«Le directeur des HUG, Robert Mardini, veut opposer «une culture d’intégrité» au harcèlement sexuel et aux comportements inadéquats dont ont été victimes des collaborateurs de l’institution»
7 Mar 2025
7 Mar 2025
«Le directeur des HUG, Robert Mardini, veut opposer «une culture d’intégrité» au harcèlement sexuel et aux comportements inadéquats dont ont été victimes des collaborateurs de l’institution»
5 Mar 2025
Le Collectif Dulifera demande à l’Université d’appliquer son code de conduite et une pratique de zéro tolérance par rapport à deux professeurs qui sont accusés d’abus de pouvoir et de violence sexualisés. «[N]ous demandons une protection conséquente des victimes plutôt que des agresseurs·euses : une communication transparente, des mesures concrètes de prévention et une réflexion autocritique sur les structures de pouvoir fondamentales à l’université qui facilitent et masquent la violence sexualisée.»
5 Mar 2025
«Après le CHUV, c’est au tour des HUG de prendre des mesures pour lutter contre le harcèlement sexuel. Son nouveau directeur a annoncé mardi au personnel renforcer les plateformes d’alerte et rendre obligatoire certaines formations de sensibilisation.»
27 Fév 2025
«Suite à l’enquête de Temps Présent révélant des cas de harcèlement sexuel, de chantage et d’abus de pouvoir par certains chirurgiens et chefs de service, le Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV) annonce mercredi avoir pris des mesures, dont la création d’une cellule dédiée.»
10 Fév 2025
Suite à la récente étude sur le harcèlement sexuel et sexiste menée au sein de la HES-SO, qui révélait que «le problème reste bien réel, et concerne une part importante de la société», la rectrice de la HES-SO et présidente de Swissuniversities Luciana Vaccaro annonce qu’elle va travailler en étroite collaboration avec les associations estudiantines pour pallier le problème. Elle ajoute qu’«il reste nécessaire d’améliorer la confiance [dans le cadre universitaire] qui permettra à toute personne de défendre ses droits» lors d’un cas de harcèlement. La rectrice et présidente défend également dans sa tribune «la politique volontariste» qui anime les universités, puisque ces dernières sont «un lieu de formation et de dialogue», ancré «au cœur –à la pointe même– de l’évolution de la société». Pour elle, les universités doivent rester des espaces de débat, mais dans le respect de l’intégrité d’autrui.
24 Jan 2025
«Rectrice de la HES-SO, Luciana Vaccaro évoque l’en- quête sur le harcèlement sexuel menée au sein de l’institution. Et livre un plaidoyer pour les relations avec l’UE.»
20 Jan 2025
Un enquête révèle que plus d’un quart des étudiant·es et du personnel de la Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO) a subi un harcèlement sexiste ou sexuel au cours des 12 derniers mois. L’enquête a été mandatée par la HES-SO, et réalisée par l’institut MIS Trend auprès de l’ensemble des étudiant·es et du personnel, soit environ 42’000 personnes. «Les étudiantes sont les plus confrontées aux comportements harceleurs: 58% d’entre elles ont été la cible d’au moins une des situations listées dans le questionnaire. Il s’agit notamment de remarques dégradantes, de messages non sollicités à nature sexuelle, d’allusions, de sifflements ou de contact corporel non désiré.» (RTS) «La HES-SO, c’est une communauté de 40’000 personnes qui sont aussi le reflet de la société», souligne Luciana Vaccaro, rectrice de la HES-SO, dans l’émission Forum (RTS).
L’institution a pu constater que ses mesures déjà mises en place étaient peu connues des étudiant·es (16%). Elle souhaite ainsi les renforcer, en plus de faire un effort sur leur communication. Une nouvelle enquête sera réalisée en 2027, afin de vérifier la pertinence des nouvelles mesures mises en place pour contrer le phénomène.
17 Déc 2024
Il y a un peu plus d’un mois, un reportage de la SRF rapportait que deux professeurs accusés d’agressions sexuelles en 2018 et 2019 auraient été protégés par l’Université de Bâle. Il y a quelques jours, des activistes du groupe Revolutionäres Antipatriarchales Bündnis Basel (RAB) ont accroché des affiches avec les noms et les visages des professeurs concernés. Ils·elles manifestent ainsi leur désaccord avec la politique de l’Université, qui a laissé en poste les deux professeurs, moyennant un avertissement et une menace de licenciement.
