«Des défenseurs du climat, parmi lesquels des chercheurs, se sont fait refouler hier sur les marches du Tribunal fédéral. L’activisme est-il incompatible avec la fonction?»
24 Juin 2021
24 Juin 2021
«Des défenseurs du climat, parmi lesquels des chercheurs, se sont fait refouler hier sur les marches du Tribunal fédéral. L’activisme est-il incompatible avec la fonction?»
17 Juin 2021
The Guild est un réseau universitaire qui comprend actuellement 21 universités européennes à forte intensité de recherche les plus distinguées. Il se consacre à renforcer la voix des institutions universitaires, de leurs chercheurs·euses et de leurs étudiant·e·s. Dans un communiqué, il appelle à l’Union européenne (UE) de renforcer la liberté académique, inquiet notamment du climat actuel dans lequel les résultats scientifiques sont contestés, déformés et sapés par des individus ou organisations qui nient les preuves et les faits.
«The Guild» appelle donc l’UE a être proactive dans la défense de la liberté académique afin afin de protéger les chercheur·euse·s européen·ne·s dans leur pays et à l’étranger. Concrètement, elle demande la création d’un poste de médiateur européen qui veillerait à ce que les atteintes à la liberté académique soient traitées de manière rapide, impartiale et efficace, conformément à la Déclaration de Bonn sur la liberté de la recherche scientifique.
15 Juin 2021
Une déclaration adoptée par le Parlement danois au début du mois de juin contient des phrases comme:
«Le Folketing [le parlement danois] attend des dirigeants des universités qu’ils assurent l’autorégulation de la pratique scientifique par un débat critique. Cela signifie que l’unilatéralité est évitée, que la science ne se présente pas sous une apparence politique et qu’il n’est pas possible d’échapper systématiquement à une critique professionnelle justifiée.» Par ailleurs, le parlement, comme tous les autres citoyens, a le droit d’exprimer un avis sur les résultats de la recherche, conclut la déclaration. Cela ne signifie pas que le parlement ait un droit de regard sur le sujet de recherche comment la recherche doit être menée.
Les cheurcheur·e·s des sciences sociales, et plus particulièrement les scientifiques en études de genre et politique de migrations se sentent particulièrement visé·e·s par cette déclaration. Selon une lettre ouverte, certain·e·s ont l’impression d’être mis·e·s au pilori par des politiciens et médias, un climat qui limite les libertés de recherche et d’opinions.
15 Juin 2021
Dans un essai paru dans le journal Republik, le professeur de l’École polytechnique fédérale de Zurich et directeur du département des études scientifiques, Michael Hagner dresse le portrait de la situation actuelle de la liberté des sciences. A titre exemplaire, il commente le départ forcé de la Central European University de l’Hongrie suite aux pressions du premier ministre Viktor Orban. Il s’agit, selon lui, du pire effondrement que la liberté académique ait eu à subir depuis la fin de la guerre froide en Europe.
En rappelant les quatre éléments de l’éthos scientifique (universalisme, altruisme, communisme et scepticisme organisé), il démontre comment différentes forces sociales et économiques les mettent actuellement en danger et comment les universités peuvent se protéger.
14 Mai 2021
L’Université de Lucerne est en train de créer un nouvel «Institut pour la politique économique suisse», financé par Alfred Schindler, membre du Conseil d’administration de l’entreprise Schindler, qui construit des ascendeurs, moyennant une fondation dédiée. Le professeur en économie Christoph Schaltegger sera le Directeur de l’institut et René Scheu de la NZZ en sera le directeur opérationnel.
L’institut d’orientation libérale, qui a comme objectif d’influencer l’opinion publique, rivalisera avec ses plus de 10 empl0yé-e-s avec le groupe de réflexion Avenir Suisse, qui a un peu plus de 20 emplois à temps plein.
Peu de détails sont connus sur le financement de l’institut et les conditions liées, l’université souhaite communiquer plus en automne.
Le Conseiller d’Etat Urban Sager (PS, LU) a fait une interpellation sur l’indépendance de l’institut. Il s’inquiète, entre autres, sur le risque pour la réputation de l’Université face à l’orientation idéologique «de certains représentants des instituts».
14 Mai 2021
Le gouvernement de la Grande-Bretagne est sur le point d’introduire une législation qui permettra aux universitaires, aux étudiant-e-s ou aux conférenciers-ères de poursuivre les universités pour obtenir une compensation lorsqu’ils ou elles estiment avoir souffert d’une atteinte à la liberté d’expression.
