«Les étudiants ayant des liens avec le Parti communiste chinois ou inscrits dans des filières sensibles sont dans le viseur de Washington.»
30 Mai 2025
30 Mai 2025
«Les étudiants ayant des liens avec le Parti communiste chinois ou inscrits dans des filières sensibles sont dans le viseur de Washington.»
28 Mai 2025
Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a ordonné mardi 27.05 la suspension du traitement des visas pour étudiant·es étrangers·ères. L’administration Trump prévoirait en outre de passer au crible les réseaux sociaux des candidat·es.
27 Mai 2025
The Economist (accès via la BCU) a publié toute une série d’articles sur les effets de la politique de l’administrative Trump sur les sciences, aux Etats-Unis et ailleurs.
p. 10 «America’s assault on science»
Pendant que le gouvernement Trump s’en prend aux universités d’élite et à la recherche, «des véritables problèmes de fonctionnement de la science en Amérique sont négligés», notamment la bureaucratie: «Les meilleurs chercheurs américains déclarent passer deux jours sur cinq à remplir des formulaires et à effectuer d’autres tâches administratives, plutôt qu’à travailler en laboratoire. La recherche devient de plus en plus incrémentale («incremental»). De nouveaux modes de financement, tels que les loteries, méritent d’être expérimentés. Jusqu’à présent, cependant, la Maison Blanche n’a pas présenté de plans visant à améliorer le fonctionnement de la science. En effet, lorsque les scientifiques ne savent pas si leurs travaux seront encore financés ou s’ils saisissent les tribunaux pour contester la suppression arbitraire de subventions, la science américaine perd de son efficacité, au lieu d’en gagner.» Par ailleurs, les triomphes économiques américains et sa force militaire sont étroitement liés aux succès scientifiques. «En se retirant, l’Amérique cédera du terrain à la Chine autoritaire en tant que superpuissance scientifique, avec tous les avantages que cela comporte.»
p. 37 – «The revolution comes for Boston»
Les politiques du président Donald Trump sur les universités et les réductions proposées par son administration pour le financement de la science menacent non seulement l’écosystème tentaculaire de recherche et de biotechnologie du Massachusetts, mais aussi l’avantage concurrentiel du pays en matière d’innovation, en biotechnologie en particulier.
p. 68 – «The science subsidy»
Par rapport aux retombées internationales, «c’est presque certain que l’Amérique enregistre un excédent scientifique avec le reste du monde, en fournissant beaucoup plus aux étrangers qu’elle ne reçoit en retour», que cela soit par la formation des étudiant·es étrangers·ères, la publication scientifique, la recherche et le développement, la technologie, et le savoir-faire et l’investissement.
«La Chine, qui dépasse déjà l’Amérique dans certains domaines scientifiques, peut espérer tirer parti de cette situation. Pourtant, peu d’étrangers souhaitent faire leur doctorat en Chine. Un système politique fermé ralentit la diffusion des innovations au-delà des frontières internationales. Il en va de même pour la barrière de la langue.» D’ailleurs, «des décennies de recherche sur les clusters économiques montrent qu’elles sont rarement répliquées» ailleurs: «If America’s scientific system sneezes, the rest of the world will catch a cold.»
69 – 71 «Looming disaster»
Le président américain espère réduire le budget des NIH (National institutes of health) de 38 %, soit près de 18 milliards de dollars, celui de la NSF (National Science Foundation) de 4,7 milliards de dollars, soit plus de 50 %, et supprimer près de la moitié de la direction de la mission scientifique de la NASA. «Au total, les réductions proposées pour les agences fédérales de recherche s’élèvent à près de 40 milliards de dollars. Nombre d’entre elles sont déjà passées sous le bistouri», et les coupes «sont plus larges et plus profondes qu’il n’y paraît» à première vue, et de manière plus chaotique et des fournitures de laboratoire sont devenues plus difficiles à obtenir. Selon des documents fuités, la branche recherche de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) cesserait très probablement d’exister et les satellites d’observation de la Terre de la NASA seraient également mis à mal, par exemple.
