Le Conseil fédéral recommande au Parlement de supprimer neuf commissions extraparlementaires, dont le Conseil scientifique. Son argument : «Les défis nationaux et internationaux exigent une expertise rapide et spécialisée plutôt que des rapports fastidieux. » Les défis dans le domaine de la recherche et de l’innovation auraient changé.
La radio SRF explique que Le rôle du Conseil suisse de la science a évolué au fil des ans. Contrairement au Conseil allemand de la science, par exemple, le Conseil suisse de la science (CSS) ne serait pas un organe très influent. «Même dans le milieu scientifique, beaucoup ignorent aujourd’hui l’existence du Conseil de la science et sa fonction.» Et des domaines importants tels que l’évaluation des choix technologiques auraient été externalisés au fil des ans et les moyens financiers réduits.
Si le Parlement approuve la suppression du Conseil suisse de la science, il manquerait une vision globale et indépendante des domaines de la formation, de la recherche et de l’innovation. Le journaliste Christian von Bourg si, en absence du CSS, les universités et comités scientifiques feraient du lobbying, surtout pour eux-mêmes. Et l’évaluation du paysage de la recherche, qui était jusqu’à présent largement assurée à titre bénévole par un comité de milice, devra être confiée à des experts externes.
Le conseil scientifique à la politique a quant à lui pris une autre direction. À la suite de la pandémie de coronavirus, un nouvel organe a été créé, le Réseau national de conseil scientifique pour les situations de crise. De grands groupes de chercheurs se sont réunis pour conseiller les responsables politiques sur des thèmes tels que la cybersécurité, la santé publique, la désinformation ou les défis internationaux. En cas de crise, l’idée est que le Conseil fédéral puisse obtenir rapidement et de manière exhaustive les conseils de chercheurs bien informés issus de ces groupes.
La grande question reste de savoir si le Conseil fédéral utilise cette possibilité. Dans le conflit douanier avec les États-Unis, par exemple, le Conseil fédéral n’aurait pas sollicité l’avis des scientifiques, selon des initiés, alors que de bons scientifiques auraient été disponibles sur le sujet. «L’interaction entre la science et la politique reste difficile», résume le journaliste.