«Alors que le nombre de postes de maître de conférences a été réduit de moitié en dix ans, les diplômés se destinant à la recherche bifurquent, faute de perspectives.»
20 Mai 2022
20 Mai 2022
«Alors que le nombre de postes de maître de conférences a été réduit de moitié en dix ans, les diplômés se destinant à la recherche bifurquent, faute de perspectives.»
18 Mai 2022
Sabine Süsstrunk, présidente du Conseil suisse de la science (CSS), informe sur les projets actuels de cet organe:
3 Mai 2022
La formation continue H.I.T. (High Potential University Leaders Identity & Skills Training Program) est un projet de collaboration qui fait partie du nouveau programme P-7 de swissuniversities « Diversité, inclusion et égalité des chances dans le développement des institutions d’enseignement supérieur ». Les dix universités cantonales et les deux universités techniques fédérales sont partenaires du programme, et l’Université de Zurich en est le chef de file.
Christiane Löwe, responsable de ce programme explique dans un entretien que l’un des objectifs généraux est que davantage de femmes professeurs assument des tâches au plus haut niveau de gestion des universités suisses. Pour ce faire, le programme vise à renforcer les compétences spécifiques de leadership nécessaires à la gestion académique.
28 Avr 2022
Emma Hodcroft est une épidémiologiste connue spécialisée dans les variations du Coronavirus Covid-19 et cofondatrice de la plateforme open source Nextstrain. Malgré sa contribution importante, la scientifique britanno-américaine craint actuellement pour son emploi et son permis de séjour à cause de contrats à courte durée. En novembre 2020, Hodcroft avait quitté l’Université de Bâle pour celle de Berne – son contrat était alors limité à un an. Selon la scientifique, les recherches autour du coronavirus ne lui ont pas laissé le temps de faire des demandes d’emploi entre-temps.
De plus, elle affirme que certaines personnes lui ont fait savoir qu’elle est considérée comme un choix «risqué» pour une université, vu sa popularité. Près de 80’000 personnes la suivent sur la plateforme Twitter, qu’elle utilise quotidiennement pour partager publiquement ses résultats concernant l’évolution de la pandémie. Pour elle, c’était un choc, «compte tenu du soin et de l’énergie que je consacre à mes présentations en ligne et aux médias ».
19 Avr 2022
Antoine Chollet du Syndicat SSP Vaud se positionne par rapport au programme européen pour la recherche Horizon Europe. «Contre le discours managérial porté par Swissuniversities et economiesuisse, il faut […] rappeler que la vraie excellence de la recherche s’obtient par la stabilité des postes, les meilleures conditions de travail possibles pour tout le personnel des universités, le temps laissé pour explorer leurs terrains de recherche en toute liberté, et un financement qui vise ces objectifs. Ce n’est le cas ni du FNS, ni de l’ERC, et c’est cette logique qu’il faut changer de toute urgence.»
11 Mar 2022
24 Fév 2022
La recherche espagnole a connu une fuite de cerveaux considérable depuis la crise financière de 2008. Entre 2011 et 2016, plus de 5’000 postes de recherche ont été coupés. Beaucoup de scientifiques ont quitté le pays et les conditions de travail précaires ont découragé des jeunes talent à entamer cette carrière.
Un projet de réforme législative «permettra aux jeunes chercheur-e-s d’obtenir des contrats permanents, la reconnaissance de l’expérience acquise à l’étranger et de nouveaux droits du travail. Dans le même temps, les dépenses publiques consacrées à la recherche seront augmentées.»
Concrètement les chercheur-e-s en post-doc auront la possibilité d’obtenir un contrat sur six ans. Ensuite, ils-elles auront l’occasion d’obtenir un certificat «qui leur aidera à obtenir une position permanente.»
Par ailleurs la réforme reconnait pour la première fois les employé-e-s pour la recherche de santé. La santé avait été considérée être une affaire régionale et n’avait pas eu sa place dans la politique nationale pour la recherche.
«Tout cela rapproche l’Espagne des objectifs de l’UE pour la relance de la recherche, qui ont été définis par la Commission européenne en 2020 dans un plan de relance de l’Espace européen de la recherche (EER).»
16 Fév 2022
Pour Christian S. Hardtke, professeur de biologie moléculaire à l’Université de Lausanne (UNIL), la création de ces postes fixes contre la situation précaire du corps intermédiaire pose un problème, car cela bloquerait l’accès à ces postes pendant des années. La concurrence pour les postes fixes ne diminuerait donc guère à long-terme. Selon lui, une « multitude d’instruments d’encouragement bien intentionnés » dirigeraient actuellement les personnes vers des «espaces de stockage», comme il qualifie les postes de chef-fe-s d’équipe en CDI.