En tant qu’«institution de droit public», l’université n’a pas de liberté de licenciement comme dans le secteur privé, explique la vice-rectrice de l’université Nadja Braun-Binder (Basler Zeitung). La vice-rectrice ajoute «de mon point de vue, dans les deux cas, l’université n’avait pas du tout la possibilité juridique de licencier les professeurs».
Les identités des professeurs étant désormais connues de nombreux·ses étudiant·es suite à l’action d’affichage, leurs cours sont dorénavant parfois boycottés.
25 Nov 2024
Début novembre, un reportage de l’émission Kassensturz de la SRF rapportait que deux professeurs accusés d’agressions sexuelles en 2018 et 2019 auraient été protégés par l’Université de Bâle. Ils continuent actuellement de faire de la recherche et d’enseigner. Les faits dérangent et inquiètent des étudiant·es bâlois·es, aujourd’hui en manque de confiance envers leur institution.
Selon le collectif Dulifera, qui s’est formé il y a deux ans suite à un des deux cas, les changements mis en place par l’université ne suffisent pas. Il faudrait que l’université se penche plus sérieusement sur le passé avant de se tourner vers le futur. Le collectif demande, entre autres, que «ces personnes [les professeurs accusés] ne soient plus autorisées à enseigner». Depuis la dénonciation des deux cas, l’Université avait pris différentes mesures : elle dispose d’un nouveau règlement sur la protection de l’intégrité personnelle et d’un code de conduite, un service de coordination «Intégrité personnelle» a également été créé. Quant à la décision de laisser les chercheurs continuer à enseigner et faire de la recherche, l’Université indique qu’elle a suivi les recommandations que l’enquêteur externe avait faites à l’époque.
L’Université de Bâle a confirmé à Watson qu’elle a sciemment renoncé à communiquer les cas de harcèlement sexuel faisant l’objet de l’enquête. Elle ne voulait pas créer de «précédent», car il se peut «que des personnes concernées souhaitent signaler un cas sans que celui-ci soit communiqué par la suite». L’Université a également déclaré qu’elle pouvait retenir ces informations si un intérêt privé s’opposait à l’intérêt public, invoquant la loi cantonale sur l’information et la protection des données.
Brigitte Tag, professeure de droit pénal à l’Université de Zurich,«estime qu’il est correct que le public n’ait qu’un aperçu limité des enquêtes sur le harcèlement sexuel et que l’Université de Bâle ait d’abord fait clarifier juridiquement si et dans quelle mesure elle devait publier les rapports d’enquête sur les deux cas. […] Mais si des rumeurs se répandent à l’université et créent un climat de travail et d’études malsain, elle estime qu’une information objective de la part de la direction de l’université ou de la direction de l’institut est juste.» (Watson)
Brigitte Tag précise que «les hautes écoles concentrent plusieurs facteurs de risque qui favorisent les agressions : conditions d’emploi précaires, rapports de dépendance importants, structures hiérarchiques.» Il y a un peu moins d’un an avait été lancée une journée d’action contre le harcèlement sexuel, le «Sexual Harassment Awareness Day», dans les universités suisses.
Depuis 2020, deux autres plaintes pour harcèlement sexuel ont été déposées à l’Université de Bâle. «[C]es cas devraient également rester invisibles jusqu’à ce que les personnes concernées les rendent publics.» (Watson)
11 Nov 2024
La pétition «WeAreShocked», lancée à l’EPFZ suite à l’inaction de l’institution pour des cas de mobbing, harcèlement et discrimination a récolté plus de 1300 signatures et a été remise vendredi dans les mains de deux représentants de la direction lors d’une manifestation réunissant une centaine d’étudiant·es et chercheur·euses. Elle demande à l’institution de prendre ses responsabilités, en agissant rapidement.
Voici quelques revendications de la pétition citées dans l’article du Tages-Anzeiger :
«Nous avons le même objectif», a déclaré Stefan Spiegel, vice-président Finances et controlling de l’EPFZ, en recevant la pétition. Il a également remercié les organisatrices. Interrogée par le 19h30, Julia Dannath, vice-présidente Développement personnel et leadership, a pourtant contesté les accusations. Elle affirme que l’institution «a déjà pris des mesures nécessaires» et que «les procédés auraient déjà changé». Elle réfute également ces accusations dans les colonnes de la Neue Zürcher Zeitung.
