025
«Le fait que la Confédération et le canton de Fribourg prennent simultanément des mesures d’économie est une constellation difficile pour nous», constate Katharina Fromm, rectrice de l’Université de Fribourg. En effet, sur les 312 millions de francs que l’Université de Fribourg a dépensés au total en 2023, 114 millions ont été apportés par le canton et 44 millions par la Confédération. 63 millions provenaient de la compensation intercantonale.
Les financements provenant du Fonds national suisse (FNS) pourraient être diminués de CHF 3,7 millions de francs prochainement pour l’Université de Fribourg. Pour pallier ces réductions de dépenses pour les hautes écoles, le Conseil fédéral souhaite que les instituts de recherche et les entreprises s’associent. Jusqu’à présent, les entreprises prenaient en charge 40 à 60% des coûts des projets. Désormais, elles devront le faire à hauteur d’au moins 50%. «Si l’économie se porte bien, c’est réalisable, mais si l’économie ne va pas bien, comme c’est le cas actuellement, on peut se demander si cette mesure est vraiment judicieuse», commente Katharina Fromm. Sans compter le fait que ces collaborations nécessitent parfois un temps de lancement relativement long, «pouvant s’écouler jusqu’à deux ans». Le Conseil fédéral exige finalement des étudiant·es qu’ils·elles paient des taxes d’études plus élevées.
Face à la pression des économies de la Confédération et du canton, l’université ne pourra pas éviter de réduire ses dépenses. «Nous devrons certainement passer par les comptes en interne», l’une ou l’autre coupe douloureuse dans les facultés et l’administration centrale ne pourra pas être évitée, affirme la rectrice.
A noter que le producteur de matériaux de construction Holcim et l’assureur La Mobilière ont conclu l’année dernière un partenariat avec l’Université de Fribourg. A la question de savoir si l’université pourra ainsi compenser la perte des fonds fédéraux et cantonaux, la rectrice Katharina Fromm répond: «les fonds de la Confédération et du canton sont affectés aux tâches fondamentales de notre université. Le soutien des entreprises est en revanche complémentaire. Il nous aide à développer nos forces actuelles et à faire avancer des projets de recherche interfacultaires.»
Les mesures d’économie de la Confédération et du canton pourraient également avoir des répercussions importantes sur les quatre hautes écoles spécialisées (HES) fribourgeoises dans les domaines de l’ingénierie et de l’architecture, de l’économie, de la santé et du travail social. «Des turbulences seront inévitables», lâche le directeur général Jacques Genoud. En effet, environ 80% du budget de ces HES provient de fonds publics, «un tiers provient de la Confédération et deux tiers des cantons», explique le directeur. D’une manière générale, il s’attend à ce qu’il devienne plus difficile de financer des projets de recherche. «Le financement disponible par des tiers devrait diminuer et la concurrence entre les universités et les écoles techniques devrait augmenter.» Une compensation complète par le biais d’un soutien supplémentaire du secteur privé est plutôt improbable : «le secteur privé lui-même connaît des difficultés», conclut-il.
12 Fév 2025
Les acteurs et actrices du paysage académique se mobilisent face aux mesures d’économie prévues dans la formation et la recherche scientifique (plus de 460 millions de francs par an dès 2027). Ils et elles demandent au Conseil fédéral de revoir ses plans.
«Les économies dans la recherche et la formation renforcent la pénurie de personnel qualifié. Elles nuisent à l’économie et à la société suisses», affirme Michael Hengartner, président du Conseil des EPF au micro de la SRF. «Sélectionner les talents sur une base économique, je ne pense pas que ce soit le bon plan», affirme Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities dans le 19h30. «C’est un investissement, un franc investi dans la recherche et la formation en rapportera 5 à l’économie», ajoute-t-elle au micro de Forum. «Les taxes d’étudiant·es marqueraient de plus davantage de dépendance à des fonds extérieurs. L’autonomie des universités est une garantie de la qualité de la recherche. Ces investissements participent à notre souveraineté technologique (cybersécurité, IA, médicaments, etc.). On a pris pour acquis les investissements faits ces dernières années dans la recherche, alors que c’est un effort qui doit perdurer», conclut-elle.