71 – «Chilling effects»
Des citoyens ordinaires vont être affectés par ces coupes, comme par exemple les fermiers dépendent de prévisions météorologiques fiables, les malades ont besoin de données du CDC sur la distribution et le traitement des maladies, et l’EPA (Environmental Protection Agency) met en place des régulations qui protègent le public de contaminants, et plusieurs agences alertent le public dans le cas des différentes catastrophes naturelles.
«Le gouvernement finira peut-être par comprendre que le fait d’avertir les gens des tempêtes mortelles et de faciliter l’accès aux soins médicaux permet d’aider bien d’autres personnes que les élites. Mais pour l’instant, du moins, il y a peu de signes d’un tel revirement de politique.»
72 «Your loss is our loss»
«An exodus from the world’s scientific superpower beckons.» Le nombre de postulations pour des postes académiques hors des Etats-Unis ont augmenté de manière significative, de 32% sur le site de Nature, et selon un sondage de ce même journal, 75% des scientifiques dans les Etats-Unis envisagent de partir. Par ailleurs, des candidatures de l’étranger ont baissés de 25%, selon les données da Nature, et cette tendance est plus accentuée encore pour les candidatures au doctorat: Sur le site FindAPhD il y a eu 50% de candidatures en mois venant de l’Europe.
Les données du site web Studyportals montrent un intérêt moindre des Américains pour les doctorats nationaux et une augmentation de l’intérêt pour les bourses d’études internationales par rapport à 2024, près de 50% plus de renseignements sur les programmes en Suisse par rapport à l’année passée. Et aussi les personnes des pays non-américains s’intéressent particulièrement aux programmes PhD en Suisse, avec une augmentation de plus de 40% par rapport à l’année passée, ce qui range le pays en deuxième place après l’Australie.
«Et ce n’est pas fini.» La National Science Foundation (NSF), autre grand bailleur de fonds fédéral, pourrait perdre 52 % de son financement. Si le budget est adopté par le Congrès, The Economist estime que plus de 80 000 chercheurs pourraient perdre leurs emplois. «Le financement américain de la science universitaire serait nettement inférieur à celui de la Chine ou de l’Union européenne, après ajustement des coûts.» Et le financement n’est pas le seul problème, mais également l’insécurité actuelle concernant les visas. D’autres encore craignent que le gouvernement s’immisce dans leurs recherches. Kevin Hall, chercheur au NIH, a démissionné en avril après deux incidents : une fois, des membres du gouvernement l’auraient demandé de ne pas utiliser un mot impopulaire auprès des partisans de Trump et une fois il a été empêché de présenter une étude des collaborateurs de Robert F. Kennedy qui auraient édité les réponses aux interviews sans son consentement.
D’autres pays pourraient attirer ces chercheurs américains cherchant à s’exiler, mais «la perturbation nuirait à la science dans son ensemble».
26 Mai 2025
Jeudi 22.05.2025, l’administration Trump a annoncé qu’elle retirait le droit d’accueillir des étudiant·es étranger·ères à la prestigieuse université privée Harvard, l’accusant d’antisémitisme et d’une prétendue collusion avec le PC chinois.
La ministre Kristi Noem a assorti sa décision choc d’un ultimatum: si Harvard veut retrouver ce «privilège», elle doit fournir dans les 72 heures toute une série d’informations dont elle disposerait sur d’hypothétiques activités «illégales» de ses étudiants étrangers dans les cinq dernières années.
Une juge a provisoirement mis un terme à l’interdiction des étudiants étrangers à Harvard, mais la situation reste précaire.
