«Pourquoi les sinologues suisses ne parviennent pas à acquérir l’expertise sur la Chine dont ils ont besoin»
«Mener des recherches sur le terrain en Chine est devenu de plus en plus difficile, car les chercheurs comme moi ne peuvent plus poser de questions ouvertement ni rencontrer des informateurs et des partenaires sans être soumis à une surveillance stricte, comme c’était le cas dans les années 2000», affirme Simona Grano, chercheuse principale à l’Université de Zurich.
Depuis 2012, la Chine a adopté une série de lois visant à renforcer la surveillance des organisations et des particuliers étrangers sous prétexte de « préserver la sécurité nationale ». Une nouvelle législation en matière de protection des données par exemple fait que les autorités chinoises pourraient accéder aux données, les utiliser et les modifier sans le consentement des demandeurs et à n’importe quelle fin.
En conséquences, les recherches sur la Chine financées par la Suisse ont baissé pendant les 15 dernières années.
Etant donné l’importance du pays pour la politique et l’économie suisse, Simona Grano estime que le gouvernement suisse devrait prendre davantage de mesures, financer des programmes de recherche spécifiques axés sur les sciences sociales et humaines liées à la Chine, en mettant particulièrement l’accent sur la politique étrangère et de sécurité, la transformation numérique et la technologie. «Il pourrait également allouer des fonds fédéraux pour renforcer les enquêtes, les archives et les ensembles de données basés en Suisse, provenant de sources alternatives collectées en dehors de la Chine et archivées de manière indépendante».
Le SEFRI répond qu’en Suisse, le financement public de la recherche repose sur le principe “bottom-up” et s’applique de manière égale à toutes les disciplines universitaires». «La Confédération n’accorde pas la priorité à certains domaines thématiques ou domaines de recherche spécifiques, ni n’y affecte de manière ciblée des fonds.»