Yves Flückiger, président de l’Académie suisse des sciences, fait part de sa «profonde inquiétude» en matière de concurrence internationale et de compétitivité de la Suisse. «On doit davantage dialoguer avec la société et la politique, pour montrer ce que le domaine FRI apporte.» (Le Temps, Arcinfo)
11 Fév 2025
Une alliance scientifique entre swissuniversities, le Conseil EPF ,le FNS, les Académies suisses des sciences et Innosuisse, met le Conseil fédéral en garde contre une réduction des moyens alloués à l’éducation et contre une augmentation des taxes d’études, qui «auraient des conséquences drastiques pour l’économie et la société suisses». Elle lui demande de revoir en conséquence le paquet d’allègement budgétaire présenté fin janvier. Ce dernier prévoit des coupes dans la formation, la recherche et l’innovation à hauteur de plus de 460 millions de francs par an. (SRF)
L’Union des Etudiant·es de Suisse (UNES) avait déjà pris position en fin janvier et a lancé une pétition contre l’augmentation des taxes d’études.
11 Fév 2025
Des scientifiques suisses de renom, tels que Reto Knutti (professeur titulaire au département des sciences des systèmes environnementaux, ETHZ), Tanja Stadler (professeure titulaire et directrice adjointe au département des sciences et de l’ingénierie des biosystèmes, ETHZ), ou Matthias Egger (chef de groupe de recherche, VIH, hépatite et tuberculose, Université de Berne) ont signé avec 931 collègues une pétition lancée contre les économies prévues dans le domaine du journalisme scientifique à la SRF.
Les signataires, demandant une réévaluation des économies, argumentent ainsi leur incompréhension et leur inquiétude :
11 Fév 2025
Selon l’Office fédéral de la statistique, la part de dépenses pour la recherche investie dans les instituts privés n’a fait qu’augmenter ces dernières années en Suisse. Elle permet la production d’études de haut niveau défiant ainsi la suprématie des universités. La part de financement de la recherche par l’Etat est actuellement de 27% en Suisse, contre 66% par les entreprises privées. La moyenne européenne se situe à 30% de financement par l’Etat et 57% par le secteur privé.
En 2024, la Fondation Botnar avait notamment annoncé le don d’un milliard de francs sur 15 ans dans l’Institut (privé) de médecine pédiatrique à Bâle. C’est autant d’argent dont dispose l’ensemble de l’EPFZ en six mois.
Un des avantages principaux de la recherche en institut privé est que toutes les ressources de l’institut peuvent être concentrées sur un seul projet, au contraire des universités où la recherche doit rester large en couvrant un domaine plus vaste. Un inconvénient réside cependant dans la plus grande possibilité d’influence pour les investisseur·euses dans le choix des priorités de la recherche.
Le Fonds national suisse (FNS) estime que cette évolution est positive et que «la recherche financée par le public et le privé est nécessaire pour que la Suisse puisse être compétitive au niveau international.» L’organisme s’inquiète néanmoins qu’en raison de la situation financière actuelle difficile de l’Etat, ce dernier ne décide de réaliser des économies dans le domaine de la science. En effet, le rapport des expert·es dirigé par Serge Gaillard proposait de réduire de 10% le budget du FNS financé par la Confédération, ce qui engendrerait une augmentation de la part de financement privé, rapprochant un peu plus la Suisse d’un environnement de recherche tel qu’il est aujourd’hui aux Etats-Unis ou au Japon.
«A condition de garantir une gouvernance propre, la qualité de la recherche et une publication transparente des résultats, les instituts financés par le secteur privé sont bons pour l’activité académique», s’exprime le philosophe René Scheu, directeur de l’Institut de politique économique suisse, financé par le secteur privé.
A noter que le succès des instituts privés en Suisse ne serait pas possible «sans les conditions sociales, juridiques et éducatives des universités publiques», seules responsables de la formation des nouveaux·elles chercheur·euses. Finalement, de nombreux instituts de recherches privés collaborent actuellement avec des universités dans leurs recherches, mais aussi pour leurs financements.
10 Fév 2025
[A partir de 11:19.] La Confédération doit faire des économies et le Conseil fédéral souhaite économiser environs 3,6 milliards de francs dans le budget de 2026. Parmi les nombreuses mesures, certaines touchent les hautes écoles.
La rectrice de l’Université de Bâle Andrea Schenker-Wicki n’est pas enchantée [«not amused»] par ces mesures, estimant que l’éducation et la recherche sont centrales pour la Suisse. «Nous sommes très bien positionnés, et [pour le rester], cela demande toujours des efforts de tous les côtés, pas seulement de la Confédération, mais également des cantons.»
