Les hautes écoles suisses veulent lutter contre les abus sexuels par des campagnes et des cours. Pour de nombreux membres du corps étudiant et membres du personnel universitaire, cela ne suffit pas.
8 Mar 2023
8 Mar 2023
Les hautes écoles suisses veulent lutter contre les abus sexuels par des campagnes et des cours. Pour de nombreux membres du corps étudiant et membres du personnel universitaire, cela ne suffit pas.
16 Déc 2022
Nature passe en revue les grands sujets traités par le journal en 2022 comme par exemple:
9 Déc 2022
L’Université de Lausanne a publié les résultats d’une enquête sur le climat de travail. Des membres de la Direction admettent avoir été «secoués» par les résultats et vont prendre des mesures.
««On ne peut être que heurté par les résultats de cette enquête», réagit Frédéric Borloz, conseiller d’Etat vaudois chargé de la formation. Ce dernier salue la transparence et la volonté d’agir démontrée par l’Unil. «Toute violence et toute discrimination sont inadmissibles», insiste-t-il. Raphaël Ramuz, secrétaire syndical SSP (Syndicat des services publics) Vaud, salue aussi cette nouvelle dynamique mais la juge encore insuffisante. […] «[…]améliorer les procédures ne suffit pas. Il faut engager des personnes qui ont une réelle volonté de lutter contre le harcèlement, d’administrer les preuves, de faire la lumière sur ce qu’il se passe», réagit-il. Et de rappeler que «l’Etat de Vaud n’a toujours pas remplacé le groupe Impact (entité chargée des conflits de travail au sein de l’administration)», malgré un audit public qui a pointé, en 2021, certains manquements dans le traitement de deux affaires de harcèlement sexuel à l’Université de Lausanne.»» (Le Temps)
8 Déc 2022
Une étude réalisée par FORS (le centre de compétences suisse en sciences sociales) au printemps 2022, mandatée par la Direction et le Bureau de l’égalité de l’Université de Lausanne, permet d’établir une cartographie détaillée des vécus de discrimination et de harcèlement sur le campus. Le rapport rapporte que de manière générale, les femmes se sentent moins bien que leurs collègues masculins. Cette enquête met également en lumière le signalement de 150 actes pénalement répréhensibles y sont rapportés, dont quatre viols.
«La Direction prend acte des conclusions de l’enquête et se dit vivement préoccupée par la fréquence et la gravité des faits de harcèlement et de discrimination qui y sont rapportés. Afin de répondre de la manière la plus adéquate possible à ces situations qu’elle juge inacceptables, elle lancera une version remaniée du dispositif actuel de lutte contre le harcèlement et les discriminations au printemps 2023, suite à un travail de refonte complète initié il y a plusieurs mois.» (UNIL)
«Une «déléguée au climat de travail et d’études» a déjà été recrutée et les personnes – au statut indépendant de l’Université – chargées de recueillir des témoignages confidentiellement passeront de deux à trois. Finalement, un ou une juriste, aussi externe, sera mandaté pour conseiller les personnes désirant porter plainte. Pour l’UNIL, l’enjeu sera toutefois de donner confiance aux victimes pour qu’elles rapportent les abus. «Nous ferons un travail pour rendre visibles ces changements, assure Liliane Michalik [vice-rectrice de l’UNIL pour Égalité, diversité et carrières]. Nous rendrons par exemple publics le nombre et le type de mesures que nous prendrons, en anonymisant bien sûr les situations.» (24 heures)
1 Déc 2022
Le journal Nature a mené une enquête auprès de 3’253 étudiant∙es en Master et en doctorat indiquant que 35% des étudiant-es appartenant à des minorités ethniques ou raciales ont expérimenté de la discrimination ou du harcèlement pendant leur programme d’études actuel. C’est plus du double du taux rapporté par les personnes qui ne s’identifient pas comme membres de ces groupes.
1 Nov 2022
Caspar Hirschi, professeur d’histoire à l’Université de Saint-Gall, estime que si l’on demande à un élève qui détient le pouvoir, il pointera un doctorant qui lui-même pointera un professeur qui lui-même pointera le doyen qui lui dira que c’est au rectorat que le pouvoir se trouve. Le Rectorat renverra au Conseil universitaire qui lui renverra à l’administration.
