«L’Université de Genève lance une nouvelle campagne contre le harcèlement et les discriminations. Les ressources à disposition en matière de protection de la personnalité sont rendues plus accessibles grâce à un site internet bilingue.»
1 Mar 2024
1 Mar 2024
«L’Université de Genève lance une nouvelle campagne contre le harcèlement et les discriminations. Les ressources à disposition en matière de protection de la personnalité sont rendues plus accessibles grâce à un site internet bilingue.»
22 Fév 2024
«Zelig, le bar de l’Université de Lausanne (UNIL), est secoué par des accusations de harcèlement depuis plusieurs semaines. En réaction, l’association annonce avoir décidé d’exclure «un ancien membre».»
1 Fév 2024
Au sein de la profession d’avocat·e, les inégalités de genre persistent. En 2019, l’Ordre des avocats de Genève a créé une Commission de l’égalité pour faire face à ce problème et en janvier 2023, «un projet de mentorat à destination des stagiaires ou des collaboratrices ayant moins de cinq ans d’expérience» a été lancé. Les retours des participantes «ont été très positifs» et une seconde volée du mentorat s’ouvre le 1er février 2024.
30 Jan 2024
Les menaces de mort ont explosé pendant le Covid-19 sur le réseau social X, anciennement appelé Twitter, visant aussi des scientifiques genevois de la santé comme Didier Pittet, Mathieu Rebeaud ou Alexandre Calmy. Plus récemment, ils ont aussi visé la climatologue Valérie Masson-Delmotte. Elle dénonce un véritable «déferlement de haine des climato-sceptiques» sur les réseaux sociaux. «Et sur X en particulier, devenu une véritable «cage à hyènes», regrettent des experts.»
Selon l’étude Climatoscope 2023 financée par le CNRS, «La communauté dénialiste [niant le changement climatique en cours] sur Twitter est composée majoritairement de comptes ayant participé à de nombreuses campagnes de contestation anti-système/antivax pendant la pandémie. De plus, sur 10 000 comptes, près de 6000 ont relayé la propagande du Kremlin sur la guerre en Ukraine.» Autre problème: une bonne proportion de ces comptes est aujourd’hui «inauthentique» et, en partie, liée à des robots.
22 Jan 2024
L’Université de Zurich «[…] recueille […] des chiffres sur les demandes et les cas [de harcèlement sexuel] signalés, mais les données sont secrètes. Un rapport correspondant est uniquement envoyé à la direction de l’université. Même la commission pour l’égalité n’y a pas accès. L’université justifie cette confidentialité par la protection des données.» Les conseillères cantonales GLP zurichoises Nathalie Aeschbacher et Andrea Gisler demandent au parlement cantonal «pourquoi une grande institution publique est si peu transparente». Selon Madame Aeschbacher, «[l]’université entreprend déjà beaucoup, et c’est louable […] [m]ais tant que nous ne recevons pas de chiffres sur les cas, nous ne savons ni quelle est l’ampleur du problème, ni si les mesures prises sont efficaces.»
Si l’Université de Zurich «se cache derrière la protection des données» pour ne pas rendre publiques les chiffres sur les cas du harcèlement sexuel – qui, en plus, sont en augmentation – comment se comportent-elles les autres universités suisses? «Il y a, grosso modo, trois camps : ceux qui, comme l’université de Zurich, ne communiquent aucun chiffre [Université de Saint-Gall et Haute Ecole d’art de Zurich], ceux qui, sur demande, donnent au moins des valeurs approximatives [Haute école zurichoise des sciences appliquées], et ceux qui rendent les chiffres publics [Université de Berne].»
«L’Université de Fribourg affirme ne pas avoir elle-même une vue d’ensemble complète, car les personnes concernées peuvent s’adresser à divers services de consultation, même en dehors de l’université. Mais à Fribourg, il y a toujours une enquête auprès des étudiants de première année […]. Il existe différents points de contact à l’ETH Zurich. Il est notamment possible d’envoyer un message anonyme via un formulaire en ligne. Une statistique sur l’ensemble des cas n’est toutefois pas établie, notamment parce que les personnes concernées peuvent s’annoncer à de nombreux endroits de manière très simple et qu’il manque une vue d’ensemble, fait savoir l’école supérieure.»
20 Déc 2023
««Environnement de travail toxique», «dysfonctionnements dans l’organisation», et un «management marqué par l’opacité et l’arbitraire»: tel est le climat qui règnerait à l’École romande d’arts et communication (Eracom), selon le Syndicat vaudois des maître·sses de l’enseignement professionnel (SVMEP), qui tenait une conférence de presse hier.» (Le Courrier)
14 Déc 2023
Alors que la Suisse manque de médecins, «22% des médecins assistants ont déclaré qu’ils envisageaient de quitter le métier […] après leurs premières expériences en cabinet». Une des raisons semble être le harcèlement dans les hôpitaux suisses que dénoncent les étudiant·es.