Près de 1300 étudiants chinois sont actuellement inscrits à Harvard selon les chiffres officiels et près de 300’000 étudient dans d’autres universités aux États-Unis. (20 minutes)
«L’université de science et technologie de Hong Kong (HKUST) a déjà invité vendredi les étudiants internationaux inscrits à Harvard à poursuivre leurs études à HKUST, promettant des «procédures d’admission simplifiées et un soutien académique pour faciliter une transition sans accroc pour les étudiants intéressés»». (Blick)
Mathias Risse, professeur de droits humains et affaire contemporaines à Harvard, avance: «Personne ne nie qu’il y a eu des incidents antisémites à Harvard. […] Mais premièrement, l’université a commencé à les traiter systématiquement bien avant l’arrivée de Trump au pouvoir. Deuxièmement, des études ont montré que l’épicentre de l’antisémitisme aux Etats-Unis se situe clairement dans les milieux d’extrême droite et non dans les universités.» Il accuse l’administration Trump de ne pas se préoccuper de l’hostilité envers les juifs mais de s’en servir comme prétexte ». (Tages-Anzeiger)
Le 24 heures livre un «retour en cinq actes sur cette guerre entre Donald Trump et la plus ancienne et puissante université américaine, depuis le 10 mars. (24 heures)
Pour le semestre d’automne, 12 personnes de l’Université de Saint-Gall se sont inscrits pour un programme d’échange. Et actuellement, 32 étudiant·es de Suisse sont inscrits à Harvard, dont 22 de l’EPFZ, la seule université suisse à avoir un accord de partenariat avec Harvard. Celle-ci suit les derniers développements aux Etats-Unis « avec une inquiétude croissante». Si les échanges internationaux venaient à manquer, la haute école estime que la force d’innovation de la science ainsi que la compétitivité de la Suisse seraient également menacées. (SonntagsBlick)
Dans un commentaire publié dans le Tages-Anzeiger, le journaliste Peter Burghardt estime que les universités de Harvard et de Columbia méritent notre solidarité parce qu’ils s’engagent pour la liberté académique et une société ouverte. (Tages-Anzeiger)
Steven Pinker, professeur en psychologie à Harvard, estime que les universités américaines doivent «se redresser et regagner la confiance du public. Cela semble banal, mais trop souvent les universités ont été guidées par le désir d’apaiser leurs étudiants, d’éviter de se faire des ennemis et de ne pas faire la une des journaux. Nous avons vu comment cela a fonctionné.» Au lieu de cela, les dirigeants des universités devraient être prêts à affirmer l’objectif primordial d’une université – la découverte et la transmission du savoir – et les principes nécessaires à sa poursuite. Les universités ont le mandat et l’expertise nécessaires pour poursuivre la connaissance, et non la justice sociale. La liberté intellectuelle n’est pas un privilège des professeurs, mais le seul moyen pour des êtres humains faillibles d’acquérir des connaissances. Les désaccords doivent être négociés par l’analyse et l’argumentation, et non par les récriminations du sectarisme et de la victimisation.» Il regrette que les opinions conservatrices soient largement surreprésentées à Harvard, mais relativise: «la politique des étudiant·es n’est pas plus imputable à l’endoctrinement des professeurs que leurs cheveux verts et leurs cloisons nasales percées.» (New York Times)
23 Mai 2025
«L’administration Trump a annoncé jeudi qu’elle retirait le droit d’accueillir des étudiants étrangers à la prestigieuse université privée Harvard, privant d’un moyen de rayonnement important l’institution contre laquelle le gouvernement américain a lancé une vaste offensive.» (RTS : La Matinale : Le journal de 6h, à partir de 8:39 min),
Commentaire de Ryan Enos, professeur à Harvard. (RTS : La Matinale : Le journal de 7h, à partir de 8:29min)
Pour de nombreuses universités américaines, les revenus des étudiants internationaux représentent une part importante du budget – notamment parce que ces derniers paient souvent des frais de scolarité nettement plus élevés que les étudiants nationaux. (SRF)
16 Mai 2025
Les ministres de l’Éducation de l’UE ont approuvé la création d’un label de diplôme européen conjoint, un certificat supplémentaire destiné aux étudiants suivant des programmes de diplôme conjoints entre universités de plusieurs pays, dont au moins deux membres de l’UE. Ce label, prévu pour 2026, représente une première étape vers un véritable diplôme européen.