L’auteur de l’article du Weltwoche salue cette initiative, mais selon The Guardian, des groupes d’intérêt pour la libre expression craignent que la nouvelle loi «puisse avoir comme effet inverse de limiter encore davantage ce qui est considéré comme un discours «acceptable» sur le campus et d’introduire un effet paralysant à la fois sur le contenu de ce qui est enseigné et sur la portée de l’exploration de la recherche universitaire.»
6 Avr 2021
Les nouvelles «Directives de la direction de l’Université [de Berne] sur l’information et l’expression de l’opinion» fait l’objet de vifs débats. Selon ce document, les employé·e·s de l’université devraient, entre autres, éviter de se profiler sur les réseaux sociaux. Le Secrétaire général Christoph Pappa dit que l’université n’interdit à personne de s’exprimer sur Twitter, mais précise que cela doit être fait avec retenue et que «les faits doivent être explicitement séparés des opinions […] Cela peut provoquer des malentendus si une personne d’un institut contredit complètement une personne d’un autre institut – sauf s’il parle de ses propres résultats de recherche.»
L’épidémiologiste Matthias Egger, [membre de la task force, ] qualifie cette directive de «très bien». Il estime qu’il n’est pas question d’une «muselière».
Reto Knutti, Klimatologue de l’ETH pose sur Twitter la question : Pourquoi il est interdit de critiquer les résultats [de recherche] d’autres?» Il craint que les nouvelles règles auront comme conséquence que les organisation de lobbying pourront commenter les études sur le Covid, mais pas les scientifiques d’autres domaines de recherche. Marcel Salathé, épidémiologiste et ancien membre de la task force, y a joute : «Les nouvelles directives de l’Université de Berne causent de la confusion.»
L’organisation «Akademie für kritische Wissenschaftskultur» est plus critique et parle d’un «un papier plein de désespoir, d’ambivalence et de désarroi.»
Daniel Schönmann, Chef du département cantonal de l’enseignement, estime que la directive n’enfreint pas la liberté académique ni de droits fondamentaux. Il estime qu’il n’y a pas de nécessité immédiate d’agir.
Par ailleurs, l’Université de Berne n’envisage pas de surveiller si la directive es respectée. Selon le secrétaire général, «Il ne s’agit donc pas de tenir en laisse [«gängeln»] qui que ce soit.»
23 Mar 2021
Le Credit Suisse s’engage dans un partenariat avec l’Université de Saint-Gall (HSG) en finançant le démarrage d’un nouveau «HSG Center for Financial Services Innovation» auquel plusieurs chaires seront associées. Un don de 20 millions de francs suisses est attendu au cours des dix prochaines années.
Le vice-recteur de l’Université Thomas Zellweger estime que le financement public ne suffit souvent plus dans certains domaines. Le rapport entre la technologie et la finance ainsi que le thème de la durabilité en relation avec l’administration des affaires nécessiteraient un soutien supplémentaire.
Les auteurs des articles soulignent que le sponsoring pourrait être un risque pour la réputation de l’université.
1 Mar 2021
Dans le cadre d’une révision urgente de la loi Covid-19, la Commission pour l’économie du Conseil national a proposé «que le public soit informé des mesures prises par le Conseil fédéral dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19 exclusivement par le Conseil fédéral et le Parlement».
Cette proposition a suscité beaucoup de réactions dans les réseaux sociaux. Les Verts ont lancé un appel pour la liberté de la science.
Et selon le Conseiller national Cédric Wermuth (PS, AG), ce n’est pas seulement la Task force scientifique qui serait muselée par cette loi, mais l’ensemble des scientifiques, l’OFSP, les administrations, les cantons, les instituts de recherche et des universités et les hôpitaux. Le vice-président de la Commission pour l’économie rejette cette interprétation et dit que cela concerne seulement la Task force. Cette dernière insiste de son coté sur son droit d’évaluer la situation de manière indépendante.
1 Mar 2021
Les universitaires français se déchirent sur la question de savoir si l’islamo-gauchisme est une menace pour la liberté académique.