Cette problématique n’est pas nouvelle: en 2018 le Collectif de lutte contre les attitudes sexistes en milieu hospitalier (Clash) fût créé à Lausanne, ce qui avait permis des améliorations, comme la création d’une hotline pour signaler des incidents, la rédaction des rapports d’expériences pour l’Hôpital universitaire de Lausanne et finalement, «les étudiants en médecine des universités de Lausanne et de Fribourg suivent en troisième année un cours obligatoire sur le harcèlement dans le milieu médical.»
L’exemple de la Suisse romande, et en particulier de Lausanne, est un «modèle» pour les Clash de la suisse alémanique, où les choses se passent moins bien et où les étudiant·es n’apprennent pas pendant leurs cours obligatoires «ce que cela signifie d’entrer dans un système aussi hiérarchisé». Bien que les universités dans la Suisse alémanique soient mobilisées face à la problématique du harcèlement dans les hôpitaux, le Clash estime cela insuffisant et veut faire bouger les choses.
«Les étudiants en médecine victimes de harcèlement ont un risque plus élevé de burn-out, souffrent davantage de troubles de l’anxiété et du sommeil et ont plus souvent recours à des substances addictives, ce qui les rend plus vulnérables aux erreurs médicales», conclut une étude de l’Université de Lausanne de 2023. L’Institut suisse pour la formation médicale postgraduée, responsable du contenu de la formation continue des médecins, mène une révision complète du catalogue d’objectifs de formation et met comme thème prioritaire la santé des médecins, mais «[l]a prise de conscience des liens structurels de l’abus de pouvoir n’est pas mentionnée.»
6 Déc 2023
«Refusant de séparer d’un côté les questions intellectuelles et théoriques, et de l’autre les questions matérielles liées à la conduite de l’enquête, Marielle Debos, enseignante-chercheuse en science politique, lie fortement les deux quand elle forme à la recherche. Elle a rédigé un vademecum à l’usage de ses étudiants, et principalement de ses étudiantes, dernièrement publié dans la revue Critique internationale.»
30 Nov 2023
Selon une récente étude publiée dans Nature, le sexisme favorise que les fonds publics destinés à la recherche qui sont utilisés de manière inefficace, freinant le progrès.
Dans l’article paru dans le journal féministe en ligne Ellexx, la co-autrice et professeure à l’EPF Zurich Ursula Keller explique la situation et donne des propositions d’amélioration.
2 Nov 2023
«Un groupe d’universitaires et d’autres membres du personnel de plusieurs universités britanniques ont lancé une initiative indépendante pour lutter contre les brimades et le harcèlement dans l’enseignement supérieur. L’un des objectifs du groupe est de plaider en faveur de la création d’un médiateur indépendant auquel les personnes victimes de harcèlement peuvent s’adresser si elles estiment que leur établissement ne traite pas leur plainte de manière adéquate.»
Astrophysicien à l’université de Cambridge, Wyn Evans est l’un des responsables du 21 Group, un groupe de défense spécialisé qui a été lancé le 1er novembre. Ses objectifs sont de récolter des données sur le harcèlement de manière plus large et «[…] de plaider en faveur de la création d’un bureau de médiateur indépendant pour le système d’enseignement supérieur britannique, afin que les étudiants puissent s’adresser à quelqu’un si les établissements traitent mal les plaintes pour brimades. Un tel organisme existe pour les étudiants de premier cycle – l’Office of the Independent Adjudicator for Higher Education – mais pas pour les autres membres du système universitaire.»
«Des enquêtes menées dans divers départements universitaires et disciplines académiques du Royaume-Uni indiquent qu’environ 30 à 40 % des étudiants, des universitaires et d’autres membres du personnel sont victimes d’intimidation ou de harcèlement de la part d’un membre de leur département ou de leur domaine d’activité, précise M. Evans. Le harcèlement peut avoir des effets pernicieux et durables sur le travail et la santé mentale d’une personne.»
19 Oct 2023
Deux syndicats et six associations estudiantines ont adressé une lettre à la direction de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, dans laquelle la politique anti harcèlement est qualifiée d’échec. «Cette prise de position fait suite à un article paru il y a un mois dans «Le Temps». Le quotidien a rapporté qu’un professeur accusé de «harcèlement psychologique et sexuel» par quinze personnes avait fait l’objet d’une enquête administrative qui n’avait débouché sur aucune sanction.»