Un plan en trois phases a été adopté : lancement du label en 2026, évaluation jusqu’en 2028, puis décision en 2029 sur l’introduction d’un diplôme européen complet. Celui-ci nécessiterait des changements législatifs nationaux, rendant son adoption volontaire.
Le label, plus simple à mettre en œuvre, vise à renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur européen. Un laboratoire politique piloté par la Commission sera chargé d’élaborer les modalités du label. Des voix saluent l’approche prudente, qui favorise la coopération transnationale sans compromettre l’autonomie institutionnelle ni la qualité académique.
Ce projet s’inscrit dans la continuité du processus de Bologne et de la volonté de faire de l’éducation une “cinquième liberté” du marché unique européen, selon l’ancien Premier ministre italien Enrico Letta.
15 Mai 2025
«Une chercheuse russe, à l’École de médecine de la célèbre université, est menacée d’expulsion vers son pays d’origine qu’elle avait fui pour des raisons politiques.»
25 Avr 2025
Si la France a sans doute pris les devants en tentant d’attirer les universitaires américains, l’Allemagne a elle aussi des projets. Le plan du nouveau gouvernement prévoit un programme «1000 têtes» pour attirer les talents scientifiques internationaux. Il promet également une procédure de visa plus souple pour les universitaires et les étudiant·es venant de l’étranger.
«En ces temps de polarisation mondiale, nous maintenons l’Allemagne en tant que destination attrayante et havre de liberté académique pour les chercheurs du monde entier », indique le plan, bien qu’il ne mentionne pas explicitement les États-Unis ou son président Donald Trump.
24 Avr 2025
Dès 2027, la Confédération devra payer 170 millions de francs pour participer à Erasmus+, «plus du triple de la solution nationale actuelle». «Le prix est élevé, mais l’offre est beaucoup plus large que celle d’une solution suisse», explique Olivier Tschopp, directeur de Movetia, l’agence nationale pour la promotion des échanges et de la mobilité dans le domaine de l’éducation, financée par la Confédération. (RTS)
A noter que le programme Erasmus+ «n’est pas seulement un programme de mobilité pour les étudiantes et étudiants des hautes écoles», mais «il comprend également la formation professionnelle, les activités de jeunesse extrascolaires et le sport.» (RTS)
31 Mar 2025
Plusieurs membres de l’Université expliquent au Temps les potentielles difficultés et freins à l’organisation d’un séjour universitaire de mobilité. Chaque année, plus d’une vingtaine d’étudiants de l’UNIL renonceraient à leurs projets d’échange.
«Certains étudiants nous contactent parce qu’ils ne trouvent pas d’informations sur les équivalences de cours, les demandes de bourses, les délais à respecter, observe Myriam Schneider, secrétaire générale de la Fédération des associations d’étudiant·e·x·s (FAE) de l’Université de Lausanne (Unil). C’est vrai que les cours choisis à l’étranger peuvent ne pas être reconnus ici, les crédits universitaires être calculés différemment, les dates de début de semestre ne pas être synchronisées… Il faut très bien faire son planning pour s’assurer que tout fonctionne.»
Actuellement un rapport est en consultation à l’attention du Conseil fédéral, proposant de réduire le forfait fédéral à 10% pour la mobilité internationale dans l’éducation et la formation. «De telles coupes réduiraient les chances de faire un séjour pour ceux qui ont moins de moyens financiers», avertit Olivier Tschopp, directeur de Movetia, agence nationale pour la promotion des échanges et de la mobilité dans le système éducatif. «Tout un pan de la population estudiantine n’envisage pas ces séjours parce que sa situation financière ne le lui permet pas. Elle doit travailler à côté pour vivre et craint de ne pas retrouver son emploi ni son logement à son retour», détaille Cédric Rychen, directeur du Service des affaires sociales et de la mobilité étudiante de l’Unil. «Réintégrer Erasmus+ signifierait toutefois une offre plus importante, des facilités administratives et des moyens financiers plus importants», note Olivier Tschopp.