Cette polémique a pris de l’ampleur quand la ministre de l’enseignement Frédérique Vidal avait déclarée il y a deux semaines : «Moi, je pense que l’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble et que l’université n’est pas imperméable. […] Ce que l’on observe, c’est que des gens peuvent utiliser leur titre et l’aura qu’ils ont […] pour porter des idées radicales ou militantes.» Par ailleurs, elle a elle a annoncé qu’elle demanderait au Centre national de la Recherche scientifique (CNRS) de faire une enquête «de manière à distinguer ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève du militantisme».
La Conférence des présidents d’université a fait part de sa «stupeur face à une nouvelle polémique stérile» et a estimé que «l’islamo-gauchisme n’est pas un concept». Le CNRS va plus loin, disant qu’il s’agit d’une «pseudo-notion qu’il convient de laisser à l’extrême droite.» Le Matin Dimanche a donné la parole au Maitre de conférence de philosophie à Sorbonne, Pierre-Honri Tavoillot, qui estime que ce terme est un courant de pensée «très clair» et que cette polémique est «très saine».
26 Fév 2021
La ministre française de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a récemment dit que «l’islamo-gauchisme gangrenait la société dans son ensemble», pointant notamment les facultés des sciences sociales.
Le Temps a interviewé le professeur Nicolas Bancel de l’UNIL, spécialiste du fait coloniale et des questions post-coloniales, ainsi que Pascal Engel, professeur de philosophie à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), sur ce sujet polémique.
24 Fév 2021
«Déjà secoué par la précarité estudiantine et par une loi de programmation de la recherche qui fédère contre elle la quasi-totalité des enseignants chercheurs, le monde universitaire français est frappé par une nouvelle polémique. La semaine dernière sur CNews, la ministre de la Recherche Frédérique Vidal a dénoncé «l’islamo-gauchisme» qui sévirait dans les universités françaises, pointant du doigt de «nouvelles radicalités»: décolonialisme et autres champs de recherche issus des «cultural studies».»
Plus de 600 membres du personnel de l’enseignement supérieur et de la recherche dénoncent, dans une tribune au «Monde» paru le 20.02.2021, la «chasse aux sorcières» menée, selon eux par, leur ministre de tutelle.
La polémique sur la prétendue infiltration des universités par les partisans de l’idéologie de l’«islamo-gauchisme» couve depuis quelque temps. Elle s’inscrit dans un débat plus large sur la laïcité et le «séparatisme islamiste», que Macron veut endiguer par une nouvelle loi.
Outre-Atlantique, le média Vice rappelle l’échéance-clé des élections présidentielles françaises en 2022.
Selon la NZZ, en «Fin octobre déjà, le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer avait affirmé que l’idéologie faisait de sérieux dégâts dans les universités. Même à cette époque, les universités et les représentants des étudiants avaient résolument rejeté l’accusation. Cependant, une centaine de chercheurs avaient également soutenu la critique de [M.] Blanquer dans un article, parmi lesquels des noms éminents comme Gilles Kepel et Pierre Nora. A l’époque, [Mme] Vidal, la ministre de la recherche responsable des universités, s’était tenu à l’écart de la controverse.»
19 Fév 2021
Le professeur en Philosophie de l’EPFZ Lutz Wingert explique pourquoi il fait partie du «Netzwerk Wissenschaftsfreiheit» (Réseau pour la liberté académique).
Ce réseau de chercheur-e-s alémaniques s’est formé en février à l’occasion de l’influence croissante du phénomène «cancel culture» dans les universités. Cela dit, le professeur Lutz Wingert précise qu’il ne s’agit pas d’une alliance «de droite» contre les études genres et la recherche sur le racisme ou le post-colonialisme. Lui-même estime que la liberté académique est menacée par l’influence de grandes entreprises, de gouvernements despotiques et par le relativisme culturel.
19 Fév 2021
Le professeur à l’IHEID Jean-François Bayart s’inquiète pour la liberté académique en Europe, en particulier en Turquie, mais également en Grèce, Hongrie, Pologne et France.
15 Fév 2021
La Confédération est en train d’adapter sa stratégie sur la Chine. Le professeur émérite d’économie Beat Hotz-Hart s’inquiète de l’influence croissante des dirigeant-e-s chinois-e-s sur l’enseignement, la recherche et le développement des universités chinoises et invite la Suisse à en tenir compte, autant dans sa politique de coopération universitaire que dans la stratégie sur la Chine.