Selon les signataires, «depuis deux ans, la direction pérore sur ses initiatives visant à «rendre le campus plus safe», mais que concrètement elle ne fait rien à part collecter les plaintes. Quant à elle, l’institution va «étudier en profondeur les propositions émises» et rappelle les différentes solutions mises en place sur le campus pour lutter contre le harcèlement. (24 Heures)
«[S]ur l’affaire en question, l’EPFL se dit satisfaite. «Nous estimons que les actions mises en place ont été efficaces: depuis 2020, nous n’avons eu vent d’aucun problème avec le laboratoire concerné: pas de nouvelle plainte, ni de sollicitation officielle».» (20 Minutes)
14 Sep 2023
Dans le Temps, un article est dédié au traitement d’une plainte collective contre un professeur, entre janvier et juillet 2021. Le journaliste met en avant le fait que la plainte a été classée sans suite et souligne l’apparent manque de réactivité de l’institution face à la détresse de ses employé∙es, qui pourtant avait annoncé à l’époque «un virage vers plus d’inclusivité et une meilleure prévention».
Sur les quinze témoins, seul∙es cinq ont été entendu∙es. Plusieurs personnes avaient déjà alerté les ressources humaines et les doyen∙nes de la faculté en 2009, 2012 et 2019, mais «sans qu’une procédure ne soit enclenchée.»
«Blanchi, le professeur est donc toujours en poste, et n’a reçu aucun blâme ou avertissement à la suite de la plainte collective. Les plaignants s’en étonnent: «La décision finale […] nous amène à nous demander comment il est possible que cette affaire comprenant une plainte collective de 15 personnes couvrant plus d’une décennie sous la supervision de ce professeur, ainsi que les trois plaintes précédentes, n’aboutissent à aucune action ou reconnaissance d’un quelconque acte répréhensible», écrivent-ils dans leur mémoire de recours.»
11 Août 2023
Trois femmes témoignent auprès de swissinfo.ch, revenant sur le harcèlement sexuel qu’elles ont subi au sein d’universités suisses et de leur implication dans la lutte contre le sexisme. Entre arts martiaux, prévention, associations, empowerment et sensibilisation auprès des institutions, elles couvrent de nombreux fronts afin de faire évoluer les mentalités.
31 Juil 2023
Le 26 juillet une offre d’emploi jugée raciste a été publiée sur la plateforme officielle de l’Université de Genève (UNIGE). Il s’agit d’une annonce de travail publiée sur la plateforme «Emplois étudiants» où on pouvait lire qu’un «homme âgé cherche une personne «africaine» pour lui faire son déjeuner une fois par semaine». Jean-David Pantet Tshibamba, Président de l’Association des Etudiant·es Afro-descendant·es, explique que ce qui est problématique c’est la mention explicite «des critères ethniques comme base de sélection» et il «évoque la piste d’une offre à caractère sexuel déguisée […], [puisque] même si l’annonce était formulée au langage épicène, ce monsieur disait au téléphone chercher spécifiquement «une femme africaine»». Quant au rôle que l’UNIGE aurait dans cette affaire, Jean-David Pantet Tshibamba affirme que «bien que cette offre d’emploi émane d’un particulier, l’Université de Genève l’a validée, rédigée, et publiée avant de la retirer à la suite de plaintes».
Antoine Guenot, attaché de presse de l’UNIGE, explique que «[la] publication [de l’offre d’emploi] est le résultat d’une erreur d’appréciation et de formulation qu'[ils regrettent] vivement», et que l’annonce a été retirée puisqu’elle est «totalement contraire aux valeurs de l’université». Monsieur Guenot précise que «l’employeur en question «a rencontré des difficultés lors de la création de son annonce». Il aurait donc souhaité la dicter oralement. «C’est lors de cette étape que son souhait a été mal formulé: selon nos informations, cette personne âgée souhaitait échanger avec une personne originaire d’un pays d’Afrique sur cette thématique, car elle aurait beaucoup voyagé sur ce continent […]. Ce souhait n’a pas semblé problématique, mais il aurait fallu en préciser la raison, car c’est l’absence de cet élément qui confère à l’annonce son caractère très problématique»». Des mesures ont déjà été prises à l’UNIGE: «[d]es doubles validations seront effectuées pour les annonces présentant un caractère potentiellement sensible […]. Les processus de validation seront également révisés dans leur ensemble, avec notamment la collaboration du Service égalité & diversité de l’université.»