«Ce sentiment d’impuissance est le talon d’Achille de l’université. Il permet d’occulter plus facilement la réalité des inégalités de pouvoir et le risque d’abus de pouvoir. Celui qui pense ne pas avoir de pouvoir l’exerce d’autant plus irréfléchie. […] Plus la concurrence pour la reconnaissance scientifique par le biais de publications, de projets et de prix devient acharnée, plus les directions d’université se trouvent en position de faiblesse. Elles doivent se surpasser mutuellement en accordant des décharges aux chercheurs de premier plan afin de pouvoir les recruter et les garder. De leur côté, les chercheurs sont plus facilement tentés d’exploiter leurs propres doctorants lorsque la pression de la concurrence augmente au sein de leur communauté scientifique. C’est donc précisément dans les universités à forte activité de recherche que le personnel de direction académique est particulièrement faible – et le potentiel de scandale élevé en conséquence.»
4 Mai 2022
Joël Mesot, Président de l’École Polytechnique fédérale de Zurich, souhaite changer «la culture du travail» dans l’institution – pendant trop longtemps, on n’a pas prêté attention aux compétences managériales des professeur-es, nous avons négligé ce sujet – dit le physicien. L’EPFZ a connu plusieurs cas de disfonctionnement de culture de travail. Un cas extrême a conduit au licenciement forcé d’une professeure. Une première dans l’histoire de l’EPFZ, qui a renoncé à porter cet épisode devant le Tribunal fédéral. Les professeurs doivent désormais suivre des cours de management et sont soumis à des évaluations de leurs compétences.
L’EPFZ a lancé en 2019 le programme «rETHink», une sorte de feuille de route pour le développement institutionnel. Un des points centraux concerne les compétences requises pour occuper la fonction de professeur-e (enseignement, recherche, communication, récolte de fonds, fondation d’une start-up,…). Selon Joël Mesot, les personnes devraient être employées («eingesetzt») par rapport à leurs forces et faiblesses. Il est de la responsabilité des hautes écoles universitaires d’offrir du soutien, si nécessaire. Il souligne que cette pratique est nouvelle et peu d’universités l’implémentent.
L’EPFZ doit être attentive au bien-être au travail. Par exemple, il faut éviter d’envoyer un mail le dimanche, avec 50 personnes en cc ou organiser des séances tard le soir, «il y a des jeunes parents à l’EPFZ». Par rapport aux heures supplémentaires, Joël Mesot estime qu’il faut les considérer au cas par cas.
Ensuite, Joël Mesot évoque l’exclusion Suisse du programme Horizon Europe et l’impact négatif pour l’EPFZ: «Le temps presse. Le programme a déjà démarré, et il est difficile de prendre un train en marche.» Il ajoute qu’il est préoccupé par l’endettement de la Confédération en raison des crises actuelles : le Covid-19 et la guerre en Ukraine. «Je crains qu’à un moment donné, la Confédération active le frein à l’endettement prévu par la loi. Car le budget du domaine des EPF n’est pas protégé, il ne fait pas partie des dépenses liées de la Confédération.»
22 Avr 2022
Le licenciement d’une professeure d’Astronomie en 2019 était un première dans l’histoire de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Son style de direction a été considéré inacceptable et son comportement contraire à ses obligations. Le Tribunal administratif fédéral a tranché, pour l’instant, le litige qui couvait depuis lors entre les parties : Le licenciement était «injustifié» et «disproportionné», car il a été prononcé sans avertissement préalable, même que le comportement de la professeure a déjà fait l’objet de réclamations auprès du service de médiation de l’ETH en 2005, 2009, 2013 et 2016. En conséquence, la perte de confiance invoquée par l’EPFZ lui est imputable.
Le tribunal a également critiqué le travail de relations publiques de l’EPF. Les communiqués de presse «semblent avoir eu pour principal objectif de protéger la réputation de l’EPFZ». Marcella Carollo n’aurait «pas toujours été traitée avec l’équité requise et n’aurait pas respecté le devoir de sollicitude» de l’employeur.
Le jugement peut encore être porté devant le Tribunal fédéral.