Il rappelle que la coopération entre la Suisse et la Chine est soumise aux principes de l’intégrité et de l’indépendance de la recherche ainsi que de la liberté d’expression, comme ils ont été définis par la déclaration d’Hefei en 2013. Cette déclaration a été signée par des présidents universitaires européens membre de LERU, de Chine, des Etats-Unis et d’Australie.
A l’heure actuelle, l’auteur observe cependant une modification profonde de la vision du rôle des universités en Chine : la liberté d’expression par exemple n’est plus garantie et les performances idéologico-politiques sont au centre de l’évaluation des enseignant-e-s universitaires. Les autorités chinoises tentent aussi d’influencer les discussions universitaires dans d’autres pays en surveillant les étudiant-e-s et universitaires chinois.
Selon Beat Hotz-Hart, les politicien-ne-s et universités devraient alors insister pour que ces principes d’Hefei soient respectés. D’ailleurs, le soutien à la déclaration devraient, selon lui, être une condition préalable pour toute nouvelle collaboration avec une université chinoise.
9 Fév 2021
La politologue et sociologue Ulrike Ackermann regrette la politisation de la recherche et de l’enseignement au nom d’un «politiquement correct» mal compris. La Directrice de l’Institut John-Stuart-Mill pour la recherche sur la liberté craint l’influence de la «cancel culture» sur la liberté académique et la liberté d’expression.
Elle fait partie du «Réseau pour la liberté académique», un groupe de septante scientifiques alémaniques, qui s’engagent pour une liberté de la recherche et de l’enseignement garantie par la constitution. Selon ce groupe, une «pression pour se conformer» est créée, ce qui conduit de plus en plus à «étouffer les débats scientifiques dans l’œuf».
27 Jan 2021
«Les militants « intersectionnels » sont de plus en plus influents dans l’enseignement supérieur. Or ils prétendent s’affranchir des critères de scientificité explique le chercheur au Laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).»
23 Déc 2020
Le gouvernement du président Recep Tayyip Erdoğan metde la pression sur les universités turques indépendantes. En été 2020, l’Université Istanbul Şehir a été saisi par le gouvernement et ses collaborateurs éminents ont été licenciés. Le même sort pourrait attendre les autres universités du pays.
19 Nov 2020
Une étude historique sur Emil G. Bührle, commerçant d’armes et collectionneur d’art a été faite par l’Université de Zurich. Ce projet de recherche visait à réévaluer l’histoire des origines d’une collection d’art qui sera exposé prochainement au Kunsthaus Zürich. Il s’agissait d’éclairer la relation que le commerçant entretenait avec le régime nazi et plus largement avec l’extrême droite.
Cependant, au début de cette année, le rapport fait polémique : des membres du comité de pilotage, représentant la Fondation Bührle, auraient interféré avec la recherche pour essayer de minimiser les connexions du commerçant avec l’extrême droite. Un assistant de recherche a sonné l’alarme et a déclenché une investigation. Deux rapports d’experts confirment qu’il y a eu une interférence «inacceptable» pendant la recherche. Un des experts, Jakob Tanner, considère que c’était une erreur de créer un comité de pilotage. Cet aveu a également été fait par le Maire de la ville de Zurich, Corine Mauch et la Conseillère d’État, Jacqueline Fehr (PS).
Selon un commentaire paru dans la NZZ et un article de la Wochenzeitung (WOZ), L’Université de Zurich manque d’autocritique : «Le Recteur Christian Schwarzenegger a présenté les rapports comme si l’université avait tout fait correctement. […] Cependant, elle pourrait bien être reconnaissante à son ancien assistant de recherche qui a […] mis en question le comité de pilotage et prévenu les euphémismes de la Fondation Bührle.»
13 Nov 2020
Pour avoir publié une étude qui met en garde de l’inutilité, voire la dangerosité de la chloroquine contre le coronavirus, plusieur-e-s chercheur-e-s ont été cibles d’une violente campagne de harcèlement. Les scientifiques, dont deux chercheurs de l’Université de Lausanne (UNIL) ont subi des attaques anonymes par téléphones, allant d’insultes racistes, antisémites, homophobes jusqu’à des menaces de mort.
Un infectiologue à l’hôpital parisien Bichat, Nathan Pfeiffer-Smadja a compilé toutes les attaques dont il a été victime dans un dossier de près de 300 pages, qu’il a ensuite transmis à la justice française.
En Suisse, à ce stade, aucune plaine n’a été déposée. La police cantonale vaudoise encourage cependant les victimes de harcèlement en ligne de porter plainte.