En ce moment, la Confédération finance les universités à 20%, c’est à dire 120 millions. Le rapport d’un groupe de travail propose aux universités de doubler les taxes d’études (environs 1’500CHF en moyenne) pour faire face aux coupes fédérales.
La rectrice souligne que les taxes d’études ne sont pas une compétence de la Confédération, mais une compétence des universités, HES et des cantons. «La Confédération n’a rien à dire à ce sujet.» Les mesures à prendre pour faire des économies sera décidé entre hautes écoles et les cantons. «C’est une situation totalement confuse, rien n’est clair et je ne veux pas peindre le diable sur la muraille.» Par ailleurs, si on veut continuer de garantir l’égalité des chances et augmenter les taxes d’études, les bourses d’études devraient ensuite être augmentées. Et cela aurait comme conséquence que les cantons financent ce que la confédération a fait comme économie. «Nous ne savons pas comment les étudiant·es réagiraient [à une hausse des taxes d’études]. Nous sommes un petit pays, nous avons besoin de personnel qualifié de l’étranger. Nous devons rester attractifs, dans le pays et à l’étranger.»
Le deuxième grand poste du paquet de mesures d’économie de la Confédération concerne la recherche. 130 millions de francs devraient être économisés dans la recherche fondamentale. Pour tous les établissements d’enseignement supérieur à forte intensité de recherche ceci «n’est pas une bonne idée» souligne la rectrice. Ce sont des investissements à long terme dans le futur. Andrea Schenker Wicki est très préoccupée par ce manque de financement, qui aurait un impact partout en Suisse.
5 Fév 2025
La semaine dernière, la Commission européenne a présenté sa communication sur le Competitiveness Compass for the EU, un guide qui a pour objectif de tirer parti des atouts de l’Europe dans la recherche scientifique de pointe et de l’innovation, ainsi que de supprimer les obstacles aux niveaux européen et national. Guidé par le rapport de Mario Draghi sur la compétitivité de l’UE publié fin 2024, le Competitiveness Compass for the EU annonce de nombreuses «actions phares», en plus de trois objectifs principaux : combler le retard en matière d’innovation par rapport aux États-Unis et à la Chine ; décarboner l’économie ; réduire les dépendances excessives et renforcer la sécurité.
Cette communication inquiète cependant les milieux de la recherche, dont le nouveau European Competitiveness Fund, le Competitiveness Coordination Tool, ainsi que la présidente du European Research Council (ERC) Maria Leptin. Le secrétaire générale de la League of European Research Universities (LERU) Kurt Deketelaere écrit : «Il s’agit d’une attaque sans précédent contre l’autonomie du European Research Council (ERC). […] La ligne de la communication sur la recherche fondamentale est tout aussi préoccupante. Elle mentionne simplement qu’un soutien ciblé sera apporté à la compétitivité industrielle, avec une approche plus stratégique et moins bureaucratique pour soutenir la transition de la recherche appliquée à la mise en place d’entreprises.» Il n’y a ainsi donc aucune place pour un 10e programme-cadre FP10 pour la Recherche et l’Innovation (successeur de l’actuel programme Horizon Europe), conformément au souhait de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen d’organiser le budget futur de l’UE autour de politiques et non de programmes.
Les leaders de la recherche au Parlement européen, tels que les députés Christian Ehler et Lina Gálvez Muñoz, ainsi que la LERU ont exprimé leur opposition à cette approche. Les auteurs de rapports Mario Draghi, Manuel Heitor et Enrico Letta ainsi que la LERU «souhaitent un FP10 autonome, axé sur l’excellence et la curiosité, doté d’un budget dédié et cantonné de plus de 200 milliards d’euros».
4 Fév 2025
La National Science Foundation (NSF), qui finance environ 25 % de la recherche universitaire fondamentale aux États-Unis, a dégelé les subventions bloquées par un décret de Donald Trump. Elle a annoncé dimanche avoir rouvert un site web qui distribue l’argent des subventions de recherche aux scientifiques. Toutefois, elle continue de passer au crible les projets de recherche, afin de se conformer aux directives de Donald Trump.
