«Le débat fait rage dans les universités britanniques entre les défenseurs des droits des trans et les féministes convaincues que le sexe est une réalité biologique. La querelle a désormais pris des airs de chasse aux sorcières. Récit.»
25 Nov 2021
25 Nov 2021
«Le débat fait rage dans les universités britanniques entre les défenseurs des droits des trans et les féministes convaincues que le sexe est une réalité biologique. La querelle a désormais pris des airs de chasse aux sorcières. Récit.»
25 Nov 2021
L’Université de Saint-Gall est arrivée à la conclusion, moyennant deux groupes de travail internes, qu’elle n’est pas influencée par la chine. Le seul expert externe du groupe de travail était, jusqu’à récemment, membre du Conseil d’administration d’un Institut Confucius, rattaché au Ministère chinois pour l’éducation. L’auteure de l’article en vient à la conclusion: L’université souhaite se disculper elle-même.
Un des rapports préconise cependant l’établissement d’un nouveau groupe de travail d’experts interne externes pour discuter des problèmes comme l’autocensure lors d’une collaboration avec la Chine. Par ailleurs, le sénat de l’Université organisera un atelier sur les particularités d’une collaboration scientifique avec la Chine.
22 Nov 2021
Un doctorant à la HSG avait critiqué le Parti communiste chinois et sa gestion de la pandémie sur Twitter. La conséquence: sa directrice de thèse a interrompu sa supervision. Pour examiner des éventuelles influences chinoises sur la recherche et l’enseignement, l’Université de Saint-Gall (HSG) a ensuite mis en place deux groupes de travail. La première avait comme tâche de dresser un état des lieux des relations de la HSG avec la République populaire de Chine, la deuxième a examiné le cas particulier du doctorant.
Le premier groupe n’a trouvé aucune influence chinoise sur le financement des projets de recherche. En revanche, le rapport a mis l’accent sur les relations étroites entre une association d’étudiant-e-s chinois-es (CSSA St-Gall) et l’ambassade de Chine à Berne. L’association n’est pas reconnue comme une association officielle à la HSG. Toutefois, un ancien président de la CSSA est dirigeant d’une plateforme appelée Swiss-Sino Innovation Center (SSIC), qui fonctionne comme réseau d’acteurs contrôlés par le parti communiste pour promouvoir ses intérêts. Selon le rapport, les dirigeants des CSSA sont directement subordonnés à l’ambassade de Chine à Berne et l’association exercerait un certain contrôle sur les étudiant·e·s chinois·es à l’étranger. Mais aucune influence directe de la CSSA sur la HSG n’a pu être prouvée.
Concernant le licenciement du doctorant, le rapport postule qu’il n y’a eu aucune influence de la Chine et que «cette influence n’existait que dans l’imagination du doctorant et de la professeure». La HSG s’excuse pour le blocage du compte e-mail du doctorant, qui selon elle, n’étais pas dû au tweet mais à un grossier courriel du doctorant à sa directrice de thèse.
22 Nov 2021
Dans les universités britanniques, de nouveaux débats autour des luttes identitaires remettent en cause l’ordre établi de ces anciennes institutions. Selon l’auteur, il s’agit de «luttes identitaires, venues des États-Unis.
A l’Université de Cambridge le débat concerne une plaque commémorative en l’honneur d’un commerçant du XVIIe siècle qui a notamment participé à la traite des esclaves. Un collectif représentant des minorités ethniques et religieuse a alors convaincu l’institut de la retirer, citant le malaise que sa présence pouvait engendrer parmi les étudiant·e·s.
Puis, des débats liés aux questions d’identités sexuelles et de genres ont culminé jusqu’à la démission d’une professeure de philosophie à l’Université du Sussex. Kathleen Stock avait été accusée de transphobie dans ses écrits et interviews depuis 2018. De nombreuses manifestations étudiantes ont alors demandé sa démission.
18 Nov 2021
Aux Etats-Unis, la conception d’une nouvelle université «anti woke» au Texas fait le buzz dans les médias. L’Université est présentée comme une sorte de refuge pour la liberté d’expression, actuellement mise en danger par la prévalence d’une «cancel culture» dans les universités du pays. Selon l’auteur de l’article, les raisons de s’installer au Texas avec un projet libéral et pro-démocratique ne manqueraient pas.» Il liste la récente interdiction de l’avortement, le droit de vote, de plus en plus restrictif, et la lutte contre le racisme, désormais fortement limitée dans les écoles de l’État du Sud.
L’auteur de l’article craint que l’Université d’Austin servira plutôt «d’espace sécurisé pour les privilégié-e-s» car les fondateurs se seraient mis d’accord pour que «le danger provienne de la gauche».