Christian Hardtke propose plutôt de prendre exemple au système nord-américain, ou certaines universités ont introduit des postes de professeur-e-s assistant-e-s qui, après évaluation, débouchent sur un poste fixe dans un délai de cinq ans environ.
«Dans ce contexte, l’accompagnement de la carrière professionnelle du corps intermédiaire devrait être considéré comme une tâche importante des universités. Les professeur-e-s peuvent également contribuer à une meilleure planification de carrière en attribuant des contrats temporaires équitables et en leur communiquant honnêtement et en temps voulu leurs chances de faire une carrière académique.»
3 Fév 2022
«Précarité, inégalité de traitement, harcèlement… […] Pour faire face aux résultats alarmants de la vaste enquête diligentée par le rectorat de l’Université de Genève (Le Courrier du 18 janvier), ce dernier a mis en consultation jusqu’au 18 février un plan d’action. […] Si les objectifs sont ambitieux, un fossé semble exister entre les problèmes et certaines solutions.»
21 Jan 2022
«Les situations de précarité et de harcèlement relevées ne sont pas des cas isolés, mais bien la conséquence d’un mal structurel qui ronge le système académique, estime l’association genevoise du corps intermédiaire [Accorder]»
20 Jan 2022
«Que fait le Conseil suisse de la science? Nous répondons à cette question dans cet article de blog. Nous vous donnons un aperçu des projets en cours qui seront achevés au cours du premier semestre 2022. Il s’agit notamment de l’évaluation du Fonds national suisse, de l’étude sur le système postdoctoral suisse et de l’enquête sur l’acceptation des mesures Covid-19 en Suisse.»
20 Jan 2022
«Débat entre Laure Piguet, Membre du comité de l’association du corps intermédiaire de l’université de Genève, Yves Flückiger, recteur de l’Université de Genève et président de Swiss Universities, Fabien Fivaz, Conseiller national (Verts/NE) et président de la commission de l’éducation et Angelika Kalt, directrice générale du Fonds National de la Recherche.»
18 Jan 2022
Harcèlement, précarité, inégalités: une enquête, assortie d’un plan d’action, dresse des constats
sévères sur les difficultés du personnel d’enseignement et de recherche de l’université de Genève
17 Jan 2022
«Inégalités de traitement, sentiment de précarité, manque de valorisation: une enquête réalisée par l’Université de Genève révèle un certain mal-être chez plusieurs de ses collaborateurs et collaboratrices d’enseignement et de recherche.» Un plan d’action est mis en consultation jusqu’au 18 février auprès de différentes instances de l’université.
Certains collaborateurs-rices scientifiques de l’Université de Fribourg avaient signé la pétition nationale en faveur de l’amélioration des conditions de travail des chercheurs et chercheuses, qui a été déposée en fin d’année 2021 à Berne. Interrogés par des journalistes de Frapp, ils-elles évoquent «la loi de la jungle» qui règne au sein de l’Université de Fribourg.
«Ces déclarations surprennent Astrid Epiney, la rectrice de l’Université de Fribourg. Elle affirme qu’un sondage, mené récemment auprès des collaborateurs concernés, n’a pas permis de faire ressortir d’éléments alarmants. Pas de problèmes systémiques donc. Pourtant, plusieurs témoignages récoltés, suggèrent que les difficultés financières et la détresse psychologique sont le quotidien de plusieurs membres du corps intermédiaire. L’Université de Fribourg ne reste pas insensible à ces propos et envisage des pistes d’amélioration. Sa rectrice reconnaît qu’il y a une marge de progression. L’Université indique également avoir déjà mis en place des mesures pour améliorer les conditions de travail de la relève scientifique. Elle a présenté au gouvernement fribourgeois sa stratégie 2030, dans laquelle elle y détermine ses futurs besoins, notamment en termes de postes à durée indéterminée.»
13 Jan 2022
«Une enquête approfondie sur les conditions de travail et de carrière des collaborateurs et des collaboratrices de l’enseignement et de la recherche a mis en lumière des points de satisfaction ainsi que des points problématiques. Un plan d’action qui a été mis sur pied, est maintenant soumis à consultation.»
10 Jan 2022
Dans une tribune de la Neue Zürcher Zeitung (NZZ), Matthieu Leimgruber du centre de recherche en histoire sociale et économique à l’Université de Zurich et Bernard Voutat de l’Institut d’études politiques à l’Université de Lausanne dénoncent la situation précaire de 80% du personnel scientifique en Suisse et démontrent les répercussions sur la qualité de la recherche dans les universités.