Un critique principale de la pétition porte notamment sur le fait que l’université n’agit pas en cas d’informations anonymes. Pour les auteur·es de la pétition, les procédures des universités de Lucerne et du Contrôle fédéral des finances (CDF) seraient des bons exemples à suivre. Dans les deux institutions, révèle la Neue Zürcher Zeitung, des informations anonymes sur des dysfonctionnements ne seraient pas une raison pour ne pas enquêter sur ces signaux en présence d’indices suffisants. Interrogée, Julia Dannath dit qu’elle est ouverte à cette idée.
Lukas Rich, avocat spécialisé en droit administratif public, soutient l’EPFZ (Aargauer Zeitung) dans sa démarche actuelle. L’homme de loi déclare que « l’EPFZ a déjà mis en place de bons processus internes pour les cas mentionnés ». Il précise également que si l’EPFZ devait sanctionner des professeurs fautifs, les victimes n’auraient d’autre choix que de révéler leur identité. Une fois l’identité levée, les sanctions de l’institution envers le·a professeur·e concerné·e peuvent aller de la réduction de salaire au licenciement. En 160 ans, l’EPFZ n’a licencié qu’une seule professeure, accusée de mobbing.
6 Nov 2024
Après avoir quitté l’université, deux anciennes étudiantes ont porté plainte pour harcèlement sexuel à l’encontre de leurs professeurs respectifs en 2018 et 2019 . Elles accusent aujourd’hui l’Université bâloise d’avoir protégé les auteurs des actes, sans avoir protégé les victimes. Elles n’ont pas eu accès aux dossiers et rapports d’enquêtes, ou seulement contre signature d’un engagement de confidentialité.
La première étudiante était dépendante de son professeur car il était responsable de l’évaluation de son travail de master. Il lui a également proposé une place de doctorante par la suite, que la jeune femme a accepté, espérant faire une carrière académique. Un rapport d’enquête, tenu secret jusqu’à aujourd’hui, montre que le professeur aurait abusé de son pouvoir, en profitant de sa position de directeur de thèse pour la « persuader d’avoir des relations sexuelles ». La SRF a exigé le rapport dès 2020, se référant à la loi sur la transparence. L’université de Bâle s’y est d’abord opposée, jusqu’à cas ce que la cour d’appel de Bâle-Ville statue en faveur de la SRF.
L’autre étudiante aurait subi un sort similaire. Le professeur dont elle était l’assistante aurait cherché des rapprochements physiques et fait des propositions indécentes. Après avoir porté plainte, elle n’a pu avoir accès à son dossier seulement après signature d’un engagement de confidentialité.
Les deux professeurs auraient à ce jour reçu des avertissements de l’Université de Bâle, ainsi que des menaces de licenciements en cas de récidive.
29 Oct 2024
Une pétition a été lancée à l’ETHZ suite à l’inaction de l’institution face à plusieurs incidents graves de mobbing, d’intimidation, de harcèlement sexuel et de discrimination. La pétition ainsi qu’un manifeste sont en particulier une réponse au récent article du Tagesanzeiger «ETH ist «schockiert»»(29.08.2024)), également paru dans Der Bund. Le manifeste adressé au Conseil exécutif de l’ETH demande principalement : des conséquences tangibles pour les auteurs d’infractions, un rapport d’incident digne de confiance, un suivi sérieux de la part de la direction de l’ETHZ. «Il est de notre responsabilité collective de demander des comptes à l’ETH. C’est à notre tour d’être choqués» intime le manifeste.
Le 8 novembre prochain, aura lieu une assemblée étudiante coorganisée par The Society for Women in Natural Sciences (WiNS), Speak Up! et 500 Women Scientists Zürich (500 WS), durant laquelle le manifeste sera éventuellement remis au directeur de l’institution.
1 Oct 2024
L’auteur du livre «La diffusion du wokisme en Suisse» (2024), Jonas Follonier, écrit que «Rien qu’en Suisse romande, on peut citer de multiples exemples d’application de cette idéologie ces cinq dernières années dans les universités, les écoles, les médias, la culture ou encore l’espace public.»
Il prend comme exemple le dépliant d’une campagne contre l’harcèlement de l’Université de Genève en 2017, qui indique que le sentiment d’être harcelé suffit pour qu’il y ait effectivement harcèlement, une notion que l’Université de Neuchâtel a repris dans le cadre d’une campagne similaire menée en 2019. «Or, dans un État de droit, la personne accusée doit pouvoir expliquer son point de vue, sans quoi la vérité ne peut être établie.» Un autre exemple de «wokisme» seraient, selon l’auteur, les règles de diversité dans les engagements de professeur-es «à Lausanne».
