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Le Parlement va débattre du transfert des «plans sectoriels» vers le pilier 2 du programme «Horizon Europe»

Un consensus semble progressivement émerger autour de l’intérêt d’un financement européen institutionnel, collaboratif, de long terme et davantage bottom-up. La question centrale n’est plus seulement de savoir s’il faut créer un tel instrument, mais sous quelle forme, dans quel pilier et avec quelles garanties pour préserver l’excellence, l’autonomie scientifique et les financements nationaux.

L’idée de créer, dans le prochain Horizon Europe, un nouvel instrument permettant aux institutions de recherche d’obtenir des financements européens de long terme sur des priorités qu’elles définissent elles-mêmes.

Initialement envisagé dans le Pilier 1, consacré notamment à la recherche fondamentale et à l’ERC, cet instrument pourrait finalement être intégré au Pilier 2, davantage orienté vers la recherche collaborative et les priorités définies par l’UE. Selon le député europée René Repasi, rapporteur principal pour le programme spécifique «Horizon Europe», ce déplacement est avant tout budgétaire : les moyens disponibles seraient plus importants dans le Pilier 2.

Plusieurs propositions convergent vers le même principe :

  • les « sectoral plans » défendus par Repasi ;
  • une initiative franco-polonaise visant à financer durablement des réseaux paneuropéens de laboratoires ;
  • le projet allemand Nexus, qui prévoit notamment des financements de 20 millions d’euros sur sept ans pour des réseaux associant au moins trois institutions ;
  • plus largement, l’idée d’un « ERC pour les institutions », avancée dès 2024 par Mario Draghi.

Leur point commun est une approche davantage bottom-up : faire confiance aux universités et organismes de recherche pour définir leurs programmes et soutenir leurs meilleurs chercheurs, plutôt que de leur imposer des thèmes et des programmes de travail très détaillés depuis Bruxelles.

Cette évolution bénéficie d’un certain soutien au sein des institutions européennes et du monde universitaire. Mais plusieurs risques et questions restent ouverts :

  • les États pourraient réduire leurs propres budgets de recherche si l’UE finance davantage directement les institutions;
  • les intérêts nationaux pourraient influencer la sélection des bénéficiaires et affaiblir le principe d’excellence ;
  • il faut éviter une micro-gestion par Bruxelles si l’instrument est placé dans le Pilier 2 ;
  • sa valeur ajoutée européenne par rapport aux dispositifs nationaux existants doit encore être démontrée.

Les lobbyistes des universités ont des réactions mitigées à l’idée.

(Science Business du 24.09.2026)