12 Juil 2023
Athene Donald, Physicienne à l’Université de Cambridge, a récemment publié l’ouvrage Not Just for the Boys, qui introduit aux défis auxquels sont confrontées les femmes dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM), bien que le nombre des femmes dans les STIM ait augmenté. Le harcèlement et la discrimination étant présents dans les STIM, il est important selon Madame Donald de comprendre «les obstacles qui empêchent les femmes de prendre leur place dans les rangs scientifiques, notamment les attentes de la société, l’hostilité, la condescendance et les préjugés inconscients et systémiques». Elle est convaincue en outre que «les étudiant·es et les chercheur·es d’aujourd’hui ont besoin de modèles contemporains : «Pour que les filles croient que la science est faite pour elles, il ne suffit pas d’évoquer une femme d’une époque totalement différente de la nôtre, dont la vie a été marquée par les difficultés, mais aussi par la célébrité.»» (nature.com)
Rachael Garrett soutient également que malgré l’augmentation du nombre des femmes dans la recherche, le sexisme y est présent. Elle est Professeure de conservation et de développement à l’Université de Cambridge et a été Professeure assistante et directrice du laboratoire de politique environnementale à l’EPF de Zurich. Selon elle il faut «[se] pencher davantage sur les aspects culturels dans le monde scientifique». [Par exemple], [on] dit aux femmes qu’elles doivent se comporter d’une certaine manière pour être professionnelles et être perçues comme de bonnes dirigeantes». Et selon Madame Garrett il s’agit de la «micro-coercition […], [concept qui] associe l’idée de micro-agression au fait que l’agression vise à pousser les gens à adopter un certain comportement».
En parlant du cas de la Suisse, Madame Garrett se demande «comment on peut dire qu’il n’y a pas de sexisme dans les universités suisses». Elle explique que «[pour] l’instant, c’est à chaque université de décider comment elle veut gérer le harcèlement sexuel ou le mobbing» et selon elle «[la] Suisse a besoin d’une procédure formalisée au niveau national. Comme c’est le cas aux États-Unis. Là-bas, il existe les ordonnances «Title IX», une procédure nationale qui définit la manière de traiter les discriminations liées au sexe. Ainsi, cela ne serait plus laissé aux institutions individuelles». (republik.ch)
9 Juin 2023
Un sondage a mis en lumière des résultats « préoccupants » à l’EPFL. Parmi la communauté de la haute école, le stress, l’épuisement et le mobbing se font ressentir. Les chiffres sont en hausse par rapport à une enquête menée en 2019.
«C’est inquiétant et cela doit nous amener à réfléchir sérieusement à notre mode d’étudier et de travailler, non seulement pour trouver des mesures palliatives […], mais aussi pour essayer d’en comprendre les raisons», déclare Kathryn Hess Bellwald, responsable de la task force santé mentale et bien-être. Différentes solutions, tels qu’un réseau de soutien et une semaine de pause supplémentaire, sont mis en place pour tenter de résoudre le problème.
17 Avr 2023
«Les hôpitaux et les facultés de médecine commencent enfin à admettre qu’ils ont un problème de harcèlement sexuel. Si plusieurs mesures ont été prises, les changements de pratique s’annoncent longs. Deux femmes racontent comment leur vie a été bouleversée alors qu’elles étudiaient la médecine en Suisse.»
5 Avr 2023
Encore en novembre 2020, Lara Bader, ancienne co-présidente de l’association des étudiant-es en médecine à l’Université de Zurich, a estimé que le sexisme ne jouait pas un grand rôle dans la vie étudiante de tous les jour. Un sondage de l’association étudiante «Clash Zurich» de 613 étudiant-es en médecine de l’EPFZ et de l’Université de Zurich donne un tout autre tableau: 24% des étudiantes et 8% des étudiants ont déjà été victime ou témoin de harcèlement sexuel. Par ailleurs, «La situation à l’université de Zurich et à l’EPFZ ne semble pas très différente de celle des autres hautes écoles, comme le montre un coup d’œil sur des enquêtes comparables menées par les antennes de Clash à Berne et Lausanne.» Selon le journal Journal étudiant ZS, la les universités en suisse occidentale seraient en avance par rapport aux mesures prises contre les attitudes sexistes en milieu hospitalier.
30 Mar 2023
Dans le cadre de la campagne «Stable Jobs? Better Science» (emplois stables– meilleure science), le groupe SSP de l’université de Fribourg (UniFR) accueillait mardi la tournée romande de l’autrice Adèle B. Combes du livre Comment les universités broient les jeunes chercheurs.
Selon l’article, «Une enquête sur les études doctorales effectuée à l’automne 2021 par l’université de Fribourg (UniFR) a effectivement montré que le taux de satisfaction [des collaborateurs et collaboratrices scientifiques] est bon, avec environ 80%. Pourtant, ce même sondage révèle également que 6% des doctorants immatriculés ont déclaré avoir subi des discriminations pendant leurs études de doctorat. Onze pour cent ont subi des abus de pouvoir de la part de leur directeur de thèse.»
27 Mar 2023
Adèle B. Combes a enquêté sur l’étendue du harcèlement moral et sexuel parmi les doctorants en France. Invitée en Suisse romande par le syndicat SSP Vaud, elle présente son livre «Comment l’université broie les jeunes chercheurs».