3 Sep 2024
Un chercheur à l’EPFZ est accusé par huit personnes de s’être «approché» d’étudiant-es, de chercheur-es et collaborateurs ou collaboratrices «de manière inadéquate pour un supérieur hierarchique». L’accusé nie toute faute.
Vice-présidente de l’EPFZ pour le développement du personnel et le leadership, Julia Dannath, a classé l’affaire sans lancer une enquête. Les raisons invoquées étaient que les personnes concernées ne travaillaient plus à l’EPFZ ou qu’un événement s’était produit il y a trop longtemps et que le délai pour l’annoncer était passé.
Malgré les plaintes, une procédure d’appel se poursuit : le maître de conférences attend la décision du président de l’EPF pour obtenir une chaire permanente. Ce n’est que lorsque les journalistes ont commencé à enquêter sur cette affaire que Julia Dannath a commandé une enquête externe. Elle estime que tout s’est déroulé correctement d’un point de vue juridique mais a reconnu des erreurs dans la procédure de déclaration. La journaliste du Tages-Anzeiger Kerstin Hasse commente : Les nouveaux règlements et le services qui permettent de signaler des «comportements inadéquats» ne servent à rien s’il n’y a pas de sensibilité à la détresse des collaborateurs.
La cheffe du FNS, Angelika Kalt, ne connaît pas le cas précis, mais indique que certaines conditions favorisent les incidents d’inconduite, en particulier envers les femmes. «Il s’agit notamment d’une forte domination masculine dans les fonctions de direction et d’un environnement de travail où ce type de comportement est toléré. Par ailleurs, «Les hautes écoles ou l’ensemble du monde académique doivent se demander s’ils sont encore compétitifs […] avec leurs conditions de travail et leurs fortes hiérarchies. Car, objectivement, ces rapports hiérarchiques persistants sont plutôt un vestige des temps anciens dans le monde du travail actuel. En outre, des études montrent que la diversité sur le lieu de travail et surtout dans les projets de recherche contribue à une qualité élevée.»
22 Août 2024
Selon les chiffres 2021 de l’Office fédéral de la statistique (OFS), les femmes restent globalement sous-représentées dans la recherche scientifique, notamment en ingénierie/technologie (28%). «Ce phénomène est patent aux postes à responsabilités: en 2022, elles n’étaient que 29% à un poste de professeure titulaire ou de directrice de recherche (21% en 2014), alors qu’elles formaient 47% des doctorants (43% en 2014), selon l’OFS, au sein des hautes écoles et instituts de recherche. Quatre chercheuses d’élite apportent leur regard.
Anna Fontcuberta I Morral, future présidente de l’EPFL, observe encore aujourd’hui des inégalité de traitement: «la parole des femmes est parfois moins prise au sérieux que celle des hommes.»
Klea Faniko, chargée de cours à l’Université de Genève, préconise des campagnes, comme celle de l’UNIGE contre le harcèlement et la discrimination («Pour une uni bienveillante!») pour sensibiliser la communauté académique sur le sexisme.
Valeria Cagno de lnstitut de Microbiologie à Lausanne, témoigne des remarques sexistes qu’elle a dû subir: «Certains supérieurs hiérarchiques et des collègues m’ont reproché de donner trop d’ordres. Il est clair qu’on n’adresserait jamais ce genre de critiques à un homme.»
Lea Caminada, professeure de physique qui travaille à l’Université de Zurich, au PSI et au CERN, entend parfois des remarques qui sous-entendent que les femmes bénéficient d’un traitement de faveur, des attaques qu’elle évite de prendre à titre personnel. Au-delà des genres, tout le monde possède des compétences, juge-t-elle. «Pour viser un objectif,nous avons besoin de l’apport de femmes et d’hommes qualifiés issus de différentes cultures. Et selon moi, la manière dont les équipes sont composées, les dynamiques qui les traversent, plus que le genre, font la différence.»
19 Août 2024
«En Suisse, de nombreuses disciplines chirurgicales restent essentiellement masculines. Face au sexisme ambiant, aux conditions de travail et aux difficultés de concilier vie privée et vie professionnelle, les femmes choisissent encore peu cette voie.»
