Filtres des articles

Recherche

Tendances des 2 dernières semaines

Aucun mot-clé trouvé.

Sujet: politiquement correct

Une nouvelle université face à la «cancel culture»

Bari Weiss, rédactrice du Wall street journal, a annoncé le projet de création d’une université à Austin qui se positionnerait contre la cancel culture, avec le soutien d’un collectif de scientifiques, anciens recteurs universitaires et autres.

Selon un sondage de l’alliance de la libre expression du MIT, 80% des collaborateur-rices du MIT ont l’impression qu’il y a de moins en moins de liberté d’opinion («Gedankenfreiheit»), et plus de la moitié des enseignant-e-s se sentent menacés dans leur liberté d’expression.

Selon l’auteur de l’article, «Il est possible que davantage d’universités adopteront une ligne plus dure contre les tempêtes du mouvement woke, qui sont souvent déclenchées par une minorité radicale parmi les étudiants et le corps enseignant. En outre, la Floride et d’autres États dirigés par des républicains exercent une pression politique croissante sur leurs universités financées par des fonds publics. Cela risque de diviser davantage la sphère académique entre les mondes de gauche et de droite.»

La liberté académique face au politiquement correct

La politologue et sociologue Ulrike Ackermann regrette la politisation de la recherche et de l’enseignement au nom d’un «politiquement correct» mal compris. La Directrice de l’Institut John-Stuart-Mill pour la recherche sur la liberté craint l’influence de la «cancel culture» sur la liberté académique et la liberté d’expression.

Elle fait partie du «Réseau pour la liberté académique», un groupe de septante scientifiques alémaniques, qui s’engagent pour une liberté de la recherche et de l’enseignement garantie par la constitution. Selon ce groupe, une «pression pour se conformer» est créée, ce qui conduit de plus en plus à «étouffer les débats scientifiques dans l’œuf».

«La liberté académique devrait être plus vigoureusement défendue, à l’extérieur comme à l’intérieur»

En mars 2020, l’organisation Scholars at Risk et trois autres organisations ont publié un classement qui permet de comparer l’état de la liberté académique dans les pays. Cet «Academic Freedom Index» et basé sur un sondage de 1800 scientifiques du monde entier et sur des données historiques. Il contient des informations sur les années 1900-2019.

Face à la répression, il serait utile de comparer plus soigneusement la performance scientifique, estime le journaliste Sven Titz, auteur de l’article. Les classement habituelles ne prennent pas en compte ce facteur. Par ailleurs, en vue du niveau de menace à l’échelle internationale, les programmes comme Scholars at Risk ne seraient qu’une goutte dans l’océan

L’auteur juge que dans l’occident, et plus particulièrement aux Etats-Unis, il y a plutôt un problème d’autocensure, qui est lié à la polarisation politique. En réaction, quelques intellectuels « modérés » ont mis en place des initiatives pour une plus grande diversité dans l’expression d’opinions dans le monde académique (c.f. Heterodox Academy, Persuasion).

«L’universitaire unidimensionnel»
L’auteure Dr. Sandra Kostner, sociologue et chargée de la Diversité dans une haute école pédagogique en Allemagne, estime que la liberté académique est menacée par une science orientée vers le politiquement correct. Elle regrette que certains scientifiques évitent de traiter tous les aspects des sujets complexes comme celui du colonialisme. Le pouvoir et la morale évinceraient les connaissances dans les hautes écoles.
EPFZ : Les étudiants désignent les persona non grata

Des étudiant·e·s de gauche ont réussi à faire annuler la conférence de David Petraeus, ancien Général et Chef de de la CIA, prévue la semaine prochaine à l’EPFZ. Selon l’auteur, la «folie du politiquement correct» de certain·e·s étudiant·e·s, qui souhaiteraient être uniquement confronté·e·s à des idées qui sont partagées, a pris de l’intensité. Ceci dégénérait tout ce que l’université représente : ouverture, liberté d’expression, compétition des arguments. «Le pire» était que les étudiants ont eu du succès avec leur démarche.

«Terreur de sensibilité » sur les campus

Le climat dans plusieurs universités américaines serait empoisonné par une escalade d’hypersensibilité de la part des étudiant·e·s et une multitude de conflits aigus de tolérance avec le corps enseignant. L’auteure témoigne de l’apparition d’un «terrorisme de la sensibilité» qui menacerait les principes fondamentaux de la liberté académique : les professeur·e·s craignent désormais de commettre ce qui pourrait être perçu comme des «micro-agressions», pouvant être suivies de lourdes conséquences. Alors que les États-Unis connaissent une polarisation croissante entre les fronts conservateurs et de la gauche radicale, «chacun·e qui remettrait en question l’orthodoxie du campus peut se retrouver traité de raciste ou de fasciste», estime Jonathan Haidt, professeur de psychologie à la Stern Business School de l’Université de New York, ce qui peut conduire au conformisme ou à l’intimidation parmi les étudiant·e·s et les professeur·e·s.