16 Nov 2021
Bari Weiss, rédactrice du Wall street journal, a annoncé le projet de création d’une université à Austin qui se positionnerait contre la cancel culture, avec le soutien d’un collectif de scientifiques, anciens recteurs universitaires et autres.
Selon un sondage de l’alliance de la libre expression du MIT, 80% des collaborateur-rices du MIT ont l’impression qu’il y a de moins en moins de liberté d’opinion («Gedankenfreiheit»), et plus de la moitié des enseignant-e-s se sentent menacés dans leur liberté d’expression.
Selon l’auteur de l’article, «Il est possible que davantage d’universités adopteront une ligne plus dure contre les tempêtes du mouvement woke, qui sont souvent déclenchées par une minorité radicale parmi les étudiants et le corps enseignant. En outre, la Floride et d’autres États dirigés par des républicains exercent une pression politique croissante sur leurs universités financées par des fonds publics. Cela risque de diviser davantage la sphère académique entre les mondes de gauche et de droite.»
2 Nov 2021
Lors du colloque dédié à la haine, «Ce qui s’est passé entre un chercheur spécialiste du complotisme et un musicien mandaté pour animer la journée, mais sans qu’aucun intervenant soit au courant, est terriblement emblématique de la tension qui règne dans la société aujourd’hui.», estime la journaliste Catherine Frammery, présente lors de la conférence. Le musicien, anonymisé par son costume de gorille vert, avait interrompu la conférence et s’est placé à quelques mètres derrière l’universitaire, qui confiera ensuite que cette présence dans son dos l’avait effrayé – d’autant qu’il redoutait que les plis du costume recèlent une arme. Par ailleurs, «certains spectateurs avouant après coup s’être préparés à se réfugier sous les sièges, d’autres s’en voulant de ne pas avoir eu le courage d’intervenir.» Charles Kleiber, l’organisateur de l’ événement, «continue de dire qu’il est indispensable de réunir les milieux artistique, scientifique et politique avec le grand public, pour penser ensemble les débats d’aujourd’hui. «Même s’il doit y avoir des risques.»»
2 Nov 2021
La philosophe écossaise Kathleen Stock a démissionné de son poste de professeuse à l’Université du Sussex après une lettre ouverte signée par 600 universitaires, pour la plupart du corps intermédiaire, l’accusant de transphobie. Parmi les signataires se trouvent notamment de nombreux universitaires allemands. La philosophe avait soutenu l’idée qu’il existe une « ‘idéologie du genre » qui met en danger les femmes. Selon elle, les « hommes qui se sentent comme des femmes » et qui avaient accès à des espaces auparavant réservés aux femmes représentent un danger potentiel pour ces dernières, en raison du taux relativement élevé de violence des hommes contre les femmes dans la plupart des pays.
Selon l’auteur de la Neue Zürcher Zeitung (NZZ), Kathleen Stock est victime d’une chasse aux sorcières et sa démission met en lumière l’existence d’une « cancel-culture » dans les universités occidentales. Le soutien de la part d’universitaires allemands montrerait que ce phénomène se répand en Allemagne.
1 Nov 2021
Dans un article d’opinion paru dans le Temps, le journaliste Alain Campiotti revient sur la notion du «wokisme» et de la «cancel-culture» pour les nuancer et discuter l’enjeu politique de leurs usages, notamment de la part de forces conservatrices. Il démontre comment le terme «woke» (traduction : éveillé), issu de théories critiques de la race des Etats-Unis, est souvent utilisé de manière dépréciatif pour mettre en garde devant une «menace wokiste» qui viendrait censurer tout propos critique. A titre exemplaire, il cite l’effort du ministre de l’Education française pour la création d’un Laboratoire de la République contre woke & Co qui «pourrirait la jeunesse étudiante».
L’auteur de l’article estime le mouvement woke, qui remet en question le status quo dans la narration de l’histoire en changeant la perspective, est menacé par la cancel culture par des nationalistes (et dans les exemples donnés, de Donald Trump).
Alain Campiotti pose la question s’il ne faudrait pas plutôt «s’éveiller mieux, en effet, au monde qui change et nous bouscule, y compris dans nos sillons culturels».
30 Sep 2021
Cinq ans après la première Déclaration de Prague, qui mettait en garde contre «les les solutions simplifiées et le populisme croissant», «le danger est toujours là et la démocratie, la tolérance, l’humanisme et l’ouverture d’esprit sont toujours menacés», ont annoncé les cinq groupes universitaires signataires de la deuxième Déclaration de Prague le 27.09.2021.
«La limitation des libertés académiques dans certains pays, le populisme, les restrictions causées par la pandémie, la remise en cause des experts, sont autant de sujets qui sont passés au premier plan.»
La déclaration a été signée par des représentants de l’Université Charles, du groupe Coimbra, de l’Association européenne des universités (EUA), d’Europaeum, de la Ligue des universités de recherche européennes et du groupe Unica [dont fait partie l’UNIL].