Dans ce cadre de confusion, Nature s’est entretenue avec six membres du personnel de la NSF, qui ont «tous exprimé de vives inquiétudes quant aux récentes décisions de l’agence» et ont partagé des documents clarifiant le processus d’examen des subventions. Actuellement, environ 10’000 subventions de recherche ont été signalées et distribuées à divers directeur·ices de programme, chargé·es de les examiner. Les critères de signalisation des subventions invitent les responsables de programme à rechercher un langage «élargissant la participation», l’aide étrangère, la science du climat, l’énergie domestique et les «programmes discriminatoires, y compris les DEI (diversité, équité et inclusion) illégaux».
Face à ces différentes décisions et processus, de nombreux·euses scientifiques se retrouvent dans l’incertitude et la crainte. «La semaine dernière, plus de 100 boursiers postdoctoraux qui recevaient leur salaire directement de l’agence ont été exclus du système de paiement.» Ces blocage de subventions pourraient également être préjudiciables aux chercheur·euses en début de carrière, car les subventions «sont devenues un moyen de soutenir la formation des futur·es scientifiques».
A contrepied, certain·es scientifiques affirment qu’ils·elles voient une opportunité dans ces chamboulements. «L’élargissement de la participation aux STEM va au-delà de l’identité raciale, ethnique et sexuelle – il s’agit de veiller à ce que tous les esprits talentueux aient la possibilité de contribuer à notre main-d’œuvre dans le domaine des STEM», explique Suzanne Barbour, biochimiste et présidente d’un groupe chargé de conseiller la NSF sur la manière d’encourager la participation des groupes sous-représentés dans le domaine des sciences.
Finalement, alors qu’il n’existe pas de calendrier précis quant à la durée des blocages temporaires des gels de subvention, la NSF pourrait tout de même «avoir du mal à mettre fin légalement aux subventions, car leurs fonds sont affectés par le Congrès américain, ce qui signifie qu’ils sont protégés par la loi», explique Deborah Pearlstein, spécialiste du droit et de la politique publique à l’université de Princeton. De plus, il existerait un autre domaine dans lequel les actions de la NSF seraient en contradiction avec la loi : depuis 1980, le Congrès impose que l’agence cherche à élargir la participation des groupes sous-représentés.
30 Jan 2025
Les chercheurs américains sont ébranlés après la publication par l’administration du nouveau président Donald Trump, le 27 janvier, d’un décret gelant toutes les subventions et tous les prêts fédéraux à partir du 28 janvier. Un juge fédéral de Washington DC a temporairement bloqué le décret en fin de journée, mais il avait déjà incité de nombreuses universités américaines à déconseiller aux membres du corps professoral de dépenser les subventions fédérales pour des voyages, de nouveaux projets de recherche, des équipements, etc.
Dans une note envoyée aux agences fédérales le 29 janvier, l’administration du président américain Donald Trump a annulé son décret du 27 janvier. Karoline Leavitt, secrétaire de presse de la Maison Blanche, a toutefois déclaré sur la plateforme de médias sociaux X que cette dernière mesure n’était pas une annulation du gel des financements, mais un retrait de l’ordonnance du 27 janvier. On ne sait toujours pas quels sont les prêts et subventions fédéraux gelés.
14 Jan 2025
Matthias Egger accorde une dernière interview en tant que président du Conseil de la recherche pour le Fonds national suisse (FNS), organe responsable chaque année de distribuer près d’un milliard de francs aux chercheur·euses des hautes écoles suisses. Matthias Egger exprime ce qu’il pense des plans d’économie du Conseil fédéral.
Alors que le groupe d’experts dirigé par Serge Gaillard, qui a analysé les finances fédérales à la demande du Conseil fédéral, a conclu que le FNS pourrait économiser 10% de ses fonds, Matthias Egger ne partage pas ces estimations : «Il s’agit de montants de 130 à 140 millions de francs par an qui manqueraient ainsi à la recherche. Les victimes seront les jeunes chercheurs et chercheuses : des centaines d’emplois pour les jeunes scientifiques seront perdus. D’autant plus que les universités doivent elles aussi faire des économies. Des jeunes gens talentueux seront ainsi contraints de mettre un terme à leur carrière ou de poursuivre leurs recherches dans une haute école à l’étranger. Cela aurait également des répercussions négatives sur l’économie, [car] de nombreux chercheurs que nous soutenons rejoignent plus tard l’économie, y occupent des postes de direction ou sont des spécialistes importants dans leur domaine de spécialisation. Si nous formons moins de ces personnes de pointe, elles manqueront tôt ou tard à notre pays.»