Le journaliste Marius Huber écrit dans un commentaire que le jugement est un «échec embarrassant» pour l’EPF, car il montre que l’EPFZ tolère le mauvais comportement («Fehlverhalten»). Le fait qu’il n’y a pas eu un seul licenciment dans les 164 ans de l’institution serait «un douteux record». Par ailleurs, le journaliste voit des parallèles avec le scandale du Centre national d’entraînement de Macolin. «L’ETH a également entrepris des réformes. Elle met davantage l’accent sur les compétences de direction, donne aux étudiants la possibilité de s’exprimer sur les nominations, renforce les services de recours. Ici comme ailleurs, la question passionnante est de savoir si l’on s’en tient aux méthodes plus douces, même si l’on s’éloigne de l’élite absolue?»
23 Fév 2022
Dans un interview avec le Tages-Anzeiger, le nouveau recteur de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), Günther Dissertori s’exprime sur les cinq problèmes les plus urgents à l’heure actuelle. L’exclusion de Horizon, les cas d’harcèlement moral au sein de l’institution, l’explosion du nombre d’étudiant-e-s, la pénurie de personnel qualifié ainsi que les conséquences de la pandémie sont alors mis en avant.
3 Fév 2022
«Précarité, inégalité de traitement, harcèlement… […] Pour faire face aux résultats alarmants de la vaste enquête diligentée par le rectorat de l’Université de Genève (Le Courrier du 18 janvier), ce dernier a mis en consultation jusqu’au 18 février un plan d’action. […] Si les objectifs sont ambitieux, un fossé semble exister entre les problèmes et certaines solutions.»
28 Jan 2022
Grégory Coutaz de l’Université de Tamkang, Taiwan, met en garde les universités suisses contre l’afflux des étudiant-e-s chinois-es (+27% en Suisse depuis 2019).
«L’un des problèmes que posent ces jeunes chinois vient du fait que parmi eux se trouve une minorité biberonnée au nationalisme qui n’accepte plus un enseignement perçu comme «anti-chinois». Encouragés par l’influence grandissante de la Chine sur la scène internationale, ces étudiants s’attaquent directement à leurs professeurs en les harcelant, les intimidant ou en se livrant au doxing (c’est-à-dire la diffusion de données personnelles sur internet), dès lors que ceux-ci se montreraient critiques envers le Parti communiste ou discuteraient de questions sensibles comme Hongkong, le Xinjiang, le Tibet ou Taïwan. […] Autrefois réservés aux seules universités anglo-saxonnes, ces débordements sont désormais présents en Europe. […] Il n’est pas question ici, bien sûr, d’interdire aux étudiants chinois l’accès à nos amphithéâtres et à nos laboratoires. En revanche, il est de la responsabilité des universités de prendre les mesures adéquates pour se protéger contre la promotion d’un narratif officiel, le siphonnage des connaissances et les tentatives de manipulations des étudiants. Cela passe par un renforcement accru des contrôles et la nécessaire divulgation de tous les incidents […].»
27 Jan 2022
Selon une enquête parue en janvier, menée auprès de 1800 doctorant-e-s et jeunes docteur-e-s, 21% des répondants disent avoir vu une tierce personne s’attribuer le fruit de leurs travaux. Souvent un encadrant, comme le note Colin Lemée, président de l’association Doctopus. Selon une doctorante, ces abus découlent en partie de l’«hyperconcurrence», due au manque de postes chroniques à l’université. Et de la nécessité pour les encadrants de s’assurer que chacun de leurs doctorant-e-s ait des résultats à présenter, «quitte à piller ceux d’autres jeunes chercheurs.»
A la rentrée 2021, le Réseau national des collèges doctoraux, [une organisation française] a mené une enquête auprès de plus de 11’500 doctorant-e-s. 15% des personnes interrogées se disent insatisfaites ou très insatisfaites de la manière dont leur directeur veille à ce que leurs travaux soient bien crédités.
Par ailleurs, selon la première enquête susmentionnée, 20% des répondants disent avoir subi du harcèlement moral, le plus souvent perpétré par l’encadrant de la thèse.
21 Jan 2022
«Les situations de précarité et de harcèlement relevées ne sont pas des cas isolés, mais bien la conséquence d’un mal structurel qui ronge le système académique, estime l’association genevoise du corps intermédiaire [Accorder]»
20 Jan 2022
«Débat entre Laure Piguet, Membre du comité de l’association du corps intermédiaire de l’université de Genève, Yves Flückiger, recteur de l’Université de Genève et président de Swiss Universities, Fabien Fivaz, Conseiller national (Verts/NE) et président de la commission de l’éducation et Angelika Kalt, directrice générale du Fonds National de la Recherche.»