28 Sep 2021
«Le public accorde une grande confiance dans la parole des scientifiques. Mais cette dernière est influencée par le contexte politique, d’après une étude franco-américaine. Pour la préserver et éviter qu’elle ne soit contaminée par une méfiance envers les gouvernements, l’indépendance académique est la clé.»
13 Août 2021
L’expert de la Chine et membre du conseil universitaire de la HSG (Université de Saint-Gall) Patrick Ziltener prend position sur l’affaire du doctorant qui avait critiqué le gouvernement chinois sur Twitter et qui, en conséquence, n’a pas pu terminer son doctorat à la HSG [NZZ du 3.08.2021].
M. Ziltener salue les efforts en cours pour élaborer des lignes directrices pour la coopération avec la Chine, qui seront bientôt publiées par swissuniversities, ainsi que la mise en place d’un groupe de travail chargé d’examiner les éventuels domaines d’atteinte à la liberté d’enseignement et de recherche.
«Cette mesure arrive un peu tard», selon M. Ziltener, parce que la Chine exerce son influence «depuis des années». Il interrogera également le conseil universitaire à ce sujet.
Dans sa réponse en mai à une question parlementaire, le Conseil fédéral a également fait référence aux lignes directrices. Il a écrit qu’il ne disposait pas d’informations concrètes faisant état d’une influence exercée dans le sens d’une restriction des libertés académiques. Cependant, les universités étaient conscientes de la question et ont échangé leurs points de vue sur le sujet.
La seule situation connue d’une interférence de la Chine est celle de l’ambassadeur chinois sur la Haute école zurichoise des beaux-arts (ZHdK) après un film sur les manifestations à Hong Kong. «Le recteur de la ZHdK est resté ferme et s’est référé à la liberté artistique.»
Le spécialiste de la Chine rappelle également le fait «scandaleux» du mois de mars, la Chine avait prononcé une interdiction d’entrée pour dix scientifiques, politiques ainsi que l’Institut Mercator pour des études sur la Chine. «Un plus grand point de discorde viendra inévitablement», d’où l’importance des lignes directrices venant de swissuniversities.
24 Juin 2021
«Des défenseurs du climat, parmi lesquels des chercheurs, se sont fait refouler hier sur les marches du Tribunal fédéral. L’activisme est-il incompatible avec la fonction?»
17 Juin 2021
The Guild est un réseau universitaire qui comprend actuellement 21 universités européennes à forte intensité de recherche les plus distinguées. Il se consacre à renforcer la voix des institutions universitaires, de leurs chercheurs·euses et de leurs étudiant·e·s. Dans un communiqué, il appelle à l’Union européenne (UE) de renforcer la liberté académique, inquiet notamment du climat actuel dans lequel les résultats scientifiques sont contestés, déformés et sapés par des individus ou organisations qui nient les preuves et les faits.
«The Guild» appelle donc l’UE a être proactive dans la défense de la liberté académique afin afin de protéger les chercheur·euse·s européen·ne·s dans leur pays et à l’étranger. Concrètement, elle demande la création d’un poste de médiateur européen qui veillerait à ce que les atteintes à la liberté académique soient traitées de manière rapide, impartiale et efficace, conformément à la Déclaration de Bonn sur la liberté de la recherche scientifique.
15 Juin 2021
Une déclaration adoptée par le Parlement danois au début du mois de juin contient des phrases comme:
«Le Folketing [le parlement danois] attend des dirigeants des universités qu’ils assurent l’autorégulation de la pratique scientifique par un débat critique. Cela signifie que l’unilatéralité est évitée, que la science ne se présente pas sous une apparence politique et qu’il n’est pas possible d’échapper systématiquement à une critique professionnelle justifiée.» Par ailleurs, le parlement, comme tous les autres citoyens, a le droit d’exprimer un avis sur les résultats de la recherche, conclut la déclaration. Cela ne signifie pas que le parlement ait un droit de regard sur le sujet de recherche comment la recherche doit être menée.
Les cheurcheur·e·s des sciences sociales, et plus particulièrement les scientifiques en études de genre et politique de migrations se sentent particulièrement visé·e·s par cette déclaration. Selon une lettre ouverte, certain·e·s ont l’impression d’être mis·e·s au pilori par des politiciens et médias, un climat qui limite les libertés de recherche et d’opinions.
15 Juin 2021
Dans un essai paru dans le journal Republik, le professeur de l’École polytechnique fédérale de Zurich et directeur du département des études scientifiques, Michael Hagner dresse le portrait de la situation actuelle de la liberté des sciences. A titre exemplaire, il commente le départ forcé de la Central European University de l’Hongrie suite aux pressions du premier ministre Viktor Orban. Il s’agit, selon lui, du pire effondrement que la liberté académique ait eu à subir depuis la fin de la guerre froide en Europe.