Olivier Tschopp et Lukas Graf observent finalement depuis le covid une tendance, en Suisse et à l’étranger, aux séjours plus courts avec formats hybrides, tels que des Blended Intensive Programmes, que l’UNIL propose depuis 2 ans.
13 Mar 2025
10 Fév 2025
En 2024, le fils de la rectrice de l’UNIGE Audrey Leuba avait été sélectionné pour un échange d’un semestre à la prestigieuse université Harvard Law School (HLS). «Bien que le processus ne semble pas avoir été entaché de favoritisme, il a soulevé des questions». La Tribune de Genève révèle aujourd’hui que la sélection de l’année précédente a également provoqué des interrogations.
En 2023, le comité de sélection de l’Université de Genève avait transmis à Harvard, les deux meilleurs dossiers de candidature à l’échange, dans son ordre de préférence. Finalement, Harvard n’a pas suivi la prédilection de Genève, préférant sélectionner la fille d’un milliardaire russe au dossier brillant de l’autre étudiante. Selon l’UNIGE, le nombre d’écartement de son premier choix s’est produit avec Harvard «au moins trois fois» depuis 2007. Selon les informations de la Tribune de Genève, l’Université genevoise aurait voulu comprendre les raisons du choix de la prestigieuse université américaine mais n’aurait jamais obtenu de réponse.
Sollicité, le communicant de son père déclare que ce dernier «n’est pas donateur de Harvard et ne l’a jamais été».
28 Jan 2025
Le Grand Conseil de Lucerne a décidé lundi de ne pas déposer d’initiative cantonale pour associer pleinement la Suisse au programme européen de mobilité Erasmus+. L’initiative aurait dû charger le Conseil fédéral de présenter aux Chambres fédérales un projet de financement.
Le député cantonal Samuel Zbinden des Vert·e·s, cosignataires de la motion, a affirmé que l’exclusion de la Suisse au programme nuisait à la formation professionnelle et universitaire ainsi qu’au sport. Le programme de remplacement Swiss-European Mobility Programme (SEMP) serait trop compliqué et trop cher, et ne donnerait pas accès aux universités européennes de pointe. Urs Christian Schumacher (Ebikon) de l’UDC a argumenté de son côté que les 26 millions de francs de frais de participation au programme pourraient être mieux investis dans la formation des médecins. (Luzerner Zeitung)
Le Grand Conseil a finalement décidé de transformer la motion en postulat. L’initiative cantonale a déjà été déposée dans plus de dix cantons.
27 Jan 2025
Une étude portant sur dix projets pilotes d’Erasmus+ révèle des obstacles importants à l’introduction de diplômes européens conjoints. Les obstacles comprennent des règles nationales incompatibles sur la structure des programmes, la durée, les langues d’enseignement et la reconnaissance de l’apprentissage mixte et en ligne («blended learning»), voire l’épaisseur du papier du diplôme. La Commissaire européenne Roxana Mînzatu affirme étudier plusieurs options.
10 Déc 2024
«Ni les universités suisses ni les médias n’ont jusqu’à présent discuté en détail de la manière dont les hautes écoles israéliennes sont impliquées dans l’armée, l’industrie de l’armement et les actions de l’État contraires au droit international – malgré une documentation complète par des scientifiques palestinien·ne·s et israélien·ne·s.», écrit le journaliste d’investigation Jan Schuller. «Les universités israéliennes soutiennent activement la politique des colons israéliens, l’occupation militaire et l’apartheid.»
Il évoque la demande de certain·es étudiant·es de l’Université Berne, critiques face à la guerre de Gaza, que leur université mette fin à l’accord d’échange avec la Hebrew University of Jerusalem et à la coopération avec l’Université de Haïfa – car ces coopérations contribuent à normaliser les actions de ces institutions.
«Depuis que la CIJ [Cour internationale de Justice] a déclaré illégale l’occupation de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est en juillet, même les experts de l’ONU demandent aux États membres de l’ONU de revoir leurs liens académiques avec Israël. Lorsque les rectorats suisses tentent de faire taire les voix critiques qui attirent l’attention sur le scolasticide et la coopération entre les universités israéliennes et l’armée, ils se rendent coresponsables.»