Matthias Egger ajoute que le Conseil doit déjà refuser de nombreux projets prometteurs faute d’argent, et que des fonds de tiers ne pourraient pas remplacer les fonds du FNS pour la recherche fondamentale. «La Suisse est une société du savoir sans matières premières. Nous sommes innovants et compétitifs au niveau mondial, notamment dans les domaines hautement spécialisés. […] Nous devons préserver cela. Je ne pense pas qu’il soit judicieux d’économiser sur la recherche et l’innovation.»
13 Jan 2025
«Les chercheuses et chercheurs de Suisse peuvent pour la première fois depuis trois ans et demi à nouveau participer à presque tous les appels à projets d’Horizon Europe. Il s’agit néanmoins d’un arrangement transitoire. […] Les solutions transitoires ne seront désormais plus nécessaires, mais les subsides précédemment octroyés au titre des exercices antérieurs seront maintenus. Les SNSF Starting Grants ont constitué un cas particulier. Cette mesure transitoire a été conçue comme une fusion de l’instrument Eccellenza du FNS et un remplacement des ERC Starting Grants. Désormais, le FNS conserve les SNSF Starting Grants dans la palette de ses propres instruments. Ils ne font plus partie d’une quelconque mesure transitoire.» (FNS)
13 Jan 2025
Selon les calculs de l’OFS, il y aura une augmentation de 17% du nombre d’étudiant-es universitaires d’ici 2033, «ce qui accentue le manque d’espace dans les universités». Les universités et EPF craignent une perte de la qualité des études si les moyens ne sont pas adaptés à cette demande croissante. Et elles sont presque univoques à rejeter un autre outil permettant de limiter le nombre d’étudiant: une augmentation des taxes d’études.
«Il faut donc plus d’argent. Dans la Berne fédérale, les choses vont plutôt dans une autre direction. Dans le cadre du plan Gaillard, des coupes dans le financement des hautes écoles sont également prévues.» (20 minutes)
Selon la Basler Zeitung, on ignore encore ce que les universités pensent de la proposition [du plan Gaillard] de doubler les taxes d’études pour alléger le budget fédéral – dans le jargon de l’économie, «renforcer le financement des hautes écoles cantonales par les usagers».
6 Jan 2025
Lors de leur assemblée des délégués en décembre dernier, les Jeunes libéraux-radicaux ont proposé une obligation de remboursement du coût des études des universitaires après ces dernières, pour les personnes dont l’impôt sur le revenu ne suffirait pas à couvrir les frais d’écolage. Cette revendication serait une réaction au fait que les personnes bien formées en Suisse travaillent de plus en plus à temps partiel. Elles gagnent ainsi moins d’argent qu’auparavant et paient donc moins d’impôts, impôts censés financer indirectement leurs études supérieures. En plus d’économiser de l’argent public, cette proposition réparerait une inégalité vis-à-vis des apprenti·es qui, dès leurs 18 ans, financent des formations dont ils·elles ne bénéficieront pas (Forum).
Pour Jonas Lüthy, président des Jeunes PLR, cette proposition n’empêcherait pas les personnes ayant des moyens modestes d’entreprendre des études, «au contraire, étant donné que les paiements rétroactifs n’interviennent qu’après». Cette proposition renforcerait pourtant les inégalités sociales, affirment des chercheur·euses en sociologie de l’éducation, car «les femmes souffriraient de manière disproportionnée d’une telle obligation de remboursement, car elles s’occupent plus souvent de la garde des enfants et travaillent donc plutôt à temps partiel» (24 heures).
De plus, il ne suffirait pas de «considérer les investissements dans la formation uniquement sous l’angle des recettes fiscales» (24 heures) mais de voir le remboursement également dans les bénéfices sociétaux du travail qu’effectuent les gens à la fin de leurs études (Forum).
Selon Matthias Aebischer, conseiller national socialiste, «les crèches sont si chères en Suisse que cela conduit à davantage de travail à temps partiel. C’est plutôt là qu’il faudrait agir.» (24 heures)
Cette proposition de remboursement s’inscrit parmi dix revendications du parti sur la formation. La manière dont cette proposition sera amenée dans l’arène politique n’a pas encore été définie. Des discussions sont en cours dans le parti.