En rappelant les quatre éléments de l’éthos scientifique (universalisme, altruisme, communisme et scepticisme organisé), il démontre comment différentes forces sociales et économiques les mettent actuellement en danger et comment les universités peuvent se protéger.
14 Mai 2021
L’Université de Lucerne est en train de créer un nouvel «Institut pour la politique économique suisse», financé par Alfred Schindler, membre du Conseil d’administration de l’entreprise Schindler, qui construit des ascendeurs, moyennant une fondation dédiée. Le professeur en économie Christoph Schaltegger sera le Directeur de l’institut et René Scheu de la NZZ en sera le directeur opérationnel.
L’institut d’orientation libérale, qui a comme objectif d’influencer l’opinion publique, rivalisera avec ses plus de 10 empl0yé-e-s avec le groupe de réflexion Avenir Suisse, qui a un peu plus de 20 emplois à temps plein.
Peu de détails sont connus sur le financement de l’institut et les conditions liées, l’université souhaite communiquer plus en automne.
Le Conseiller d’Etat Urban Sager (PS, LU) a fait une interpellation sur l’indépendance de l’institut. Il s’inquiète, entre autres, sur le risque pour la réputation de l’Université face à l’orientation idéologique «de certains représentants des instituts».
14 Mai 2021
Le gouvernement de la Grande-Bretagne est sur le point d’introduire une législation qui permettra aux universitaires, aux étudiant-e-s ou aux conférenciers-ères de poursuivre les universités pour obtenir une compensation lorsqu’ils ou elles estiment avoir souffert d’une atteinte à la liberté d’expression.
L’auteur de l’article du Weltwoche salue cette initiative, mais selon The Guardian, des groupes d’intérêt pour la libre expression craignent que la nouvelle loi «puisse avoir comme effet inverse de limiter encore davantage ce qui est considéré comme un discours «acceptable» sur le campus et d’introduire un effet paralysant à la fois sur le contenu de ce qui est enseigné et sur la portée de l’exploration de la recherche universitaire.»
6 Avr 2021
Les nouvelles «Directives de la direction de l’Université [de Berne] sur l’information et l’expression de l’opinion» fait l’objet de vifs débats. Selon ce document, les employé·e·s de l’université devraient, entre autres, éviter de se profiler sur les réseaux sociaux. Le Secrétaire général Christoph Pappa dit que l’université n’interdit à personne de s’exprimer sur Twitter, mais précise que cela doit être fait avec retenue et que «les faits doivent être explicitement séparés des opinions […] Cela peut provoquer des malentendus si une personne d’un institut contredit complètement une personne d’un autre institut – sauf s’il parle de ses propres résultats de recherche.»
L’épidémiologiste Matthias Egger, [membre de la task force, ] qualifie cette directive de «très bien». Il estime qu’il n’est pas question d’une «muselière».
Reto Knutti, Klimatologue de l’ETH pose sur Twitter la question : Pourquoi il est interdit de critiquer les résultats [de recherche] d’autres?» Il craint que les nouvelles règles auront comme conséquence que les organisation de lobbying pourront commenter les études sur le Covid, mais pas les scientifiques d’autres domaines de recherche. Marcel Salathé, épidémiologiste et ancien membre de la task force, y a joute : «Les nouvelles directives de l’Université de Berne causent de la confusion.»
L’organisation «Akademie für kritische Wissenschaftskultur» est plus critique et parle d’un «un papier plein de désespoir, d’ambivalence et de désarroi.»
Daniel Schönmann, Chef du département cantonal de l’enseignement, estime que la directive n’enfreint pas la liberté académique ni de droits fondamentaux. Il estime qu’il n’y a pas de nécessité immédiate d’agir.
Par ailleurs, l’Université de Berne n’envisage pas de surveiller si la directive es respectée. Selon le secrétaire général, «Il ne s’agit donc pas de tenir en laisse [«gängeln»] qui que ce soit.»
23 Mar 2021
Le Credit Suisse s’engage dans un partenariat avec l’Université de Saint-Gall (HSG) en finançant le démarrage d’un nouveau «HSG Center for Financial Services Innovation» auquel plusieurs chaires seront associées. Un don de 20 millions de francs suisses est attendu au cours des dix prochaines années.
Le vice-recteur de l’Université Thomas Zellweger estime que le financement public ne suffit souvent plus dans certains domaines. Le rapport entre la technologie et la finance ainsi que le thème de la durabilité en relation avec l’administration des affaires nécessiteraient un soutien supplémentaire.
Les auteurs des articles soulignent que le sponsoring pourrait être un risque pour la réputation de l’université.