18 Nov 2024
Marcus Dieth, président du gouvernement (Landaman) d’Argovie (Centre) et président des gouvernments cantonaux, estime que la Suisse s’engage dans les négociations en cours avec l’Union européenne autour des relations bilatérales «plus fermement et plus intelligemment» qu’avant. L’idée que l’UE puisse étendre la libre circulation des personnes aux étudiant·es en contrepartie d’une clause de sauvegarde ne l’effraie pas. «Nous connaissons déjà une clause de sauvegarde indirecte pour les étudiant·es», dit-il, puisque les restrictions d’admission autorisées aujourd’hui font que la proportion d’étudiant·s étrangers·ères, tous niveaux confondus, est actuellement d’environ 17%. Marcus Dieth part du principe que les étudiant·es étrangers·ères continueraient à payer des taxes d’études, mais probablement pas plus que les Suisses.
15 Nov 2024
A l’Université de Genève, «3068 débutant-es de bachelor ont rejoint l’UNIGE en septembre dernier et 1104 nouveaux/elles entrant-es ont opté pour une des filières de master proposées par l’institution, soit, respectivement, une augmentation de +13,3% et +19,4% par rapport à 2023.»
«Nous étions accoutumé-es à une augmentation régulière des effectifs depuis la fin des années 2000. Désormais [depuis la pandemie en 2020] chaque rentrée amène son lot de surprises», affirme Véronique Produit du Bureau des données institutionnelles et décisionnelles. «Ce chamboulement pourrait indiquer une modification des habitudes du corps estudiantin à l’échelle globale, les possibilités de mobilité académique s’étant accrues depuis la fin de la pandémie.»
12 Nov 2024
Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities, estime que les étudiant-es suisses ne profitent pas assez souvent de l’offre en mobilité étudiante. «Mais l’ailleurs est-il meilleur? A cette question normative, je serais tentée de répondre dans le même registre: oui, toujours! Il ne s’agit pas de dire que l’herbe est plus verte chez le voisin, car il n’y a là aucune opposition, mais une addition – pour la vie!»
30 Oct 2024
Le directeur de Movetia, Olivier Tschopp, parle d’une nouvelle campagne «pour booster les semestres à l’étranger», évoquant les avantages d’un tel séjour.
«En matière de mobilité, la Suisse a encore du chemin à parcourir avec un taux qui se maintient depuis des années entre 15 et 16%. A titre de comparaison, l’Europe fixe des objectifs ambitieux avec l’initiative «Europe on the move»: d’ici 2030, 23% des diplômés devront avoir fait un séjour à l’étranger. » (Movetia)
29 Oct 2024
Suite à une analyse de risques du début de l’année 2023, la haute école des beaux-arts zurichoise ZHdK a cessé sa collaboration avec l’École internationale de desing de Shenzen. Les raisons évoquées sont les obstacles liés au droit des études et des «risques opérationnels».
En 2021, l’association d’étudiant-es Verso de la ZHdK avait déjà demandé un arrêt de la collaboration avec la haute école chinoise à cause de sa proximité militaire, craignant une instrumentalisation de l’éducation. Par ailleurs, l’état chinois serait devenu de plus en plus autoritaire depuis le début de la coopération il y a onze ans. «La liberté de recherche des enseignants-chercheurs zurichois et le risque d’être surveillé et espionné ont fait l’objet de débats récurrents», avance Raffaela Fehr, Présidente de la Commission de surveillance de l’éducation et de la santé du Conseil cantonal. Selon elle, la ZHdK n’a pas pu expliquer de manière plausible pourquoi ces doutes étaient infondés. La haute école d’art aurait, par ailleurs, subi des pressions de la part de tous les partis au parlement.
L’ancienne école partenaire chinoise réagit avec colère à ce retrait unilatéral, craignant un dommage à la réputation, et propose une collaboration réduite, une option que la rectrice de la ZHdK ne considère pas.