18 Jan 2022
Harcèlement, précarité, inégalités: une enquête, assortie d’un plan d’action, dresse des constats
sévères sur les difficultés du personnel d’enseignement et de recherche de l’université de Genève
17 Jan 2022
«Inégalités de traitement, sentiment de précarité, manque de valorisation: une enquête réalisée par l’Université de Genève révèle un certain mal-être chez plusieurs de ses collaborateurs et collaboratrices d’enseignement et de recherche.» Un plan d’action est mis en consultation jusqu’au 18 février auprès de différentes instances de l’université.
Certains collaborateurs-rices scientifiques de l’Université de Fribourg avaient signé la pétition nationale en faveur de l’amélioration des conditions de travail des chercheurs et chercheuses, qui a été déposée en fin d’année 2021 à Berne. Interrogés par des journalistes de Frapp, ils-elles évoquent «la loi de la jungle» qui règne au sein de l’Université de Fribourg.
«Ces déclarations surprennent Astrid Epiney, la rectrice de l’Université de Fribourg. Elle affirme qu’un sondage, mené récemment auprès des collaborateurs concernés, n’a pas permis de faire ressortir d’éléments alarmants. Pas de problèmes systémiques donc. Pourtant, plusieurs témoignages récoltés, suggèrent que les difficultés financières et la détresse psychologique sont le quotidien de plusieurs membres du corps intermédiaire. L’Université de Fribourg ne reste pas insensible à ces propos et envisage des pistes d’amélioration. Sa rectrice reconnaît qu’il y a une marge de progression. L’Université indique également avoir déjà mis en place des mesures pour améliorer les conditions de travail de la relève scientifique. Elle a présenté au gouvernement fribourgeois sa stratégie 2030, dans laquelle elle y détermine ses futurs besoins, notamment en termes de postes à durée indéterminée.»
13 Jan 2022
«Une enquête approfondie sur les conditions de travail et de carrière des collaborateurs et des collaboratrices de l’enseignement et de la recherche a mis en lumière des points de satisfaction ainsi que des points problématiques. Un plan d’action qui a été mis sur pied, est maintenant soumis à consultation.»
11 Jan 2022
En 2020, une ancienne doctorante française de l’Université de Lausanne (UNIL) avait saisi le groupe Impact, structure du canton de Vaud spécialisée dans la gestion des conflits de travail et de mobbing pour dénoncer sa directrice de thèse. Cette dernière aurait harcelé et fait travailler la doctorante «au noir». Suite à l’accusation, la directrice de thèse a porté plainte pour diffamation et a obtenu droit par le tribunal. La doctorante a écopé de 20 jours-amende avec sursis et d’une amende de 300 francs par ordonnance pénale.
«L’UNIL lui a conseillé de saisir le groupe Impact en évoquant une procédure confidentielle. Aujourd’hui, elle est condamnée alors qu’elle a présenté les éléments de manière factuelle. Cela pose un problème par rapport à l’utilité du groupe Impact», dénonce Me Luisa Bottarelli, l’avocate de l’étudiante.
22 Nov 2021
Dans les universités britanniques, de nouveaux débats autour des luttes identitaires remettent en cause l’ordre établi de ces anciennes institutions. Selon l’auteur, il s’agit de «luttes identitaires, venues des États-Unis.
A l’Université de Cambridge le débat concerne une plaque commémorative en l’honneur d’un commerçant du XVIIe siècle qui a notamment participé à la traite des esclaves. Un collectif représentant des minorités ethniques et religieuse a alors convaincu l’institut de la retirer, citant le malaise que sa présence pouvait engendrer parmi les étudiant·e·s.
Puis, des débats liés aux questions d’identités sexuelles et de genres ont culminé jusqu’à la démission d’une professeure de philosophie à l’Université du Sussex. Kathleen Stock avait été accusée de transphobie dans ses écrits et interviews depuis 2018. De nombreuses manifestations étudiantes ont alors demandé sa démission.
1 Nov 2021
«Une personne déguisée en gorille a perturbé une présentation publique à Lausanne ayant pour thème «la haine en ligne». Il s’agissait en fait d’un artiste engagé par les organisateurs pour animer la journée, sans que les conférenciers en soient informés. […] Cette histoire intervient sur fond de tensions entre les scientifiques et une partie de la population. Attaqués ou menacés presque quotidiennement, certains scientifiques sont sur les dents.»