Selon les deux professeurs, l’instabilité chronique du corps intermédiaire empêche la pérennité des structures de recherche et entrave ainsi la production et transmission du savoir. «Les activités scientifiques peuvent difficilement être planifiées à long terme si les doctorants que nous formons doivent soit abandonner leur carrière académique par manque de perspectives, soit « survivre » en quelque sorte pendant des années d’un contrat à l’autre dans des conditions d’emploi très précaires, sans perspectives d’avenir claires.»
Ils soutiennent la pétition nationale, lancée par les associations de corps intermédiaires, qui demande la création d’un «nombre suffisant» de postes fixes pour le corps intermédiaire académique en Suisse. L’emploi de scientifiques à des postes fixes donnerait au corps intermédiaire des perspectives à long-terme et renforcerait la recherche en Suisse dans son ensemble, avancent-ils.
2 Nov 2021
200 « parlementaires », élues par 10’000 femmes, ont investi vendredi le Palais fédéral pour une session spéciale de deux jours. L’événement doit permettre de voir la politique sous une perspective féminine.
«Les participantes ont d’abord siégé dans huit commissions pour préparer des propositions concrètes. Ces dernières touchent à des domaines aussi divers que le travail payé ou non payé, les violences, la médecine, la numérisation, les droits populaires ou encore l’agriculture et la science.»
Plusieurs pétitions ont été développées et votées, par exemple:
2 Nov 2021
«Le 8 octobre, le collectif Petition Academia a déposé auprès de la Chancellerie fédérale 8600 signatures «Pour la création d’un nombre conséquent de postes stables pour les chercheur·euse·s post-doctoraux·ales». […] [Selon ce collectif, la] rhétorique de l’excellence et la publication des classements des universités dans les ranking masquent les conditions de travail des personnes qui produisent cette «excellence». […] Avec nos allié·e·s politiques et syndicaux·ales, nous allons continuer à maintenir la pression sur les instances académiques et faire avancer les débats au sein du Conseil national. Nous luttons pour un changement structurel des hautes écoles, le combat sera long, mais nous sommes prêt·e·s.»
18 Oct 2021
Ola Söderström, professeur à l’Université de Neuchâtel et ancien membre de la présidence du FNS (2017-2020), regrette la situation de précarité de 80% du personnel scientifique de ce pays. Il se montre critique autant du statu quo que de la solution proposée par la pétition déposée le 8 octobre.
«D’autres mesures me semblent mieux à même de répondre au problème. Il s’agit d’abord de réduire la contribution du FNS au gonflement de la bulle des postdocs sans emploi, non pas en réduisant son budget, mais en privilégiant, comme dans d’autres pays, l’emploi de post-doctorant.e.s plutôt que de doctorant.e.s dans les projets de recherche. Pour que cela fonctionne, il faut, d’une part, des solutions pour que cela ne conduise pas à une dépendance à long terme de ces postdocs vis-à-vis de leurs ex directrices ou directeurs de thèse et, d’autre part, déplafonner leur durée d’emploi dans des projets du FNS. Ensuite, et je rejoins le contenu de la pétition sur ce point, il s’agit au niveau de swissuniversities […] de définir des principes généraux permettant de transformer de façon coordonnée la structure des postes dans les hautes écoles, en aplatissant la pyramide afin de créer plus de postes pour la relève. […] Encore faut-il cesser de leur proposer la carrière académique comme seul horizon professionnel, accompagner ces trajectoires et valoriser les compétences de cette relève, à ses propres yeux et auprès de leurs potentiels employeurs. […] Sur ce point, le Graduate Campus mis en place dans les universités de Lausanne et de Genève peut constituer une initiative à développer et à généraliser sur le plan national.»
6 Oct 2021
Laure Piguet, doctorante de l’Université de Genève est membre du comité de la pétition contre la précarité dans les universités, qui sera déposé à Berne ce vendredi (le 08.10.2021). Elle dénonce dans un entretien la situation actuelle où 80% du personnel universitaire est engagé avec un contrat précaire. Ceci aurait des conséquences néfastes sur l’efficience du corps intermédiaire, sur leur santé (physique et psychique) et sur la qualité de la formation, car les membres du corps intermédiaire ne sont pas seulement chercheur-e-s, mais également enseignant-e-s.
Elle regrette également la situation de concurrence, qui «met à risque la collaboration entre chercheurs et chercheuses».
La Conseillère nationale Christine Bulliard (Centre, FR), qui était pendant quatre ans membre du Comité de l’éducation, estime que les universités et le FNS devraient en effet faire des efforts pour créer des postes fixes, ce qui est une des revendications de la pétition.