11 Juil 2024
«Après une dénonciation concernant un professeur renommé de théologie à la fin des années 1990 à l’Université de Lausanne, l’Eglise réformée et l’Etat de Vaud se sont accordés secrètement. Une affaire – à laquelle s’ajoute au moins une autre – qui ressort alors que les Eglises réformées suisses ont renoncé à enquêter sur d’éventuels abus» (Le Temps)
«Pour Vincent Guyaz, pasteur et vice-président du Conseil synodal de l’Église réformée vaudoise, cette affaire pointe effectivement son institution, « mais il faut remettre chaque chose à sa place », rectifie-t-il au micro de Forum. « Les faits incriminés auraient eu lieu dans le cadre de la faculté de théologie de l’Université de Lausanne. Ce n’est donc pas au sein de l’Eglise réformée vaudoise que ça a eu lieu. » (RTS Forum)
La marge de manœuvre de l’Unil est pourtant restreinte à ce moment-là, parce que le professeur qui est accusé d’abus sexuel dans au moins deux cas est déjà à la retrait et faute de plainte pénale et de preuves tangibles. (Le Temps)
26 Avr 2024
Selon une statistique interne, le nombre d’agressions sexuelles dans l’Université de Zurich a fortement augmenté ces dernières années. En 2023, 43 cas ont été signalés, qui ont été classés en 5 niveaux de gravité, (le journal n’a pas reçu plus d’information sur cette échelle). La complexité des cas a tendance à augmenter : le harcèlement sexuel s’accompagne généralement de harcèlement obsessionnel («stalking») ou d’autres comportements pénalement répréhensibles.
L’université n’a pas souhaité publier les chiffres dans un premier temps, évoquant la protection des données, mais la NZZ a tout de même eu le droit d’accéder à ces chiffres grâce à la loi sur la transparence.
26 Mar 2024
Une professeure en droit qui gère un point de contact interne pour le harcèlement sexuel à l’Université de Zurich constate une hausse de cas considérable. Le public ne doit toutefois pas savoir quelle est l’ampleur réelle du problème : dès qu’il s’agit de chiffres concrets, «l’UZH devient muette. [La professeure] recense certes les cas et rédige un rapport à l’attention du rectorat, mais celui-ci le fait disparaître au fond d’un placard.» Deux conseillères d’état avaient par ailleurs soumis la question du nombre de cas d’harcèlement sexuel à l’université au parlément, sans succès.
L’Université de Zurich fait référence à la protection des données : «La publication de statistiques annuelles irait à l’encontre de cet impératif de protection.» Kurt Bodenmüller du service de presse explique: «Il n’est pas exclu, surtout lorsque le nombre de cas est faible, qu’il y ait des suppositions [sur l’identité des personnes impliqués]».
La protectrice des données zurichoise, quant à elle, ne voit pas de raison de garder le nombre de cas secret. Alors que l’UZH ne fournit même pas de données approximatives, les statistiques de la criminalité pour les districts («Bezirke») et même pour certains arrondissements («Stadtkreise») de la ville de Zurich détaillent différents sous-types de délits sexuels, même dans un district de taille comparable à la communauté universitaire zurichoise.
14 Mar 2024
Mathias Vicherat a annoncé sa démission de ses fonctions de directeur de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris et d’ administrateur de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) «afin de préserver l’institution». Monsieur Vicherat avait été accusé de violences conjugales par son ex-compagne, sans pour autant qu’une plainte ou une main courante soient déposées. Néanmoins, ces accusations étant lourdes pour son image, Monsieur Vicherat «avait finalement proposé son retrait provisoire, le 11 décembre […]. Le directeur avait repris ses fonctions le 29 janvier, après avoir obtenu l’aval d’une commission constituée de dix membres des différents conseils de l’école. Celle-ci avait souhaité néanmoins que Mathias Vicherat se déporte des sujets relatifs aux violences sexistes et sexuelles (VSS), le temps que l’enquete préliminaire ouverte par le parquet de Paris rende ses condusions».
Monsieur Vicherat a finalement présenté sa démission auprès de la direction de Sciences Po après avoir appris qu’il a été renvoyé devant le tribunal correctionnel. Le syndicat Union étudiante Sciences Po se réjouit de cet acte et explique que «[s]on retour à l’école était une offense et une marque de mépris à l’égard de toutes victimes de [violences sexistes et sexuelles]». Les prochains jours Sciences Po Paris va nommer une administration provisoire, jusqu’à ce que le prochain directeur soit nommé. Le syndicat Union étudiante Sciences Po «appelle [en outre] à une réforme du processus de désignation de la nouvelle direction, «qui doit aller vers une procédure beaucoup plus démocratique et transparente».» (Le Monde)