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Reproche au recteur de l’Université de Zurich d’avoir eu un comportement passible de poursuites pénales

Une controverse politique a éclaté autour d’une conférence donnée en mai 2026 à l’Université de Zurich par Mazin Qumsiyeh, biologiste de l’Université de Bethléem, invité par la Palestine Student Association. Lors de son intervention sur le thème de l’«écologie sous l’occupation», il a tenu des propos critiques envers Israël, qualifiant notamment Gaza de «camp de concentration» et la politique israélienne de «régime d’apartheid», accusant l’état d’Israël de délibérément empêcher les Palestinien·nes d’avoir accès à une quantité suffisante d’eau potable.

Des député·es du parlement cantonal zurichois, menés par Linda Camenisch (FDP/PLR), estiment que plusieurs déclarations de Qumsiyeh sont antisémites et anti-israéliennes, estimant qu’il s’agit de fausses allégations, les qualifiant de délit. Selon les député·es, cet événement pourrait constituer une infraction au titre d’une action de propagande illicite, en se référant à l’avis d’un professeur de droit pénal de l’université de Fribourg. Ainsi, non seulement les organisateurs, mais aussi le recteur Schaepman se seraient rendus coupables d’un délit.
Il est reproché au recteur, Michael Schaepman, de ne pas avoir empêché ou interrompu la conférence malgré les avertissements qui lui avaient été adressés avant l’événement.
L’Université de Zurich rejette ces accusations. Elle affirme ne pas avoir approuvé le contenu de la conférence, mais considère Qumsiyeh comme un spécialiste reconnu en biologie et durabilité. L’université décrit ses positions comme «activistes, antisionistes et anticoloniales» et défend le principe de la liberté académique, selon lequel les universités doivent aussi permettre l’expression de points de vue controversés dans un cadre critique.
L’établissement précise avoir imposé des conditions aux organisateurs en raison des polémiques entourant l’orateur, notamment l’obligation de signaler le caractère controversé de ses positions. Toutefois, selon la journaliste de la NZZ Andrea Marti, le compte rendu de la conférence du portail Fokus Israel laisse penser que ces mises en garde n’ont pas été clairement formulées pendant l’événement.
De son côté, le gouvernement cantonal estime qu’une procédure pénale ne peut être engagée qu’en présence d’indices concrets d’infraction et fait référence à l’autonomie de la haute école. Il la demande néanmoins de faire preuve d’une vigilance accrue lors de futures invitations de conférenciers·ères controversé·es.
La députée Linda Camenisch juge cette réponse insuffisante et déplore l’absence d’enquête judiciaire, considérant que cela minimise la portée des normes suisses contre le racisme et l’antisémitisme. L’affaire est pour l’instant close sur le plan politique.