Expérimentation animale aux Etats-Unis
Aux États-Unis, l’opposition à l’expérimentation animale dépasse les clivages politiques. Si la majorité des travaux repose sur les souris et les rats, les singes cristallisent les débats. Bien qu’ils représentent moins de 1% des sujets, leur proximité évolutive avec l’espèce humaine suscite de vives réactions.
Cette opposition grandissante s’est récemment traduite par l’annonce des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) de fermer un laboratoire de primates dédié à la recherche sur le VIH.
Ce rejet reflète un malaise éthique grandissant face à la souffrance animale. Cette réticence s’explique également par une confiance croissante envers les nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle et les méthodes alternatives (NAM). Cet enthousiasme n’est pourtant pas partagé par l’ensemble de la communauté scientifique. En 2023, les Académies nationales des sciences, de l’ingénierie et de la médecine ont conclu que ces alternatives restent incapables de reproduire les interactions complexes entre les organes d’un être vivant.
Enfin, des enjeux de leadership mondial et de concurrence avec la Chine entrent en ligne de compte. L’arrêt des tests aux Etats-Unis risqueraient de délocaliser la rechercher vers des pays soumis à des normes de bien-être animal beaucoup moins strictes.